‹ Dissertation sur Les Inhumations en General no.220Chapitre 8 sur 11 · JOR ARRERT OR APRES AP RUN EVER LV CRFANE AIS · texte numérisé non relu

JOR ARRERT OR APRES AP RUN EVER LV CRFANE AIS

(1) Abrégé du président Hénault , tom. 1, pag. 32. QUE

(2) Ut nullus deiniceps in ecclesiâ mortuum sepeliat. Lib. 1 des Caf. des rois de France, chap. 153. Le ‘

(3) Ut de sepeliendis in basilicis mortuis constitutio illa servetur ‘que antiquis patribus constituta est. Canon 21 du concile d’Arles, collect. du P. Labbé, tom. 7, pag. 1238; — du P. Hardouin, tom. 4, pag. 1006. On lit dans le sixième canon de celui de Nantes, dont la date est inceïtaine, mais que les PP. Labbéet Hardouin placent en 895 : Prohibendum est etiam secundèm majorum institula ut in ecclesià nultatenüs sepeliantur , sed in atrio, aut in : porticu, aut in exedris ecclesiæ; intrà ecclesiai verd et prope altare ubi corpus sañguinis Domini conficiuntur nullatenüs sepeliantur. ( Labbé, tom. 9, pag. 450 ; — Hardouin, tom. 6,part. 1, pag. 458.)

(4) Art de vérifier les dates , par les religieux bénédictins de la congrégation de Saint-Maur, dernière édit. , pag. 667, col. 2°.

(5) Paradin , dans ses Annales de Bourgogne, pag. 102, fait à cette occasion la réflexion suivante : « En quoi l’on peut voir que ces bons princes n’estoient « point aussi ambitieux qu'on l’est aujourd’huy en matière de sépulture; car ils

s se contentoient bien d’être aux portes des églises et encore au-dehors ; et les

. C'est donc dans les cimetières seuls qu’il est permis d’enterrer les morts. Mais ces cimetières peuvent-ils être placés dans l'enceinte des villes? Non sans doute, si, par cette position, ils exposent les citoyens à un danger à peu près égal à celui qui accompagne l’usage des inhumations faites dans les églises , l'infection de l'air par des émanations animales putrides; voilà ce qui rend cet usage dangereux :en plaçant les cimetières dans l'enceinte des villes, on donne lieu à cette même infection. Ils sont des dépôts où les corps humains rendus à la terre se décomposent par la putréfaction ; les lois chimiques déterminant des combinaisons par le même effet de la fermentation putride, et par conséquent le dégagement des corps gazeux qui constituent les exhalaisons miasmatiques, l'air qui les reçoit s’infecte nécessairement. — Mais comme les vapeurs formées par les écoulemens cadavéreux ne peuvent altérer l'air au point d’occasioner des événemens immédiatement funestes qu’autant qu’elles sont très-abondantes et fort denses, il faut pour que les cimetières ne soient point dangereux que les vapeurs formées par les exhalaisons de cadavres présentent des conditions opposées. | |

Les vapeurs se trouvent-elles réduites à cet état désirable dans les cimetières placés au milieu des villes ? Les réflexions suivantes, que j’emprunte au Mémoire de Maret, vont résoudre le problème. La terre est perméable aux écoulemens qui se font des torps qu’elle renferme, et ces écoulemens étant nécessairement proportionnés au nombre des points d’où ils partent, il en résulte qu'ils sont d'autant plus considérables dans un lieu donné qu'il y a plus de points exhalans, et que les vapeurs formées par ces écoulemens sont d'autant plus considérables dàns les cimetières qu’on y a enterré un plus grand nombre de corps, et d'autant moins que ce nombre est plus petit. Mais quoique la terre soit perméable, il est de fait qu’elle gène un peu les flux par

« modernes ne sont pas encore contens s’ils ne sont mis jusque sous les srands « autels. . . . lesquels tâchent de s’iramortaliser par piliers et sépulchres de «* marbre plus que par doctrine et sanctité. »

l'obstacle que leur opposent ses parties constituantes; qu’en les génant, elle retarde l'émanation: des molécules cadavéreuses, de manière que celles-ci s'exhalent en détail, et conséquemment sortent en plus petite quantité dans un: temps donné. — Gelte action de la terre, considérée comme agissant par sa masse, est nécessairement proportionnée à l'épaisseur des couches que lés écoulemens doivent traverser; d’où il suit que ceux-ci sont d'autant moins considérables que les cadavres sont plus profondément enterrés. L’enfouissement des corps morts fait plus où moins profondément influe encore sur la densité des vapeurs. Dès que les molécules terreuses sont capables de faire obstacle à l'écoulement des corpuscules putrides qui s’'échappent des cadavres, il est certain qu’elles agissent avec plus d'avantage sur les corpuscules plus grossiers que sur les autres; qu'’ainsi l'effet d’une couche terreuse fort épaisse est de subtiliser les vapeurs, en s'opposant à l'émanation des corpuscules grossiers, et de diminuer leur densité ; de sorte qu'elles sont d'autant moins denses que les corps qui les fournissent sont plus profondément enterrés, et d'autant plus denses que les corps sont recouverts de moins de terre. — Il est encore une cause capable d'augmenter la densité de ces vapeurs, c'est la réunion des écoulemens sortant des différens cadavres; il est évident que ces vapeurs acquièrent une densité proportionnelle au nombre des rayons d'écoulement réunis en un même point. Tout corps livré à la patréfaction doit être regardé comme un foyer d'où s’élancent en tous sens des corpuscules fétides, dont la direction forme des rayons plus ou moins étendus, plus ou mois inclinés à l'horizon. Ces rayons , à Pair. libre et quand la mobilité de ce fluide ne les brise point et ne change point leur direction, se rendent sensibles à un plus ou moins grand éloignement, suivant la force des écoulemens qui en constituent Vessence; et quoiqu’on ne puisse pas déterminer avec précision leur étendue, Maret dit qu'il semble que l'expérience autorise à leur donner en un temps calme au moins celle de vingt-cinq à trente pieds.

