PROPHÉTIES DE NOTRE-SEIGNEUR JÉSUS-CHRIST
L'aggomplissbment merveilleux d'une multitude de prophéties anciennes dans la personne de Jésus-Christ, prouve évidemment la divinité de sa mission. Mais en voici une nouvelle démonstration aussi frappante, et que Ton pourrait même en quelque sorte regarder comme plus directe : c'est les prophéties que lui-même a faites, et qui se sont littéralement accomplies (555)* Il est évi*demment l'envoyé de Dieu, et une foi entière est due à tout ce qu'il a enseigné au nom de Dieu , s'il a été revêtu de l'esprit prophétique que Dieu seul peut donner ; s'il a prédi't des choses qu'il ne pouvait prévoir que par une inspiration divine , et si Dieu a imprig^é son sceau sur ses prédictions , en leur dc^nant un accomplissement entier et
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littéral. C'est ce qu'il est facile de démontrer.
I. Avant d'examiner les diverses prophéties de Jésus-Christ, observons un don particulier dont il était doué, qu'on n'a jamais vu que dans lui , et qui a du rapport avec le don de prophétie : c'est la connaissance qu'il possédait des pensées secrètes (336). Nous en voyons dans les évangiles une multitude d'exemples : contentons -nous d'en rapporter quelques-uns. On amène à Jésus>Christ un paralytique pour le guérir ; il commence par lui annoncer la rémission de ses péchés : sur cela plusieurs scribes , ou docteurs de la loi , disent .en eux-mêmes qu'il blasphème : mais lui, connaissant leur idée , Pourquoi, ditil , formez-vous dans vos cœurs de mauvaises pensées {337) ? Dans une autre occasion il pénètre la pensée des pharisiens , qui l'accusaient dans leur cœur de chasser les démons au nom de Belzébut (338). Une autre fois, pour prémunir contre la fausse doctrine des pharisiens et des sadducéens , il avait recommandé de se garantir de leur pain fermenté : mais eux , prenant ses paroles dans un sens naturel, pensaient intérieurement qu'ils n'avaient pas de pain. Jésus , manifestant leur pensée , la réfuta , en expliquant son discours (339). Youdra-t-on arguer de faux ce T. II. 8
rapport d^s évangélistes, et prétendre qa'ils ont imaginé ces histoires pour donner An relief à leur maître ? Mais plusieurs de ces ti'aits^ cevLj, spécialement que nous venons de rapporter , sont des réponses de Jésus- Christ aux pensées secrètes des scrihes , des pharisiens , des sadducéens , ^es ennemis déclarés : lorsque saint Matthieu, peu d'années après , les publiait , c'était au milieu des acteurs et des témoins ; aurait-il osé en leur présence annoncer par écrit et publiquement ces faits , s'ils eussent été fau^iL ? ^t s'il en avait eu l'audace , le cri , non-seulement des intéressés , mais de tout le pays , n'aurait^il pas confondu son assertion, et arrêté dès le premier pas le succès de sa prédication ?
On peut rapporter à quatre points principaux les prophéties de notre divin Sauveur: à ce qui le concerAe personnellement ; à ce qui regarde ses diapiples ; à l'établissement de sa religion ; à la ruine de Jérusalem.
II. Jésus-Christ a prédit sa passion, avec toutes les circonstances dont elle a été accompagnée , fil en même temps il a annoncé sa résurrection^. Nous lisons ces prophéties dans tous les évangélistes. S. Matthieu spécialement rapporte quatre occasions différentes, où il a fait ces prédictions de la manière la
plus claire et la plus précise (34o) ; sans compter beaucoup d'autres circonstances où il en a parlé d'une manière plus obscure ou en paraboles.
