PROPHETIES SUR LA PASSIOIR DU MESSIE
La passion de Jésus-Christ, qui est le scandale des Juifs, est cependant ce qui devrait le plus les engager à croire en lui, parce que, de tous les événements de la vie du Messie , c'est celui qui est le plus clairement et le plus iréquemmentprédit.SaintPierre, dès ses premiëres prédications, faisait du concert de tous les prophètes sur ce point important, une de. ses plus fortes preuves (242)* Saint Jérôme ne craint pas de dire que toute la
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loi et les prophètes annoncent à hante voix la passion de Jésns-Ghrist (a43). Presque toutes les circonstances que rapportent les éyangélistes des souffrances de leur divin maître, sont , et ils ont soin de le reikitacrquer dans leur narration , décrites d'avance par les différents prophètes. Il n'y a presque aucune particularilé qui n'ait été prédite ; presque aucun prophète qui nVn ait prédis quelqu'une. Notamment il y en a beaucoup d'annoncées dans le psaume xxi (a44) > mais surtout le chapitre Liii d'Isaïe est aussi formel qu'une prophétie puisse l'être. Pour mettre quelqu'ordre dans une matière trèisétendue , je commencerai par rapporter les oracles sacrés qui annoncent les circonstances diverses réalisées dans la passion de Jésus- Christ, et j'examinerai ensuite le cinquantetroisième chapitre d'Isaïe.
Voici quelles sont les principales circonstances de la passion de Jesus-Ghrist, prédites dans l'ancienne loi.
I. La trahison d'un de ses disciples. Si c'eût été mon ennemi qui m'eût chargé de malédictions , j'aurais pu le supporter: et si celui qui me haïssait eût dit contre moi des choses violentes, j'aurais pu me soustraire à sa méchanceté, Mais c'est vous qui étiez mon ami, le chef de mon conseil 9 que j^
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connaissais, a\fec qui je j^renais de doux repas, avec qui j'allais de concert dans la maison du Seigneur (a 4 5} !
Le prix auquel il a été vendu , et la restitution de cet argent. Ils m'ont apprécié trente pièces d argent: et le Seigneur ma dit: Jette-le au potier ^ le beau prix auquel ils m'ont éi^alué. Et f ai pris les trente pièces, et je les ai jetées datis la maison du Seigneur (246).
La mort funeste de Judas. Que ses jours soient abrégés , et qu'un autre le remplace dans lépiscopat (347).
L'abandon où le laissent ses disciples.' /e frapperai le pasteur , et les brebis seront dispersées (248).
Les faux témoins qui s'élèvent contre lui et se contredisent. // s'est élevé contre moi des faux témoins: et l'iniquité a menti à elle^ même (2^49) • ^«^ témoins iniques se levant, m'interrogèrent sur ce que j'ignorais (aSo),
Les railleries dont on l'accable. Tous ceux qui m'ont vu m'ont insulté : ils ont tenu des proj>os contre moi : et branlant la tête, ils ont dit: Il espérait dans le Seigneur; qu'il le retire de là; qu'il le sauve, puisqu'il l'aime (a5i).
Les traitements indignes qu'on lui fait éprouver. J'ai livré mon corps à ceux qui le
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frappaient y et m^s joues à ceux qui les: ^ouffiettaient* Je n'ai peu détourné ma face de leurs reproches et de leurs crachats (aS «).
Sa cruelle flagellation* Ils ont compté tous mes os (253).
Le partage de ses yétements, et sa robe tirée au sort. Ils m'ont regardé et considéré. Ils se sont partagé mes vêtements, et ils ont jeté le sort sur ma robe (a54)*
Le fiel et le vinaigre dont on l'abreuve. Ils m'ont donné pour nourriture dafiel: et dans ma soif ils m'ont abreuvé de vinaigre (255).
Les cloax dont on l'attache à la croix. Ils ont percé mes mains et mes pieds (2 56). On lui dira : Quelles sont ces plaies au milieu de vos mains 7 et il répondra : J'en ai été percé dans la maison de ceux gui m'aimaient (257).
