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cas, l'on aperçoit tantôt des points noirâtres, tantôt des cercles au milieu desquels l'ouverture des follicules est très-dilatée. Cette affection consiste essentiellement en une coloration des bords de l’ouverture folliculaire. Du reste, le follicule peut être sain, ou bien plus ou moins tuméfié. ”
2°, Chez les individus qui succombent avec uneirritation de la muqueuse gastro-intestinale , en même temps que l’on aperçoit toute la muqueuse d’une belle couleur rosée, uniforme, il n’est pas rare de distinguer une multitude de petits points beaucoup plus rouges, faisant ou ne faisant pas saillie. J'ai pu m'’assurer déjà dans quelques cas que ces petits points rouges étaient constitués par les bords rapprochés et très-injectés de l'ouverture folliculaire ; du reste, les dimensions des follicules étaient peu .où même point augmentées. Chez un sujet qui succomba avec tous les symptômes les plus tranchés de la fièvre typhoïide, au dix-huitième jour de cette affection, le 17 août 1831 , salle Sainte-Madelaine , n°. 55, on trouva, au lieu de la lésion accoutumée : 1°. une rougeur uniforme peu intense de toute la muqueuse ; 2°. une multitude innombrable de follicules isolés , et tous ceux des plaques, sous forme de petits boutons très-rouges, de la grosseur d’une tête d'épingle et faisant une légère saillie; les plaques n'étaient nullement boursoufflées ; seulement elles étaient un peu plus rouges que le reste de lamuqueuse. M. Chomel dit que c'était le seul cas où il avait trouvé une semblable lésion à la suite de la fièvre typhoïde, Du reste, la lésion de l’intestin ne paraît pas ici avoir causé la mort, car à l’autopsie on trouva les deux poumons à l’état d’hépatisation grise. Un médecin de l'Hôtel-Dicu affirme que l’on trouve constamment les follicules offrant tout à fait le même aspect que dans le cas précédent, chez les sujets qui succombent durant une scarlatine. J'ai vérifié deux fois cette assertion.
3°. Les follicules peuvent être simplement hypertrophiés , et n’offrir qu'une exagération de leur état normal, et alors il est quelquefois possible d’apercevoir leur ouverture; leurs cavités sont souvent distendues par des mucosités, que l’on peut faire sortir par la pression.
(15) Ce cas est fréquent chez les individus qui succombent avec des diarrhées chroniques. | &°. Ces follicules offrent une lésion bien différente de celles que je viens d’énumérer , et qui, selon moi, est un résultat de leur inflammation aiguë et chronique.
Inflammation aiguë. Lorsque cette inflammation porte sur un grand nombre de follicules, et particulièrement sur les plaques, elle constitue une maladie extrêmement grave, qui a reçu différens noms, et à laquelle le nom d’entérite folliculeuse me semble le mieux convenir. Ou bien les parois du folliculeenflammé sécrètent du pus qui s’amasse dans sa cavité et forme une pustule analogue à celles de la variole, ou bien ses parois ( et ce cas est beaucoup plus commun } se gonflent considérablement , et forment une masse homogène , rougeâtre ou grisâtre, plus ou moins solide; quelquefois ils sont d’un tissu très-consistant et d’un aspect lardacé ; mais c’est particulièrement le tissu cellulaire au milieu duquel ils s’enfoncent qui, en se tuméfiant , contribue à leur donner ce grand volume. M. Trousseau , dans le tome 10 des Archives générales de médecine, a consigné un Mémoire où les différens degrés de cette affection se trouvent trèsexactement décrits. Elle offre deux périodes bien distinctes : l’une pendant laquelle ces follicules se gonflent de plus en plus, l’autre qui correspond à l’époque où les follicules tuméfiés se résolvent ou bien
s'ulcèrent.
