‹ Dissertation sur les généralités de la physiologie, et sur le plan à suivre dans l'enseignement de cette scienceChapitre 6 sur 9 · ARTICLE SIXIÈME · texte numérisé non relu

ARTICLE SIXIÈME

Principaux caractères distinctifs de l'homme) comparé aux autres animaux.

Mon objet n’est pas de m’appesantir ici sur toutes les différences qui distinguent l’homme des autres animaux, et de dérouler la longue série des prérogatives que la nature lui a données en partage. Laissons aux poètes le soin de chanter les

(i) Les expériences de divers pliysiologislps et quelques recliercbes cliniques, porteraient à croire, comme déjà nous l’avons dit, que le cervelet joue unrôleimportanl dans la coordination des mouvements delà progression et de la station.

beautés de sa forme, les grâces de son port et de ses attitude? et la majesté de ses traits.

. Nalvra

Os homini sublime dédit ccelumgue tueri Jussit, et erectos tollere ad sidéra viillus.

( Ovide. )

Mars il appartient sur-tout au physiologiste de retracer ce qu’il y a de grand et d’élevé dans ses facultés morales et intellectuelles . C’est vraiment par là que l’homme possède une immense supériorité sur tous les autres animaux, et qu’il en est réellement le maître et le roi, quoi qu’en ait pu dire le célèbre auteur de la satyre de l’homme. Sans doute il est des animaux, en grand nombre, auxquels l’homme le cède sous le rapport de la force musculaire, et même sous celui de l’étendue et de la vivacité des sensations. L’homme ne refusera point à l’oiseau qui porte la foudre un regard plus perçant que le sien j il n’ira point disputer le prix de la force avec le lion, le tigre, l’ours ou le léopard. Mais quel est, dans l’univers, l’animal qui oseijiit se mesurer avec l’homme, sous le rapport des facultés morales et intellectuelles ? Esquissons rapidement les principaux traits de sa suprématie à cet égard.

Ce n’est pas assez pour l’homme d’avoir reçu en partage cette dose d’intelligence au moyen de laquelle il pourvoit à ses premiers besoins j lui seul possède le merveilleux don de la parole et de l’écriture. Guidé par le fil de l’observation , il explore toutes les régions du monde physique, le contemple sous toutes ses faces, et sonde les abîmes de sa propre nature; il s’élance dans l’immensité des cieux, calcule et prédit les mouvements des vastes corps qui roulent dans cette immensité j sans pouvoir jamais s’affranchir des lois que leur a prescrites le génie du divin Newton ; il s’élève à l’idée d’une cause suprême, et s’il partage avec quelques autres animaux l’instinct de se réunir en société avec ses semblables, à lui seul il a été réservé de fonder le contrat social sur les saintes bases de la justice, de la liberté et des intérêts généraux. Grâce aux heureu,ses facultés que nous signalons ici, l’homme seul, profitantde l’expérience et de la raison de ses devanciers.

marche d’amélioratipns en améliorations, et poursuit, sans pouvoir jamais l’atteindre, mais en s’en rapprochant de plus en plus , cette brillante chimère qui porte le nom de perfectibilité indéfinie.

Je pourrais prolonger ces considérations, si je ne craignais, à juste titre, en y insistant davantage , de dépasser les bornes deisimples généralités que l’on nous demande, et d’aller grossir le nombre de ces raontesquieu au petit pied qui parlent si facilement d’une science sur laquelle’ il est si difficile de penser.

Toutefois, je ne finirai point cet article sans ajouter que cette prééminence intellectuelle et morale, ce noble ascendant que l’homme exerce sur le rèste des animaux, il eu est redevable à des conditions organiques dout l’étude n’appartient eu propre qu’au physiologiste et à l’anatomiste. En effet, il résulte des travaux de plusieurs physiologistes modernes, et de ceux de Gall en particulier, que toutes ces facultés créatrices des sciences et des arts , ces instincts d’une morale sublime, qui distinguent l’homme entre tous les animaux, trouvent leur raison physiologique dans la prédominance du cerveau du premier sur celui des seconds. Il est bien constaté que, de tous les animaux , l’homme possède le cerveau le plus volumineux, et que c’est à ce titre qu’il est le premier d’entre eux.

Les anciens n’avaient point entièrement méconnu le rapport que nous signalons ici. Voyez quel front saillant et élevé ils avaient donné à leur Jupiter olympien , persuadés qu’un tel front pouvaitseul contenir le vaste cerveau au sein duquel avait été conçue la suprême sagesse.

En résumé, c’est principalement sous le rapport de son cerveau, que l’homme diffère des autres animaux. C’est sur le front de l’homme que la nature a le plus profondément imprimé le sceau de l’humanité, et c’est aux nobles qualités dont ce front réfléchit l’existence, que, l’homme, véritable Jupiter de notre monde, doit le souverain empire qu’il exerce snr tous les animaux.

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