ARTICLE PREMIER
Définition de la physiologie. Considérations générales sur l’organisation et sur les phénomènes physiologiques, dont P ensemble constitue la vie.
La physiologie est la connaissance des phénomènes que présentent les corps vivants j c’est, comme on l’a dit plus brièvement, la science de la vie.
Ce mot vie renferme une idée tellement complexe, vague, abstraite et confuse, que nul physiologiste n’est encore parvenu à nous en donner une définition entièrement satisfaisante ( 1 ). Quoi qu’il en soit, les cléments de la vie sont les
la nature. Mais on sait que sous ces noms on a désigné en logique les deu,\ modes suivant lesquels on peut exposer les vérités déjà trouvées d’une science : dans l’un de ces modes (l’analyse), on expose d’abord les faits pour en déduire des principes ; dans l’autre, dn pose d’abord des priacipes, sauf à les démontrer ensuite par les faits ou le raisonnement.
(i) Citons quelques-unes de ces définitions :
Selon M. Duméril, « cette manière d’exister qui distingue certains corps
fonctions , comme les organes sont les éléments de l’organisation. Ainsi donc, de même que pour se faire une idée de l’organisation, il faut décomposer, disséquer, analyser les corps qui en jouissent ; de même il faut analyser , disséquer , pour ainsi dire , la vie , ou , ce qui est la même chose , déter-
« de la matière inerte ou brute, et qui leur donne la fàcdlté de re'sister « jusqu'à un certain point ans forces constantes de la nature, aux agents » qui tendent continuellement à les de'truire pour faire rentrer dans la J) masse commune des éle'ments, les matériaux qui les composent, a été » appelée puissance oa force vitale, en un mot, la vie. C’est un ternie de » convention par lequel on exprime un ensemble do forces, une suite J) d’actions très différentes, de phénomènes variés, quoique concourant » tous à un seul et même but, qui est la conservation de l’individu ou de » sa race. » ( Eléments des sciences naturelles, t. i", pag. i4i-43. )
V La Via, d’après la définition dcBicbat, est t ensemble des fonctions » qui résistent à la mort. » ( Recherches sur la vie et la mort. )
« La vie , dit M. Richerand, est l’ensemble des phénomènes qui se » succèdent, pendant on temps limité, dans lin être organisé, i Voici comment M. Rullier s’exprime sur l’idée de la vie : « La vie que » nous ne pouvons que sentir, qui reste inconnue dans sa nature, insaisis- » sahle dans son essence, ne frappe les espriu doués de quelque sévérité )) que par les seuls phénomènes propres, ou caractères des corps qui l’ont « en partage. » ( Nouveau Dictionnaire de'médecine , art. lE'ie. )
M. Magendie s’est contenté de critiquer les définitions de la vie données par ses prédéçesseurs, et pour ne pas prêter lui-même le flanc à la critique, il s’est prudemment abstenu d’en offrir une qui loi fût propre.
M. Adelon dit que « les corps qui vivent ont un mode d’existence qui leur est propre, qu’on appelle vie , et qui est caractérisé par un certain nombre de phénomènes qui ,leur sont exclusifs , et qui sur-tout, à la différence de tons ceux qu’offrent les minéraux, ne peuvent être rattachés aux forces physiques et chimiques générales.» de fftomme, t. i*', p. i»*.)
M. Tiedemann, dans .le Traité de la physiologie de l’homme, dont M. Jourdan vient de traduire les deux premiers volumes , se borne à dire', dans une note , que « le mot de vie, pris dans son acception primitive, ex- » prime les manifestations d’activité qui appartiennent spécialement aux » plantes et aux animaux, par opposition à celles qui se voient dans les U corps privés de vie ou les minéraux. » (t. i ", p. 2 . )
On le voit, toutes ces définitions laissent quelque chose à désirer. Fautil s’étonner que les physiologistes ne puissent définir nettement une idée
miner quels sont les actes ou fonctions qui constituent celte opération complexe, qui en sont les éléments générateurs. En les ajoutant les uns aux autres, la somme ou le total qui en résulte est la vie.
Ces fonctions se décomposent elles-mêmes en divers actes ou phénomènes secondaires, comme les organespour me servir de la precedente comparaison , se décomposent euxmêmes en tissus ou parties solides et en liquides, ceux-ci en globules, molécules ou particules j globules, molécules ou particules qui se résolvent finalement en azote, carbone, oxygène , hydrogène , etc. C’est de la combinaison de ces derniers, c’est-à-dire des vr.iis éléments dont le nombre peut augmenter par suite de découvertes nouvelles; c’est, répétonsnous , de la combinaison de ces éléments, que résultent les principes immédiats connus sous les noms de fécule, de sucre, de gélatine, d’albumine, de fibrine, de mucus, etc. ; des diverses combinaisons que ceux-ci peuvent affecter naissent les solides et les liquides du corps humain, et de l’association de ces solides et de ces liquides, se forment les organes et appareils proprement dits , dont l’arrangement, la disposition , la structure, constitue l’organisation.