Sa mort violente. Après soixante^x semaines, le Christ sera mis à mort (aSS).
Le conp de lance dont on perce son côté. Ils lèveront les yeux vers celui qu'ils ont percé (269).
La gloire de son tombeau. Son sépulcre sera glorieux (260).
II. A ces textes prophétiques, il serait trèsfacile d'en ajouter d'autres pareillement relatifs aux souffrances du Messie, et pareille*
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meut vérifiés dans la passion de Jésus-Christ ; mais comme il« pourraient ne pas parattre aussi formels et aussi convaincants ; comme on pourrait en faire l'application à d'autres personnes, je m'abstiens de les rapporter. Je me contente d'observer que presque toutes les prophéties que je viens de citer étaient appliquées au Messie par les anciens rabbins. J'ai déjà fait la remarque que les évangélistes, en racontant la passion de leur maître , ont soin de faire sentir à chaque circonstance le rapport qu'elle a avec les anciens oracles. 11 suffit de lire cette histoire des souffrances et de la mort de Jésus-Christ , pour voir qu'elle e»l littéralement conforme à ce qu'a* valent prédit les prophètes , et qu'il y a entre les prophéties et toutes les particularités de la pasftion , un rapport exact , une correspondance parfaite (261). Je demande avec confiance ^ s'il est possible d'imaginer que cette correspondance de tant de prédiction» et de tant de circonstances soit l'effet du hasard ou de la prévoyance humaine ; si aucun homme raisonnable peut penser que ce soit au hasard que les prophètes aient lâché des prédictions si multipliées et si variées, et que le hasard les ait ensuite accomplies; si ou peut^ soupçonner que , plusieurs siècles à l'avance, les prophètes aient, par leur sa-
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gactté naturelle , deviué qu'un homme subirait telles et telles humiliations, telles et telles souffrances, .et qu'il les subirait de telle manière? Il est évident à tout homme sensé qu'il n'y a que la prévoyance divine qui ait pu avoir la connaissance anticipée de tous ces délaik.
111. Je passe à l'examen du cinquante-troi-^ sième chapitre d'Isaïe. Pour le bien compren* dre, il est nécessaire d'y joindre les derniers versets du chapitre précédent. Le commencem^it du cinquante-deuxièmie chapitre est employé à annoncer Le retour des Juifs de la captivité dfB Babylone, et Isaïe unit ainsi cette partie de sa prophétie : Ce ne sera point en tumulte i ni par une fuite précipitée que vous sortirez. Car le Seigneur vous précé-dera , et le Dieu d Israël vous rassemblera (a6a). Immëdiatenient après ces paroles, le prophète passe à un autre objet, et vient à parler du Messie : F'oilà que mon sersdteur sera doué dintelUgence ; il sera exalté ; il sera élevé : il montera au faite de la gloire. De même gue sur toi beaucoup de personnes ont étéjrappées d'étonnement , de même son aspect sera sans gloire parmi les hommes , et sa figure parmi les enfants des hommes. Il lavera beaucoup de nations* Les rois se tiendront devant lui dans le silence : parce
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ifue ceux à qui il na pas été annoncé tant vu ; et ceux gui n'en ont pas entendu parler l'ont contemplé (a63). Les Juifs modernes veulent voir dans ces trois deraiers versets du chapitre, la suite de ce qui est dit aux versets précédents, et disent que le prophète, suivant toujours le même obj^t, eontini^e de parler de leur nation. Voici l'interprétation qu'ils donnent au verset 1 4 • Oe même que beaucoup de personnes ont été frappées, détonnement de ^votre malheur lors de la captivité de Bahylone, de même elles vous verront sans gloire et dans l'humiliation lors de votre autre captis^ité : ce qui annonce leur état actuel. Mais cette explication est inad*^ missible.
lo Elle contredit les anciens rabbins. La paraphrase chaldaïque traduit ces mots , mon senfiteur sera doué d intelligence , par ceuxci , mon serviteur le Messie prospérera (264) ; et les Juifs actuels conviennent que dans leur interprétation ils s'écartent de celle de leurs pères.