1, Période de tuméfaction. Comme les symptômes qui signalent la lésion des follicules surviennent quelquefois d’une manière lente et insensible, il n’est pas toujours facile de déterminer la durée de cette période; mais si, comme il semble rationnel, l'on fait dater le début de la maladie de l'instant où la fièvre se montre, on peut dire qu’elle dure ordinairement dix à quinze jours, c'est-à-dire depuis le jour de l'invasion de la fièvre jusqu’au dixième ou quinzième jour. Pendant cette période , les follicules se tuméfient insensiblement , et
(Ex4 )) |
finissent par acquérir le volume d’un pois, et même davantage; ils sont sous forme de boutons coniques ou ombiliqués, d’un blanc mat, et contenant quelquefois du pus, ou bien d’un tissu homogène , grisâtre ou rougeâtre. Les plaques surtout sont fort remarquables ; dans le commencement elles sont simplement plus apparentes et rouges ; à mesure que la maladie fait des progrès, elles deviennent de plus en plus saillantes , et se montrent sous forme de plaques gaufrées , rougeâtres, faisant une saillie d’une à deux lignes au-dessus de la muqueuse; d’abord les follicules qui les constituent semblent tous se développer d’une manière uniforme , en sorte qu’elles offrent une surface assez égale ; mais à mesure que les follicules augmentent, il arrive que quelques-uns d’entre eux prennent plus de volume, et que les plaques acquièrent une surface inégale, présentant des anfractuosités. Il ne faut pas croire que tous les follicules d’une plaque puissent acquérir un grand volume ; dans le principe, la majeure partie semble s’hypertrophier; mais bientôt sept ou huit d’entre eux prennent un accroissement considérable, et les autres, se trouvant comme étouffés au milieu d’eux , cessent de se tuméfier. Si l'on fend ces plaques avec le bistouri, l’on voit qu’elles sont formées par un tissu homogène, rougeâtre et mou, ou bien grisâtre , lardacé et assez résistant; il est possible de constater que la tunique sous-muqueuse est toujours plus ou moins tuméfée, et qu'elle contribue quelquefois en grande partie à la saillie formée par les plaques. |
2°. Période ‘de résolution et d’ulcération. Cette période n’est pas mieux circonscrite que la première; elle commence à l’époque où finit celle-ci, et se prolonge depuis un jusqu’à deux ou trois septépaires. Tous les follicules ne parviennent pas au dernier degré de tuméfaction dont J'ai parlé plus haut, et ceux qui y sont parvenus ñe doivent pas nécessairement s’ulcérer ; il n'en doit même être ‘ainsi que dans la minorité des cas : car, quoique déjà fort grave , la maladie serait plus fréquemment mortelle. Ce qui prouve que les follicules ne s’ulcèrent pas dans la plus grande partie des cas , c’est que l’on voit
des sujets complètement convalescens après quinze à vingt jours; c'est que, chez des malades qui succombent à des maladies intercurrentes , l'on trouve les plaques sans ulcération , d’un blanc mat ou grisâtre, quelquefois violacées , mais revenues en grande partie à leurs dimensions normales. Ainsi, il peut arriver ou que les follicules, après . avoir acquisun volume plus ou moins considérable, marchent vers la résolution, ou que, parvenus à leur plus haut degré de tuméfaction , ils se rompent et donnent lieu à des ulcères.
I. cas. Les follicules isolés disparaissent insensiblement ; les plaques deviennent plus égales d’abord, font une moindre saillie ; elles prennent, à mesure qu'elles diminuent, un aspect plus lisse, d’un blanc mat. C'est cet état que quelques praticiens ont pris pour des cicatrices. Enfin’, la plaque disparaît tout à fait, redevient unie, et conserve quelquefois, pendant assez long-temps, une légère hypertrophie. Dans quelques cas, lorsque l’inflammation se prolonge dans l'intestin , les plaques, toùt en marchant vers la résolution, restent injectées, et ont un aspect violacé ou bleuâtre. Il ne faut pas croire que les follicules, ainsi parvenus à un état complet de résolution , recouvrent leur organisation première.
Chez un sujet qui mourut pendant la convalescence d’une fièvre typhoïde, et chez qui j'ai trouvé plusieurs plaques blanchâtres, qui avaient dû être affectées , la muqueuse offrait bien sur ces plaques un aspect lisse, et était dépourvue de valvules; mais il était impossible d'y distinguer les follicules. Ne doit-il pas arriver ici ce qui ar- rive dans l’inflammation des follicules de, la peau ? une conséquence nécessaire de cette inflammation ne doit-elle pas être l'adhésion de leurs parois et la disparition de leur cavité ?
Ile. cas. Les follicules parvenus à un certain degré de tuméfaction, il arrive une époque où leur sommet se déchire , et alors se montrent des ulcérations. Le mécanisme de ces ulcérations offre quelque différence dans les follicules isolés et dans les plaques : dans les follicules
isolés, le bouton, après avoir acquis le volume d’un gros ce et souvent davantage, se déchire à son sommet, et dès-lors apparaît une petite ulcération circulaire, fongueuse, à bords renversés, au centre de laquelle existe un petit bourbillon, le plus souvent coloré en jaune par la bile, et quelquefois en rouge par dusang: ce bourbillon me semble être formé par les parois du follicule gangrené. Dans les cas où du pus est contenu dans la cavité du follicule, celuici, après s'être déchiré, ou par une simple dilatation de son ouverture, laisse échapper le pus; et, au lieu d’un ulcère fongueux, à bords renversés, il n’y a qu’une petite ulcération arrondie, sans bourbillon, sans tuméfaction de ses bords, comme si elle avait été faite avec un emporte-pièce, et qui est constituée par la paroi interne du follicule très-dilaté. Dans les follicules agminés, ou bien quelques foilicules se rompent isolément, et donnent lieu, comme dans le cas précédent , à des ulcères arrondis, à hords fongueux et renversés, : d’un aspect grisâtre ou rougeâtre, offrant un bourbillon central , en même temps tous les autres follicules peuvent tendre à la résolution ; ou bien, tous les follicules tuméfiés s’ulcèrent , et alors, le plus souvent, les tissus intermédiaires, et même quelquefois le tissu sousmuqueux, sont frappés de mort, et se détachent en escharres plus ou moins volumineuses ; alors chaque plaque ne forme plus qu'un
vaste ulcère à bords fongueux et renversés, comme déchiqueté dans le centre. Ce cas est extrêmement grave; car l’on peut dire que toutes les fois que plusieurs plaques sont ainsi complètement détruites , ce n'est que dans des cas extrêmement rares que la maladie peut guérir;
et, lorsqu'on obtient la guérison, c’est toujours après une F'. Ms cence très-longue el très-orageuse.