III. Quelques incrédules ont imaginé de dire que Jésus -Christ, qui connaissait la baine des cbefs de la nation contre lui , la soif qu'ils avaient de son sang, et qui avait été averti de leurs desseins , pouvait très^ bien prévoir qu'il viendrait enfin un jour où il succomberait à leurs intrigues. On con* çoit que ces lumières naturelles pouvaient lui faire soupçonner cet événement; mais pouvaient-elles aussi lui faire découvrir nettement toutes les cireonstances de sa passion, qu'il a prédites et qui se sont littéralement réalisées ? que l'événement arriverait: incessamment ; que Jérusalem^ en serait le théâtre ; que ses disciples seraient dispersés et Tabandonneraient ; que ce seraient les princes des prêtres et les docteurs qui le persécuteraient; qu'il serait livré par eux aux gentils ; qu'il serait accablé d'outrages, déchiré de coups de fouet , et enfin attaché à une croîs , supplice que les Juifs n'avaient pas droit d'infliger ? Tous ces détails si multipliés avaient -ils quelqu'apparence qui donnât prise à la prévoyance ? Mais voici qui est plus fort encore. Aux prédictions de Jésus-
Christ sur sa passion, est constamment jointe celle de sa résarreclion. Des lumières naturelles ne font pas prévoir les événements contraires au cours de la nature : ce que la toute-puissance divine peut seule opérer, la prévoyance humaine est impuissante à le découvrir ♦
lY. Quelques autres incrédules , sentant la faiblesse de cette première réponse, en ont imaginé une autre. De qui tenons>nous, disent-ils, cesprophéties de Jésus-Christ? De ces disciples, intéressés à sa gloire, qui, pour lui donner du relief, ont fabriqué après l'événement des prédictions qu'ils y ont adaptées. Je ne répéterai pas ici ce que j'ai dit du caractère moral des apôtres, qui les met au-dessus du soupçon d'une imposture : mais je rappellerai un fait dont j'ai prouvé ailleurs la vérité ; c'est que les prédictions de Jésus- Christ sur sa passion étaient connues nonseulement de ses disciples , mais dé ses ennemis. Ce fut, comme nous l'avons vu , d'après ces prédictions , que les Juifs demandèrent à Pilate des soldats pour garder le tombeau (3 40' Ces Juifs persécuteurs acharnés de Jésus-Christ , se sont-ils accordés avec ses disciples pour lui attribuer faussement des prophéAJÇB ?" - «T&îOutre sa passion et sa résurrection, Je-
SUR LfiS PROPHÉTIES. i 7 5
sus-Christ a prédit son ascension ; et ce n'est pas à ses disciples qu'il a fait cette prophétie , c'est au peuple de Gapharnaiini , qui se scandalisait de ses discours , et dont une partie l'abandonna en effet , refusant de croire ce qu'il disait de l'eucharistie (342).
YI. Les prophéties de Jésus-Christ sur ce qui concerne ses disciples sont en assez grand nombre. 11 y en a de particulières à quelques-uns d'entre eux ; il y en a de générales pour eux tous. Au moment où saint Pierre lui proteste le plus constant attachement, et l'assure que, dût-il mourir avec lui, il ne le renoncera jamais , il lui prédit qu'il le reniera , qu'il le reniera jusqu'à trois fois ; qu'il le reniera dans la nuit même et avant le chant du coq (343). On veut encore affaiblir l'autorité de oette prophétie , en disant qu'elle n'est connue que par les disciples. Et quel intérêt avaient-ils à révéler cette faiblesse b<)uteuse de leur chef? Elle n'était propre qu'à les avilir et à les décréditer. Us n'ont pu avoir pour la publier d'autre motif que leur sincérité. Jésus-Christ a de plus annoncé à saint Pierre la mort glorieuse qui devait terminer sa carrière (344)* U a prédit qu'un de ses disciples le trahirait , et il Fa désigné (345). Il a promis à ses disciples de faire descendre sur eux. le Saint-Esprit (346) , et nous
avons TU l'effet miraculeux de cette promesse (5 47)' Il £^ déclaré que ceux qui croiraient en lui opéreraient de grands miracles , et nous avons encore vu cette prédiction parfaitement réalisée (548). Enfin, il a déclaré à ses apôtres les persécutions , les souffrances , la mort , auxquelles les a en effet dévoué leur minis 1ère (349)*
YII. J'ai , dans une précédente dissertation , rapporté diverses prophéties de notre Sauveur , sur l'établissement et la propagation de sa religion , et j'ai montré l'accomplissement entier de ces oracles, soit dans le fait principal , soit dans ses diverses circonstances (35o) : je crois inutile d'y revenir.