20 Si le prophète eût voulu parler de deux états d'humiliation du même peuple , il n'en parlerait pas comme de deux personnes différentes, sans dire un mot qui annonçât l'identité; il ne parlerait pas d'abord au peuple lui-même et à la seconde personne , en-
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suite à la troisième personne et de son servitear. Ces deux manières de s'exprimer , si différentes, suffiraient pour désigner deux êtres différents. Mais il y a plus encore ; dans le même verset , il oppose ou il compare l'un avec Tautre : de même que sur toi, dit-il de Tun , de niéme que son aspect, dit- il de l'autre.
50 Quelles sont les nations que le peuple juif a lavées ou purifiées ?
4® Peut-on dire que ceux qui voient aujourd'hui le peuple juif n'en ont pas précédemment entendu parler ?
Mais si on veut appliquer , comme le faisaient les Juifs anciens , ces trois versets au Messie, ils deviennent clairs, et toute difficulté s'évanouit. La comparaison se fait naturellement, d'une part entre les malheurs éprouvés par les Juifs à Babylone , et leur re- . tour glorieux ; et de l'autre part les humiliations et la gloire du Messie* Il purifiera beaucoup de nations; ceci se lie parfaitement avec ce que nous allons voir au chapitre suivant , et il est un sujet dadmiration pour ceux à qui il est annoncé , et qui n'en assoient pas entendu parler.
IV. A la suite de ces paroles du prophète , vient le chapitre Lin, qui en est une continuation, et que voici en entier. Quicroirape
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que nous disons? et à qui le bras duf Seigneur a-t'il été rés^élé ? Et il s'élèvera demnt lui comme une faible plante et comme un reje-ton qui monte ^d une terre desséchée. Il ri a ni figure ni beauté : nous laitons vu et il n^ estait pas reconnaissable , et nous Vas^ns dé-siré. Il est F homme méprisé, le dernier des hommes y l'homme de douleurs et chargé d'infirmités. Son visage est comme caché et abattu ; pourquoi nous n'en aidons fait au^ cune estime. Il s'est véritablement chargé de nos langueurs , et il a porté nos douleurs , et nous l'as^ons regardé comme un lépreux et comme un homme frappé de Dieu et ai^ili. Il a été blessé a cause de nos iniquités ; il a été accablé pour nos crimes : la peine qui nous donne la paix lui a été infligée , et nous avons été guéris par ses souffrances. Nous nous sommes tous égarés comme des brebis : chacun s^est détourné de sa voie : et Dieu a placé dans lui l'iniquité de nous tous. Il a . été ojffertf parce qu'il Va voulu : et il n'a pas ouvert la bouche. Il sera conduit à la mort comme une brebis : et tel qu'un agneau, il se taira devant celui jqui le tond: il n'ouvrira pas la bouche. Il est mort dans les angoisses et par un jugement. Qui racontera sa géné^ ration ? parce qu'il a été arraché de la terre des vivants. Je l'ai frappé à cause du crime T. II. 6.
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de mon peuple* Et il donnera les impies pour le prix de sa. sépulture , et le riche pour la récompense de sa mort; parce qu'il napas commis diniguité et qu'il n'y a pcis eu dt fraude dans sa bouche. Dieu a voulu F écraser dans sa faiblesse. S'il donne sa vie pour le péché , il verra une longue génération : et la volonté de Dieu s'exécutera heureusement dans sa conduite. Parce que son ame a souffert, il verra et il sera rassasié. Ce juste, mon serviteur, justifiera beaucoup de personnes par sa doctrine , et il portera leurs iniquités. Pour cela, je lui en donnerai beaucoup en partage, et il distribuera les dépouilles des forts : parce qu'il a livré sonàme à la mort : et il a été rangé parmi les scélérats ; et il a porté les péchés de beaucoup ; et il a prié pour les pécheurs (265).