Si l'on suit la marche de ces- ulcérations, il est facile de constater que le bourbillon est éliminé; que les bords des ulcérations qui affectent les follicules isolés s’affaissent, et que, dès-lors, se trouvant très-rapprochés, ils ne doivent éprouver aucune difficulté à se cicatriser , si la maladie doit avoir une terminaison heureuse. Lorsqu'un seul ou, même plusieurs follicules d’une plaque sont ulcérés, pourvu
Ca)
que la muqueuse et les autres tissus, qui sont interposés entre chaque follicule , n’aient pas été frappés de mort, chaque petite ulcération se comporte à peu près comme pour les follicules isolés ; les bourbillons sont éliminés, les bords de chaque ulcère s’affaissent, en même temps que les tissus intermédiaires se dégorgent, et il y a même facilité pour la cicatrisation; mais si, au contraire, le plus grand nombre des follicules d’une plaque étant ulcérés, les autres parties intermédiaires sont frappées de mort; lès escharres se détachent par fragmens plus ou moins volumineux, et laissent à nu le tissu cellulaire sous-muqueux , quelquefois très-tuméfié, et offrant çà et là des dépressions qui correspondaient aux follicules; ou même, lorsque le tissu cellulaire a été détruit, les fibres musculaires se trou vent à nu: les bords de ces vastes ulcères s’affaissent , mais ils restent décollés quelquefois, et, se trouvant très-écartés, ils ne sauraient que difficilement se rapprocher pour se cicatriser. Dans quelques cas, le tissu cellulaire sous-muqueux , et les fibres musculaires qui forment le fond de ces ulcères, sont transformés en une pulpe molle, qui se détache aisément, et le péritoine peut être mis à nu ; enfin, cette dernière membrane a été elle-même perforée plusieurs fois, et, par suite, il y a eu épanchement de matières stercorales dans le péritoine.
J'ai plusieurs fois séparé la muqueuse adhérente à la tunique cellulaire des fibres musculaires et du péritoine; cette séparation s'opérait plus aisément que dans l'état sain de l'intestin ;Île tissu cellulaire sousmuqueux correspondant aux parties malades, était blanchâtre, plus opaque, épaissi, sans saillie du côté du péritoine, offrant quelques rides, et comme chagriné ; c'était ce tissu qui constituait en grande partie les bords fongueux des ulcérations. Quand l’ulcération avait détruit la tunique sous-muqueuse, la muqueuse, ainsi séparée, se trouyait perforée : les fibres musculaires correspondant à ces plaques étaient dans l’état naturel, ou quelquefois un peu gonflées et rougeûtres.
Maintenant , il me reste à décrire de quelle manière s'opère la ci-
(18) catrisation des ulcères. Dans les follicules isolés, aussitôt que les bords de l’ulcération se sont affaissés, comme la perte de substance a été fort peu considérable, ils se trouvent immédiatement en contact , et ils se cicatrisent avec la plus grande facilité, à moins que des imprudences de régime ne viennent y mettre obstacle. Les ulcérations qui affectent un seul ou même plusieurs follicules des plaques , sans destruction des parties intermédiaires, se guérissent avec une facilité presque égale ; lorsque, au contraire, une plaque entière a été détruite , les bords des ulcérations ont beau s’affaisser, il reste des ulcères arrondis ou ovalaires, dont les bords, souvent décollés, sont distans d’un pouce et même davantage, et qui ont pour fond, le plus souvent, la tunique sous-muqueuse, quelquefois les fibres musculaires, et même le péritoine. De pareils ulcères à la peau éprouveraient déjà beaucoup de difficulté à se cicatriser; combien la difficulté ne doit-elle pas être plus grande pour le cas dont il s’agit ! Non-seulement la bile, les mucosités, les boissons et toutes les ma- ‘tières qui traversent continuellement le canal digestif, doivent opposer un obstacle presque insurmontable à leur guérison; mais, de plus, les parois minces de l'intestin ne peuvent guère fournir des bourgeons vasculaires pour la formation d’une cicatrice. Cependant, l'observation a démontré que dans quelques cas, rares à la vérité, la nature avait opéré la guérison de ces ulcères ; mais, on ne saurait trop le répéter, ce n’a pu être qu'après une convalescence d’un mois et demi à deux mois, et même plus, après de nombreux accidens. J'ai été assez heureux pour être témoin de trois ouvertures, où l’on trouva de pareils uleères véritablement cicatrisés ; deux d’entre elles étaient deux sujets morts de fièvre typhoïde, à l’'Hôtel-Dieu, après une très-longue convalescence’ et deux ou trois rechutes : dans ces deux cas, on trouva deux à trois plaques ovalaires, un peu déprimées, du diamètre de trois à quatre lignes; un bourrelcet arrondi à bords lisses, et formé par la muqueuse, circonscrivait ces plaques ; au-dessous de ce bourrelet, venait s’insérer une membrane ‘trèsmince, lisse et assez semblable aux membranes séreuses; elle occu-
(19) | pait tout l’espace compris entre le bourrelet : cette membrane , bien différente de la muqueuse de l'intestin, était immédiatement appliquée sur la tunique musculaire ou même sur le périloine; en sorte qu'en cet endroit les parois de l'intestin étaient beaucoup plus ininces.
