ARTICLE CINQUIÈME
Parallèle des animaux entre eux.
Ce parallèle est l’objet de deux sciences immenses, qu’on désigne sous les noms à^anatomie et de physiologie comparées (a). On conçoit assez que ce n’est.pas dans les étroites liihites qui noüs sont imposées, qu’il est possible de renfermer un parallèle complet entre tous les animaux. Nous devons nous restreindre à ce qu’il y a de plus général dans un si vaste sujet.
Si les précédentes considérations ne nous trompent pas, la présence d’un système nerveux constitue pour ainsi dire le
(i) Consultez le beau traité de Bicbat sur la et la, mon.
(a) Ces noms manquent d’exactitude; ils s’appliqueraient mieux au parallèle entre l’organisation et les fonctions des végétaux et des animaux. Ou pourrait leur substituer ceux de zootomie et de zoophysiologie, ou zoobie, ou zoonomie comparée.
L’anatomie et la physiologie comparatives ont déjà rendu et rendroui encore les services les plus signalés à la science de l’homme. C’est donc avec beaucoup de vérité que Buffou dit : s’il n’existait pas d’animaux, la nature de Uhomme serait encore plus incompréhensible, Suivant l’expression de Leibnitz, l’anatomie comparée est Vame de l’anatomie et delà physiologie de l’homme.
caractère anatomique de l’animalité , comme les sensations , la locomotion volontaire, etc., en-déterminent le caracfèi’e physiologique. Il suit de là, à priori, que, dans la longue série des animaux, c’est sur-tout dans les modifications diverses de ce grand systèmej de cette ame physiologique, s’il est permis de parler ainsi, qu’on doit trouver les rapports et les différences que la nature a mis entre les animaux. Or, l’observation attentive confirme pleinement cette induction. Il semble, en effet, que la plupart des particularités de structure que le naturaliste découvre dans les animaux, aient été calculées, pour ainsi dire, d’après les spécialités des fonctions des centres nerveux. Toutefois, il est certaines conditions d’organisation appropriées au milieu dans lequel les espèces animales sont destinées à vivre, à la température des climats qu’elles habitent, etc., etc. Certainement la nature eût fait preuve d’un singulier contre-sens, si, par exemple,en même temps qu’elle munissait les animaux d’une enveloppe extérieure pour leur servir d’une espèce de vêtement, elle eût fait don aux animaux qui habitent les sables brûlants de TÂfrique, des épaisses fourrures que nous offrent les animaux des contrées septentrionales, si elle eût construit sur un seul et même plan, et les animaux qui vivent au sein de Teau et ceux qui planent dans les airs, etc., etc.
Un naturaliste très célèbre a fait ressortir dans ces derniers temps une foule d’analogies, jusqu’alors inaperçues, entre les organes d’animaux qui occupent, dans l’échelle animale, des degrés très éloignés les uns des autres. Mais l’ingénieux autebr de la Théorie des analogues n’a peut-être pas assez fixé son attention sur les différences, et, si nous osions avoir une opinion dans une matière qui, nous l’avouons, ne nous est point assez familière, nous croirions, avec l’illustre adversaire de M. Geoffroy Saint-Hilaire, qu’en poussant la généralisation jusqu’au dernier terme auquel toute généralisation puisse aboutir, c’est-à-dire Vunité, il a fait plus que l’observation ne l’autorisait à faire. Assurément c’est un travail éminemment philosophique, que de rechercher ce qu’il y a de commun, d’analogue, dans les diverses familles du règne animal ; mais soutenir que tous les individus de ces nom-
fcreuses^ familles possèdent les mêmes organes , sans d’autre différence que celle du plus ou du moins dans leur développement J proclamer, en un mot, le principe de Inimité de composition organique, c’est là, sans doute, l’œuvre d’un puissant esprit de généralisation, mais n’est-ce pas aussi là une nouvelle preuve de ces immortelles erreurs où tombent les plus beaux génies, lorsque, dans l’étude de la nature, séduits et comme éblouis par certains rapports qu’ils aperçoivent entre les objets, ils nesont plus sensibles aux différences, nous ne disons pas de forme ou de développement, mais de nature, qui existent entre ces mêmes objets. C’en est assez, d’ailleurs, sur le grand procès qui s’est élevé récemment parmi les naturalistes, et pour le jugementduquel nous avons déjà déclaré notre incompétence : Non nostrum inter vos tantas componere lités!
