‹ Dissertation sur les prophétiesChapitre 30 sur 50 · ARTICLE HUITIEME · texte numérisé non relu

ARTICLE HUITIEME

ï'ROfPHÉTIEfS SUR Lit DIVINITÉ J>V MESSIEr

Nous devons convenir que dans les livres saints on voit par intervalles quelques-uns des noms de Dieu appliqués à des personnes d'une haute importance f tels que les anges ou les rois^. Mais si nous voyons , non quet-^ quefois et en passait , mais dans lin grand nombre d'endroits, le Messie appelé de ces noms 'y si nous voyons de plus le nom propre de Dieu , le nom qui lui est exclusivement réservé , le nom que les Juifs eux-mêmes révèrentcomme n'appartenant qu'à lui , donné aiu Messie; si nous voyons enfin dans plu-

SÛR LES PROPHÉTIES. iOj

sieurs prophéties Téteraké, qui n'appartient qu'à Dieu, attribuée au Messie, il restera certain que , selon ces oracles sacrés , le Messie doit être non-seulement un homme , mais un Dreu. Il s'agit de prouver ces trois points, pour en faire ensuite l'application à Jésus-* Christ.

I. En premier lieu, nous pouvons réunirun grand nombre de prophéties qui attribuent la divinité au Messie.'

Au psaume XLiv, que la pharaphrase chaldaïque et presque tous les rabbins eittendent du Messie, et qui dans le fait ne J)eut convenir qu'à lui, nous lisons : Fotre trône ^ 6 Dieu., dure dans les siècles des siècles^ La verge de direction est le sceptre de votre règne. F^ous iwez chéri la justice et haï V iniquité. Pour cela Dieu , votre Dieu, /vous a oint de l'huile d'allégresse (i5S). Le Messie oint par Dieu d'une huile excellente est appelé Dieu sans addition , et Dieu dont le trône subsiste dans tous les siècles^

Dans le psaume Cix , David appelle le Messie son Seigneur , et il dit que Dieu l'a fait asseoir à sa droite (iS6). Jésus-Christ propose aux J uifs cette prophétie comme une preuve de sa divinité : il leur demanda comment , le Messie étant fils de David ^ David peut l'appeler son Seigneur (iSj) ? Ce rai-

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sonnement de notre Sauveur présentjB deux cboses : lo de cela seul qu'il le propose, U est évident que le texte du psaume était entendu du Messie par les Juifs de son temps : sans cela son argument aurait été ridicule ; et au lieu de réduire au silence , comme il le fit, ses adversaires, il leur aurait fourni contrelui une réponse sans réplique: Gomment produisez-vous sur le Messie xxtk pas^ sage qui n'a pas rapport à lui ? ao Le raisontiement en lui-même est de la plus grande force. David aurait-il pu appeler son Seigneur un de ses descendants , qui ne dev ait naître que dans plusieurs siècles , si ce descendant eût dû être un simple homme ? Le raisonnement de Jésus-Christ a évidemment pour objet d'annonx;er le mystère de son in»carnation, et de pnonvèr sa divinité unie à son humanité. Nous avons droit de l'opposer aux Juifs modernes , comme il l'objectait à leurs pères.

Isaïe , dans beaucoup d'endroits , donne au Messie qu'il annonce le titre de Dieu. Ici il dit qu'une ^vierge enfantera un fils, qui sera appelé Emmanuel {i 58)^ c'est-à-dirê Dieu avec nous, ce qui indique la réunion delà divinité et de l'humanité dans la même personne. Là , entre les noms que portera selon lui le futur Messie , sera celui de Dieu

fort (159). Plus loin, il prédit aux Juifs que Dieu lui-même viendra, et les sauuera (170). Ce mot Dieu lui-méms dit assez clairement que ce n'est pas en âgmre qu'il s'exprime. Ailleurs il recommande de préparer les "voies au Seigneur, et de rendre droits, dans la solitude, les sentiers de notre Dieu (171). Un roi ou un autre personnage, appelé Dieu figurativement, serait-il appelé notre Dieu? Dans le même chapitre, il dit aux villes de Juda : F^oilà votre Dieu , voilà lé Seigneur Dieu , il viendra dans la force (172)* Il den^ande encore ^i cette expression votre Dieu, et larépétition le Seigneur Dieu, n'indiquent p^as manifestemeatDieu dans le sens propre et littéral.

Nous avons entendu Malacbie dire que le dominateur désiré viendra dans son temple (173]. Ce dominateur désiré ne peut êu*e, copaine nous l'avons vu , autre que le Messie* Mais le temple lui appartient , et \\ n'appartient qu'à Dieu ; le Messie est donc véritablement Dieu : le prophète ne dirait pas d'un homme qu' il appellerait Dieu par métaphore, qu'il vient dans son propre temple : ce serait une métaphore appliquée à une autre métaphore , ee qui est une manière de paiv 1er ridiciile.

