Lit>. Vit, cap. xxvii
ce qu'ils nous disent de l’étal des Romains au commencement de la république. Si ces auteurs avaient eu recours à des pièces originales et authentiques, ils nous auraient donné quelque chose de plus sûr; au lieu de cela, ce qui nous en reste ne sert qu'à mettre leur négligence au grand jour, et à les convaincre d'avoir apporté peu d’attention à rechercher avec exactitude la vérité des faits. Je passe à un autre traité qui en fournit de nouvelles preuves.
Il est presque aussi ancien que le précédent. C’est celui que’Porsenna accorda aux Romains, et dont Pline nous a conservé une des conditions', qui ne s'accorde guère avec l’idée que nous en donnent Titc-Livc, Denys d’Halicarnasse, Plutarque et les autres. Selon ces historiens, le peuple romain traita avec Porsenna comme d’égal à égal, et aucun d'eux ne nous apprend que ce prince leur avait imposé des conditions très-dures, et leur avait même interdit l'usage des armes, ne leur permettant de se servir du fer que pour les instruments nécessaires à l'agriculture. In fœdere quad , expulsis regibus, populo romano dédit Porsenna, nominalim comprehensum invenimus ne ferro ni in agrieultura ulerentur. « J'ai lu dans le traité que Porsenna « accorda au peuple romain, après qu’on eut chassé les rois « de Rome, que l’on y avait stipulé expressément qu'il ne « ferait usage du fer que pour l'agriculture. »
Voilà encore un traité dont ces historiens n'ont eu aucune connaissance, ou, s’ils l'ont consulté, ils l'ont trouvé trop humiliant pour leur nation, et ils ont mieux aimé manquer à la bonne foi que de blesser en quelque sorte la gloire de leur patrie. Cependant les lois que Porsenna impose aux Romains sont des marques bien évidentes de leur assujettissement. On ne défend l’usage des armes qu’à un peuple