La terre, par la résistance stratiforme qu’elle oppose à ces écoulemens ; produit sur les rayons qui les constituent deux effets, qu'il est

intéressant de remarquer : elle les raccourcit nécessairement et en modifie la direction. Il n’est pas possible de soumettre au calcul ce raccourcissémént, ni ce changement de direction; mais l'on peut donnér pour assuré qu'il est proportionné à l'épaisseur de la couche terreuse; et comme, dans une occasion où l'expérience ne peut pas guider, il est permis de faire des suppositions pourvu qu'on ne s'écarte point de la ressemblance, je supposerai, d’après Maret, qu’une couche terreuse d’un pied d'épaisseur raccourcisse les rayons de deux pieds et même de trois, si l'on veut; c’est probablément en exagérer l'effet, puisque l’on voit des sources se manifester par des exhalaisons sensibles quoiqu’elles soient à vingt et trente pieds au-dessous de la surface du terrain, et que les écoulemens étant fluides et les pores de la terre pouvant être assimilés à des tubes capillaires , il est à présumer que l'effet de l'obstacle opposé aux émanations par les molécules terreuses n’est pas à beaucoup près aussi considérable que je le suppose. — J'admettrai, cependant, cet effet comme constant pour écarter la plus légère objection; et, partant de cétte supposition , je trouve, avec Maret, qu'un corps mort enfoui à sept pieds de profondeur ne doit porter ses exhalaisons qu'à cinq ou six pieds au-déssus de la surface de la terre, mais que quatre pieds de terre laissent assez de force aux émanations pour s'élever à douzé où quinze pieds, et même beaucoup plus haut, — Un autre effet nécessaire de l'action des couches terreuses est la réfraction des rayons d’écoulément. Celle-ci doit être proportionnelle à l'épaisseur de ces couches, et l'on ést en droit de supposer que lés rayons, partis d’un corps enterré à sept pieds de profondeur seront tous réfractés, et tellement rapprochés de la pérpendiculaire, qu'ils deviendront presque tous parallèles entre eux; ét que les émanations d’un cadavre enfoui à cette profondeur s’élèveront, à peu de chose près, perpendiculairement à l'horizon : ce qu'on doit s'efforcer d'obtenir.

Mais on est aussi autorisé à prétendre que la térre étant periméable en tous sens, ses rayons divergeront d'autant plus ét séront d'aütant plus inclinés à l'horizon que la couche de terre qui couvrira les ca-

davres sera moins épaisse; qu'ainsi, lorsque ces rayons ne traverseront qu’une couche de quatre pieds d'épaisseur, ils se porteront obli quement , de façon à se réunir à ceux qui partiront de fosses voisines, si celles-ci ne sont pas assez éloignées pour que leurs rayons mutuels ne puissent pas se rencontrer ; mais cette réunion, qu'il faut autant que possible éviter, ne pourra avoir lieu sans augmenter la densité des vapeurs, et cette densité sera toujours en raison directe de la distance des fosses qui renfermeront les cadavres, puisqu’alors un uombre plus considérable de rayons se trouvera réuni, par l'effet de l'obliquité, sur un même point.

Si l’on pouvait calculer et la résistance des couches terreuses et la force des écoulemens putrides, on pourrait déterminer avec précision la divergence des rayons formés dans cette circonstance par ces écoulemens; ceux-ci sont si subtils qu’on peut présumer que ces rayons s'étendent à plus de sept à huit pieds sous des angles plus ou moins. aigus. Je borne l'étendue des rayons à trois ou quatre pieds, je réduis à deux pieds la ligne horizontale à l'extrémité de laquelle tomberait la perpendiculaire tirée du sommet du rayon; il en résultera que si deux fosses, dont la profondeur serait de quatre à cinq pieds, n'étaient qu’à deux pieds de distance l’une de l’autre, les écoulemens des cadavres voisins se confondraient ; qu’ainsi, pour éviter la densité qui en serait l'effet, il faudra au moins mettre entre chaque fosse quatre pieds d'intervalle sur les grands côtés, el qu’eu égard au peu d'écoulement que doivent donner la tête et les pieds, on pourra réduire cet intervalle à deux pièds à chaque extrémité de la fosse. Cette | distance devra varier à raison de la profondeur des fosses ; et comme la divergence des rayons serait peu considérable si les fosses avaient six ou sept pieds de profondeur, on pourra alors ne mettre entre chaque fosse que deux pieds sur les grands côtés, et un pied seulement à la tête et aux pieds. |