MM. Andral et Louis citent quelques observations tout à fait semblables. Le troisième cas que j'ai vu était chez un jeune homme mort, durant ces vacances, au n° 18 de Ja salle Sainte-Madelaine; il était atteint d’une gastro-entérite chronique, assez intense, depuis trois mois : il périt subitement avec les symptômes d’une congestion cérébrale, À l’autopsie , l’on trouva une vive injection, avec coloration brunâtre de toute la muqueuse, sans ulcérations ni tuméfaction des follicules et des ganglions mésentériques ; en parcourant la surface de l'intestin, j'aperçus un endroit où ses parois n'étaient formées que par le péritoine, recouvert à sa face interne par une membrane très-fine et luisante ; celle-ci se continuait, comme dans les cas précédens, avec un bourrelet formé par la muqueuse ; seulement ce bourrelet était plus étroit encore. Il est aisé de suivre tous les degrés par où doivent passer les plaques ulcérées, pour arriver à la guérison ; l’on voit que les ulcères se détergent, que leurs bords s’affaissent, qu'ils se recollent au tissu cellulaire sous-jacent, qu’ils se rapprochent en partie, en sorte que l'espace qu'ils circonscrivent devient plus petit; enfin que ces bords, ne pouvant se rapprocher suffisamment pour être mis en contact, se cicatrisent isolément, en formant l'espèce de bourrelet dont il a été fait mention; le tissu cellulaire compris entre ce bourrelet prend un aspect lisse, et forme cette membrane fine qui remplace la muqueuse. Ici, la muqueuse détruite n’est pas remplacée par une muqueuse de nouvelle formation, comme à la peau un tégument nouveau, formé par des bourgeons vasculaires , remplace celui qui a été détruit; mais les tissus qui ont été mis à nu subissent une transformation qui a beaucoup d’analogie avec celle qu'éprouvent les parties qui se trouvent immédiatement en contact avec les liquides qui traversent un trajet fistuleux.
Pour compléter l’histoire des lésions que l’on trouve dans l'intestin à la suite de la fièvre typhoïde ou entérite folliculeuse , je dois dire que le nombre des follicules affectés est extrêmement variable ; que, pour que leur affection puisse donner lieu à des symptômes graves , il est nécessaire que les plaques soient malades; que les follicules affectés ne le sont pas tous ensemble; que l’inflammation ne les frappe pas tous au même degré, et qu’ils n’ont pas une marche régulière, puisque l’on peut trouver, chez un même sujet, depuis une tuméfaction légère jusqu’au degré le plus avancé de J'ulcération des follicules. Il est assez fréquent de retrouver des traces d’inflammation sur la muqueuse qui avoisine les follicules malades, et surtout les plaques ; le plus souvent, c'est une rougeur plus ou moins vive, ayant beaucoup d’analogie avec. ces cercles inflammatoires qui entourent les furoncles à la peau; mais, à une époque avancée de la maladie , il paraît que cette rougeur disparaît souvent , car on ne la trouve plus sur le cadavre. L’inflammation peut avoir laissé des traces sur une très-grande étendue de la muqueuse, et alors on ne doit plus la considérer comme une conséquence de la maladie des
follicules, mais comme une complication. Constamment, à la suite
de l'affection des follicules, l’on a trouvé les ganglions mésentériques plus ou moins affectés ; pendant la période de tuméfaction des follicules , ils acquièrent un volume de plus en plus considérable; à
l'autopsie, on les trouve tuméfiés à différens degrés, rouges.et for- .
més d’un tissu homogène assez analogue à celui du testicule. Pendant la période d’ulcération, ils augmentent encore de volume ; mais en même temps ils se ramollissent, et ils finissent par pouvoir être réduits, à la simple pression, en une pulpe plus ou moins colorée ; quelques auteurs les ont trouvés en suppuration. À mesure que l’affection des follicules marche vers la guérison, ils diminuent de volume , et, après le trentième jour de la maladie, on les trouve ordinairement peu volumineux, d’une couleur violacée. Leur volume est très-variable: on en trouve depuis la grosseur d’un pois jusqu’à celle d’un œuf de pigeon, et même plus. Cette affection des ganglions
Mi 2.
