‹ Dissertation sur Les Inhumations en General no.220Chapitre 9 sur 11 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

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Nous n'appartenons pas au pays où les janissaires et les mameloucks protégent l'ignorance et prêchent lafatalité. Les hommes des diverses contrées se transmettent leurs richesses , leurs souffrances et leurs perfectionnemens. C'est ainsi que la création du commerce et le développement des facultés intellectuelles produisent beaucoup de maux. Dans certaines contrées, les hommes se rapprochent par l'intérêt: commun; dans d’autres, ils se repoussent par l’égoisme. Les différences de solexercent une grande influence sur le caractère des peuples (1) : dans l’état le plus voisin de la nature, la santé recoit une grande influence des climats et des saisons , et cette influence est communiquée aux mœurs. Si dans les grandes sociétés on voyait un ordre inverse s'établir, on verrait aussi le sol changer par l’agriculture, les organes soustraits aux influences de l’atmosphère par les inventions de l’art, les mœurs assujetties aux usages et aux lois, et la santé réciproquement modifiée par les mœurs. Les mœurs et la santé des peuples sont donc, ainsi que leur fortune, entre les mains. de leurs chéfs, qui en répondent (2).

De même qu’en France, il est à espérer que les évêques brésiliens

(1) Cabanis , du Physique et du moral de l‘hoinme.

(2) « En 1579, lettre sur la maladie épidémique de Saulieu , attribuée à des inhumations dans l’église paroissiale de cette wille , par Maret. — Gazette de santé de 1773, numéro 6. » Dans ces deux ouvrages, on développe admirable ment ces principes comme autant de vérités, que je ne fais que résumer ici

faute d'espace.

se réunironli au gouvernement pour proscrire uu abus qui nuit autant à la santé des peuples qu’il répugne à la majesté des temples (1). Toutes les nations policées ont respecté les lieux des inhumations. Les peuples les plus anciens ont adopté l’inhumation de préférence à tout autre mode de donner la sépulture aux morts. Les bûchers sont éteints, et aujourd'hui les tte ens déposent les cadavres dans Je sein de la terre.

Il fut question en France, pendant la révolution, d’allumer les büchers; mais cette idée, présentée par M. Cambry à l'administration centrale du département de la Seine, n’a pas élé adoptée (2). En couvrant les morts de terre, les hommes ont voulu s’épargncer un spectacle d'horreur , et prévenir les maladies funestes que fait naître la décomposilion putride des cadavres qui sont abandonnés aux insultes de J'air. Des idées religieuses se sont, d'ailleurs , heureusement associées à ces cousidérations. / |

D'abord les morts furent déposés dans des fosses que l’on se bornait à combler ; mais les bêtes féroces les dévoraient, et en faisaient leur pâture. Pour prévenir ces scènes déchirantes et tous ces graves inconvé-

(1) Ên 1575, deux années après que l’ouvrage de Maret eut paru, l'archevêque de Toulouse exécuta dans cette ville ce qu’on n’avait que projeté dans les autres. Voyez l'ordonnance de monseigneur l’archevèque de Toulouse, concernant les sépultures , du 25 mars 1555, et l’arrêt du Parlement de Toulouse pour l’homologation du mandement et ordonnance de monseigneur l’archevèque de Toulouse, rendu le 23. mars 19775. Chose extraordinaire ! Paris, qui est en général la ville de France qui la première donne l'impulsion à tous les grands projets de réforme , ici Paris a été devancé par les villes de Toulouse, Versailles, Lyon, etc., puisque l'arrêt rendu le 25 mai 1765 par le Parlement de Paris, pour ordonner et régler les sépultures hors de cétte capitale , accompagné d’un plan très-sage, était resté sans exécution, et malgré les dangers signalés dans le Mémoire d’Haguenot, publié en 1746 , il lui a fallu les efforts réunis de Maret en 1574, de Scipion Piattoli, professeur à là Faculté de Modène en :774 , et de Vicq-d’Azyr en 1778. À

(2) M. Montfalcon , article Infsumations du Dictionnaire des sciences médicales.

| (77) | niens , on éleva sur les fosses des amas de terre ou de pierres. Le luxe naquit, les peuples voulurent honorer la mémoire de leurs rois ou des hommes qui avaient rendu d’éminens services à l'État, Les hommes riches ou puissans craignirent d’être confondus avec le vulgaire, et la vanité fit élever de toutes parts ces colonnes, ces cippes, ces sarcophages, ces obélisques, ces temples , ces chefs-d’œuvre de Fart qui étonneront la postérilé la plus reculée. Qui a lu sans étonnement la description du mausolée de Carie. des colonnes des Antonins, du môle d’Adrien, du tombeau de la fille de Cicéron? Combien a été vive l'admiration des guerriers français (1), lorsque la victoire les à conduits sous les Buonaparte, les Kléber , les Desaix, au pied dces pyramides égyptiennes dont la masse immense a déjà bravé des siècles.