Mais en vain s'élèverait-il peu de corpuscules cadavéreux de la surface des cimetières ; en vain les cadavres seraient-ils profondément enterrés ; en vain les rayons de leurs écoulemens affectant la perpen-

diculaire ne se réuniraient-ils point, toujours est-il vrai de dire que la densité des vapeurs seraît encore inévitable, si les émanations n’étaient point absorbées et dissoutes à proportion qu’elles se font. Or, cette absorption et cette dissolution ne peuvent avoir lieu qu’autant que l'air qui couvre la surface des cimetières est souvent renouvelé et très-peu humide.

Dès que la salubrité des cimetières dépend du peu d’abondance et du peu de densité des vapeurs animales que les exhalaisons cadavéreuses ÿ forment, et que cette abondance et cette densité sont en raison du petit nombre de cadavres qui y sont déposés, de la profondeur de leur enfouissement, de l’attention à espacer les fosses proportionnellement à leur profondeur, et de la facilité que l’air trouve à absorber ces vapeurs, il faut donc que les fosses aient au moins cinq à six pieds de profondeur, afin que les morts soient recouverts de quatre à cinq pieds de terre; que les cimetières aient une étendue proportionnée au nombre de cadavres qu’on y enterre, et que l’air y circule avec facilité et y jouisse de toutes les qualités propres à le rendre très-absorbant. LE

Je ne fais ici que reproduire les idées et les développemens donnés par Maret , parce qu'ils se conforment en général aux miens par rapport au sujet qui m'occupe. Maintenant voyons ce que dit Vicqd’Azyr dans le discours déjà cité, au sujet des phénomènes du rayonnement des exhalaisons cadavéreuses expliqués par Maret. Après avoir rapporté d'une manière claire et résumée toute la théorie présentée par ce dernier, Vièq-d’Azyr s'exprime ainsi : « Il serait bien « à souhaiter que ce physicien (Maret) eût déterminé par des obser- « vations quelles sont les lois que suivent les émanations méphiti- « ques, quelle est leur réfraction, quelle est leur sphère d'activité ; « alors cette partie de son excellent traité mériterait plus de con- « fiance, et on en retirerait un avantage plus réel. »

Je ne sais pas jusqu'à quel point l’on peut admettre l'objection de V'icg-d’Azyr relativement à la théorie du rayonnement des molécules cadayéreuse: présentée par Maret ; car s’il est incontestable que tous

les corps dans la nature rayonnent , et que Ja loi du rayonnement est modifiée à raison de l'épaisseur. des milieux que traversent, leurs rayons , toute autre observation que celle dont Maret a parlé devient à cet égard sinon superflue, au moins de peu de secours pour Ja résolution du problème qui m'occupe; surtout, persuadé. que je suis que jusqu’à nos jours le mode d'explication présenté avec. tant de génie par Maret n'a pas changé , et qu'il est le seul qui satisfasse ;davantage l'esprit, en se conformant à un plus grand nombre d’élémens du problème en question. D'ailleurs, il est essentiellement im possible de déterminer par le calcul ou par une forxule mathématique, et comme il.est adopté en physique, le degré invariable de la réfraction que subissent, sous forme de rayons, les molécules cadavéreuses en trayersant des couches hétérogènes, depuis le point d'ou elles émanent primitivement. jusqu'à la surface du sol, pour pouxoir établir positivement quelle ‘est leur réfraction et leur sphère d’activité, surtout sion réfléchit qu'il est impossible, dans un sol quelconque et quelque limité qu'il soit en étendue, de trouver des couches, comparativement les unes aux autres , toujours homogènes; et par conséquent il l'était de même que Maret püût remplir à souhait cette condition au-dessus des forces humaines, et qui, j'aime à croire, échappe à toute sorte d'investigation de la physique la plus transcendante , et quelque bien analysées que puissent être toutes les parties du terrain soumis à l'appréciation du physicien. En pareil cas, on peut à peine résoudre les points les plus saillans de Ja question; d’autant plus qu’il serait nécessaire de trouver des points de. ressemblance susceptibles de subir un terme de comparaison, pour parvenir à quelque résultat infailliblement certain ’ lorsqu'il s'agirait d’une détermination de cet ordre. Ainsi donc, j'admets absolument les principes posés par Maret et les inductions qu'il en retira si habilement, jusqu’à ce qu'une démonstration plus satisfaisante me soit connue.