(21) est évidemment dépendante de celle des follicules ,: car ceux-là seuls sont affectés, qui correspondent aux follicules malades , et leur tuméfaction est toujours en raison directe du degré d'altération des follicules. Bien que cette tuméfaction des ganglions puisse se montrer dans plusieurs autres maladies du tube digestif, on peut dire que dans aucune elle ne se montre aussi constamment, ni à un si haut degré. J'ai vu plusieurs fois la muqueuse de l'intestin ramollie et plus ou moins désorganisée, sans que les ganglions eussent acquis un volume plus grand que dans l’état normal. Chez les phthisiques, l’on trouve souvent la muqueuse profondément altérée; et, si les follicules , particulièrement ceux des plaques, ne sont pas tuméfiés ou ulcérés , les ganglions du mésentère sont presque toujours dans leur état normal ; toutes les fois, au contraire, que les follicules sont affectés, les ganglions sont trouvés plus ou moins tuméfiés. Il y a certainement des rapports intimes entre ces ganglions et les fol-
licules.
Inflammation chronique. Chez les individus qui succombent à la phthisie pulmonaire , l’on trouve des lésions qui ont avec celle que je viens de décrire la plus grande analogie ; cependant, dans les deux cas, les symptômes sont bien différens, ce qui tient évidemment à ce que, dans le cas dont je parle actuellement, l’inflammation des follicules est chronique. Je vais passer en revue les différens états dans lesquels on rencontre ces petits organes.
1°. Ils sont hypertrophiés ou non hypertrophiés, et leur ouverture est marquée par des points ou des cercles brunâtres.
2°, Ils sont rouges, volumineux, d’un tissu homogène, et tout à fait semblables à ceux de la fièvre typhoïde; mais bien plus souvent, en même temps qu'ils ont acquis le volume d’un pois à peu près, ils se montrent sous forme de granulations d’un blanc mat ou jaunâtre, solides, et presque cartilagineuses, ou bien quelquefois molles et formées par du pus renfermé dans leur cavité. Il est assez facile de faire sortir, par leur ouverture , le pus ou la matière muqueuse qu’ils
contienvent ; quelquefois on trouve leurs ouvertures tellement dilatées, qu’on pourrait les prendre pour de petites ulcérations. Du reste, | ces différentes lésions appartiennent aux foiiicules isolés et à ceux des plaques. Il peut arriver quelquefois que de la matière tuberculeuse soit déposée autour des follicules affectés.
3°. Comme dans l’inflammation aiguë, les follicules s’ulcèrent , et alors l’on trouve en même remps que les lésions précédentes des ulcérations, dont le siége n'offre, dans la plupart dés cas, aucun doute ; celles qui affectent les follicules isolés sont souvent sous forme de petits ulcères d’une à deux lignes, à bords peu ou point saillans , le plus souvent également répandus dans toute la circonférence de l'intestin , et plus abondans dans le tiers inférieur de l'intestin grêle et dans le gros intéstin ; leur fond est formé par le tissu sous-muqueux; mais assez souvent l'ouverture du follicule étant largement dilatée ou détruite, sa paroi interne constitue le fond de lulcère. Toutes les fois qu’on rencontre de pareils ulcères chez un phthisique, l’on peut affirmer qu'ils ont les follicules pour point de départ. Mais ces ulcères prennent quelquefois beaucoup d’extension, ‘et la forme plus ou moins arrondie qu'ils conservent peut seulement noùs donner de grandes présomptions qu'ils ont commencé sur les follicules. | REC
Les ulcères qui ont leur siége sur les follicules des plaques sont différens, suivant que plusieurs follicules sont ulcérés isolément , ou bien que toute la plaque a été détruite; dans le premier cas, une même plaque peut offrir, en même temps ‘que des follicules tumé--
fiés, de petites ulcérations arrondies, séparées par des brides entières | ou incomplètément détruites; sur d’autres plaques, ces brides ont entièrement disparu , et l'on'n’a plus qu’un vaste ulcère dont le fond est formé par le tissu cellulaire sous-muqueux, plus ou moins épaissi, et offrant des dépressions en forme de godets, qui avaient dû loger les follicules. Cés ulcères occupent presque uniquement le‘tiers’inférieur de lintestin, sont d'autant ‘plus nombreux qu’on approche plus de la valvule’iléo-cœcale , présentent, ‘en un mot, la ‘plupart
(25) des caractères de ceux de l’entérite folliculeuse; mais ils sont toujours moins fongueux , et l’on trouve quelquefois de la matière tuberculeuse déposée sur leur surface. Ils ont peu de tendance à s'étendre en profondeur, car leur fond est le plus souvent constitué par la tunique sous-muqueuse, tandis qu’ils gagnent souvent beaucoup en largeur.
