PREMIÈRE PARTIE
Parmi les œuvres d'Hésiode qui se rattachent par la science aux siècles antiques^ la Théogonie et les Grandes Eœées* méritent une attention particulière. Comme rHiade était la poésie des temps héroïques, les Grandes Eœées en sont l'histoire. Dans ce recueil, dont la forme élastique se prétait sans effort à des additions et des développemens indéfinis, et qui n avait de bornes que dans le savoir du poète , venaient s entasser tous les souvenirs d un âge qui n était plus. Le faut d une telle revue était plutôt d'instruire que de plaire, en rappelant aux auditeurs les divers exploits des héros et en retraçant leur généalogie. Déjà dans FOdyssée se laisse apercevoir le germe dun pareil travail, lorsqu Ulysse, après
1 Les Grandes Eœëes peuvent être considérées comme faisant partie dn Catalogue des femmes, appelé aussi quelquefois Héroogonie» Cëtait une revue des anciennes heVoînes , d'où le poète passait aux héros. Chacun des articles de cette revue était joint par ces mots : tt o/» f ou telle que, et le recueil tout entier en a tiré son nom. Ce poème était déjà contesté à Hésiode par Athénée, liv. viii, p. 364. Élien, Hist. Yar. liv. xii, p. 736, doute fort aussi de son authenticité. Quant à Pausanias, Bœot. c. xxxvi, if en parle comme d*un recueil composé par un auteur inconnu.