Heureusement que, malgré cetle divergence sur les points de doctrine , les deux savans français professent la même opinion par rapport aux points d'application (comme, on le verra plus loin) et aux moyens

(65 ) à employer afin de garantir les habitans des villes et lieux peuplés de ces foyers meurtriers qui les moissonnaient si insidieusement il y a à peine un demi-siécle en France, et qui le font encore de nos jours dans presque tout le Brésil et dans plusieurs contrées de lAmé- - rique. |

Maret se résume en ces termes : « Deux considérations doivent dé- « terminer l'étendue des cimetières, et l’on doit se décider par la + durée de la destruction complète de chaque cadavre et par la quan- « tité de terrain nécessaire à la sépulture de chacun d’eux. » Le danger qu’il y aurait à donner brusquement issue à des miasmes cadavéreux depuis long-temps soustraits à l’action de l'air, et à favoriser leur émanation en masse, est prouvé par des faits décisifs; et lorsqu'il faut fixer l'étendue que doivent avoir les cimetières, c'est sur la réalité de ce danger qu'est fondée la nécessité d’avoir égard au temps qui s'écoule avant que la putréfaction ait complètement détruit les cadavres (1).

La connaissance de la durée de cette opération peut seule, en effet, éclairer sur les terrains dans lesquels on peut ouvrir d’anciennes fosses; et quoiqu’on n’ait rien de bien concluant sur cet objet, Maret pense qu’on peut cependant donner pour constant que la destruction des cadavres est au mroins trois ans à s’opérer complètement. Wicg d’Azyr tranche la question comme il suit : « Nous pensons avec l’au- « teur cité (Maret) que l'étendue des cimetières doit être déterminée, « 1°, par la durée de la destruction totale du corps; 2°. par le terrain « nécessaire à chaque cadavre. Trois ans suffisent pour qu'un corps « soit détruit dans une fosse de quatre à cinq pieds; mais dans une « de six à sept pieds, ce temps.ne suffirait pas, parce que.la pression

. «retarde la putréfaction, ce qui a été prouvé par MM.:Godard et « Boissieu dans leur dissertation sur les antiseptiques. On doit donc - « avoir un cimetière capable de contenir trois fois le nombre des morts

(1) Je n’entends point ici sous cette expression la destruction des ossemens. qui exige sensiblement un temps beaucoup plus long.

(66 ) « d’une année si les fosses ont quatre à cinq pieds, et quatre fois à « .peu près si elles ont six à sept pieds de profondeur. Il faut, pour la « fosse d’un adulte, un espace de trente-un pieds carrés (1). En multi- « pliant par trente-un le nombre des morts d’une anuée, et en multi- « pliant le produit de la première multiplication par trois si les fosses « ont quaire pieds, ou par quatre si les fosses ont six à sept pieds, « on aura le nombre de pieds que doit contenir le cimetière pour suf- « fire aux enterremens et pour donner le temps aux cadavres de « se détruire. L’étendue des cimetières une fois déterminée, il faut « encore rendre l'air qui y circule le plus pur possible, et donner ac- « ces aux vents du nord et de l'est. Les bâtimens et les arbres y sont « d’ailleurs très-nuisibles, en ce qu'ils empêchent l'air d’être agité li- « brement. I] suit de ces réflexions que les cimetières ne peuvent être .« bâtis dans les villes : 1°. parce que l’on ne peut y trouver un terrain « suffisant ; 2°. parce que l'air n’y est ni assez renouvelé, niassez pur. « Il faut donc choisir un lieu situé en plein air, sec et ouvert au nord « et à l'est. Laon et Dôle en ont déjà donné l'exemple (2). Il reste aux « autres villes de la France à les imiter. Maret ne doutait pas que « accident arrivé dans la cathédrale de son diocèse et au Saulieu « n’ouvrit les yeux de la nation sur cet abus, et il espérait que les « ecclésiastiques éclairés seraient les premiers à sacrifier le lucre des « enterremens dans les églises au salut public et au leur propre. »

(1) La fosse d’un adulte, ayant six pieds de long sur deux et demi de large, occupera, en comptant le pied à ajouter tout autour, un espace de trente-un pieds et demi carrés; mais si, suivant l’usage le plus commun, les fosses n’étaient profondes que de quatre à cinq pieds, l’espace nécessaire pour un adulte égalerait une surface de cinquañte-deux pieds carrés; cette surface sera augmentée en raison inverse de l’épaisseur de la couche terreuse qui couvrira les cadavres. (Maret, ouvrage cité.)

(2) Les Irlandais et les Danois ont transporté les sépultures hors de l’église (c’est-à-dire avant que les Français ne le fissent). (Vicg-d’Azyr, Discours où l’auteur rapporte l'extrait des ouvrages et réglemens sur le danger des inhumalions, 1578.)

