Fulrius, in Crnlr Calpurn. — Vaillant, n. 18 et
gouvernement d'Espagne; mais il ne pouvait se résoudre de quitter Rome. Pison, qui gouvernait la province en son absence, saisit cette occasion de faire frapper des monnaies qui éternisassent la mémoire de l’origine de sa maison. L'autre médaille a aussi été frappée par un Cn. Pison, qui apparemment était fils du précédent. On y voit de même la tête de Numa ornée du diadèihe, mais sans son nom; autour on lit : ONevs PISO CNei Fimvs IIIYIR, Auro, Arf/ento , Ære, F/undo, Feriundo. Elle a été frappée sous le régne d’Auguste. Ces deux médailles ne peuvent servir qu’à prouver que cette maison était bien aise de donner cours à une opinion qui relevait si fort son origine. Ce qui cepcn- • dant me parait un peu détruire ses prétentions à cet égard, c'est qu’elle ne paraît point parmi les familles patriciennes, mais qu’elle a constamment été rangée entre les plébéiennes, et n’est même parvenue au consulat que prés de deux siècles après que l’accès en eût été ouvert aux plébéiens. On n’en voit point de consul avant l’an de Rome 573. Depuis ce temps-là, cette famille fut fort considérée, et se distingua dans les premières charges de la république. Elle fut aussi mise au rang des patriciennes sous les empereurs.
IV. Le quatrième fils de Numa, selon Plnlarque, s'appe 1 lait Mamercus, et était tige de la famille Mamercia. Il ajoute que, pour marquer son origine, elle se distinguait par le surnom de Rex. Comme il n’y avait point de famille à Rome du nom de Mamercia , on croit que ce nom a été défiguré par les copistes, et qu’on rétablirait le véritable en substituant Marcus à Marnerais et Marcia à Mamercia. Outre qu’une branche de la famille Marcia se distinguait par le surnom de Rex, elle prétendait aussi faire remonter son origine à Numa Pompilius; mais c’était par sa fille, mère du roi Ancus Marcius, que , sur la conformité du nom,
elle prenait pour lige de son origine. Ce ne peut donc être elle que Plutaquc ait voulu désigner ici, puisqu’on ne peut dire qu'elle descendit d’un fils du roi Numa. Il n’y a pas d’apparence non plus que Plutarque ait voulu désigner la maison Émilienne, où le nom de Mamercus a servi tantôt de prénom, tantôt de surnom. Il y avait aussi une branche de cette famille qui portait le surnom de Regillus; et d’ailleurs la maison Emilienne était patricienne, et des plus anciennes et des plus illustres, de sorte qu’il n’y avait rien d’incroyable lorsqu’on disait qu’elle tirait son origine d’un roi de Rome. Mais Plutarque lui-même détruit cette conjecture dans la Vie de Paul-Emile ' , puisqu’il ne le fait point descendre de Numa , et qu’au contraire il donne pour tigeàla maison Émilienne Mamercus, fils de Pythagore. Festus dit la même chose a , et ajoute que cependant d’autres faisaient descendre cette famille d’Ascagne, fils d’Énée, qui laissa deux fils, Jules et Émile, tiges de deux illustres familles patriciennes de Rome. La maison Émilienne était sans doute une des plus anciennes et des plus considérables de Rome, et elle a paru avec éclat dans tous les temps de la république; de sorte que, quand ce qu’on nous débiterait de son origine serait encore moins vraisemblable, on serait toujours plus porté à le croire que ce que l’on débitait de l’ancienneté de quelques familles plébéiennes qui, n’ayant commencé à s’élever que tard, s’avisèrent de se chercher des ancêtres dans l’antiquité la plus reculée, et ne fondèrent leurs prétentions que sur une légère conformité de noms. Pour ce qui est de la famille Émilienne, soit qu’elle doive son origine à Numa, à Pythagore ou à Ascagne, on ne trouve rien ni sur les médailles, ni dans les anciens êcri-