In Auma, p. 73 et 7t. — Ant. rom., lib. 11. p
ï. Fulvius, in Conte Pompon. — Vaillant, ibid, n. j.
DF. L’HISTOIHK ROMAIN F. S3
amène une chèvre, laquelle doit servir de victime; à l'exergue, on lit : NUM. POMPIL. Il est hors de doute que le Pomponius qui a fait frapper cette médaille, a voulu se faire honneur de son origine, qu'il prétendait tirer de ce roi par son fils Pompo, et en même temps faire honneur à Numa de son attachement aux cérémonies religieuses. Cependant Cornélius Ncpos, qui a écrit la vie d’Attiçus, son ami, qui était de la maison Pomponia ', se contentede dire que cette maison était très-ancienne et avait toujours été de' l’ordre des chevaliers. Aurait-il passé sous silence cette origine si glorieuse de la famille de son ami, s’il avait cru qu’elle pouvait avec fdndement la faire remonter jusqu’à ce second roi de Rome? D’ailleurs, cette famille était plébéienne, au lieu que, si elle eût tiré son origine de Numa, elle aurait sans doute été au rang des patriciennes; du moins n’y a-t-il guère d’apparence que les descendants des rois aient été réduits à la condition de plébéiens.
II. De I*inus, autre fils de Numa, on faisait descendre la famille Pinaria. Quoique cette origine ne puisse que faire honneur à celte maison, je ne sais si ces habiles généalogistes ne lui ont pas fait tort, puisque d’autres en ont fait remonter l’origine quelques siècles plu§ haut. Selon Virgile 1 2 , cette famille habitait déjà Rome, ou du moins la place où Rome fut bâtie depuis, du temps d’Évandre et de la venue d’Hercule en Italie. Ce héros enseigna lui-méme à cette famille et à celle des Potiliensles cérémonies du culte qu’il voulait qu’on lui rendit après son apothéose, et il
1. Pomponius Attiras ab origine ultima slirpis romann-, perpeluo acceptant a majoribus cqueslrem oblinuil dignilatem. Corn. Ncpos, Vit* Allici cap. t.
2. Æneid., lib. VIII, v. 2C9. — Sert’., ad dict. lib. — I.iv., llh. I, cap. vu, et lib. IX, cap. xvix et xxxiv.
ordonna que la prêtrise fût héréditaire dans ces familles et que les fonctions en fussent partagées entre elles. Les Pinarius pouvaient donc faire remonter leur origine à quelques siècles au delà de Numa : aussi ne voit-on pas qu’ils se soient fait honneur de la généalogie qu’on voulait leur prêter; et dans quelques médailles de cette famille, qui sont venues jusqu’à nous, non plus que dans les autres monuments anciens, on ne voit rien qui tende à confirmer celte filiation depuis Numa par Pinus, son fils.
III. La maison des Calpurnius s’est toujours piquée de descendre de Numa par Caipus, son fils. Horace, dans son Art poétique' adressé aux Pisons, qui formaient une branche de la famille Calpurnienne, ne fait point difficulté de les qualilier Pontpilius sanyuis, ou descendants de Numa. Sur quoi un ancien seholiaste remarque que Calpus, fils de Numa, était la tige de la maison Calpurnienne, conformément à l’opinion de quelques auteurs que Plutarque cite, et auxquels on peut ajouter Festus î, et fauteur du Panégyrique à Pison, qu’on attribue à Lucain. Aux témoignages de ces auteurs on peut joindre diverses médailles de celte famille, qui prouvent non que cette origine fût bien sûre, mais du moins que les Pisons, qui étaient de la branche la plus illustrée parles dignités, souhaitaient qu’on la crût vraie. Il y en a une 1 2 3 où on voit d’un côté la tête du roi Numa ceinte d’un diadème, daus lequel se lit le nom de Numa, et autour CN. PISO. PHOQ., c’est-à-dire Cneius Pison, proquesteur. Au revers, on voit la proue d'un vaisseau avec ces mots : MAGNus PROCOnSuL. On sait que c’était le surnom de Pompée, qui avait alors le