Quoi qu'il en soit, tous les peuples ont respecté les lieux destinés . aux inhumations. Cicéron répétait souvent ces mots : « Sanctitudinem sepulchri, sanctitatem sepulchrorum. » Le sage Plutarque observe que ceux qui violèrent les tombeaux furent punis par les dieux et périrent malheureusement. Tel fut le sort de Pyrrhus, de Sylla, de Lysimaque et de plusieurs autres capitaines.

Solon fit une loi contre ceux qui profaneraient les sépullures, et ce crime inspira toujours une horreur extrême aux peuples de la Grèce et de l'Italie. Cette vénération pour les morts, ce respect pour les lieux qui contiennent leurs dépouilles, tiennent essentiellement à l’ordre social. Malheur à la main qui les méconnaît (2) !

À Rome , tout le terrain destiné aux sépultures était consacré , et

(1) Nous invaquons ici le témoignage de notre illustre professeur d'hygiène, M. le baron Des Genettes.

(2) La profanation des tombes royales de Saint-Denis , dit Montfatcon , est l'un des crimes affreux qui ont déshonoré la révolution française; quelques scélérats osèrent porter des mains avares sur les cercueils de Henri IV et de Louis XIY,. et la majesté du séjour de la mort n'inspira aucune crainte à des êtres pervers que le génie du mal conduisait. (Dictionnaire des sciences médicales, article Inhumations. )

(58) le soc ds la charrue cessait pour jamais de le sillonner. Les Romains déposèrent d’abord les restes de leurs ancêtres dans les jardins publics et les prairies; mais ces terres étaient perdues pour l’agriculture et cela appauvrissait l’État. Que firent-ils? ils ornèrent dés tombeaux de leurs plus illustres citoyens les grands chemins lés plus fréquentés. Ce fut d'abord dans les cavernes, lés déserts , les vallées , les antres écartés, que les hommes ensevelirent leurs morts. Des peuples barbares , nomades , les abandonnèrent aux outrages des bêtes féroces ; mais aussitôt que l'habitation, sous l'influence des climats , forma des mœurs, la religion et la politique présidèrent aux sépultures (1).

J'ai déjà fait voir dans le preinier chapitre de cette thèse que Îles peuples de l'antiquité avaient hors des villes des lieux déstinés aux inhumations ; tel était l’usage des Égyptiens , des Chinois et des nations . asiatiques, et Solon avait renouvelé la loi qui proscrivait les sépultures dans Athènes. — Lorsqu’en France les médecins appelèrent l'attention du gouvernement sur les dangers dés sépultures au sein des villes, seuls les ecclésiastiques réclamèrent l'antique privilége , et un arrêt du Parlement de Paris, en 1765, le leur permit. Plus tard, les prêtres, écoutant une piété plus éclairée, abandonnèrent un droit qu'accompagnait tant de danger. Depuis long-temps les médecins , avaient remarqué que les fossoyeurs vivaient peu; ils avaient fait entendre d’utiles réclamations, et déférèrent aux magistrats plusieurs catastrophes dont ils avaient été les témoins-

Je distingue , parmi les hommes qui luttèrent avec ‘tant de zèle contre un abus si intolérable, Haguenot, Maret, Navier, et Scipion Piattoli, qu'un duc de Modène chargea d'examiner les dangers qui accompagnent les sépultures au sein des villes, et qui eat l'honneur d’être traduit en français pat Wicq-d’Azyr, à la sollicitation de d’Alembert, Les plus heureux succès ont couronné les immenses travaux de ces sayans recommandables à tant d’égards; ils ont atteint leur but,

(1) Je ne dirai rien sur les inhumalions précipitées et les précautions à prendre pour les prévenir, mon sujet n'étant pas celui-là.

et aujourd’huiil-est bien reconnu, bien démontré, que les inhumations dans les villes compromettent gravement la salubrité publique ; que les miasmes dégagés des sépultures peuvent causer et ont causé souvent des catastrophes épouvantabies; et que non-seulement ils donnent plus d'intensité aux maladies régnantes, mais encore qu'ils enfantent des maladies contagieuses , dont les ravages sont affreux.