Maret veut qu'on proscrive toute sorte de plantations , les arbres diminuant Fespace destiné aux sépultures. En effet, si le mouvement des branches peut agiter l'air qui couvre les cimetières, les arbres ; en rompant les courans d’air, s'opposent à l'action des vents sur les vapeurs , et ces vapeurs, arrêtées par le feuiilage , sont forcées de retomber sur la terre, et y occasionnent une humidité pernicieuse. Il en est de même des édifices ; comme les arbres ils rompent la direction des courans d'air, et s'opposent à la dispersion des vapeurs que ceux-ci doivent entraîner. Bien mieux, les avantages de la situation favorisent l'absorption et la dispersion des vapeurs , et peuvent même compenser ceux que l’on attend de l'étendue du cimetière. On pourrait alors, d’après Maret, déposer sans inquiétude un plus grand nombre de morts que l'étendue ne devrait le permettre ; au contraire, une situation moins favorable exigerait qu’on y enterrât moins de sujets. MM. Olivier et Huberman , dans les Mémoires qu’ils ont publiés en 1774, ont fait sur le sujet qui m'occupe des réflexions d’une grande importance, entre autres concernant la translation d’un cimetière quelconque. Ils ont démontré qu'il suffit de ne plus enterrer dans le téfraiu qui servait à cet usage , et que l’on doit l’abandonner sans s'exposer à y faire des exhumations dangereuses. Ils ont, enoutre, remarqué au sujet de l’eau des puits situés.au-dessous du cimetière de Saint-Louis , à Versailles, qu’elle ne pouvait être employée à cause de sa fétidité. Ce dernier inconvénient ajoute encore, dit Wicq-d’ A zyr, à la force de nos preuves contre les inhumations dansl'enceinte des villes aux cimelières (1). Il est” impossible de leur donner dans l'enceinte des villes une étendue assez considérable et proportionnée au nombre des morts qu'il faudrait y enterrer annuellement. Il est très-difficile que leur situation puisse être favorable à l'absorption des vapeurs qui s’en exhalent; la hauteur des maisons , celle des églises, la direction des rues, sont autant d'obstacles au libre abord des différens

(1) VWicq-d'Azyr, ouvrage cité.

veüts.* Aussi règne:t-il dans la plupart des cimetières des villes. une humidité: constante ; aussi ces cimetières répandent- ils dans: leur voisinage des exhalaisons qui pénètrent les maisons, frappent disgracieusement l'odorat des personnes qui les habitent, et y altèrent les alimens (1). |

On ne peut donc placer les cimetières dans les sillest: sans exposer les citoyens au danger qui accompagne la nécéssité de respirer un air chargé de vapeurs animales putrides. J’ai fait voir ailleurs que ce danger devait engager à proscrire l'usage d’enterrer dans les églises; il faut done non-seulement renoncer à cet usage, mais encore établir des cimetières hors de l'enceinte des villes (2). |

J'aime à croire que dans un pays libre comme l'est le mien, les préjugés ne s’opposeront pas avec succès à l'établissement des cimetières: -hors des villes. Les gens en place n'ignorent pas qu’il faut toujours fermer l'oreille aux clameurs de l'intérêt personnel et de lorgueil , et:

(1) Solon renouvela la loi qui proscrivait les sépultures dans Athènes. Les Romains ordonnèrent qu’on n’élevät aucun bûcher ou qu’on n&'bâtit aucune sépülture à moins de soixante pieds de distance d’une maison, si le propriétaire de cette maison refusait qu’on fit des funérailles : « Reguin vel sepulchrum « deinceps ædibus alienis , domino invito, propits sexæaginta pedes admo- « vere jus ne esto. » Ün édit d’Adrien ordonna la confiscation du terrain sur lequel un tombeau aurait été élevé dans Rome, et l'exhumation du cadae (Maret, ouvrage cité.)

Les inconvéniens de la disposition des cimetières dans l'enceinte des villes ont excité de tous temps des plaintes très-vives : ce furent des plaintes de cette espèce qui engagèrent le procureur- général du Parlement de-Paris à requérir l'arrêt rendu le 21 mai 1965: (Marer, 1d.)

(2) Le procureur-général d’alors au Parlement de Paris, dans son réquisitoire, fesait observer que, dans leur origine, les cimetières qui excitaient les plaintes étaient hors de l'enceinte de Paris, qu’ils ne s’y trouvaient renfermés que par les accroissemens excessits de cette ville immense. Peut-être, ajoute Maret , doiton faire la même remarque au sujet de ceux que l’on voit dans les autres villes.

Les mêmes considérations déterminèrent, en 1766, le bailliage de Troyes à défendre d’enterrer dans la ville. (Maner, /d.)

qu'il faut toujours faire du bien aux hommes malgré les hommes eu xmêmes. La salubrité de nos villes et de nos temples exige qu'on n'y fasse aucune inhumation. Quelle raison pourrait-on apporter pour engager à perpétuer un usage reconnu dangereux? les propriétaires de sépultures diront ils qu'on viole leur propriété ? mais si les concessions qu’on leur a faites sont nuisibles au public, de quel front s'efforceront-ils à faire valoir un droit abusif, contre lequel s'élève leur intérêt propre, et qui répugne à l'humanité chrétienne?

C’est seulement en faveur des martyrs que l’Église aadmis des exceptions aux règles établies à ce sujet par les canoas. Sous quel prétexte pourrait-on se croire dans le cas de ces exceptions (1)?

