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rivière: St, Charles ce fut, non pour l'avoir perdu sur la roche de Jacques Cartier, mais à raison de la foiblesse de ses équipages : que quand il dit qu’il laissa ce vaisseau pour que ceux de Stadin en eussent les vieux cloux il n’en avait pas enlevé tous les canons, les agrès et autres choses qu’il lui importait de prendre, Quel intérêt pouvaitilavoir de déguiser la vérité quand tant de témoins oculaires pouvaient le démentir et le perdre.
MaNTENANT examinons de quel poids peut être la tradition dont parle Charlevoix. Cette tradition en Canada n’a pu être transmise par des Eurov’ens, depuis 1536 après le départ de Cartier, jusqu’en 1608 que Champlain s “whlit à Québec. S'il y eut une telle tradition, ellen’a pu parvenir que par des sauvages des environs. Champlain ne se rendit sur les lieux parcourus par Cartier, qu'environ 72 ans après. Charlevoix n’alla à Québec que vers 1720; c’est-à-dire, environ 180 ans après Cartier. Lequel des deux pouvait le mieux être guidé par les traditions des sauvages? Champlain était contemporain de Lescarbot: revêtu comme il était de la commission de fonder une colonie sur les bords du fleuve St. Laurent, peut-on supposer qu’il n'ait pas eu accès à la relation du second voyage de Cartier, aussi bien que Lescarbot. On doit penser que Champlain a suivi les traces de Cartier. De plus Champlain a pu voir plusieurs sauvages qui lui ont dit avoir vu des hommes de son espèce, blancs et barbus, hiverner au nord de Québec, c’est-àdire, à la rivière St. Charles. Ainsi Champlain doit avoir fondé son opinion et sur le récit de Cartier qui est très explicite, et peut être aussi sur le rap port de vieux sauvages, témoins oculaires du séjour de Cartier à la rivière St. Charles. Il est bien clair que Charlevoix s’est trompé en disant que Cartier partit pour Hochelaga dans la Grande Hermine. Le nassage ci-dessus de Cartier dit positivement le contraire. Il ne cite qu’en gros des mémoireset une tradition qu'onlui a rapportée en Canada, pour prouver que Car« tier a perdu un vaisseau sur la roche qui se trouve vis-à-vis sa'prétendue Ste. Croix, Maisil déclare lui-même qu’il ne trouverien de celadansles mémoires sur les quels ilnous donne lesecond voyagede Cartier. Ce fait, encore une fois, ne peut avoir été transmis que par le récit des sauvages des environs. Lorsque Champlain fonda Québec, il y avait déjà 72 ans que Cartier avait fait son second voyage sur le fleuve St. Laurent. Plusieurs années se passèrent avant que le Canada eut des missionnaires ou des Français capables de converser
avec des sauvages, et avant que des sauvages eussent appris le français assez bien pour s'expliquer clairement. Ainsi en admettant cette tradition comme vraie en général, j'ai le droit de dire qu’elle n’est pas applicable à Jacques Cartier, puisque sa relation dit positivement le contrairc. Qui niera qu’un fait vrai, ne puisse, en très peu d’années, être surchargé de cir: constances étrangères. N'est-ce pas ce qui arrive tous les jours. On ne me persuadera jamais qu’au bout d'environ un siecle qui dut s’écouler avant le récit de ce naufrage, les Sauvages eussent conservé le nom de Jacques
Cartier,
Cartier. Tout le moude connait leur habitude de donner des noms de feur propre langue aux étrangers, par la raison qu'il est plus facile de se souveir d’un mot familier que d’un mot étranger. Ce ne fut que de cette manière qu'ils désignèrent ceux qui firent naufrage sur le fleuve St. Laurent, Hs ne purent après tant d'années indiquer l’époque d’un naufrage que d’une manière vague, mais peut-être qu’ils la désiguèrent d’une manière à faire soupçonner qu’il pouvait s'agir de Jacques Cartier, En Canada on crut à ce naufrage d’un des vaisseaux de ce capitaine parce qu'il n’était retourné en France qu'avec deux vaisseaux, Et faute de pouvoir consulter son second voyage, qui parait n'avoir jamais été publié en français, que par Lescarbot on aura cru que cette rivière que nous appelons Jacques Cartier est la rivière où il hiverna et que ce fut lui qui y fit naufrage.