Depuis 1776, toute inhumation dans plusieurs villes et églises a été défendue, et cette mesure importante de police est devenue depuis universelle et a été observée avec tant de rigueur, qu’en 1810 un archevêque d’Aix sollicita vainement du gouvernement la faveur d’être inhumé dans son église cathédrale. Souhaitons et faisons des vœux pour que cet usage soitadopté au Brésil, et que cette sévérité prudente y soit suivie et nese démente jamais. Une exception rappellerait bientôt les anciens abus. vhs

Les cimetières, ou plutôt les lieux destinés aux sépultures, étaient désignés chez les Romains sous le nom de petits puits (puticuli). Horace a dit « Hoc miseræ plebi stabat commune sepulchrum. » Lorsque les premiers chrétiens devinrent nombreux, ils reçurent en don des gens riches plusieurs fonds de terre destinés (1) aux inhumations publiques. Telle fut l’origine des cimetières (ce mot est dérivé d’un mot grec qui ala même signification). Ils furent d'abord situés, comme les tombeaux des anciens Romains, le long des grands chemiss les plus fréquentés, puis transférés autour des églises et enfin hors des villes. — Il faut plusieurs cimetières à une grande ville; ils doivent être situés, autant que les localités le permeitent, sur un lieu élevé .

à une distance peu considérable de la ville (2) et au sud des babita- / 3 ; À à

ms

(1) À l'instar de ces bons citoyens romains, Louis XV fit don à la fabrique de Versailles d’un fonds de terre pour le même but. (Discours dans lequel on rapporte l'extrait des ouvrages et réglemens sur le danger des sépultures, par Wicqd’Azyr, 1778.)

(2) Les articles 2 et 3 du décret du 25 prairial an 12 ( 12 juin 1804) exigent que les cimetières soient établis à distance de dix-huit à vingt toises de l’enceinte des

( 80 ) tions, de telle sorte que le vent du nord ne passe point sur elles après s'être chargé des inhumations des cimetières. Les avantages de la situation, comimne je l'ai fait voir dans le chapitre précédent , sont de la plus haute importance; car ces avantages favorisent l’absorption des molécules putrides exhalées et la dispersion des vapeurs miasmatiques, et peuvent même, suivant la remarque de Maret, compenser les avantages que l'on attend de l'étendue des cimetières; en tel cas, on pourrait sans s'inquiéter y déposer un nombre de corps -plus grand que cette étendue ne devrait le permettre. Au contraire,

une situation moins favorable exigerait qu’on y enterrât beaucoup moins.

Les lieux bas et exposés aux inondations ne conviennent nullement pour l'établissement des cimetières ; car, comme je l'ai aussi démontré dans le chapitre précédent, l’huniidité de l’air rend l’absorption trèsdifficile, parce que l'air, plus’ou moins saturé de molécules aqueuses, n’absorbe point ou n’absorbe que très-peu les molécules exhalées, et les concentre dans un petit espace, en augmentant la densité des vapeurs qui en sont formées. D'ailleurs, l'air ne pouvant pas y circuler librement et restant presque immobile, les corps exhalans ne sont enviropnés que par un volume d’air déterminé et très-lentement renouvelé ; il s'ensuivrait que cette proportion d'air retiendrait toutes les émanations qu'il lui est impossible d’absorber, les vapeurs résultant -de cette absorption étant très-épaisses.

Les édifices au ER des cimetières sont dans le méine cas ; plusieurs inconvéniens s'opposent à ce qu'on les élève sous quelque prétexte que ce soit, à moins que ce ne soit à une distance de cent mètres ; car, comme il est alors impossible que l'étendue des cimetières soit assez considérable pour que l'air ne trouve pas le moindre obstacle en suivant la direction des vents, et que la situation soit favorable à l'absorption des vapeurs qui s’en exhalent, il règnerait infaillible-

villes et bourgs, qu'ils soient clos de murs d’une toise au moins d'élévätion , et ‘ LL ie que l’on choisisse de préférence les terrains situés au nord,