Entrons maintenant dans quelques détails. Laissant de côté les différences de forme et de volume, occupons-nous seulement de celles qui touchent au fond même de l’organisation et de scs actions.
i” Organes et fonctions de la nutrition. Dans les animaux qu’on appelle amorphes , où l’organisation est parvenue à son maximum de simplicité , la nutrition consiste uniquement dans l’absorption , par leur surface externe, des matériaux nutritifs, et dans la transpiration dépuralive qui s’opère à cette même surface. Les radiaires nous offrent les premiers rudiments d’une cavité digestive, et parlant d’une digestion. Dans les animaux binaires, les organes et la fonction de la nutrition deviennent de plus en plus compliqués : la cavité digestive présente deux ouvertures principales, par l’une desquelles (la bouche) les aliments sont introduits; tandis que l’autre (l’anus) donne issue au résidu de ces aliments- Dans sa forme la plus composée', cette cavité constitue un canal plus ou moins étendu , suivant le volume de l’animal, et selon aussi la différence des aliments dont il se nourrit, lequel canal se divise en parties distinctes (bouche, estomac, intestin)^ où affluent des sucs divers , labile, la salive, le suc pancréatique, etc., qui réagissent, chacun à leur manière, sur les aliments. Tandis que dans les radiaires, le produit de la
digestion avait passé à travers les pavois de l’organe digestif pour aller imprégner la substance du corps et s’y assimiler, dans la série des animaux binaires, au contraire, on voit apparaître àesvaisseaux destinés à absorber\e% matériaux nutritifs , et ces vaisseaux font partie d’un système circulatoire plus ou moins compliqué, par l’intermédiaire duquel ces matériaux sont distribués à toutes les parties après avoir été toutefois mis en contact avec l’air atmosphérique, et subi l’épreuve de la respiration. L’appareil par lequel s’effectue cette respiration, de même que l’appareil circulatoire, offre un grand nombre de différences suivant les espèces qui constituent l’ordre d’animaux dont il s’agit ici. Pour ce qui est de cet appareil respiratoire, tantôt il consiste en un système de vaisseaux appelés trachées, qui, ouverts à la surface externe du corps, vont de là se distribuer dans tous les organes ; tantôt il est disposé en un point circonscrit dmcorps de l’animal, et, selon qu’il est apte à recevoir l’air seul ou bien l’eau, il porte le nom de poumon ou de branchies ( il est des animaux connus sous le nom à’amphibies, qui possèdent à la fois des poumons et des branchies ). Quanta l’appareil circulatoire et à la circulation, voici les principales modifications qu’ils nous offrent : tantôt l’acte circulatoire consiste dans l’action d’un double système de vaisseaux, dont les uns {V. afférents) portent le sang de l’organe respiratoire aux parties, tandis que les autres ( V. référents), ramènent le sang de ces parties à l’organe respiratoire. Le sang n’est pas le même dans chacun de ces deux ordres de vaisseaux, et dans chacun d’eux aussi il se meut en sens inverse. D’autres fois, outre les vaisseaux dont il vient d’être question, sur un point déterminé du cercle que doit parcourir le sang , existe un muscle creux qu’on appelle un cœur, qui attire ce fluide dans son intérieur, et lui imprime ensuite un mouvement d’impulsion ou de projection. Ce coeur se compose nécessairement de deux cavités dont l’une, sous le nom à’oreillette, transmet à l’autre le sang qu’elle a reçu, et cette autre cavité est appelée ventricule. Mais ce n’est pas tout : le cœur est plus ou moins compliqué, selon diverses circonstances. Ainsi, il est des animaux chez lesquels le sang qui revient des parties , ne se rend pas
