In Æmilio, p. 255 et seq
î. Vore .£rai/in.
DE L’HISTOIIIE HUMAINE.
vains de Rome, qui décide en faveur de l'une ou de l’autre de ces opinions.
V. Pour continuer ce qui regarde la famille Marcienne, quoique plébéienne, elle portait ses prétentions fort haut, puisqu’elle se disait issue d’Ancus Marcius, quatrième roi de Rome et fils de la fille de Numa. Il était trop beau et trop glorieux pour cette famille de pouvoir dire que le sang de deux rois coulait dans ses veines, pour qu’elle n’ait pas tâché de perpétuer le souvenir d’une si illustre origine. Il est vrai que Plutarque 1 témoigne que la famille des Marcios descendait d’Ancus Marcius, roi de Rome; mais il en parle à l’occasion de Marcus Coriolan, qui était patricien, au lieu que les autres Marcius que l’on voit depuis remplir bien des consulats étaient plébéiens, et ne parvinrent à cette suprême dignité qu’après que les plébéiens s’en eurent ouvert l’accès. Je crois donc qu’on peut fort bien appliquer à ceux-ci les paroles de Cicéron que j’ai déjà rapportées : « Combien de fausses origines des familles, comme si elles « étaient passées des patriciens aux plébéiens, parce que « bien des gens de basse extraction s’entaient sur quelque « famille illustre qui portait le même nom! « Cette famille soutenait sans doute aussi que, patricienne dans son origine, elle n'était devenue plébéienne que par adoption et pour s’ouvrir l’accès au tribunat du peuple. Elle vit en peu de temps les dignités accumulées sur ses divers membres, et, parvenue au comble de la gloire par les dictatures, les consulats, les triomphes, etc. , dont elle avait été décorée, elle crut que cela suffisait pour rendre croyable tout ce qu’elle débiterait sur l’antiquité efla noblesse de son origine. Ce qui contribue le plus à distinguer cette maison,
f. In Coriolan. inil.
c’est la dignité de censeur. C. Marcius Rulilius fut le premier dictateur tiré de cet ordre; honneur qu’il ajouta à quatre consulats et à deux triomphes 1 . Son fils de mémo nom fut le seul Romain qui ait exercé deux fois la charge de censeur, ce qui lui fit prendre le surnom de Censorinus, qui s’est depuis conservé dans cette branche de la maison Marcicnne. Il nous reste encore des médailles d'un C. Marcius Censorinus 2 , un de ses descendants, où d'un côté on voit deux têtes ornées. de diadèmes : l’une d’un'vieillard, l’autre d'un jeune homme, avec cette lêgendp : NUMÆ POMPILI. ANCI. MARCI. Au revers, le port d’Oslie, qu'Ancus Marcius avait fait construire, avec ces mots : Caïus MARCius CENSOrinus. Celui-ci a voulu perpétuer par cette médaille le souvenir de l’origine de sa famille, et montrer quelle la tirait de deux rois.de Rome; et il rappelle en même temps le souvenir d’un des principaux monuments du règrie d’Ancus Marcius : le port d’Ostie, que ce roi fit construire. Nous avons une autre médaille de la même famille 3 , mais d’une autre branche, qùi n’est pas moins curieuse. Elle représente d’un côté la tête d’Ancus Marcius ceinte du diadème; sur le derrière, un bâton augurai, en mémoire du zèle que ce roi avait témoigné pour le rétablissement du culte et des cérémonies religieuses établies par son aïeul, et négligées sous son prédécesseur. Au revers, on voit un aqueduc, et dessus, un homme à cheval, et la légende AQUA MARCIA. PfflLIPPUS. Cet aqueduc avait été construit par Àncus Marcius 4 , et fut depuis rétabli, en vertu d’un décret du sénat, par un préteur,