(81) ment dans ces mêmes édifices une humidité constante; des vapeurs fétides y pénétreraient, frapperaient très-désagréablement l’odorat des habitans , et altéreraient leurs alimens (1). 1} est reconnu que les eaux des puits dans les environs des cimetières s’imprègnent des vapeurs et des molécules putrides, et deviennent d’une grande fétidité, au point qu'on ne peut pas les employer. Dans le deuxième chapitre, jai eu occasion, en traitant ce sujet, de citer à l'appui les observations faites par MM. Olivier et Hoberman, concernant les puits situés au-dessous du cimetière de Saint-Louis, à Vérsailles, et dont les eaux offraient des qualités qui les rendaient absolument nicapables de toute sorte d'usage. Pour que l’eau devienne potable, il faut que l'air s'y trouve dans une certaine proportion. Or, si cet air, en se mêlant à l’eau , s’imprégnait des miasmes putrides dont il est saturé , il arriverait que les habitans quien font usage seraient inévitablement frappés des mêmes accidens que ceux qui respirent l'air dans un milieu plus ou moins infecté par la présence d’un corps en putréfaction (2). Chaque cimetière doit être clos de murs de huit à dix pieds d’élévation , et ne contenir d’autre édifice habitable que le logement pour un concierge. Il importe beaucoup de donner aux cimetières un caractère imposant, surtout dans les grandes villes, et d’entourer les inhumations de beaucoup de décence et de dignité. La fermentation putride des corps est le triomphe des forces chi-

miques sur les forces vitales ; il faut du temps pour que la déconposition d’un cadavre.soit complète. Maret fixe à vingt-cinq ou trente pieds l'étendue à laquelle les miasmes émanés d’un corps qui éprouve la fermentation putride peuvent infecter l'air et devenir dangereux. En supposant, a dit ce savant, qu'une couche de terre d’un pied raccourcit les rayons miasmatiques de deux ou trois pieds , il en résulte qu'un cadavre enfoncé à sept pieds de profondeur ne porte ses exha-

(1) Le décret du 7 mars 1808 défend d’élever aucune habitation ni de creuser aucun puits à une distance moindre de cent mètres des cimetières. (2) Idem. |

( 52 ) laisons qu’à cinq ou sept pieds au-dessus; mais if est très-probable que le raccourcissement des rayons se fait non-seulement en raison du nombre, de la réunion et de la profondeur de ces mêmes couches, c’est-à-dire que trois pieds de terre d'épaisseur ont un effet plus que le triple de chaque pied de terre pris séparément.

Suivant Maret, la réfraction des rayons miasmatiques est d'autant plus grande que les couches de terre qu'ils traversent sont plus épaisses. Si la fosse a sept pieds de profondeur, ces rayons se rapprochent de la perpendiculaire, et sont presque parallèles entre eux ; si elle n’en a que quatre, lés rayons, peu réfractés, vont se joindre à ceux des fosses voisines et en augmenter la densité. Il résulte de ces considéralions, reproduites ici très-sommairement, que les fosses de quatre à cinq pieds de profondeur doivent être séparées entre elles dans lesens de leurs grands côtés par quatre pieds de distance et par deux pieds aux extrémités (1): trente-deux pieds carrés sont les dimensions de la fosse d’un adulte. On règle, depuis que cette réforme a eu lieu en France, l'étendue d’un cimetière sur la population de la ville à laquelle il est destiné. | É |

Il faut, en général, trois ans pour la décomposition’d’un cadavre enfoui à quatre ou cinq pieds de profondeur (2); l'étendue du cime-

(1) Les articles du décret du 23 prairial an xu ordonnent , à l’égard de la profondeur et de la distance des fosses, qu’elles auront un mètre et demi à deux mètres de profondeur, sur huit décimètres de largeur ; qu’elles seront ensuite rémplies de terre bien foulée, et que chaque fosse sera distante l'une de l’autre de trois à quatre décimètres sur les côtés , et de quatre à cinq de la tête aux pieds: Dans les grandes villes on a été obligé, pour ménager le terrain, d’établir des fosses communes, qui d’ailleurs sont soumises aux règles précédentes, avec la différence que les cercueils sont placés les uns contre les autres, et que chaque couche'de cercueils est recouverte d’uue couche de terre comme pour {es couches particulières. ;

(2) L'article 6 du décret du 23 prairial prescrit que l'ouverture des fosses pour les nouvelles sépultures n’aura lieu que de cinq ans en cinq ans ; qu’en consé- - quence les cimetières seront cinq fois plus grands que l’espace nécessaire pour le

(183 } tière doit donc être au moins le triple de l’espace nécessaire aux inhumations de chaque année. Ainsi, trente-un pieds carrés étant les dimensions de la fosse d’un adulte, qu’on multiplie d’abord le nombre des morts de chaque année par trente-un et le produit par trois, qui est l’espace de trois ans, nécessaire pour que la putréfaction putride d’un cadavre soit achevée, et on aura le nombre de pieds ou l'étendue

nécessaire que doit avoir le cimetière (1).

nombre présumé des morts par an. En dernier lieu, les articles 8 et 9 exigent que les cimetières fermés après ledit espace de cinq ans ne servent à aucun usage pendant les cinq années suivantes. Ils peuvent être ensuite affermés , mais pour n'être qu'ensemencés et plantés , Sans qu’on puisse y faire aucune fouille ni fondation pour construction , jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné.

