‹ Dissertation sur l'incertitude des cinq premiers siécles de l'historie romaineChapitre 92 sur 222 · I. EpiU. ad Gallon, ep. CLXXWill, p · texte numérisé non relu

I. EpiU. ad Gallon, ep. CLXXWill, p

trouve souvent répété. Cependant, je crois qu’on peut dire avec vérité que si nous trouvons quelques éclaircissements sur les coutumes des Romains dans quelques auteurs grecs, souvent aussi ils embrouillent les matières et nous rejettent dans l'incertitude. Il serait facile de vérifier ce que j’avance, par des exemples tirés de Dion et de Plutarque; mais ils sont assez rebattus, pour que je puisse m’en dispenser, et je me borne à Penys d’Halicarnasse.

La réputation de cet historien paraît, à la vérité, si bien établie, qu’il semble qu’il y ait de la témérités l’attaquer. Cependant, je crois qu’il n’est pas difficile de montrer que cet auteur tombe dans des contradictions manifestes; qn’il ne donne qu'une fausse idée du gouvernement de Rome sous les rois et sous les consuls; qu’il ne cherche qu’à flatter les Romains et qu’à exagérer tout ce qu'il rapporte. C'est ce dont on trouvera diverses preuves dans ce chapitre et dans 'la seconde partie de cette dissertation. C'est aussi ce que reconnaît un très-judicieux critique que* j’ai déjà cité, le savant Pcrizonius. Quelque zélé partisan qu’il fût de l'histoire romaine et des anciens en général, il est obligé de convenir 1 que cet historien, en nous exagérant l’autorité du sénat et des magistrats, par un style hyperbolique et peu naturel, nous (Tonne une idée très-fausse de leur gouvernement. Il reconnaît encore que cet auteur a orné ses narrations de quantité d'épisodes, qui ne sonique le fruit de son imagination. lien cite pour exemple l’histoire de la grossesse et des couches de lUiéa Silvia, qu’en effet cet historien rapporte avec des circonstances si détaillées, qu’à peine un témoin oculaire aurait pu, en y employant l’exactitude la plus scrupuleuse, en rapporter plus exactement jusqu’aux moindres particularités.

Page 1