Ces différentes affections des follicules se rencontrent le plus souvent ayec le ramollissement , l’épaississement et la rougeur de la muqueuse intestinale, etconstamment avec la tuméfaction des ganglions mésentériques ; elles ne sont pas propres, du reste, aux individus qui succombent à la phthisie pulmonaire ; on les retrouve aussi fréquemment dans toutes les maladies chroniques d’un autre genre, ainsi que l’a constaté M. Louis, dans ses Recherches sur la phthisie pulmonaire, à l'exception des ulcérations, qui ne se rencontrent guère que dans le dernier cas.
Les inflammations aiguë et chronique des follicules de l'intestin ne sont pas seulement dignes d’être rapprochées par cette frappante ressemblance des lésions; elles offrent encore l’une et l’autre cela d’extrémement remarquable, c’est que dans les deux cas les follicules de toutes les autres parties ont la plus grande tendance à s’enflammer. Ainsi, c’est presque exclusivement dans la fièvre typhoïde et dans la phthisie pulmonaire que l’on rencontre des ulcérations sur la muqueuse de la bouche, du pharynx, de l’œsophage et du larynx. Or la plus facile observation démontre que ces ulcérations ont ordinaire-ment les follicules pour point de départ; en effet, leur forme arrondie , leurs bords taillés à pic, comme avec un emporte-pièce, et leur petite dimension, ne sont-ils pas des caractères qui ne peuvent appartenir qu’à des ulcères qui ont les follicules pour siége? De plus, on trouve assez souvent les follicules tuméfés et remplis de pus dans les mêmes lieux. Rien n’est plus commun que de trouver, dans ces deux cas encore, ou une tuméfaction des follicules de l'estomac, qui lui donne l'aspect mamelonné, ou des ulcérations résultant de la destruction de ces follicules. Dans ces deux maladies, enfin, s’il
survient la plus légère irritation pendant la vie, sur la muqueuse du pharynx et de la bouche, l’on voit se développer un plus ou moins grand nombre de follicules, sous forme de boutons blancs, formés | par du pus. J’ai vu plusieurs individus qui, pendant la convalescence d’une entérite folliculeuse, contractaient une légère stomatite ou une angine; chez eux se montraient souvent dans la bouche une foule de pustules, ou mieux de follicules contenant du pus. Je me rappelle un homme mort à l'Hôtel-Dieu, salle Sainte-Madelaine, au milieu du miois de décembre, qui, à peine convalescent d’une fièvre typhoïde,contracta ‘une angine qui paraît avoir causé sa mort ; à l'ouverture de son corps, on trouva toutes les plaques de l'intestin à peu près revenues à leur état naturel ; seulement celle qui existe au-dessus de la valvule était encore malade, et l’on y apercevait deux ou trois points très-petits non encore cicatrisés ; la muqueuse qui revêt le larynx à sa face externe et à son ouverture supérieure, et toute celle du pharyax, . étaient couvertes d’une grande quantité de follicules contenant du pus, ou ulcérés.
Il est une question extrémement importante de l’histoire de l'inflammation des follicules ; et qui mérite l'attention des praticiens : si inflammation aiguë des follicules , ou si l’on veut la fièvre typhoïde, survient si rarement après quarante-cinq ans, que je n'ai pas lu d’observations de cette maladie au-delà de cet âge, il est évident que l’inflammation chronique de ces mêmes follicules doit étre très-rare chez les phthisiques après le même âge?
Je n'aiélé à même que quatre fois d'examiner les intestins de sujets de cinquante à soixante ans morts phthisiques; voici sommairement ce que J'ai trouvé dans les intestins : 1°. dans deux cas la muqueuse était tout à fait saine, à part un peu d'injection, mais les follicules n'étaient pas même apparens; 2°. dans un troisième cas, une douzaine à peu près de follicules très-tuméfiés, dont plusieurs sous forme de pustules, se trouvaient dans le gros intestin ; quelques follicules isolés étaient également affectés dans l'intestin grêle, mais les plaques n'étaient pas même apparentes. Dans le quatrième, un assez grand
nombre des follicules du gros intestin étaient äffectés; la plupart avaient leur ouverture si largement dilatée, que l’on pouvait la prendre pour une ulcération; un très-petit nombre de follicules isolés étaient tuméfiés dans l'intestin grêle, mais les plaques étaient saines. Cependant, dans ce dernier cas (c'était un vieillard de soixante-un | ans, mort à l’Hôtel-Dieu , salle Sainte-Madelaine, n°. 28, le 11 mars 1852), comme en même temps que les follicules du gros intestin étaient très-volumineux, et que quelques-uns des follicules isolés de l'intestin grêle étaient également affectés, j'apercevais plusieurs plaques qui étaient aussi apparentes que celles que l’on trouve chez les jeunes gens; ne pouvant me rendre compte pourquoi, si chez ce vieillard les plaques folliculaires existant comme chez les jeunes gens, les follicules isolés étaient devenus malades, et ces plaques étaient restées saines , je voulus m'assurer si l'organisation des follicules n'avait pas subi quelque modification sur ces plaques; je séparai la muqueuse avec sa couche cellulaire des autres membranes de l'intestin, ce qui me fut beaucoup plus difficile que chez les jeunes gens; ensuite, j’examinai ces plaques à la lumière, et je vis qu'une partie des follicules qui les constituaient étaient absolument de même forme que dans l’étal ordinaire, mais beaucoup d’entre eux ne consistaient plus qu’en de petites dépressions arrondies; en exerçant des tractions pour essayer de dilater ces follicules , les premiers restaient opaques, comme des grains de millet, et il me fut impossible d'en rendre l'ouverture apparente; mais les petites dépressions purent être beaucoup élargies. Quelle modification avaient donc subie les follicules dans ce cas? Il me semble probable que les parois des uns avaient contracté des adhérences, et que leurs cavités s'étaient effacées, tandis que les autres, par suite d’une grande dilatation de leur ouverture, laissaient voir leur fond.
