TROISIÈME NOTE
SUR L*ASPIS.
Déjà , dans l'antiquité , plusieurs témoignages s^e'taieht ëleve's contre f authenticité' de l'Aspis. Longin, UteÀ v^(«wff, sect. IX, S V, après avoir cite un vers de l'Âspis, ajoute ces mots : ity^ 'HaiOifbu kai twV ^AtrmtJk B^^iov. Une scholie qui se trouve dans {'édition de TAspis par Aide nous apprend qu'Aristophane le grammairien l'excluait des poésies d'He'siode ; ^he'odose d'Alexandrie , dans des scholies à la grammaire de Denjs de Thrace , le rejette e'galement. Une autre encore , imprimée pour la première fois dans la Bibliothèque grecque de Fabriciusj se prononce là-dessus d'une manière formelle : u L'Aspis , dit-elle , est d'un autre poète qui a mis f9 le titre d'He'siode à son œuvre, afin que, couverte de ce » nom respectable, elle fut jugée digne de la lecture. » Enfin une quatrième , assez ancienne, nous apprend que le commencement de l'Aspis, jusqu'au vers 56 seulement, appartient au quatrième livre du Catalogue des femmes, autrement dit les Grandes Éœées, On peut d'autant moins douter de {a vérité de ce te'moignage, que le scholiaste qui nous le donne croit cependant que TAspis tout entier appartient à Hésiode, et cite même quelques preuves assez peu concluantes en faveur de son opinion.
Toute la partie de l'Aspis, à commencer du vers 56, a l'air d'une amplification littéraire dans laquelle {'auteur s'est propose' d'imiter Homère et {es anciens poètes , peut-étrei même de (es surpasser. Mais ce qui distingue surtout ce!
poème de la poésie antique , c'est le caractère purement descriptif qui y domine, à la place du caractère tout narratif de celle-ci, même lorsque le sujet paraissait ie plus prêter a la description, comnfie le bouclier d'Achille. En effet, bien qu'il soit assez probable que cette partie de Flliade ne remonte pas à une aussi haute antiquité que la plupart des autres, cependant les peintures qu'elle nous pre'sente ont une forme épique ; il suffit, pour s'en convaincre, de jeter les yeux sur le tableau d'une ville assie'gee , dans lequel Homère oublie tout-à-fait son rôle de peintre , pour se souvenir seulement qu'il est poète.
Je citerai , si on l'exige , à l'examen, divers exemples à l'appui des assertions que j'ai avancées sur le caractère de la poésie de l'Âspis.