YIII. Mais voici une autre prophétie de notre divin Sauveur, bien authentique, bien formelle , bien claire , bien circonstanciée , et qui seule suffirait pour former une démonstration complète de la divinité de ça mission : c'est celle qu'il a faite de la destruction de Jérusalem et de la ruine totale de la république judaïque. Cette prophétie est rapportée très en détail par trois évangélistes , saint Matthieu , saint Marc et saint Luc (35 1).
tX. J'observe d'adord que ces trois évangélistes ont publié leur récit avant l'événement. Saint Jean , qui n'a écrit son évangile
SÛR tiES PROPHÉTIES. 1 7 5
que depuis la riiine de Jérusalem, ne rapporte pas cette prophétie , parce qu'elle n'aurait plus eu dans sa boucbe la même foi-ce. Mais produite par les trois autres , elle fortneiine - preuve démonstrative (352), Elle ne peut pas avoir été adaptée à l'événement soit par Jésus-Christ^ soit par ses évangélistes, puisque,* lorsqu'elle a été faite et lorsqu'elle a été publiée, non-seulement elle n'était pas accomplie, mais son accomplissement était éloigné de toute vraisemblance; les Juifs, soumis aux Romains, ne songeaient pas à se révolter ; et les Romains, de leur côté, laissant les Juifs vivre selon leurs lois, et suivre leur religion^ ne cfaerchaient pas à les inquiéter. Aucune lumièrenaturelle ne pouvait faire prévoir un si terrible événement, aucune cause alors connue ne paraissait devoir l'amener. Mais surtout^ à moins d'être éclairé d'une lumièi'e surnaturelle , il était impossible d'apercevoir tous les détails très-mullipliés, toutes les circonstances diverses que Jésus-Christ annonce. L'accomplissement ne peut pas plus être révoqué en douteque la prédiction : il est raconté, et toutes les particularités, même les plus minutieuses , prédites par Jésus-Christ , sont rapportées par Joseplie , prêtre juif, et par Suétone et Tacite , historiens païens ti*ès-opposés au christianisme.
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II ne s^agit donc que de comparer leurs narrations aux prédictions : le rapport des unes et des autres est évidemment convaincant.
Nous pouvons encore produire une autre preuve que cette prophétie de notre Seigneur était connue avant le temps où elle s'est effectuée : c'est la conduite des chrétiens au moment où éclata la guerre entre les Romains et les Juifs. Ils ne restèrent pas dans la Judée, mais ils se retirèrent avec saint Siméon, leur évêque , dans la ville de Pella , au delà du Jourdain, et hors du théâtre des combats, et cela d'après ce que leur avait annoncé leur divin mattre , et selon Tordre qu'il en avait donné (355).
X. Il y a dans les discours de Jésus-Christ sur la ruine de Jérusalem, presque autant de prophéties que de paroles. Pour mettre de l'ordre dans la discussion , présentons d'abord les circonstances qui , selon lui , devaient précéder la destruction de cette ville ; nous examinerons ensuite celles qui devaient l'accompagner.
On peut rapporter à cinq chefs principaux les circonstances que Jésus-Christ déclare devoir précéder la ruine des Juifs et en être les avant-coureurs.
1 o II viendra des faux prophètes et des Imposteurs (354). S'il eût été commun alors ,
comme il Tavait été dans le temps des royaumes de Juda et d'Israël , de voir se présenter des faux prophètes , on pourrait prétendre que cette prédiction était de l'ordre naturel : mais depuis la captivité de Pabylone on n'avait pas vu de faux prophètes; comment donc pourrait-on deviner qu'il en surviendrait précisément dans ces temps-là? 11 en parut cependant plusieurs , conformément à la prophétie du Seigneur : Simon le magicien (355) ; Elymas (356) ; un Egyptien dont il est parlé aux Actes des apôtres et dans l'histoire de Josephe (357); Dosithée (358), On peut joindre à ceux-là Apollonius de Tyane , contemporain du siège de Jérusalem. Et peutêtre y en eut- il encore d'autres dont l'histoire ne fait pas mention.
20 II y aura des guerres et des combats ; la nation s'élèvera contre la nation , le royaume contre le royaume (359). D'après cet oracle, l'empire romain fut troublé par des guerres intestines très -violentes. Tout l'intervalle depuis la mort de Néron jusqu'à la prise de Jérusalem , ne fut qu'une suite de guerres civiles entre Olhon, Vitellius et Vespasien. Josephe rapporte aussi des séditions et des révoltes arrivées en divers pays, à Césarée, à Scythopolis, à Ptolémaïde, à Tyr^ à Gardare, à Damas, à Alexandrie.