Nul ouvrage plus que celui de M. Louis ( Recherches sur la phthisie pulmonaire) n'était propre à éclairer cette question, puisque, dans cet ouvrage, l'on trouve exactement décrites les diverses affections des follicules. J'ai fait un relevé de toutes les observations de
(26) sujets âgés de plus de quarante-quatre ans; malheureusement elles sont en trop petit nombre pour pouvoir en déduire des conséquences, rigoureuses ; en voici le résumé : ;
Sur douze sujets morts phthisiques après quarante-quatre ans (observations 4.3 8°: ney 07. et.) a4f. ra8), 34% 180. 48": 4000 50°.) , l’on ne trouve les follicules des plaques affectés que deux fois ; car les vastes ulcères qui existaient dans l’intestin grêle de la quatrième observation n'ont certainement pas eu les plaques pour point de départ; leur siége, leur forme, et surtout l’absence des follicules tuméfiés, et de ces petites ulcérations d’une à deux lignes de largeur, qui résultent de leur destruction, ne laissent aucun doute à cet égard. Si l’on examine ces deux cas, on voit que le premier (22°. observation) est une femme de quarante-neuf ans , ‘dont l'intestin grêle offrit un grand nombre de petites ulcérations, plusieurs desquelles existaient au centre des plaques. Pareilles ulcérations existaient dans tout le gros intestin. Je me sers ici des propres expressions de M. Louis; car elles donneraient à eatendre que c’étaient seulement quelques-uns des follicules des plaques qui ont été affectés, et que la majeure partie des autres follicules étaient sains, puisqu'il ne dit pas qu'il existâten même temps des granulations. Or, s’il n’y a eu que deux ou trois follicules dans les plaques qui aient été affectés, ce qui me semble probable, cela confirmerait même cette opinion-ci, qu'après un certain âge de la vie les follicules ne sont plus aptes à devenir malades; puisqu’ici ce n’est que quelques-uns d’entre eux, et par CRETE sans doute, qui ont été affectés.
Le second cas (observation 50°.) est une femme de cinquantequatre ans , dont la lésion intestinale est énoncée avec une telle laconicité, qu’il est impossible de <e faire une juste idée de l'affection des plaques.-M. Louis se borne à dire: Quelques-unes des plaques de l’intestin grêle étaient ulcérées ; était-ce seulement quelques-uns des follicules de la plaque, comme dans la vingt-deuxième observation ? et alors ce cas serait susceptible des mêmes explications. Ou bien les plaques entières étaient-elles détruites par une maladie qui n'aurait
(27) pas eu son point de départ dans les follicules ? On reste d'autant plus dans le doute à cet égard, qu'il n’est pas question que des follicules ulcérés ou tuméfiés existassent dans cet intestin.
Quoi qu'il en soit de ces explications, il n’en reste pas moins 4 montré par ces douze faits , que si les follicules des plaques peuvent être aflectés chez les phthisiques après l’âge de quarante-cinq ans , ils ne le sont que dans une proportion extrêmement faible. Ainsi, tandis que dans douze cas on ne trouvera les plaques affectées que deux fois chez des sujets âgés de plus de quarante-cinq ans, dans un nombre égal de cas, chez des sujets de vingt à trente ans, les plaques seronttrouvées dix ‘fois malades; mais, chose essentielle, c’est que si, après l’âge de quarante-cinq ans, les plaques peuvent être affeclées , ce serait partiellement et toujours en très-petit nombre, tandis que chez les jeunes gens on lestrouye malades en nombre beaucoup plus considérable; chez ces derniers encore, tous les follicules d’une plaque sont affectés ensemble. Tout ce que je viens de dire des follicules qui constituent les plaques peut être dit en partie des follicules isolés : c’est que les follicules isolés, quoiqu'ils soient trouvés malades bien plus fréquemment que les plaques , chez les phthisiques qui succombent après quarante-cinq ans, sont trouvés infiniment plus rarement malades que chez les jeunes gens, et surtout qu'ils le sont chez les premiers en quantité beaucoup moindre, c’est-à-dire que, tandis que chezun jeune homme on pourra trouver une multitude innombrable de follicules ou tuméfiés ou ulcérés, l’on n’en comptera qu’une ou deux douzaines chez un individu de cinquante ans ou plus.
