I. Tunslall. Epi si. ad vir. Claris s. Coin, Middlcl p
fragments Je ces .tries, dont j’ai partit ci-dessus, était bien authentique. Dès qu'on a prouvé qu’il est supposé, on ne peut refuser de se rendre à l'autorité de Suétone, et par conséquent l'usage de dresser des .-teles de la Ville et du Sénat n’est que de la fin du septième siècle de Rome.
On nous cite à la vérité un recueil de onze livres que Mucien avait rassemblés, et auquel il avait donné le titre de Recueil d’actes. Si les partisans de la certitude de l'histoire des cinq premiers siècles de Rome se croient en droit de nous accabler de titres de livres, de*mémoires cl d'autres pièces prélendues anciennes, je me Halte qu’ils ne nous contesteront pas le droit d’examiner ce que c'était que ces pièces, à quel temps elles remontaient et si, en effet, elles pouvaient répandre du jour sur l'histoire de ces premiers temps. Souvent, lorsqu'on recherche avec quelque exactitude le temps et le contenu des livres, mémoires ou autres pièces qu'on nous cite, on n’en est que mieux convaincu que c'est faute de meilleures armes qu’on se munit de tout ce qui tombe sous la main.
Si l’on pouvait prouver, qu’un recueil d’/lc/es pareils à ceux qui font le sujet de ce chapitre se gardait dans les archives de Rome; que ces actes remontaient jusques aux premiers siècles, et qu'enfin les historiens y ont puisé les événements qu'ils rapportent, je serais le premier à convenir que l'histoire romaine est appuyée des meilleures preuves, et qu'il n’y a aucune raison de douter de la lionne foi des historiens. Mais quand on nous cite un Recueil (T actes pareil à celui de Mucien pour nous prouver qu’on avait de bons mémoires sur l'histoire des premiers siècles de Rome, c'est chercher à éblouir scs lecteurs par une vaine conformité de noms, et non pas à les convaincre par des raisons solides.
Quel rapport, en effet, y a-t-il entre les Actes de Mucien
DE L'HISTOl HE ROMAINE.
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ei les Actes de la Ville et du Sénat? L’auleur qui nous parle de ce recueil ' nous explique aussi fort clairement en quoi il consistait. On voit que ce n'était qu’un recueil de harangues ou d’oraisons de quelques grands hommes sur les affaires importantes de leur temps : ce qui le confirme, c’est, premièrement, que Mucien avait tiré ces pièces des bibliothèques. Or, ce n’était pas là la place des Actes de la Ville ; c’était dans les archives qu’il les fallait chercher. Secondement, si c'eût élé un recueil de pareils Actes, l’auteur du dialogue n'aurait pas eu occasion d’en parler dans un ouvrage où il ne s'agit que de l’éloquence des orateurs des siècles précèdent. Enfin, ce qui prouve encore mieux que ce n’était qu’un recueil de harangues de quelques illustres Romains sur les affaires auxquelles ils avaient eu part, c'est que la seconde partie de ce recueil ne contenait que des lettres. Il est donc évident que le recueil d Actes que Mucien avait compilé n’a aucun rapport aux Actes qui font le sujet de ce chapitre.
Il est vrai qu’il importe peu à mon sujet de savoir desquels Actes il s'agit dans ce passage; puisque, quand ce recueil d ’ Actes de Mucien aurait, en effet, été un recueil de ces mémoires ou journaux qu'on dressait de tout ce qui arrivait dans la ville ou de ce qui se traitait dans le sénat, il ne remontait pas plus haut que les temps de Pompée, de Crassus, de Lucullus, etc., et qu’il s’agirait toujours de prouver que la coutume de dresser de semblables Actes était autéiieure au cinquième siècle de Rome. Or c’est ce qui est destitué de toute apparence, et il parait môme qu’on n’en peut lixer l’époque que beaucoup plus tard. En effet, Tite- Live aurait-il dit de ce siècle* qu’on j faisait encore peu