‹ Dissertation sur la commotion cérébraleChapitre 3 sur 5 · DIAGNOSTIC · texte numérisé non relu

DIAGNOSTIC

La commotion cérébrale pouvant être confondue avec la compression du cerveau, et leur traitement ne devant pas être le même , un paragraphe doit être consacré à les différencier; soit que l’épanchement et la commotion existent séparément, soit que ces deux états se trouvent réunis ou que l’épanchement vienne plus tard, alors que les symptômes de commotion ont disparu ou disparaissent: toujours est-il qu’à l’assoupissement qui accompagne aussi la commotion , s’ajoute la paralysie du côté opposé à l’épanchement. Ici les phénomènes morbides vont en augmentant d’intensité , à mesure que la masse de liquide épanché devient plus considérable ; tandis qu’on les voit diminuer graduellement dans la commotion , immédiatement après l’action de la violence extérieure. La compression n’est point accompagnée comme l’autre de vomissements , de dilatation de la pupille, d’un fades pâle, d’un pouls petit et inégal , d’une respiration

facile et douce ; le pouls est au contraire dur, frequent, plein, irrégulier; la pupille est resserrée ; la figure est d’un rouge violacé , et la respiration est haute et suspicieuse ; il y a slortor ; la poitrine est comme embarrassée par des mucosités; tous les muscles sont en jeu pour exécuter cette fonction. 1 Bien que les caractères que nous venons d’assigner à chacun de ces deux états morbides ne permettent pas de les confondre et de les prendre l’un pour l’autre, lorsqu’ils existent séparément ; il n’en sera peut-être pas ainsi lorsqu’il y aura coïncidence de ces deux états. Cependant malgré cette confusion de symptômes appartenant à deux maladies distinctes, on pourra s’y reconnaître, et le diagnostic sera d’autant moins incertain , d’autant moins embarrassant, que ces deux affections morbides se montreront à nous avec des symptômes plus prononcés, et que l’observation nous aura mieux appris à les apprécier. Dans quelques cas, il est possible encore que l’inflammation du cerveau vienne se joindre à la commotion : des phénomènes d’irritation , tels que secousses convulsives d’un seul ou des deux côtés du corps, suivant qu’un seul ou que les deux hémisphères seront malades; des vertiges , la rougeur des yeux qui ne peuvent supporter la lumière, celle du visage , l’afflux

' Dupuytren, Leçons orales.

du sang vers la lêtc se montreront alors pour attester la présence de l’encéphalite, et nous avertir qu’il est une seconde indication à associer à la première, laquelle exigera, pour être remplie convenablement et simultanément avec l’autre, un tact tout particulier, une habileté que l’on ne peut guère acquérir que par la pratique.

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