‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 83 sur 222 · DD CARACTERE DR FABIUS FICTOR , IS PREMIER HISTORIE · texte numérisé non relu

DD CARACTERE DR FABIUS FICTOR , IS PREMIER HISTORIE

Après avoir recherché quels monuments il restait encore aux Romains pour donner le degré de certitude nécessaire à leur histoire, je passe à leurs historiens, et au jugement qu’on en doit porter. La perte ou la non-existence de monuments anciens et contemporains aux événements doit avoir déjà prévenu les lecteurs contre la fidélité de leurs histoires ; puisque, manquant d’autres mémoires, ils ont été forcés

d’avoir recours à des traditions de famille, où l’on avait eu peu d’égard à la vérité.

Le premier Romain 1 qui ait entrepris d’écrire l’histoire de sa patrie a été Fabius Pictor, qui florissail du temps de la seconde guerre Punique, jusqu’où il a poussé soüHùtoire. Il n’est donc que du sixième siècle, et ne peut avoir rédigé son Histoire que vers le milieu du même siècle, aussi bien que Gincius Alimentus, autre historien du même temps. Ce sont là les auteurs les plus anciens que Tite-Live et Denys d’IIalicarnasse puissent nous citer, pour constater la vérité de faits antérieurs de plusieurs siècles.

Pour bien juger du degré de créance que méritent les Histoires de Tite-Live et de Denys d'Halicarnasse, il est nécessaire d’examiner sur quoi ils fondaient leurs relations. Nous verrons qu’eux et tous ceux qui avaient écrit des histoires, pendant l’espace de temps qui s’était écoulé depuis Fabius jusqu’à eux, ne croient pas pouvoir donner de garants plus sûrs des faits qu’ils rapportent que ce môme Fabius Pictor. On ne peut donc faire de fond sur leurs Histoires, qu’autant qu’on en pouvait faire sur celle de Fabius. Ainsi, dès que l’on aura apprécié au juste le mérite de cet historien, on sera en état de porter un jugement sûr de la certitude ou de l’incertitude des relations des autres historiens. D’ailleurs cet examen mettra dans un nouveau jour la disette d’anciens monuments où étaient les Romains, et servira encore à confirmer ce que j’ai dit de la négligence des historiens à consulter le peu qui en restait, et dont ils auraient pu faire usage, pour vérifier quelques faits. Pour mettre le lecteur en étal d’en juger, je rapporte en son entier un passage de Denys d’Halicarnasse assez long, que les savants regardent comme un auteur exact et judicieux. 11 nous met au fait de tout ce qui avait été écrit sur l’histoire romaine,

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