en entier dans l’appareil respiratoire ; chez d’autres animaux, au contraire, la masse totale du sang qui revient des parties, pénètre dans le système respiratoire, où elle se transforme eu sang artériel pour être en suite distribuée dans toutes ces parties. Dans le premier cas, le cœur est réduit à ses deux'éléments, essentiels, à sa plassimple expression; i I est mm, et la circulation, également simple. A l’oreillette de ce cœur confluent le sang revivifié, artérialisé, qui revient de l’organe respiratoire, et le sang veineux qui revient des diverses parties du corps ; après s’être mêlés dans l’intérieur de l’oreillette, ces deux sangs arrivent dans le ventricule, d’où ils sont projetés en partie dans l’organe de la respiration, eten partiedans lesdiversorganes du corpspoury servirà leur nutritionetàleur calorification. Dans le second cas J i° tantôt il n’y a de cœur que pour l’un des deux sangs ; si c’est pour le sang artériel qu’il existe, ce cœur est placé sur le trajet du sang qui va de l’appareil respiratoire aux parties ; si le cœur, au contraire, est destine au sang veineux, il occupe un des points de la route qui parcourt le sang qui va des parties à l’appareil respiratoire; 2 ” tantôt il existe un double cœur, deux véritables cœurs adossés l’un à l’autre, un pour chaque espèce dé sang. Le cœi/r veineux ou pulmonaire, ou, ce qui est la même chose, la partie droite ou à sang noir du double cœur qui existe ici, reçoit le Sangveineuxde toutes les parties du corps et l’envoie dans le système respiratoire; la partie gauche du double cœur, ou le cœur à sang rouge, reçoit le sang élaboré par l’acte respiratoire et le projète dans toutes les parties du corps. Dans le cas que nous venons d’examiner, et h lui se rapporte la circulation de l’homme en particulier, dans ce cas, disons-nous, le cercle sanguin est véritablement double ; il y a, comme on dit, une grande et une petite circulation. La petite circulation ou la circulation pulmonaire consiste dans le trajet que parcourt le sang pour aller du cœur droit au cœur gauche, en traversant l’organe respiratoire; le trajet que parcourt le sang pour aller du cœur gauche au cœur droit, en traversant toutes les parties du corps, voilà ce qui constitue la grande circulation. Le sang n’est pas le même dans chacune des moitiés du double cercle qu’il parcourt. Ainsi, c’est du sang noir où
veineux qui circule dans la première moitié du cercle qui porte le nom de circulation pulmonaire, tandis que du sang rouge ou artériel circule dans la seconde moitié de ce cercle ; au contraire, c’est du sang rouge qui parcourt la,première moitié du cercle de la grande circulation, tandis que la seconde moitié est parcourue par du sang noir. Si donc l^on voulait étudier à parties différents mouvements de la circulation à sang rouge, ainsi que ceux de la circulation à sang noir, dans les animaux à cœur double, il faudrait faire commencer le cercle du sang rouge dans les radicules des veines pulmonaires, le poursuivre dans ces veines, dans l’oreillette et le ventricule gauches, dans le système aortique, et le terminer dans les systèmes capillaires artériels de toutes les parties du corps. Dans les systèmes capillaires veineux ou radicules veineuses de ces parties, serait, au contraire , l’origine du cercle du sang noir , qui se composerait ensuite des veines caves supérieure et inférieure où se rendent toutes celles du corps, del’oreillette et du ventricule droits, enfin du système de l’artère pulmonaire aux extrémités duquel nous rencontrons le commencement de la circulation à sang rouge, comme à l’extrémité du système aortique, nous avions trouvé l’origine de la circulation à sang noir. D’où il suit que ces deux circulations se touchent, pour ainsi dire, à leur origine et à leur terminaison, et qu’elles peuvent être comparées à deux arbres, dont l’un aurait ses racines dans le système ca^ illaire veineux de l’appareil respiratoire, ses branches dans le système capillaire artériel général, et dont l’autre aurait ses racines dans le système capillaire veineux général, tandis que ses branches iraient se ramifier dans le système capillaire artériel de l’organe respiratoire; en sorte que chacun de ces arbres correspondrait par ses racines aux branches del’autre. On voit aussi que , finalement, malgré le double mouvement circulatoire dont le sangestanimé,ce mouvement n’en constitue pas moins une seule et mêmefonction, ayant pour but fondamental de faire parvenir aux organes les matériaux de leur nutrition. Seulement, le nombre des actes dont elle se compose, est ici beaucoup plus considérable; et à ceux de ces actes que
nous avons signalés, on peut rattacher l’absorption et le cours du chile, delà lymphe et de quelques autres fluides.
