‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 53 sur 222 · CHAPITRE Y II · texte numérisé non relu

CHAPITRE Y II

DES Llïnts DE TOILE ET DIS TABLES DES CEXSEUIIS

On nous allègue, avec un peu plus de fondement , les Livres de toile comme un livre fort ancien, et où les premiers historiens ont pu puiser bien des particularités sur les premiers siècles de Rome. Il est vrai que Tite-Livc les cite quelquefois, non pas qu’il paraisse les avoir lus luimôme, comme cela se voit assez, puisqu’il ne les cite que sur l’autorité de l’historien I.icinius Macer, qui en avait fait beaucoup d’usage. II ne s’agit que d’examiner en quoi consistaient ces livres et quelle utilité l’histoire en a retirée. Si l’on s’en rapportait aux citations vagues de quelques critiques, on s’en ferait une idée très-fausse. Ils nous accablent souvent de ces citations qui, bien loin de laisser une idée nette dans l’esprit, ne font, la plupart du temps, qu’embrouiller celle qu’on pourrait s’en former naturellement. Je tâcherai donc simplement de donner une idée claire de ce que Tite-Live cite sous le nom de Livres de toile , parce qu’ils sont les seuls qui aient pu servir à l’histoire des premiers siècles de Rome.

I. On voit qu’ils se conservaient dans le temple de Moneta et il y a bien de l’apparence qu’ils sont les mêmes que ceux que cite Denys d’Halicarnasse*, comme des livres sacrés et peu connus, qu’on gardait avec beaucoup de soin. En effet, il les cite à la même occasion que Tite-Live dit que

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