Cette quantité de passages qui s'accprdent

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pour présenter le Messie comme un Dieu , prouve que c'est de Dieu proprement dit qu^ils parlent. Gomment imaginer que tant d'oracles s'unissent pour renfermer tous le même sens figuré ? D'ailleurs, plusieurs renferment des choses qui ne peuvent convenir à un Dieu métaphorique.

Il# Eu seeond lieu , voici ce qui est plus précis encore : parmi les noms de Dieu , il j en a que TÉcriture a quelquefois appliqués à de grands personnages , tels que les noms Elohim et Adonaï; mais le mot Jehoi^a n'ex^ prime jamais que Dieu ; il lui est exclusivement réservé , les Juifs en conviennent ; ils ont même conservé pour ce nom consacré le plus profond respect : le grand-prêtre seul le proférait', une fois unique dans l'année , le jour de l'expiation. Si donc nous voyons ce nom si révéré appliqué au Messie , nous devons être certains que c'est pour prédire qu'il sera Dieu, dans le sens littéral et strict. Or , Jérémie y est précis ; J'ai déjà rapporté ce texte , mais je crois nécessaire de le répéter : «Voilà, dit le Seigneur, les jours qui viennent où je susciterai à David un rejeton juste '; un roi régpera, et il sera sage, et il apportera le jugement et la justice à la terre. Dans ces joui:s Juda sera sauvé , et Israël habitera avec copfiance : (et voici le nom dont

il sera appelé : le Seigneur notre juste (en hébreu Jehouah 7yidekenec){iy^). m Et il repète encore une fois la même prophétie, presque dans les mêmes termes , et toujours en donnant au Messie le nom merveilleux de Jehouah {lyS). Il est impossible de douter lO que ce ne soit du Messie que parle Jérémie, ainsi que l'entendaient )es rabbins, et que nous l'avons exposé ; 2^ qu'il ne reconnaisse dans ce Messie le vrai Dieu , puisqu'il lui donne le nom expressément consacré à signifier Dieu,

m. En troisième lieu, nous vt>yons dans plusieui^ prophéties le Messie appelé Fils de Dieu engendré de toute éternité.

Au psaume second , David fait parler ainsi le Messie : Le Seigneur m'a dit Tu es mon Fils, je t'ai engendré aujourd'hui (1 76). On voit quelquefois dans les livres saints le titre de fils de Dieu donné,^à des hommes vertueux ; mais ce n'est pas le sens qu'a ici cette expression : c'est un fils engendré par Dieu que présente cette prophétie , c'est donc un fils dans le sens naturel et strict. Quant à ce qui est ajouté, qu^îlaété engendré aujourdhuij ce mot a rapport à l'éternité, qui n'a ni antériorité ni postériorité, et qui est constamment le même jour. Si on veut prendre cette expression dans le sens qu'elle présente ordî-

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nairement, elle signifiera que Pieu vient d'engendrer le Messie, précisément au moment où David le dit, ce qui est inadmissible. Au psaume cix , que nous avons vu de TavjBU même des Juifs être relatif au Messie : Je t ai engendré dans mon sein aidant que la lumière n'existât (i 77) i le Messie est engendré par Dieu, engendré dans sonsein, engendré avant les créatures : il n est donc pas le fils de Dieu dans le sens figuré , selon lequel les saints le sont ; il Test dans le sens strict , il Test avant les temps et par conséquent dans l'éternité.

Michée parlant du Messie , dit que sa sortie est dès le commencement , dès les jours de V éternité (17B) ; ce qui annonce bien son existence éternelle.

On peut ajouter à ces tejjLtes sacrés ce que dit Isaïe au cbapitre Lin, que nous verrons incessamment être relatif au Messie : Qui estce qui pourra raconter sa génération (1 79) î IV. Il nous paraît clairement prouvé que, selon un grand nombre de prophéties de Tanclenne loi, le Messie, qui devait être un homme , devait en même temps être Dieu , non pas dans le sens figuré sous lequel la sainte écriture désigne quelquefois des personnages considérables , mais dans le $ens propre et littéral. L'application au fondateur de la r^r

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ligion chrétienne est facile à faire. Aucun autre homme dans le monde n'd réclamé d'après les prédictions judaïques le litre de Dieu. Mais la foi nous apprend ce qu'annonçaient les prophéties , que Jésus est ce que devait être le Messie ; qu'il est le fils vé^ ri table de Dieu , le fils engendré de Dieu de toute éternité, Dieu lui-même , et le vrai Jehovah qu'adoraient les Hébreux. Voilà donc encore , et une classe de prédictions qui ne pouvaient se faire par des lumières naturelles , et un accomplissement qui n'a pu être opéré par le hasard , que nous voyons se i*éttnir dans sa personne , et qui prouvent qu'il est nOn-seulement celui à qui Dieu a donné sa mission , mais aussi le Dieu qui l'a dounéé.

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