Ce n’est pas seulement sous le rapport de l’élément conle- «urei, que l’appareil circulatoire diffère dans les divers animaux J il diffère encore sous le point de vue de l’élément contenu ou du sang. Qui ne connaît les divisions fondées sur quelques-unes de ces dernières différences ( animaux à sangf rouge, à sang blanc, à sang chaud, à sang froid )?ll résulte aussi des expériences microscopiques récentes de MM. Prévost et Dumas que les globules du sang varient dans les différents animaux. Les expériences chimiques démontrent aussi que, soit sous le rapport du nombre de ses éléments constituants, soit sur-tout sous le rapport de la proportion entre les mêmes éléments, le sang est bien loin d’être identique chez tous les animaux.
Nous négligerons, à dessein , les différences que présentent les animaux, sous le rapport des organes et des fonctions des sécrétions et des excrétions, pour passer à quelques rapides considérations sur les caractères distinctifs des animaux, comparés sous le rapport des organes et des fonctions de la^ génération, des sensations et de la locomotion (i).
2 ° Organes et fondions de la génération. Une des principales différences dans le mode suivant lequel cette fonction s’accomplit, consiste en cp que tantôt elle s’opère sans sexes, tantôt au contraire avec leur concours. Au premier de ces modes appartiennent les générations fissipare et gemmipare ( celle-ci se distingue en gemmipare externe et en gemmipare interne, selon que les petits bourgeons ou gemmules qui, parleur détachement donnent naissance à des individus nouveaux, se développent à la surface de l’animal père, ou qu’ils
(i) Les différences tirées de la comparaison des animaux, sous le rapport des organes et des fonctions des excrétions et des sécrétions, ne sont pas indifférentes à connaître , quoique moins importantes que celles dont nous allons nous occuper. N’est-ce pas, par exemple , la présence des organes sécréteurs du lait, chez certains animaux, qui a servi de base à l’un des; ordres de la classe des animaux vertébrés (mammifères) ï
se forment à l’intérieur de cet animal ). Quant à Ta génération sexuelle , elle diffère d’abord en ce que : i“ Tantôt les deux sexes sontréunissur un seul individu, soitquel’animal puisse se féconder seul, ce qui constitue le véritable hermaphrodisme, soit que ce genre de fécondation soit impossible et que pour son accomplissement il faillele concours d’un autre individu qui môme remplit, à l’égard du premier, le double rôle dé mâle et de femelle ; a° tantôt chaque sexe est porté par un individu différent, et c’est de la réunion de ces deux individus que résulte l’espèce. A ce mode de génération , qui est celui des animaux supérieurs, se rapportent diverses variétés qui ont fait donner, aux animaux, des dénominations fondées sur elles (animaux vivipares, ovipares et ovo-vivipares),
3° Organes et fonctions de sensation et d’intélligence. Organes des fonctions sensitives, morales et intellectuelles, les différents systèmes nerveux offrent d’importantes différences, soit sous le rapport de leur développement dans une même espèce, soit sous le rapport du nombre de ces systèmes que la nature a départi à chaque espèce. C’est à cette double circonstance qu’il faut rapporter cette étonnante variété que nous observons dans les animaux, considérés sous le rapport de leur sensibilité, de leur inlelligenceet de leurs mœurs. Nous avons déjà insisté sur cet objet en commençant cet article. Bornonsnous à citer quelques faits. Comparez l’organe et les fonctions de la vision chez la taupe avec l’organe et les fonctions de la vision chez les oiseaux en général, et quelques-uns d’entrè eux en particulier, tels que l’aigle, le vautour,etc. Les makis, les chiens, les hyènes, les ours et en général tous les animaux carnassiers , ont l’appareil de l’olfaction et par suite cette fonction énormément plus développés que ne l’ont les reptiles. Voyez quelle immense différence existe entre les mœurs des animaux carnassiers, tels que le lion, le tigre, etc., et celles des ruminants, entre les facultés intellectuelles de l’éléphant, du singe, du renard, du castor et celles du porc, de la plupart des reptiles, des poissons et de l’âne, cet emblème de la stupidité, etc.
