‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 7 sur 222 · Mémoire», 1 . VIH", édit, de Hollande · texte numérisé non relu

Mémoire», 1 . VIH", édit, de Hollande

•j. Voy. Dodwelfi, Dissertât, de nuctore libri de Fiuriit et Paralleii t.

PRÉFACE

si illustre. Cet auteur, peu connu, ne méritait pas d’entrer en ligne de compte.

Non tali consilio , nec dofensoril)us istis, Tempus egct

Cependant les inductions qu’il en tire remplissent plusieurs pages que cet habile homme aurait pu employer plus utilement à étendre ses autres preuves. C’est principalement par là qu’il a donné prise sur lui à M. l’abbé Sallier, qui n’a pas eu de peine à faire voir le peu de fond que l’on peut faire sur un livre aussi fabuleux que l’est celui des Parallèles.

Il s’en faut beaucoup que ce savant abbé ait aussi bien réussi dans le reste. J’ai pesé et examiné avec soin toutes les raisons qui l’ont déterminé à se déclarer pour la certitude de l’histoire romaine. Tout l'art dont son discours est revêtu ne m’a pas empêché d’en sentir le faible. L’occasion d’y répondre s’est présentée très-souvent; mais j’ai pensé qu’il suffirait d’apporter les preuves les plus fortes de l’opinion que j’ai embrassée , et que dès lors le sentiment contraire tomberait de lui-même.

La chaleur avec laquelle M. l’abbé Sallier soutient la certitude de l’histoire romaine, montre assez qu’il est trop prévenu en faveur de cette cause. Il le reconnaît lui-même sans détour, puisqu'il avoue que c’est lui faire violence que de l'obliger d’examiner à la rigueur les faits merveilleux dont cette histoire est ornée. Il s’applique lui-même ces vers d’Horace :

PRÉFACE

Pol, occiflistis, amici,

Non me servastis, cui sic extorta voluptas,

El demptus per vim menlis gralissimus error.

J’ose même dire que sa préoccupation en faveur de la certitude de, cette histoire l'a souvent empêché de bien discuter les passages qu’il fait servir à la défense de son sentiment, et qui souvent prouvent directement le contraire. Tel est le passage de Cicéron ( De legibus, lib. I, cap. 1), où M. l’abbé Sallier trouve 1 que Cicéron a eu dessein d’écrire un corps d’histoire romaine. Il a sans doute lu ce passage avec trop de précipitation; car on y trouve directement le contraire, comme on le peut voir dans le second chapitre de la première partie de cette Dissertation, où je l’ai rapporté.

Je ne comprends pas bien non plus de quelle utilité pouvaient être , par rapport à l’histoire, les Mémoires que cet abbé nous dit 2 que chaque particulier, à Rome, avait soin de dresser sur les affaires domestiques, et sur lesquels les jugps formaient les décisions les plus importantes. Il n’a sans doute pas fait réflexion que ces livres, d’où il lui semble que l’histoire aurait pu tirer des lumières, n’étaient autre chose que des registres des comptes que chaque Romain avait coutume de tenir de sa dépense journalière. ( Tabulai Accepti et Expensi.) Il n’y avait personne à Rome 3 , à moins qu’il ne fût extrêmement négligent, qui ne tint des comptes exacts de ce qu’il recevait et de ce qu’il

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