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soient affectés deux fois ; car, ou leurs parois enflammées doivent s’unir entre eux, et leur cavité disparaître; ou bien, lorsqu'ils s’ulcè- - rent , ils sont complètement détruits ; de même, si cette maladie ne se produit que dans l’âge moyen de la vie ou dans la jeunesse, c'est que dans cet âge l’on est presque uniquement exposé aux causes sous l'influence desquelles elle se développe ; c'est que, surtout à un âge avancé , les follicules ont disparu , ou ont subi quelques modifications qui les empêchent de devenir malades.
MM. Chomel et Louis professent une opinion un peu différente de celle de M. Bretonneau ; car ils n’admettent plus un principe de la nature des virus comme cause de cette maladie, mais un principe particulier, différent de ceux-ci en ce qu’il ne serait pas contagieux; c'est ce principe qui serait cause des nombreuses lésions que l’on. rencontre quelquefois sur le cadavre des individus qui succombent à la fièvre typhoïde. Quelques-unes de ces lésions seraient, pour ainsi dire , le cachet de la maladie : telle est celle dont les follicules de Pintestin sont le siége ; mais aucune d'elles n’en est nécessairement dépendante ?
Si, comme l'observation tend à le démontrer, les follicules de lintestin disparaissent à une époque avancée de la vie, ou du moins subissent quelques modifications qui s'opposent à ce qu'ils puissent être affectés, lon ne voit pas pourquoi, puisque l'affection de ces follicules n’est qu'un effet, la fièvre typhoïde cesse de se produire précisément à cette époque ? Mais si l'affection des follicules de l'intestin se rencontre constamment dans cette maladie, et si le siége de cette affection peut rendre compte de la plus grande partie des phénomènes , ce serait bien gratuitement qu’on aurait recours, pour les expliquer, à un principe qu'on ne devrait admettre que comme une dernière ressource. La question se réduit donc à examiner ; 1°. si l’on trouve constamment à la suite de Ja fièvre typhoïde une lésion des follicules de l'intestin : sur quatorze individus qui ont succombé à cette maladie, dans le courant de l’année dernière, à la clinique de J'Hôtel-Dieu, l’on a trouvé constamment les follicules isolés et les
plaques , ou tuméfiés ou ulcérés, et presque toujours en grand nombre. Dans toutes les observations de MM. Petit et Serres, dans celles de M. Trousseau, cette même lésion se trouve aussi constamment et trèsnombreuse. Parmi le gran nombre d'observations consignées dans les ouyrages de MM. Louis et Andral, l'affection des follicules se rencontre encore de la manière la plus constante; seulement, le premier de ces deux observateurs donne, sous le titre de Fievre typhoide simulée , trois observations (50°. , 51°. et 52°.) où, quoique les malades aient présenté la plupart des symptômes de la fièvre typhoïde, l'on ne trouva à l'ouverture aucune lésion des follicules. M. Andral cite six observalions tout à fait semblables (46°, jusqu’à 51°., Clinique méd.,t. 3). Mais, outre que dans plusieurs de ces cas la marche de la maladie était différente de celle de la fièvre typhoïde, les lésions existantes rendent un compte satisfaisant des symptômes ; chez les sujets de ces observations , en effet, il y avait ou des escharres gangréneuses ou des foyers de pus dont l’action devait se faire ressentir sur toute l’économie. Or, M. Bouillaud a fait voir, dans son Traité des fièvres, que toutes les affections gangréneuses et les suppurations profondes pouvaient être, dans quelques cas, suivies des symptômes typhoïdes. Qui n’a été à même de voir, dans les salles de chirurgie, des malades affectés de brülures, lorsque la suppuration s'établit autour des escharres, offrir les symptômes de cette maladie? Mais il est presque toujours facile de distinguer lorsque les symptômes typhoïdes dépendent d’une semblable cause ou bien d'une maladie des follicules. Ainsi donc, cette première question se trouverait résolue de la maniere la plus positive : oui, à la suite de la fièvre typhoïde, on rencontre.constamment une affection des follicules..