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30 11 surviendra des famines ^ deâ pestes^ des tremblements de terre (3 60). Et on voit en effet, dans Tiatervalle entre la prédiclioB et Faccomplissement, des malheurs devenus fréquents. Sous Tempire de Claude, il y eut deux famines , dont Dion , Tacite et Suétone parlent avec détail. La Judée n^ea fut pas exempte, et Josepbe en raconte une (36iJ, qui est , à ce qu'on croit , la même qu'Âgabus avait prédite , et dont il est parlé aux Actes des apôtres (363) et dany Éusèbe (363). Suétone rapporte quWe peste désola la ville de Rome , la onzième année du règne Je Néron; et Tacite parle d'une autre qui dévasta la Campanie. Selon Josepbe , il y en eut aussi une violente à Jérusalem (364). Quant aux tremblements de terre , Pline , Tacite , Strabon , font mention de beaucoup de villes renversées par ce fléau dans l'Asie, la Sicile, la Galabre , la Campanie , le Pont , la Macédoine , l'Acbaïe.
4® A ces fléaux de la terre , Jésus -Cbriàt ajoute des cboses épouvantables et des signes qui paraîtront dans le ciel (365). Cette prédiction, qui ne pouvait être faite avec vérité que par le pouvoir suprême , seul capable de la réaliser, s'est accomplie littéralement de même que les autres. Il est impossible d'en douter en voyant l'accord parfait sur ces
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faits de deux historiens différents entre eux de préjugés, et opposés au christianisme: ce sont Tacite et Josephe. Ils rapportent qu*a- Tant le siège de Jérusalem on vit des prodiges frappants : des armées parurent se répandre dans les airs ; une lumière soudaine au milieu de la nuit environna le temple et l'autel i les portes du temple , qui étaient d'airain, et que vingt hommes pouvaient à peine remuer, s'ouvrirent d'elles-mêmes; une voix forte sortit du sanctuaire , répétant à plusieurs reprises , Sortons d'ici (366) l
50 Enfin , une autre prédiction du Sauveur est qu'alors, ou, comme le dit saint Luc , avant que les autres maux n'arrivent , les apôtres seront livrés , seront tourmentés , seront mis à mort , seront haïs de toutes les nations à cause de leur maître (367). L'accomplissement fidèle de cette prédiction se voit dans les Actes des apôtres et dans leurs épi très. Du jour où ils commencent à prêcher la foi, jusqu'à celui où ils la scellent de leur sang , toute leur vie n'est qu'une suite de traverses , de persécutions et de supplices.
Mais ce ne sont pas là tous les fléaux : ce n'est, dit Jésus- Chris t , que le commencement des douleurs (368). De plus grands malheurs vont fondre sur Jérusalem. Le divin Sauveur les prédit ; il particularise
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les circonstances de la ruine de cette ville ,
avec une telle exactitude, que Thistorien
qui les a racontées dans le plus grand détail
paratt n'avoir fait que répéter ce qu'il avait
annoncé.
D'abord l'abomination de la désolation , prédite autrefois par Daniel , doit être dans le lieu saint (369). Jésus-Christ, par ces paroles , lie sa prophétie à celle de Daniel , que nous avons rapportée (370). Il montre que le temps est arrivé ou elle va s'effectuer. Il est clair que c'est dans la même source que l'un et l'autre ont puisé la connaissance de cette particularité; et comme, soit à l'une soit à l'autre époque , elle était imprévoyable à toute la sagacité humaine, ce ne peut être que de Dieu que, soit Jésus -Christ soit Daniel , l'aient reçue. 'Nous voyons cette abomination de la désolation dans le lieu saint , ainsi deux fois prédite , effectuée de pliisieurs manières, soit par les idoles et les images des faux dieux , qu'y apportèrent les Romains, soit surtout parles meurtres, les sacrilèges, les impie té^de tout genre qu'y commirent les Juifs eux-mêmes , et avant et pendant le siège.