Lorsque le système nerveux, sur lequel tant de précieuses
recherches ont été déjà faites, sera encore mieux connu, il fournira certainement aux zoologistes le fondement Je plus large et le plus solide sur lequel ils puissent appuyer l’édifice de leur classificatiun.
Deux principales divisions, comme on sait, embrassent tout l’appareil nerveux ) à l’une, appartient le système nerveux ganglionaire ou de la vie intérieure; à l’autre, celui de la vie animale ou l’axe cérébro-spinal. La portion spinale de cet axe et la portion cérébrale ne sont pas, sous le rapport de leur développement, dans une dépendance nécessaire l’une de l’autre. On pourrait même dire que, jusqu’à un certain point, le développement de l’une est en raison inverse de celui de l’autre. Le développement de la région spinale est, en général, proportionnel à la puissance musculaire de l’auimal, taudis que l’on peut mesurer le nombre et l’étendue des facultés morales et intellectuelles par le développement et la complication de la région ou portion cérébrale. Et comme le crâne,déduction faite delà différence d’épaisseur de ses parois et de quelques autres circonstances qu’il est inutile d’indiquer, représente fidèlement le volume de la portion de l’axe cérébro-spinal qu’il contient, on ne peut nier que Pexamen de cette boîte osseuse ne puisse être d’un grand secours dans l’appréciation de la somme de facultés intellectuelles et morales que chaque animal peut posséder(i). C’est sous ce point de vue sur-tout, qu’on peut dire que Vanimal extérieur n’est réellement que la saillie de l’animal intérieur.
4“ Organes et fonctions de la locomotion. Comme il existe un rapport intime et nécessaire entre une certaine portion de l’axecérébro-spinal et les organes de la locomotion, si les diffé-
(i) Ce serait ici le lien d’examiner la doctrine de Gall, si l’espace et la nature de ce travail nous permettaient tons les développements necessaires à cet e'gard. Sans adopter aveuglément tous les points de celte doctrine, et tout en avouant combien il reste encore de recherches et d’expériences à faire sur un sujet, dont l’étendue et les' difScultés sont réellement immenses , nous pensons que M. Gall est un des hommes qui ont le mieux mérité de la physiologie du système nerveux, et l’une des grandes illustrations de notre époque.
ïences que présente cette portion , considérées dans les divers animaux, étaient rigoureusement déterminées, on en déduirait celles qui existent entre ces mêmes animaux, comparés sous le point de vue des divers actes locomoteurs qui sont en leur puissance. Sous le rapport des fonctions des membres inférieurs, les animaux diffèrent assez pour qu’on ait pu les classer : de là les animaux bipèdes et les quadrupèdes, etc.
Bien que pour l’exercice de la progression et de la station,l’animal exécute,au fond,à peu près les memes mouvements,quelle que soitla classe à laquelle il appartienne, on conviendra quele mécanisme de ces fonctions, comme la forme, et la disposition des membres, offrent des différences qu’il n’est pas permis de méconnaître, suivant qu’on les étudie,non-seulement dans des animaux de classes différentes, mais aussi dans les divers ordres d’une même classe, dans les mammifères, les oiseaux, les reptiles et les poissons, par exemple (i).
Je ne ferai que mentionner en passant lés différences des animaux examinés sous le rapport des mouvements au moyen desquels ils saisissent les aliments, expriment leurs besoins et leurs sentiments, fonction d’expression qui, comme ce nom l’indique, n’est que la traduction d’une opération des centres nerveux.