(1) Sile concile tenu à Rouen en 1581 dit : « Non ideù promiscuè, ut nunc fit. mortui sepeliantur in ecctesiis…. sed hoc servetur Deo sacratis hoïninibus.…, aliis insuper qui nobilitate vel virtutibus vel meritis erga Deum et rempublicam fulgent : cæteri piè et retigiosè in cimeteriis ad hoc dedicatis <eputturæ tractantur. » Il est permis d’observer , dit Maret, que ce concile n’était qu'un concile national, et que ces décisions, quoique très-respectables , ont donné lieu à l’abus contre le:uel on s’élève aujourd’hui. Car, enfin: permettre d’enterrer dans les églises les ecclésiastiques, les personnes d’une noble origine. celles que leurs vertus ou leurs services rendus à la société ont distinguées, n’estce pas intéresser l’orgueil à infecter les temples ? Quelle est la famille qui ne prétendra pas à une distinction accordée à des qualités dont il est facile de présumer la réalité, et qu’il est difficile de refuser à qui que ce soil; à une distinction qui, devenant un titre d'honneur pour les uns, est en même temps avilissante pour les autres? En vain croira-t-on avec Armand Bazin de Bezon. archevêque de Rouen, pouvoir prévenir l'abus qui en résulterait nécessairement en w’admettant dans les églises que les corps des ministres de l'autel et de ceux d’entre les laïques qui sont autorisés à y être inhumés par leurs titres ou par le titre de bienfaiteurs de l’église. Je ne ferai, continue Maret, aucune réflexion sur l'exception établie en faveur des ecclésiastiques : je présume trop bien d'eux pour ne pas être persuadé que leur humilité et leur respect pour les temples les décideront à refuser une faveur que leur modestie et leur religion leur feront regarder comme excessive. Je ne m'’arrêterai pas non plus à combattre les titres auxquels on pourrait prétendre empester l'église; mais je ne puis m'empêcher d'entrer dans quelques discussions sur ce qui concerne la qualité de bienfaiteur.

(9er) Ne craignons donc point que personne ose s'opposer à une réforme importante sous le faible prétexte du respect dû à la propriété. Celui que tout chrétien doit aux temples est d’un ordre trop supérieur

qui, selon M. de Rouen, donne des droits à étre inhumé dans les églises. Pour être bieufaiteur de l’église, dit ce vertueux prélat dans le deuxième article du réglement établi par son mandement inséré dans le douzième volume des Mémoires du clergé, colonne 290, « Pour être bienfaiteur de l'église et y être inhumé en cette qualité dans les villes, on donnera à la fabrique ou trésor au moins cinquante livres pour chaque corps qui sera enterré dans le chœur , et

trente livres pour ceux qui seront enterrés dans la nef ou dans un autre endroit de :

l’église : dans les paroisses de campagne , on donnera-au moins vingt livres pour être enterré dans l’église. » Il faudrait bien peu connaître les hommes pour imaginer qu'un titre aussi facile à acquérir ne deviendrait pas commun à presque tous les fidèles. Ce réglement, quoique homologué par une cour souveraine dont les décisions sont respectables, ne ferait donc que donner naissance à un nouvel

abus, sans faire cesser celui qu’on est dans l'intention de détruire. Dès qu’on

voudra réussir, loin d’avilir en quelque sorte ceux qui seront relégués dans les cimetières , il faudra s’efforcer d’en faire un titre d'honneur; il faudra que les cimetières soient si vastes que chacun puisse à son gré faire élever sur son tombeau des monumens qui attestent ses vertus; et si les cimetières étaient à peu de distance des chemins publics , les noms des morts passeraient plus sûrement à là postérité. On a réservé tout le pourtour du cimetière de Dôle pour des tombeaux particuliers, et c’est dans le centre que le peuple est inhumé; y aurait-il de l'inconvénient à suivre cet exemple ? Ne serait-ce pas, au coutraire, concilier tous

les intérêts? Mais si lé respect dû aux temples n’est pas une considération assez P P E

forte pour engager les ecclésiastiques même à se faire enterrer hors des églises , si orgueil survit à l’orgueilleux. si enfin on est forcé de ne faire le bien qu’à demi, il est une précaution à prendre qui rendra moins dangereux l’usage d’enterrer dans les églises. Qu’on ne permette d’inhbumer dans le Lieu-Saint que les corps embaumés avec soie, et dont l’embaûmement sera certifié par ceux qui auront été chargés de le faire. La cupidité pourra, je le sais, rendre cette précaution inutile ; on produira quelquefois de faux certificats, ou l’administration ne les exigera pas avec assez d’exactitude , et cela devrait suffire pour interdire absolument toute inhumation dans les églises et dans l'enceinte des villes , parce qu’on ne peut être lrop en garde contre les ruses de l'intérêt; mais du moins l'abus sera rare et moins grand. (Maret, ouvrage cité.)

FRA pour qu'on puisse le mettre en parallèle avec un autre, et tous les ecclésiastiques éclairés gémissent depuis long-temps sur l'irrévérence qu'on commet en donnant la sépulture dans ur lieu consacré à la célébration des plus augustes sacrifices. Soyous persuadés qu'ils seront les premiers à applaudir aux moyens que l'on prendra pour faire cesser une profanation, qui les indigne (1).