Maintenant il me resterait à examiner si le siége de l'affection peut rendre compte des symptômes et de toutes les lésions que l’on trouve sur le cadavre : M. Bouillaud a démontré, dans son Traité des fièvres, que, toutes les fois qu’il existait un foyer de matières plus ou moins altérées sur quelque point de l’économie, que ces produits infectaient quelquefois tout l'organisme, et que la plupart des sym-
ptômes et des lésions de la fièvre typhoïde pouvaient se montrer. Cet auteur pense que tous les produits altérés, les escharres, le pus, etc., qui séjournent dans l'intestin, font de cet organe un véritable foyer d'infection. L'on conçoit , en effet, lorsqu'il existe des ulcères dans l'intestin avec des détritus résultant de la destruction des follicules ou des plaques, que ces substances peuvent être absorbées , et que, transportées dans nos différens organes, elles deviennent cause d’une foule de lésions secondaires.
2°. Doit-on confondre sous le nom de gastro-entérite cette affection des follicules, ainsi que l’inflammation des autres parties de la muqueuse? Je vais passer rapidement en revue les différens phénomènes de cette affection et de l’inflammation de la muqueuse. Les symptômes les plus saillans de la première affection sont, une grande prostration des forces , la stupeur , une céphalalgie intense , des étourdissemens qui font dire au malade qu'il se trouve comme dans un état d'ivresse; du côté du ventre les accidens sont peu intenses ; il existe seulement une légère douleur, du météorisme, de la chaleur, de la diarrhée : presque toujours sans coliques. Dans la gastro-entérite simple, les accidensles plus remarquables sont, la douleur vive du ventre, des coliques violentes et des tortillemens dans cette partie, de la constipation ou de la diarrhée; le malade exprime toujours un grand état de malaise et d’auxiété; mais l’on ne voit que très-rarement la stupeur , cette grande prostration des forces, ces accidens du côté du cerveau. Les irritans énergiques, dont l'effet ordinaire est de produire la gastro-entérite , ne produisent que rarement l'affection des follicules ; une fois que cettedernière maladie se sera développée, elle ne se reproduira plus; les causes, quelles qu'elles soient, qui l’auront produite , n'ont plus d’influence à un certain âge ; tandis que l’inflammation du tube digestif pourra se reproduire autant de fois que des irrilans seront portés sur lui, qu'elie se reproduira à tous les âges. La marche et le prognostic de la maladie sont surtout bien différens dansles deux cas, car l'affection des follicules débute d’une manière lente, obscure, n'atteint son maximum d'intepsité qu'après une certaine durée, el dure, Lerme
moyen , de quinze à trente jours ; et l’inflammation du tube digestif apparaît ordinairement tout à coup, à la suite de causes évidentes , et est portée en quelques jours à son maximum d'intensité ; après quoi elle diminue promptement; sa durée dépasse rarement sept à huit jours, lorsqu'elle est traitée convenablement. La première maladie est mortelle dans la proportion d’un sixième à un septième , tandis que la seconde fait très-rarement périr, à moins qu’elle ne soit le résultat d’un empoisonnement.
Le traitement antiphlogistique, ou même les simples délayans, produisent. constamment ou beaucoup d’amélioration , ou une prompte guérison dans Ja gastro-entérite ; le même traitement n’a jamais des effets aussi évidens dans l'affection des follicules ; il parvient rarement à en enrayer le cours; il peut tout au plus, lorsque la maladie est à une époque avancée, en modérer les accidens; mais il ne doit jamais être employé avec la même énergie, et ne convient même plus à une certaine époque. Enfin l’autopsie fait voir, à la suite de cette dernière maladie , une lésion constante des follicules , accompagnée souvent, mais non toujours, de l’inflammation des autres parties de la muqueusc; ilest évident que cette inflammation n’est qu’accessoire, puisqu'elle manque souvent; les ganglions mésentériques sont toujours plus ou moins tuméfiés, À la suite d’une gastro-entérite simple , l’on trouve seulément de la rougeur, un épaississement et un ramollissement plus ou moins étendus de la muqueuse, des excoriations ou même des ulcérations, mais très-différentes de celles qui ont les follicules pour point de départ; bien rarement on rencontre nn développement considérable des follicules!, ou de ces ulcérations à bords fongueux, occupant les plaques ; et de même que dans l’autre cas J’inflammation de la muqueuse n’est qu’accessoire à l'affection des follicules, de même dans celui-ci l'affection des follicules n’est qu’accessoire à l’inflammation de la muqueuse.
