‹ Dissertation sur les œuvres d'HésiodeChapitre 22 sur 26 · DEUXIÈME PARTIE · texte numérisé non relu

DEUXIÈME PARTIE

mœurs et des idées de son temps : tet est le caractère de Tépopée primitive, et f introduction de la réflexion dans la poésie dénonce ime époque déjà plus moderne. Hésiode est encore postérieur à Homère par un autre côté: en effet, quelque pittoresque qu'il soit souvent en sa qualité de poète, et de poète original, il a cependant une tendance marquée vers l'abstraction, et, à côté des images Jes plus vives dune poésie encore toute naïve, on rencontre déjà chez lui le langage abstrait d une philosophie sentencieuse ^ Enfin, pour résumer tout ce que j'ai dit jusqu'ici et finir ainsi que j'ai commencé, Hésiode succède à Homère comme la science à la poésie , la réflexion à Finspiration ; et, bien qu'il soit le premier des poètes didactiques, par cela seul que son but est d'instruire plutôt que de piaire, il se place au second rang, par le temps aussi bien que par le mérite, dans le développement primitif de la littérature grecque.

1 Voici un exemple des deux caractères reunis. Œuvr. et J. y. 486- 490 : a Lorsque le coucou commence k se faire entendre dans le » feuillage du chêne, et réjouit les mortels par toute ia terre , si pen- »dant trois jours de suite Jupiter fait tomber la pluie, de sorte » qu elle ne s'éièye point au-dessus de la corne du bœuf et ne demeure «point au-dessous, alors la lenteur s* égaie à l'antériorité, »

La Justice , chez Hésiode , est une abstraction aussi bien qu'une personnification. Souvent même elle est f une etTautreà-ia-fois, par exemple, dans ce passage : « La Justice parcourt en pleurant les villes »et îes demeures des mortels, apportant des malheurs aux hommes.

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