V. Il est certain que c'est le Messie qulsaïe a eu vue dans tout ce chapitre : c'était Topinion des anciens Juifs, comme le montre Huet (a66). Ce cinquaute-troisième chapitre est la continuation du précédent ; c'est dtt même personnage que le prophète parle dans l'un et dans Fautre. Après l'avoir nommé dans le premier sou serviteur^ il continue de parler de lui^ Iteapvonoms eum ipse, qu'il jrépète presque à chaque verset , ne peuveat pas avoir d'autre sens , et rappellent nécesr
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saîrement la personne indiquée. Aiï Verset onze, y répète le mot ipse seivns meus. Dira* t-on que c'est là la désignation d'un second serviteur différent du premier? D'ailleurs les premiers mots du chapitre lui annoncent clairement une continuité du même discours : Qui a cru y ou , ce qui revient au même dans le style prophétique , qui croira ce que je viens de dire ? Il vient de parler de la gloire du personnage qu'il annonce , il va parler de ses humiliations. Le sens de la phrase est clair : en voyant ce serviteur de Dieu humilié , ainsi que je vais le dépeiur dre, comment pourra-t-on croire qu'il soit aussi glorieux que je viens de le dire ? Puisqu'Isaïe dans les deux chapitres prédit le Messie , il est hors de doute que c'est encore le Messie qui est l'objet du seconde
Ce qui achève de le prouver , ce sont les vains efforts qu'ont faits les Juifs pour détourner ce chapitre à d'autre sens, et pour l'appliquer à 'd'autres objets. Leurs explications peuvent se réduire à tk^ois principales^ toutes égalezœnt frivoles , toutes- inconcir liables avec le texte sacré.
71. Quelques rabbins ont prétendu que ce chapitre lui d'Isaïe doit s'entendre du corps de la nation juive; que c'est elle que le prophète présente sous la figure d'un
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homme, d^un serviteur de Dieu accablé de maux. Cette interprétation est fort ancienne; car Origèoë rapporte qu'elle lui ayait été proposée par des docteurs juifs (267).
J'observe d'abord, que si c'était d'un peuple qu'Isaïe voulût parler sous la figure d'un homme, il y aurait dans quelqu'un des versets quelque mot qui l'indiquerait.
Je dis ensuite, qu'il est impossible d'appliquer au peuple juif les divers caractères énoncés dans le terte prophétique.
Comment peut-on dire que le peuple juif a souffertétant innocent, tandis que Josephe lui-même attribue sa ruine âsà profonde corruption ?
Comment peut-on dire que le peuple juif a souffert patiemment, et comme un agneau, sans se plaindre, tandis que ce méme.Josephe rapporte quelle était sa rage dans le siège de Jérusalem ?
Comment peut-on dire que le peuple juif s'est offert volontairement ; tandis qu'on lit la guerre terrible qu'il a soutenue, et ses révoltes , même après la destruction de sa république ?
Comment peut-on dire que le peuple juif a porté les iniquités d'autrui ?
Comment peut-on dire que les plaies du peu^ple j uif ont été la guérison d'autres personnes?
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dominent peat*-on dire que dans ses souffrances le peuple juif a prié pour les tfans<^ gresseurs ? .
G>ininent peut*on dire que la génération dfi peuple juif est ineffable ?
YII. Une seconde interprétation rapporte le texte d'Isaïe au roi Josias , tué dans une bataille contre les Egyptiens. Mais dans cet autre système, on a encore à résoudre les mêmes difficultés insolubles : Josias n'a pas eu une génération ineffable; il n'est pas mort volontairement ; sa mort n'a sauvé personne ; il n'a pas |)orté les iniquités d'autrui. On ne peut pas même dire que ce prince, qui «tait très-pieux, ait été pleinement exempt de fautes , puisqu'il s'était engagé dans la guerre , non-seulement sans consulter le Seigneur^ mais contre les avertissements divins.
