PHYSIOLOGIE
La dernière classe des puissances naturelles renfermant celles qui sont temporaires, accidentelles, soustraites dans leur naissance et dans leur intensité à la volonté du physicien, constituerait la dernière et la plus difficile de toutes les parties d’un traité de physique, si cette malheureuse circonstance de l’impossibilité de produire, de faire varier a volonté et de mesurer les puissances vitales, n’avait jusqu’ici retenu la physiologie hors du cadre des sciences physiques j la difficulté a été prise pour l’impossibilité, et la science de la vie n’a cessé d’errer de système en système, en s’éloignant toujours de la marche et de la méthode qui depuis Galilée a porté les sciences physiques è un si haut degré de perfectionnement.
Quoique tous les bons esprits s’efforcent aujourd’hui de rapprocher la science de l’homme des autres connaissances naturelles, elle ne demeure encore que trop distincte, et cette seule considération suffirait pour justifier et nécessiter l’existence d’une science et d’un enseignement mixte, qui a pour objet de rattacher la science de l’homme à la Physique, et qu’on a coutume de désigner sous le npip dé Physique médicale.
C’est une expression consacrée depuis un certain nombre dannées, que Celle de sciences médicales donnée à 1 ensemble des connaissances si variées qui sont indispensables au médecin. On les distingue meme en sciences médicales accessoires et en sciences medicales essentielles. C’est dans ce sens que la Physique Considérée et enseignée dans 1 intérêt et dans la direction des études médicales porte le nom de Physique médicale.
On pourrait croire, au premier coup d’oeil, que la Physique étant une science positive, elle n’a pas deux modes d enseignement, quelle doit fournir lés principes absolus que lés médecins sont ensuite chargés d’appliquer aux besoins dé leurs recherches particulières.
Cette proposition pourrait être juste, si les rapports de la Physique avec la science de l’homme étaient déjà établis dune manière complète ou du moins très étendue. Mais il nen est point ainsi j les applications de la Physique à l’étude de l’économie animale sont, dans l’opinion d’un grand nombre dé physiciens et de médecins, restreintes à un petit nombre de cas où l’évidence a surmonté des préjugés auxquels l’école des vitalistes a donné naissance.
Il n’est donc point question d’enseigner ou d’apprendre les applications reconnues et déterminées de la Physique à la science de l’homme, il s’agit au contraire de rechercher, de découvrir et d’étendre ces applications. Cette tâche est difficile, elle exige des connaissances physiques étendues et précises, et des notions non moins complètes dans toutes les branches de la médecine et particulièrement en physiologie.
On peut donc dire que l’existence d’expérimentateurs, de livres et d’enseignement de physique médicale est au moins une nécessité transitoire, et qu’il est à désirer qu’un certain nombre d’hommes s oc-
cupent expressément des rapports trouvés ou à découvrir, entçe la Physique et les autres sciences médicales, jusqu’à ce que tous les rapports possibles soient aussi bien déterminés qu’ils peuvent l’être.
Si le devoir de ceux qui s’occupent de Physique médicale est de rechercher, de découvrir et,de constater les rapports de la Physique avec les autres branches de la science de l’homme matériel, il devient essentiel de déterminer la nature possible ,de ses rapports ^ efin d assurer la marche des investigations.
La Physique est applicable à la science del’homme vivant sous trois points de vue différents :
1 Sous le point de vue philosophique, c’est-à-dire quant aux méthodes qui peuvent être employées à l’étude et au perfectionnement soit de la physique, soit des différentes branches de la médecine, et sur-tout de la physiologie, qui serait la base de toutes les connaissances medicales si elle avait fait des progrès suffisants;
2 Sous le point de vue des rapports d’appareils ou de conditions d arrangement matériel qui peuvent se trouver entre des machines imaginées par les physiciens pour obtenir certains résultats, et la structure organique que présente avec tant de constance et de régularité l’anatomie des corps organisés ;
3° Enfin sous le point de vue des analogies de phénomènes; sujet vaste et rendu très difficile pour des raisons que nous.développerons bientôt.