2 —————— ee — ————

(1) L’exemple des chanoines de la cathédrale d'Orléans ne sera probablement pas sans effet sur les ecclésiastiques de nos jours. M. Lebrun des Marettes, dans ses Voyages liturgiques de France, édit. in-8°. de 1757, pag. 215, dit: all ya à Orléans une pratique fort bonne et fort louable : presque tout le monde se fair enterrer dans les cimetières, même les chanoines de la cathédrale. » On voit dans le Gall. christ., édit. de Claude Robert , pag. 259 et 280, que des évêques renommés par leur vertu ont donné le même exemple. Guillaume Dublé , cin-" quantième évêque de Châlons-sur-Saône, fit construire dans le cimetière de La Motte, où il voulut être enterré et le fut en 1294. Robert de Sixe, cinquantedeuxième évêque de la même ville, ordonna qu’on l’enterrât dans le même cimetière, auprès de Guillaume Dublé, ce qui fut exécuté en 1315. Plusieurs laïques ont voulu l’être dans les cimetières : on lit dans la Menagiana , t. 2, pag. 585, qûe Simon Pietre, médecin dont Gui-Patin a écrit la vie, défendit par son testament qu’on lenterrât dans l’église, de peur de nuire à la santé des vivans. Philippe Pietre , son fils, avocat au Parlement de Paris, lui fit cette épitaphe , qui se voit au cimetière de Saint-Étienne-du-Mont :

Simon Pietre, vir pius et probus, Hic sub dio sepeliri voluit,

Ne mortuus cuiquam noceret

Qui vivus omnibus profuerat.

M. de Sainte-Foix, dans le cinquième volume de ses Essais sur Paris, page 132, parle d’un anatomiste de Louvain qui voulut être inhumé au cimetière dans la crainte de profaner l’église et d’incommoder les vivans. 5. A. S. Monseigneur Philippe; duc d'Orléans, dernier mort, si distingué par ses connaissances et ses vertus, avait demandé à être inhumé dans le cimetière. M. le chevalier d’Aguesseau, dont les talens et les vues rendront la mémoire immortelle, reconmmanda expressément qu’on l'enterrât dans le cimetière d’Auteuil, et ses volontés ont été respectées, M. Porée, chanoine du Saint-Sépulcre de Caen, mort en juin 1770, a voulu être inhumé dans le vaste cimetière de la collégiale dont il était cha-

(72) Les motifs qui seréunissent contre l'usage d’enterrer dans l'enceinte des ‘villes , et surtout dans les églises, feraient-ils moins d'impression

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noine. Les lettres que ce vertueux ecclésiastique, frère du célèbre père Porée, jésuite, a fait imprimer en 1745, à Caen, chez Jean-Claude Pyron, prouvent qu’il s’y était déterminé par les mêmes motifs que je crois capables d’engager à proscrire l’usage d’enterrer dans les églises et dans l'enceinte des villes. Ces lettres sont très-rares et mériteraient une nouvelle édition : j'espère qu’on me saura gré d’en citer ici quelques morceaux, qui doivent faire la plus forte impression sur les personnes pieuses. M. Porée, dans la deuxième lettre , s'occupe de l'introduction de cet usage : il l’attribue d’abord au succès des irruptions des barbares dans l’empire romain. « On abandonna, dit-il, les campagnes ; et on chércha à mettre les morts hors d’insulte en les inhumant dans les villes. ..» Il” fait voir ensuite que l'introduction des reliques des martyrs fut une nouvelle cause de cet usage. « Jusqu’au sixième siècle , il n’y avait que le corps de ceux qui avaient scellé la foi de leur sang à qui on rendait cet honneur. Au neuvième siècle , on l’accorda au corps de ceux qui étaient morts en odeur de sainteté. La dévotion pour les reliques augmenta jusqu’au point que leur enlèvement causa des émeutes populaires ; de sanglane combats en plusieurs endroits. Les reliques entrèrent dans le commerce; on achetait fort cher ces dépouilfés mortelles, et le négoce en devint frauduleux, malgré le soin des conciles, qui prohibaient ces abus. Ceux qui procuraient les reliques les plus célèbres étaient censés faire aux églises un présent inestimable , et en récompense, on leur accordait la sépulture auprès de ces vénérables dépôts. Ceux qui contribuaient à la construction des châsses prétendaient aux mêmes honneurs. Ces châsses , où l'or était prodigué , ornées de perles et de pierreries, coûtaient des sommes qui nous étonnent aujourd’hui. Or, le clergé et les moines faisant entendre aux fidèles qu’ils ne pouvaient leur accorder une plus grande récompense que de les placer, après leur mort, dans un lieu où reposaient les corps des saints, ils les leur faisaient regarder comine une sauvegarde et une forte protection, même au-delà du trépas : vous savez que Louis XI se:fil couvrir entièrement de reliques, croyant, par ce moyen, pouvoir éloigner la mort, qui lui causait de si grandes et de si-justes frayeurs. » — « Un abus ne tarde guère à en occasioner un autre. Les : inhumations dans les églises , accordées à tous ceux qui contribuaient à leur décoration ou à l'augmentation de leur revenu, vinrent à un point que plusieurs conciles défenilaient d’enterrer dans les églises d’autres personnes que les fondateurs et les pairons. Ces défenses étaient bien sages; mais les canons des con-

