Vol. lit, p
i. Vol. lit, p. 265.
DE L’HISTOIRE RpMAlNE.
historia ad omnes Fabii libros concludendi ? Quœnam te intempéries tenent, aut cur lalia componere audes, qua> componenda non erant? Ne dirait-on pas, à entendre celte belle exclamation, que je fais grand tort à Fabius Pictor, et que je n’argumente que sur le témoignage de Polybe, quoique j’aie employé neuf ou dix pages à rapporter le jugement d'Halicarnasse et les preuves qu’il donne du peu d’exactitude qui régnait dans l’ouvrage de ce père de l’histoire romaine?
Serait-il possible que mon censeur n’eut pas entendu un ® b j re,ion * sunl
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mot de ces dix pages de français? Quoi qu’il en soit, il est »«!.•«. certain qu'il fait très-souvent de ces objections auxquelles il aurait trouvé la réponse dans mon ouvrage même, s’il l’avait entendu. Je pourrais prouver que les trois quarts de ses remarques ne sont ni plus solides ni mieux fondées que celles que je viens de rapporter; mais je lespasse.de crainte de me rendre aussi prolixe et aussi ennuyeux que lui.
J’ajoute cependant que la dernière remarque de mon sur quel prinrii»
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censeur me parait avoir son fondement dans les principes de sa nouvelle logique, dont j'ai parlé ci-dessus. En effet, le jugement de Denys d’Halicarnasse étant désavantageux à Fabius Pictor, il n’est pas plus permis à un moderne de s’y conformer qu’il ne lui est permis d’adopter les jugements de Cicéron et d'Ovide sur Caton, Vennonius et Ennius. Déplus, comme, selon les mêmes principes de mon savant antagoniste, nous avons un degré de certitude beaucoup plus fort de l'histoire de Romulus et de Numa, que des événements de notre temps, il s’ensuit que Fabius Pictor était beaucoup plus assuré de ce qu’il écrivait sur la tradition et qui formait la première partie de son ouvrage, que de ce qu’il avait pu voir et apprendre parlui-méme. Aussi notre critique m’abandonne- t-il assez galamment cette dernière partie; et ce n’est proprement que la première qui lui tient au cœur.
Arcwaliou quo ce «•avant m'intenta*.
fclle est uue preuve «le son ijrnorance.
fcl qu'il ne connaît que île nom les auteurs qu'il cite.
Enfin, je viens à une accusation plus grave. Je passe aisément condamnation sur le mauvais goût , sur Y ignorance et sur la crédulité. Sur cet article, je n’ai rien à opposera l'autorité de Martial. C’est un auteur ancien qu'il faut respecter; et, puisqu’il a dit que les Gaulois étaient crédules, il faut bien que je sois crédule aussi, puisque je porte un nom français. Mais il n’a pas dit que les Gaulois étaient plagiaires, comme notre savant m’accuse de l’ètre. Cette accusation n’étant donc fondée que sur le témoignage de mon censeur, qui est moderne; et les modernes, selon lui, étant fort inférieurs aux anciens, pour la candeur et la bonne foi, il me permettra de prouver que son accusation est téméraire et fausse. Voyons en quoi elle consiste.
Voici les paroles que notre savant m'adresse : « C’est « à tort que vous passez sous silence les noms de Cluvier,
« de Dodwell et de Perizonius, qui ont lespremiers soutenu « votre opinion, et dont on voit clairement que vous avez « emprunté bien des choses. » J’ai donc emprunté bien des choses de ces savants hommes; et, ce qui est le caractère d’un vrai plagiaire, j’ai passé leurs noms sous silence. Je demande pardon à mon censeur, si je lui prouve, à mon tour, qu'il y a dans ce qu'il avance là autant de faussetés que de mots, line accusation si grave devait-elle se hasarder d'une manière vague? et, puisqu’il dit qu’on voit clairement que j’ai emprunté bien des choses de ces savants,, il n'auraitpas eu beaucoup de peine à spécifier ces choses. Pour moi, en lisant ces paroles, j'ai d'abord jugé qu’il n'avait pas lu ces auteurs et qu’il n'avait fait aucune attention à ma dissertation ; et je crois à présent pouvoir l'assurer avec connaissance de cause.
1. S’il avait lu ces auteurs, pourrait-il dire qu’ils ont soutenu, comme moi, l'incertitude des cinq premiers
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siècles de l’histoire romaine? Première fausseté, qui prouve qu’il ne connaît ces auteursque de nom et par quelque traité d’histoire littéraire. 1° Car, pour ce qui est de Cluvier, on dirait à entendre mon censeur qu'il a poussé ses doutes aussi loin que moi ; mais il les home entièrement à la venue d’Énée en Italie, et à ce qu'on dit de la fondation de Rome par Romulus. 2° Dodwell n'a pas môme été si loin, il se contente de regarder la suite des rois d’Albe comme peu authentique. Du reste, il n'attaque pas même la vérité de la fondation de Rome par Romulus. 3° Enfin, selon lui, Perizonius a soutenu la môme opinion que moi. Mais, s'il avait connu Perizonius autrement que de nom, aurait-il dit que ce savant a soutenu, avant moi l’incertitude de l’ancienne histoire romaine, puisqu’au contraire, il a employé tout son génie et toute son érudition à en établir la vérité? Il est vrai qu'il S’y est pris d'une manière différente de celle de mon critique. Il est convenu de son incertitude sur plusieurs points, et il n'a pas été assez extravagant pour soutenir que nous avions plus de certitude des événements du règne de Romulus et de Swna que de ceux dont nous sommes, en quelque sorte, les témoins oculaires. Il est donc faux que ces trois savants aient soutenu la môme opinion que moi.