Je citerai, comme venant à l'appui de ces faits, encore trop peu nombreux pour en tirer des conséquences irrévocables, l'opinion d'un homme dont personne ne conleslera la compétence : voici mot pour mot ce qu'a dit M. Chomel dans sa leçon orale du 10 janvier 1832 : « Lorsque les vieillards affectés de phthisie pulmonaire succombent « à cette maladie, on trouve très-rarement chez eux des tubercules
(follicules tumefiés, ramollis, etc.) dans les intestins; on voit rà- « rement encore chez eux survenir de la diarrhée, et lorsqu'il en sur-
(28 ) « vient, c’est presque toujours dans le dernier ee de la maladie, « peu de temps avant la mort. »
Ainsi, ce qu'une étude attentive du tube digestif, dans l’état sain, avait déjà démontré, que les follicules de l'intestin, et en particulier ceux des plaques , ou n’existaient plus, ou avaient cessé d’être apparens à un âge avancé de la vie, l’étude de ce même organe dans l'état pathologique vient le confirmer; car, puisque chez des individus qui se trouvent placés dans des circonstances tout à fait semblables, ces follicules sont presque constamment trouvés affectés chez les uns, tandis qu'ils le sont très-rarément, et toujours en trèspetit nombre, chez les autres, ce n’est certainement pas abuser du raisonnement que d'en conclure ou que ces follicules ont disparu chez ces derniers, ou qu’ils ont subi quelques modifications qui s’opposent à ce qu'ils puissent être affectés. De cette manière, l’on s’expliquerait admirablement pourquoi les jeunes gens et les adultes auraient seuls le triste privilége de contracter l’entérite-follicu- | leuse.
Entérite folliculeuse ou fièvre typhoide.
Comme il ne m'est pas possible de faire une histoire complètede cette maladie, qui exigerait un grand ouvrage, je me contenterai d'examiner quelle en est la nature. Je vais d'abord énumérer les différens noms qu’elle a reçus : c’est elle évidemment que Ræderer et Wagler ont observée à Gœættingue, et qu'ils ont désignée sous le nom de fièvre muqueuse ; la fièvre lente nerveuse de Huzxlhiam en offre tous les symptômes. Les cinq groupes de symptômes auxquels Pinel a donné le nom de fièvres essentielles (inflammatoire , bilieuse, muqueuse, ataxique, adynamique), ne sont le plus souvent que cette même maladie, présentant quelque variété de nuances ; mais il ne faut pas croire que ces cinq groupes existent aussi tranchés qu'ils ont été décrits dans la Nosographie; presque toujours ils existent combinés les uns avec les autres, seulement quelques symptômes prédominans les rapprochent plutôt d’un groupe qué d’un autre.
(29) * En 1813, MM. Petit'et Serre, dans un Recueil d'observations , retracérent très-exactement non plus seulement les symptômes , mais les lésions de cette maladie; ils l’appelèrent fièvre entéro-mésentérique. L'auteur de l'Examen des doctrines la désigne, avec toutes les autres inflammations du tube digestif, sous le nom de gastro-entérite. Jusqu'ici, aucun auteur n'avait reconnu le siége de la lésion qu’on rencontrait dans l’intestin ; c’est à M. Bretonneau qu'appartient la gloire d’avoir démontré qu'elle occupait constamment les follicules de l’intestin, et en particulier ceux des plaques. M. Trousseau a publié, sous le nom de dothinentérite , dans le tome 10 des Archives de médecine, plusieurs observations de cette maladie, recueillies dans une épidémie qui régna aux environs de Tours. MM. Chomelet Louis l'appellent fièvre typhoide, de Yun de ses symptômes prédominans.
Deux opinions principales, également recommandables l’une et l’autre par les noms de ceux qui les défendent, règnent encore sur la nature de cette maladie : la première est qu’elle dépend d’un principe particulier dont la lésion des follicules ne serait qu’un effet ; la seconde, c’est qu'elle est tout à fait dépendante de l’inflammation de la muqueuse gastro-intestinale , non pas plutôt des follicules que des autres parties de cette membrane.
1°. Cette maladie dépend-elle d’un principe particulier, dont la lésion des follicules ne serait qu'un effet? MM. Petit et Serres, et M. Bretonneau regardent ce principe comme étant de même nature que les virus de la variole et de la rougeole. Il est évident que, pour démontrer cette analogie, il faudra que ce principe se manifeste au moins par des effets identiques ; mais déjà presque tous les praticiens sont d'accord sur ce point, que cette maladie n’est pas contagieuse, ainsi que l'avait cru M. Bretonneau. Or, la contagion est vraiment ce qui fait le caractère distinctif des virus. Serait-il possible d'appuyer cette opinion sur ce qu'elle n’attaque qu’une seule fois le même individu , et qu'elle ne se montre que dans l’âge moyen de la vie? J’avoue qu'il y a là quelque chose de spécieux. Mais, si l’on réfléchit à l’organisation des follicules , on sentira qu’il n’est guère possible qu'ils