VUI. Enfin , quelques rabbins ont imaginé d'appliquer à Jérémie les oracles de ce chapitre. Dernier subterfuge, aussi peu souttenable que les autres. Jérémie n'a point été misa mort : il n'a point été par ses souffrances la cause du salut de ses frères ; au contraire, leur cruauté envers lui leur a attiré de grands maux. Il n'a pas souffert sans se plaindre; on le voit dans plusieurs endroits de sa prophétie. Ses souffrances n'ont point été volontaires. Sa génération est connue , etc.
IX.. Ajoutons le dernier trait à notre démonstration, et montrons Facomplissement exact, entier, parfait , de tout ce qui est prédit au chapitre Liii d*Isaïe, dans la personne de Jésus-Christ. Si , comme nous rayons plusieurs fois observé, et comme on n'en peut douter , le véritable sens d'une prédiction doit être déterminé par Tévénement , quelle prophétie a un sens plus clair, un objet plus nettement déterminé que celle-ci ? Ce n'est pas ici une seule prédiction ; c'est, à raison des différentes circonstances annoncées , un assemblage de prédictions , de prédictions diverses, de prédictions qui semblent même opposées entre elles. Sinonsles voyons toutes, sans exception , 1 ittéralemen t accomplies dans une seule personne ; si nous voyons cette personne réunir , concilier dans elle tous ces caractères dont plusieurs au premier coup d'œil paraissent se contredire; ne devonsnous pas être persuadés que c'est cette personne qui en est l'objet? Or, quecelaseyoie dans Jésus-Christ, c'est un fait tellement évident quele juif Qrobio lui-même, quoique très-opposé au christianisme , convient formellement que l'histoire de la mort de Jésu»-Christ, tracée parles évangélistes, est la copie exacte du cinquante-troisième cha* pitre d'Isaïe (268). Pour achever de nous en
convaincre, rapprochons des divers versets de ce chapitre ce que l'histoire nous rapporte, ou ce ^ue la foi nous enseigne sur la passion de notre Sauveur (269). Nous y voyons :
Son oblation volontaire : il a été offert parce qu'il Va voulu, (vers. 8).
Son innocence personnelle : il na point commis d'iniquité, (vers. 9).
Son immolation pour nos péchés dont il est chargé : il a été blessé à cautse de nos pé^
chés, et accablé à cause de nos crimes.
Dieu a placé dans lui l* iniquité de nous
tous Je Vai frappé à cause des crimes de
mon peuple Mon sen^iteur portera
leurs iniquités Jl a porté les iniquités de
beaucoup dhommes. (vers. 5, 6, 8, 1 1 , la).
Notre salut opéré par sa passion : nous (m>ns été guéris par ses souffrances.... Ce juste, mon sen^iteur^ justifiera beaucoup de personnes. ( vers. 5 , 1 1 )•
Ses souffrances , ses plaies , ses humiliations : il n'a' ni figure ni beauté: nous l'avons vu, et il n'était pas reeonnaissable y et nous Vasfonsdésiiré. Il est t homme méprisé, le dernier des hommes , thomme de douleurs et chargé dinfirmités. Sun visage est comme eaché et abattu; et nous n'en asnynsfaà aucune estime Nous t avons regardècomme
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117» lépreux , et comme un homme frappé par Dieu , et humilié. ( vers. 2 , 3 , 4 )•
La comparaisoa de lui avec Barrabas et les larrons : il a été rangé parmi les scélérats. ( vers. 12).
Son inaltérable douceur : il sera conduit à la mort comme une brebis; et tel qu'un agneau il se taira des^ant celui qui le tond, et Un ouvrira pas la bouche. ( vers» 7 ).
Sa prière pour ses bourreaux : il a prié pour les pécheurs. ( vers. 12).
Sa mort violente : il a été conduit à la
mort comme une brebis Il donnera les
impies pour le prix de sa sépulture y et le riche pour la récompense de sa mort. { vers. 7, 9).
