‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 209 sur 222 · I. Vol. Il, p · texte numérisé non relu

I. Vol. Il, p

Mon censeur con vaincu de plagiat.

laisse aux lecteurs équitables à jugerdecc qui en est. Quoique je sois d’un sentiment opposé au sien, j‘e considère trop ce savant homme pour qu'il me soit échappé quelque expression dont il puisse se trouver choqué; s’il y en a quelqu’une, je la condamne et la rétracte; et je serais très-fâclu: d’avoir usé ù son égard des termes dont mon censeur se sert pour me qualifier. Qui est-ce à présent de nous deux qui aura encouru les peines de la loi Remmia , moi pour avoir témoigné que les Livres des Pontifes m'étaient suspects, ou lui, pour avoir été convaincu manifestement de mauvaise foi dans ses imputations ?

Pour lui faire voir quej'on agis avec plus d'équité et que je n'avance rien au hasard et que je n'appuie de ses preuves, je lui rétorque, à mon tour, l’accusation de plagiat, et j’entreprends de l’en convaincre aussi clairement que je l’ai convaincu de n’entendre ni le grec, ni le français. Qu’il me dise un peu ce que signifie cet étalage d'érudition dont il fait parade dans la deuxième partie de sa seconde section, et dont il remplit près de cent pages grand in-octavo et petitcaractèrc? Croit-il que je me laisse éblouir parce ramas de citations, cl que je ne pourrais pas aussi bien que lui ramasser tout ce fatras, en pillant Dodwell, le dictionnaire de Piliscus et quelques autres livres de cette espèce ? Y éclaire-t-il les matières? y dit-il quelque chose de nouveau? y trouve-t-on une seule idée précise? Je n’y trouve rien de pareil. Il y répète ce qui a été dit vingt fois, et voilà justement ce que j'appelle être plagiaire.

Qu'il me dise encore s’il était fort difficile de prouver qu'il va eu des historiens avant Hérodote; et si, dans les preuves qu’il nous en donne 1 , il y a quelque chose de nouveau? N’aurait- i I pas mieux fait, s’il était vrai que j'eusse

Page 1