(1) On peut donc regarder, dit Maret, comme certain que les cadavres enterrés pourrissent lentement, que leur putridité complète n’a lieu qu’au bout de trois ans; et , à raison de l’effet de la pression, elle exige d'autant plus de temps que le corps est plus profondément enfoui. Mais il est des corps qui ont plus de dispositions que d’auires à la décomposition putride; il est des terrains qui hâtent davantage, par leur humidité, cette destruction des corps animaux : il faut prendre , par conséquent, un terme moyen , et, sans craindre de reculer ce terme, le fixer à la révolution de trois ans, lorsqu'on ne donne aux fosses que quatre à cinq pieds de profondeur , et à quatre ans lorsqu'on leur en donne six a sept pieds. La conséquence à en déduire, c’est qu’un cimetière doit être, dans le premier cas, trois fois plus étendu que l'espace nécessaire pour y déposer les morts qui doivent y être enterrés dans le cours d’une année , et quatre fois dans le deuxième. C’est donc par la cons‘quence de l’espace nécessaire pour l’inhumation d’un nombre donné de cadavres qu’on peut parvenir à déterminer l’étendue que doit avoir un cimetière; mais cet espace est relatif à la profondeur des fosses : si elles ont six à sept pieds de profondeur, on pourra les rapprocher de façon à ne laisser entre elles que peu d'intervalle; et en les fixant à deux pieds, il s'ensuivra que la fosse d’un adulte , ayant six pieds de long sur deux et demi de large, occupera, en comptant le pied à ajouter tout autour, un espace de trente-un pieds et demi carrés ; mais si, suivant l’usage le plus commun, les fosses n’étaient profondes que de quatre à cinq pieds, l’espace nécessaire pour un adulte égalerait une surface de cinquante-deux pieds carrés : cetté surface sera

Pour que la fermentation putride s'opère dans les corps organisés, il faut qu'il y ait concours de l'humidité, de l’air et d'une certaine température. L'air cède une portion de son oxygène au carbone et à l'hydrogène du corps , qui est abandonné à l’action des forces chimiques, autrement dit aux phénomènes électriques.

Si les fosses ont plus de six à sept pieds de profondeur, le contact de l’air avec le cadavre devient presque impossible, et la décomposition putride est beaucoup plus lente que lorsque les fosses ne sont profondes que de trois ou quatre pieds. Elle est d’une lenteur extrême dans les cercueils qui ne permettent pas l'accès de l'air; tels sont les cercueils en plomb ou en pierre, que l’on a cimentés ou vernissés avec soin. |

D'une part, si les fosses sont superficielles, les miasmes putrides traversent facilement les couches de terre et infectent l'atmosphère. Ïl faut donc prescrire un terme moyen, et leur donner une profondeur qui facilite la putréfaction et annulle les dangers qui accompagnent la dispersion des miasimes dans l'air : cette profondeur doit être de quatre ou cinq pieds. "|

augmentée en raison inverse de l’épaisseur de la couche terreuse qui recouvrira

le cadavre :

La longueur de la fosse , dans la ARTE PARUPrINES ‘étant de..... 7 pieds. La largeur ,idem............:.:..,.....:.. rene sons &a/2 La multiplication donne................. esse 31 1/2 EE.

, La longueur de la fosse, dans la deuxième-supposition ; étant de.... 8 pieds.

La hargeur, idem, de... 4... ETES SN'EREETE 6 1/2 La multiplication donne............ A MAL ES

Multipliant. ....c.cssesseoiuee 100 Multipliants,s > c4 0 « ss 100 Palismys tonne erirident eee 31 1/2 Paré ER evene Le 52 On a la somme de,...,,..... 3150 pieds. On a la somme de... ........ 5,200 pieds. Qui quadruplée......,.,..... 4 Qui muiltipliée par........... 3 ,

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