I . Lib. VI, cap. iv
DE'L’lltSTOIRE romaine.
jusqu’à nous. Sempronius Tuditanus, c'est ainsi que sc nommait le plus ancien des deux, raconte que les Carthaginois, avant que d’envoyer Régulus à Rome sur sa parole, lui avaient donné un poison lent qui le minait insensiblement, afin qu'il ne vécût qu’aulant de temps qu'ils supposaient qu’il en fallait pour qu’on fit l’échange des prisonniers. Ce fut, selon cet historien, une des raisons que Régulus allégua au sénat pour le détourner de l’échange que proposaient les'Carthaginois. 11 ajoute que Régulus étant de retour à Carthage, on l’y fit mourir à force de veilles. C’esl aussi l'opinion de Cicéron 1 , qui à la vérité renchérit beaucoup sur Tuditanus. Car il dit que les Carthaginois avaient coupé les paupières à Régulus, et l’avaient enfermé dans je ne sais quelle machine, apparemment un coffre, armée de pointes de fer en dedans. Ælius Tubéron, autre historien à peu près comtemporain de Tuditanus, et dont Aulu-Gelle nous donne le fragment dans le même chapitre, ne parle point de ce coffre armé de pointes, quoiqu’il exagère fort la cruauté des Carthaginois. Il dit qu’ils enfermèrent Régulus dans une fosse fort profonde où le jour ne pouvait pénétrer, et qu’après l’y avoir laissé assez longtemps, on l’en retirait pour l’exposer aux rayons du soleil le plus ardent ; que là on l'obligeait d’ouvrir les yeux et de fixer ses regards sur le soleil , et qu’aün qu’il ne pût fermer les yeux, on lui avait cousu les paupières au-dessus et au-dessous.
Voilà trois auteurs d’opinionsassez différentes. Tile-Live rapportait sans doute ce fait avec quelques nouvelles circonstances; mais, dans l’abrégé qui nous reste de son dixhuitième livre, on ne détermine pas le genre du supplice de Régulus ; il y a simplement que les Carthaginois le firent mourir. Supplicia a Carthayinimsibus de eo suaipto