II. J'en ai emprunté bien des choses et cela sans les nommer. Seconde fausseté. Je n'ai pu emprunter de Cluvier et de Dodwell que ce que je viens de marquer; et ayant destiné le premier chapitre de la seconde partie de ma dissertation à démonter qu’il était incertain par qui et dans quel temps Rome avait été fondée, c'était naturellement l’occasion d’appuyer mon- opinion du témoignage de ces savants. Mais mon censeur dit que je ne les ai pas nommés. Je prie ceux de mes lecteurs qui voudront se convaincre de
Preuve que tou accusation est fauve.
Autre imputation aussi peu fondée que les precedentes.
la vérité, de jeter les yeux sur les pages 164 et 165 de la première édition ; et, s’ils n’y voient pas Dodwell et Cluvier nommés avec des renvois à la marge, je consens de passer pour plagiaire.
Mais venons en à Perizonius, que je suis accusé d'avoir pillé aussi ; et il est vrai que je ne l'ai pas nommé : mais, puisque mon censeur voit si clairement que j’en ai emprunté bien des choses, il me semble qu’il aurait pu aisément indiquer mes larcins. C’est ce dont je le défie, car je ne l’avais pas seulement lu, lorsque je publiai ma dissertation; cl lui, qui me traite si souvent d'ignorant, il ne doit pas avoir de peine à le croire. D’ailleurs, il sera aisé de s'en convaincre, en comparant* la première édition avec celle-ci. Je l’y cite très-souvent, et il est facile de voir que j’en aurais fait usage plus tôt, si je l'avais eu plus tôt entre les riiains. Quoique je ne sois pas du môme sentiment que ce savant homme, cela ne m'empêche pas de Te regarder comme un des plus judicieux critiques de ces derniers temps.
III. Enlin, pour finir la matière du plagiat, il n’y a pas jusqu’à M. de Ponilly que l’on ne m'accuse d’avoir pillé; et cela parce que j’ai fait usage des mêmes passages dont il s’était servi pour attaquer la vérité de l'histoire romaine. Il est bien étrange, en effet, que, traitant le même sujet qu'a traité M. de Ponilly, on y relrouvç quelques-unes des preuves dont il a fait usage. Mais dites-moi un peu» est-ce que je ne fais que répéter ce qu'il a dit , sans l’appuyer de nouvelles preuves? J’ai cité des passages qui ont été cités par d’autres. Voilà un étrange plagiat! Quoi! celui qqi cite le premier un passage, se l'approprie tellement qu'il n'est plus permis à d’autres d’en faire usage! Peut-être vouliez-vous que je fusse aussi original que vous dans
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mes preuves, et que j’en allasse chercher dont jamais homme sensé ne se serait avisé? Si je croyais que mes lecteurs eussent assez de loisir ou prissent assez d’intérêt à la matière, pour entrer dans celle discussion, il me serait bien facile de les convaincre que je n’ai rien emprunté de personne, sans en faire honneur à ceux qui me fournissaient quelque remarque importante.
Cependant j’ai pillé M. de Pouilly, quoique j'aie dit F.t aussi fausse que dans ma préface que j’entreprenais de traiter avec quelque lcs étendue un sujet qu’il avait traité trop en abrégé, vu l’importance de la matière. Je n’ai fait que le copier : l’ordre, l’arrangement des matières, les raisonnements, les preuves, sont absolument les mêmes; et, dans un volume entier, je ,
n’ai fait que répéter ce qu’il avait dit en dix pages? Si mon censeur avait la moindre équité, il conviendrait que tout est neuf dans la première partie de ma dissertation, et je »
le défiede prouver que j’aie emprunté mes idées de qui que ce soit. La seconde partie roule sur des faits, et il y en a plusieurs dont la vérité a été attaquée avant moi; mais j’ai toujours eu soin de nommer ceux desquels j’empruntais quelque chose, et je le délie encore de prouver le contraire.
plu voilà assez pour caractériser mon antagoniste et iiMcroitiouipcrpour faire voir que, chez lui, la véritable érudition et le ^d'ïwauîrcopibon goût ne consistent que dans une admiration outrée “ l0 “ quc lui ’ pour les anciens, dans un ramas de leurs passages cités à tort et à travers; qu’il avance les paradoxes les plus absurdes, qu’il les soutient par les raisonnements les plus inconséquents, et qu’enfin il se croit tout permis contre ceux qui sont d’une autre opinion que lui. Cependant, il a le front d’avancer encore 1 que je calomnie l'abbé Sallier. Je