I. Dion. Italie., lib. IV, p
5. Dionvs., lib. XI, p. 730 et 736. — Livius, lib. IV, cap. vcl seq.
DE L’HISTOIRE ROMAINE
sujettes, et les distingue expressément des villes alliées. Ces historiens nous donnent donc une idée trés-fausse de l'étal des Romains dans ce commencement de la république, en réduisant l'étendue de sa domination presque au simple territoire de Rome ; au lieu qu'on voit par ce traité qu'elle s’étendait sur plusieurs villes et sur toute la côte de la mer jusqu'à Terracinc.
IV. Ce n'est pas tout. On voit par ce traité que dès lors les Carthaginois avaient commencé à faire des entreprises sur la Sicile, et même en avaient conquis une partie. Si Tite-Livc avait eu connaissance de cette pièce, il n'aurait pas placé 1 2 la première expédition des Carthaginois dans cette Ile sous l'an 324 de Rome, près de quatre-vingts ans plus tard que n’est la date de ce traité. Il y aurait vu qu’ils y avaient des établissements dès avant l’expulsion des rois, et qu'ils étaient déjà maîtres de la Sardaigne. S’il avait eu soin de s'instruire des événements des autres parties du monde et de les concilier avec son histoire, il aurait su que , longtemps avant la même époque, les Carthaginois avaient souffert de rudes échecs dans cette Ile, et que leur première expédition était fort antérieure au temps où il la plaçait. Enfin, s'il avait consulté ce monument, il n'aurait pas attendu si tard* à nous parler d'un traité entre les Romains et les Carthaginois, sans faire mention qu’il y en avait eu d'antérieurs.
Voilà donc un monument authentique qui, au lieu d'appuyer ce que rapportent ces historiens, ne sert qu’à fortifier les doutes qu’on peut se former à juste titre sur leurs histoires, et à prouver le peu de fond qu'on peut faire sur