‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 65 sur 222 · In Grnle Junia, n · texte numérisé non relu

In Grnle Junia, n

DE I. 'HISTOIRE ROMAINE

SI

Celle-ci, fondée sur la conformité des noms, prétendait être issue de ce Mucius qui entreprit de tuer Porsenna, et, pour trouver l’origine du surnom de Scœvola qu’elle portait, elle inventa une circonstance, laquelle Denys d’Halicarnasse a passée sous silence : c'est que ce Mucius se brûla avec une fermeté étonnante la main droite qui avait manqué son coup, ce qui lui avait fait donner le surnom de Scœvola , parce qu'il n’avait plus que la main gauche. J’aurai occasion dans la suite de démontrer la fausseté de ce fait avec plus d’étendue.

C’est apparemment sur les traditions de la famille Furia qu’on a orné l’histoire de tant de victoires éclatantes remportées sur les Gaulois par Camille, par son iils et par son petit-fils, quoique sans doute celles-ci et plusieurs autres n’aient d’autre fondement que la vanité des familles qui s’attribuaient de faux triomphes. Sur la première de ces victoires, les traditions de la famille Furia étaient dans une opposition manifeste avec celles de la famille Livienne. « Ces dernières portaient 1 que celui qui avait fait entrer « le surnom de Drusus dans cette famille avait repris sur « les Gaulois l’or que les Romains leur avaient donné pour « les engager à se retirer, et qu’il était faux que Camille le a leur eût enlevé, comme on le disait. » Je destine un chapitre, dans la seconde partie de cette dissertation, à l’examen tant de ce fait que de diverses autres victoires que les Romains prétendaient avoir remportées sur les Gaulois.

Les ténèbres dont les premiers temps de leur histoire étaient enveloppés donnaient une grande liberté de feindre ce qu’on voulait sur l’origine des familles. C’est ce qui

t. Drusus hosllum duce Ürauso eominua lrucidato, sibi poslerlsque cognumen iuveuil. Traditur cliam proprœtoru ex prutineia Galba retulisae âurum Senouibus oliui in obsidione Capitolii daiuuj, ucc, ul lama est, extorluui a Camillo. Suelou., in TU., cap. ni.

donna de la hardiesse à plusieurs maisons plébéiennes, lesquelles, après s’élre élevées aux plus hautes dignités, allèrent se chercher des ancêtres parmi les anciens rois de Rome. Il y en eut qui rapportèrent leur origine à Numa, le successeur de Romulus. Quoiqu'il fût très-incertain qu'il eût laissé des fils, on lui en donna quatre, qui devaient être les prétendues tiges d'autant d'illustres maisons de Rome. Cependant Plutarque 1 et Denys d'Halicarnasse assurent en quelque sorte qu'il ne laissa point de postérité mâle, il y avait des historiens, et entre autres Cn. Gellius, qui assuraient qu'il n’avait laissé qu’une fille, mère du roi Àncus Marcius. D'autres prétendaient qu'outre cette fille il avait laissé quatre lils, que Plutarque nomme Pompo, Calpus, Pinus et Mamercus : cl, en qlTet , c’était sur la conformité de ces noms avec ceux de quelques familles romaines que celles-ci avaient saisi l'occasion de se donnër une origine si illustre. Plutarque ajoute cependant qu’il y en avait qui s’inscrivaient en faux contre ces généalogies, et qui soutenaient qu'elles n’avaient été inventées que pour flatter la vanité de ces familles, cn leur attribuant une suite d'images qui remontait jusqu’à Numa. Quoi qu'il en soit, plusieurs familles, à l’exemple de celles dont je viens de parler, adoptèrent ces fausses traditions et s’en firent publiquement honneur.

I. Parmi les médailles de la famille Pomponia, on en voit une 2 où d’un côté est la tête d’Apollon, couronnée de laurier, avec la légende L. POMPON. MOLO. Au revers, ou voit le roi Numa, tenant de la main droite le bâton augurai et se tenant debout devant un autel sur lequel est allumé le feu pour le sacrifice. 11 y a aussi un viclimaire qui lui

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