(75 ) sur nous autres Brésiliens que sur les autres peuples, que sur les Musulmaps, qui regarderaient comme un crime d’enterrer dans les mos-

ciles provinciaux ne faisaient que suspendre pour quelque temps les abus qui régnaient dans les lieux où s’étendait leur juridiction. Les provinces voisines ne se croyaient point liées par des censures locales. La coutume , plus forte que Ja raison , plus impérieuse que les lois, reprenait bientôt le dessus. Ajoutez à cela qu’une certaine scolastique toute pétrie de péripatélisme ayant introduit en bien des choses le physique à la place du moral, on crut que beaucoup de cérémonies agissaient physiquement. Ainsi les peuples s’imaginèrent que leurs âmes auraient plus de part aux prières et aux sacrifices lorsque leurs corps seraient plus près des autels et des églises, et jusque dans les sanctuaires, persuadés que les suffrages agissaient sur eux avec plus d'efficacité et en raison des distances. C’est ainsi qu’on donnait une sphère d'activité à des prières el à des cérémonies religieuses dont l’effet immédiat est tout moral. » Après avoir montré que de fausses idées ,

et non moins ridicules que fausses, ont introduit l’usage contre lequel il s'élève ,

M. Poréce s'attache à faire sentir par l’état des corps livrés à la putréfaction dans les églises ce qu'il y a d’indécent dans cet usage. — « Le corps est un objet d’horreur qu’on ne pouvait toucher chez les Hébreux sans être censé impur. Tout en était souillé : les choses même incapables d'immortalité centractaient une impureté légale. Partout on se hâte d’enlever aux yeux de son logis celui qui en était le propriétaire ; on ne reconnaît plus aucun de ses droits; on n’en chasserait pas plus vite un usurpateur. Quoil s’il est. indigne d'occuper une maison qu’il a peut-être fait construire, qu'il a ornée et embellie , sera-t-il jugé digne d'occuper un édifice public consacré à la Divinité? S’il souillait ses propres appartemens, convient-il qu’il vienne infecter un lieu destiné à la religion ? Les païens étaient plus respectueux que nous envers leurs temples; bien plus, les lieux qui servaient à ces usages en étaient fort éloignés. Cependant, dans les lieux où l’on brûlait les morts, ce qui s’étendait à une grande partie de la terre, il n'en restait qu’un peu de cendres qui, recueillies dans une urne, n’auraient causé ni infection ni indécence. » — Enfin, répondant à une objection prise de ce que nos corps, selon saint Paul, sont le temple du Saint-Esprit, M. Porée fait

observer « que cette présence de l'Esprit saint par sa grâce dans les personnes

sages et pieuses ne bannit pas la corruptiuu naturelle de leurs corps. Cette présence n’est pas toujours persévérante : le péché l’a fait malheureusement disparaîlre. Ce qui était auparavant le temple de Dieu peut devenir en un moment l'habitation du démon, domicile d’autant plus profane qu'il avait été plus saint,

(74 ) quées, et qui, dans la juste crainte d’empester les vivans, ne permettent les sépultures que hors de l'enceinte dés villes? L’humanité et la religion réclament contre l'usage dont j'ai démontré le danger. Leur voix ne frappera pas inutilement l'oreille des Brésiliens.

Or, dans le degré de corruption où sont parvenues les mœurs, ne risque-t-on pas de placer tous les jours dans les églises des corps qui ont été habituellement la retraite impure du démon? Si vous dites que cette habitation n’est que morale , j'en pourrai dire autant de celle de l'Esprit saint, laquelle n’est ordinairement physique que par l’immensité et la toute présence de Dieu. On verra donc au grand jour sortir de l’enceinte de nos temples, et jusque des pieds des autels, une foule de réprouvés qui seront exilés pour toujours du reste de l’univers, et relégués dans le séjour d’une éternelle horreur. Quoi qu’il en soit, il est vrai de dire que nos églises renferment une infinité de cadavres plus corrompus par les vices que par les principes qui en procurent la destruction. Pourquoi donc employer les lieux saints à renfermer cet assemblage monstrueux de corps dont les uns seront un jour glorifiés, et dont les autres, déjà excommuniés devant Dieu , serviront de pâture à un feu qui ne s’éteindra jamais. » (Maret, De l’usage où l’on est d’enierrer dans les églises et dans l’enceinte des villes , 17574.)

« Un pape, dit Montfalcon, accorda de singuliers priviléges à un cimetière qui était placé au voisinage de Notre-Dame-de-la-Dourade; les morts qui y étaient obtenaient pardon et rémission de tous leurs péchés. » LACS des sciences médicales, article Infumations. )

Xénophon assure que Cyrus ordonna lui- ie qu'on ps après sa

mort.

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