il est impossible, comme l'on voit, de confondre l'affection des follicules avec l’inflammation dela muqueuse , puisque ces deux affections se distinguent par leurs symptômes, leurs causes, leurs lésions, et
que même leur traitement ne doit pas être tout à fait semblable. Avouons cependant que dans quelques cas les symptômes et même les causes des deux maladies se trouvent réunis, et qu'il est impossible de dire au premier abord si l’on a affaire à une gastro-entérite simple ou à une affection des folliculesyÿ mais presque toujours, dans ces cas, la marche de la maladie vient bientôt éclairer le diagnostic. "
Mais quelle est la nature de cette affection des follicules ? Il est évident qu’elle est inflammatoire , car on trouve sur le cadavre toutes les traces des inflammations : tuméfaction et rougeur , suppuration et ramollissement, ou ulcération des follicules, et que même souvent les tissus environnans offrent les mêmes traces d’inflammation. Pendant la vie, les symptômes sont encore ceux d’une inflammation : en effet la marche aiguë de la maladie, la chaleur du ventre, la douleur qui existe souvent dans cette partie, et une réaction fébrile intense, ne la caractérisent-elles pas suffisamment ? L'on demandera peutêtre pourquoi cette inflammation cède aussi rarement aux antiphlogistiques : il me semble que cela tient, 1°. à ce que, survenant dans°des circonstances fâcheuses et produite par des causes qui ont agi lentement, et qui ont profondément modifié les tissus des follicules , lorsqu'elle apparaît, il n'est plus possible de l’enrayer ; ou que, donnant lieu à des symptômes peu intenses dans le début, l’on n’est appelé à latraiter qu'à une époque déjà trop avancée . »°. À ce que surtout l'inflammation occupant de petits utricules dont les parois sont pour ainsi dire en contact , et dans la cavité desquels les produits de l'inflammation séjourneut, une fois qu'elle s’y est développée elle ne peut plus être que rarement arrêtée dans sa marche. Ce qui se passe à l'extérieur ne confirme-t-il pas cette opinion? A la peau et dans la bouche, si l’inflammation n’occupe pas les follicules, elle se dissipe très-prompiement par un traitement convenable; lorsque les follicules sont affectés , et forment des pustules ou des aphthes, le traitement, quelque énergique qu'il soit, ne peut le plus souvent empécher la maladie d'y faire des progrès. L'expérience journalière ne
( 35 ) démontre-t-elle pas que l’inflammation est toujours moins tenace, et cède beaucoup plus souvent aux moyens antiphlogistiques lorsqu'elle occupe des surfaces planes, comme la peau ou les muqueuses, que lorsqu'elle a son siége dans des anfractuosités ou dans des cavités dont les parois sont en contact, et au milieu desquelles les produits sécrétés séjournent ?
En résumé , il me semble impossible d'admettre comme cause de l'affection des follicules de l'intestin un principe analogue au virus contagieux ; je pense qu'il est au moins inutile d’avoir recours à un principe d’une autre nature pour expliquer toutes les circonstances particulières que présente cette maladie, puisque la lésion qu'on retrouve constamment dans l'intestin peut en rendre compte. Enfin, cette affection des follicules, quoique de nature inflammatoire, et bien qu'il soit vrai qu’elle coïncide souvent avec une inflammation de la muqueuse, doit être distinguée de celle-ci ; car, ou cette inflammation est consécutive à l’affection des follicules, et l’on concevrait en effet difficilement comment les parties qui entourent chaque follicule, et surtout les plaques, ne participeraient pas plus ou moins à leur inflammation ; ou bien cette inflammation se développe en même temps, et est produite par les mêmes causes que celle des follicules ; et, dans ce cas , elle ne se perpétue évidemment que parce que les'follicules malades en empêchent la résolution. Aussi le nom d’entérite folliculeuse, proposé par M. Scoutteiten, me semble-t-il convenir à cette affection des follicules.
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