La gloire et la puissance que lui procurera sa passion : parce que son ame a souffert y il
*verra et sera rassasié Pour cela je lui
donnerai beaucoup dhommes en partages il distribuera les dépouilles des forts : parce quil a liseré son ame à la mort. ( vers. 1 1 ,
Ëst^il possible de réunir plus de traits de conformité entre une prédiction et uh événement? Quand Isaïe aurait écrit depuis la passion de Jésus-Christ» en aurait-<il mieux rappelé et les motifs et les diverses circonstances ? Et n'est-ce pas avec raison que saint Jérôme, considérant tout Fensemblc de ses
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prophéties, le regarde plutôt comme l'évan^ géliste que comme le prophète de Jésus- Christ (370) ? Nous le disons aux incrédules comme aux Juifs : un rapport aussi frappant n'est-il pas bien propre à leur faire ouvrir les yeux ? Ne faut-il pas se les fermer volontairement, pour ne point voir qu'une conformité aussi exacte entre les particularités si multipliées, si variées , si contraires à toutes les idées humaines de la prophétie , et les circonstances les plus minutieuses de la passion , tient à une cause supérieure , et annonce cette prescience suprême qui seule connaît les événements qu'elle seule peut faire éclore ?
X, Terminons cet article par une considération relative aux seuls Juifs : flattés des oracles sur la royauté et la gloire du Messie , ils les entendent dans le sens littéral d'une royauté et d'une gloire temporelles; embar* rassés des autres prophéties sur les souffrances et les humiliations du Messie , ils prétendent qu'elles doivent être entendues dans un sens métaphorique. Nous , au contraire , nous soutenons que ce sont les prophéties sur les souffrances dont le vrai sens est le sens littéral , et que ce sont celles sur la royauté qui sont allégoriques. C'est là un des points principaux de la controverse entre eux T. II. 7
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Cl nous. Pour la décider, il faut revenir aux principes incontestables que nous avons établis plus haut ; savoir : lO que le sens métaphorique ne doit être reçu que sur de trèsfortes raisons , et seulement lorsque le sens littéral est inadmissible. 20 Que le sens littéral ne peut être regardé comme inadmissible que dans trois cas : ou lorsqu'il est contrarié par le texte même , ou lorsqu'il est opposé à d'autres textes très-posisifs , ou enfin lorsque l'événement montre la prophétie pleinement accomplie dans son sens métaphorique (172). Nous avons fait l'application de ces principes aux textes de l'écriture qui annoncent la gloire du Messie, et nous avons fait voir que par ces trois raisons réunies ces passages n'étaient pas susceptibles du sens littéral ; qu'ils devaient être pris dans le sens métaphorique, auquel ils s'adaptent parfaitement (272). Que les Juifs appliquent de même ces principes- aux prophéties .que nous venons de rapporter, et qu'ils veulent expliquer allégoriquement sur la passion du Messie ; que de ces trois choses ils en produisent au moins une ; qu'ils montrent dans ces textes des particularités qui éloignent la signification naturelle , ou qu'ils citent d'autres textes aussi clairs que ceux-là, et qui y soient inconciliables; ou enfin, ce qui est
surlout décisif, qu'ils répondent à la correspondance, à l'accord parfait dans la personne de Jésus>Christ , des deux sortes d'oracles ; de ceux qui annoncent la gloire, et de ceux qui prédisent les humiliations du Messie: qu'ils voient ses humiliations être le principe de sa gloire ; qu'ils rapprochent les paroles d'Isaïe que nous venons de rapporter , que parce qu'il a Iwré son ame à la mort, le Messie recèlera la puissance sur beaucoup d'hommes , et distribuera les dépouilles des forts, de ces autres de l'Apôtre : Nous ^voyons Jésus, à cause de sa passion et de sa mort, couronné de gloire et d'honneur (273) : ils reconnattrant le concert et l'enchaînement de ces prophéties , qui semblent opposées , et que Jésus-Christ réunissait en un seul point, lorsqu'il disait : // a fallu que le Christ souffrit, et entrât ainsi dans sa gloire (274).
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