APPLICATIONS PHILOSOPHIQUES
Le plus grand service que la Physiqnejpuisse rendre à la science de l’homme, est sans contredit de Ini transmettre ses méthodes rigoureuses, et la manière de raisonner, quif,l’a rapidement conduite à un très haut degré de perfection.
L’opinion que nous émettons ici est si ,direct$înient; contraire à. celle des vitalistes, q-ar.compte> encore,beaucoup, de partisans, et. qui veut
séparer complètement la science de la yie des autres sciences natureUes, que nous ne croyons pas inutile dappuyer notre proposition de
quelques raisons pi-incipales. , . , • ;i
E^e deux sciences comme la physique et la physiologie, il est facile de reconnaître celle qui a fait le plus de progrès ; ce sera évidemment celle qui sera parvenue à expliquer le plus grand nom re de faits par le plus petit nombre de suppositions, et sous ce poin vue l’avantage est tout entier du côté de la Physique.
Ce fait une fois constaté, il faudra conclure que U '
losopher des physiciens à été supérieure jusqu’ici à celle des physiologistes, et qu’il y aura à l’avenir un grand avantage à substituer 1 une à
'*Pour éclaircir ces idées abstraites, nous emploierons quelques exemples.
Ees physiologistes vitalistes, en voyant les animaux conserver une température à-peu-près fixe sous l’empire de ^
rieuL très variées, ont supposé une force, P™P"^“’ vitale (on est embarrassé pour le choix du mot), en vertu de laque le les animaux résistaient également à des acquisitions et a des P^tes de calorique. Comme si Newton, observant à-la-fois dans la nature des attractions et des répulsions, avait imaginé de les attribuer a une seule et même puissance. On voit que les vitalistes, en suivant le principe de la suppositions des causes agissantes, n’ont été ni heureux ni lagou-
reux dans l’application de ce principe.
Les partisans modernes de l’organisme se sont écartes bien davantage encore des principes actuellement consacrés de la philosophie naturelle; ils veulent trouver dans l’arrangement materiel, et dans l’organisation même, la raison suffisante et la cause des actions; comme si un physicien, observant la force directrice dans une aiguille d acier aimantée, attribuait les phénomènes produits à un aiTangement nouveau dans les particules de l’acier, au lieu de supposer une influence
active, de nature inconnue il est vrai, mais dont la loi se découvre, se calcule, et satisfait à tous les résultats.
La physiologie renouvelle en ceci les propriétés occultes des anciens, système proscrit par Newton, et qu’aucun esprit exact ne songerait à faire renaître.
Le physicien observe des faits j quand ils sont réunis en certain nombre, il suppose l’existence d’un agent actif qui doit les produire j il recherche les conditions dans lesquelles cette puissance se développe, et les lois suivant lesquelles elle doit agir pour satisfaire à l’explication du plus grand nombre ou de la totalité des faits observés.
Le physiologiste ne nous paraît pas devoir suivre une autre marche.