Une circonstance annoncée par le Sauveur, est que Jérusalem sera environnée de tranchées (3 7 1) : ce fut le moyen qu'employa
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Tite pour Tempêcher de recevoir aucun secours, et pour Tattaquer à la fois de plusieurs côtés. Il éleva aussi autour de la ville treize forts , pour réussir plus sûrement à la réduire; Jésus-Christ prédit non^seulement la prise de Jérusalem , mais sa destruction totale. Les nations doivent la fouler aux pieds ; il ne restera plus pierre sur pierre, ni de la ville ni du temple (372). Nous voyons dans Josephe toutes ces circonstances littéralement réalisées. La ville fut prise, saccagée, réduite en cendres, et tellement détruite qu'il ne parut plus aucune marque qu'il y eut eu des habitants (373). Eusèbe de Gésarée, qui vivait environ deux siècles après, raconte qu'il a vu de ses propres yeux la charrue des Romains labourer le sol ou avait existé Jérusalem (374). Quant au temple, Tite désirai t ardemment conserver ce superbe édifice ; mais tous ses efforts furent inutiles, et il fut entièrement , malgré lui , consumé par les flammes (375).
Jésus-Christ avait annoncé que les habitants de Jérusalem seraient passés au fil de l'épée , et emmenés en esclavage dans toutes les nations (376). L'accomplissement de cet oracle est encore certain. Josephe fait monter à onze cent mille le nombre des Juifs à qui cette guerre coûta la vie, et à quatre-
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vingt-dix-sépt mille ceux qai iureal; pris et Tendus eomme esclaves (377).
En un mot, seloa la parole du divin Sau« veur, la calamité de ce mallieureu:i: pays devait être telle, qu'on n'en avait pas vu une pareille depuis le comniencement du monda (3 78); et Josepiie employant, sans le vou* loir et sans le savoir , les expressions de cette prophétie, dit qu il nie croit pas que depuis la création du monde on ait vu nulle autre ville tant souffrir (379}^
Jésus-Christ avait prédit jusqu^au temps où devaient s'ejBTectuer ces désastres : c'était pendant la durée de la génération à laquelle il parlait (38o). Et ce fut en effet trente-six ou trente-sept ans après sa prédiction qu^ellie s'accomplit aussi entièrement*
XI. Je le demande avec confiance aux incrédules et aux Juifs les plus obstinés dans leur opinion: quelle prophétie plus convaincante pourraient-ils exiger pour reconnaître dans Jésus-Christ l'envoyé de Dieu? Pourraient-ils s'en figurer une plus positive, plus claire, plus détaillée, et qui se soit plus exactement accomplie jusques dans ses circonstances les plus minutieuses? Les saints Pères, qui présentaient aux incrédules de leur temps , et au]L ennemis de la religion de toute classe, cette prophétie , ou plutôt cette
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collection de prophéties , n avaient-ils pas raison de la regarder comme une démons^ tration évidente de la vérité du cbristianis?me (3«i)?
"XJ!. On propose cependant contre celte prophétie une objection tirée de la prophétie même. Â la prédiction de la ruine de Jérusalem, Jésus «Christ joint immédiate* ment, et comme un événement qui est très-« près de celui-là, Tannonce de la fin du monde et du jugement dernier : Aussitôt après la tribulation de ces jours , le soleil sera obscurci , la lune ne répandra plus sa lumière, et les vertus des deux seront ébrau" lées» Et alors apparaîtra dans le soleil le signe du Fils de l'homme ; et alors pleureront toutes les tribus de la terre* Et on verra le Fils de l'homnpe venant dans les nuées du ciel, avec une grande force et une grande majesté. Et il em^erra ses anges, qui feront entendre la voix éclatante de leurs trompettes g et gui rassembleront ses élus des quatre parties du monde , depuis une extrémité du ciel jusqu'à l'autre (38 a).
XllI. Les interprètes sont partagés sur Texplication de cette partie de la prophétie: les uns l'entendent dans le sens naturel , et pensent quVn effet c'est du jugement dernier que parle Jésus-Christ dans ses der-
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nières paroles ; les autres prennent cette partie du discours dans un sens métaphorique, et croient que le Sauveur continue de parler , mais en termes figurés, de la désolation des Juifs.
Les premiers observent que ce texte, relatif au second avènement de Jésus-Christ et à son jugement universel , ne suit pas immédiatement ce qu'il a dit de la ruine de Jérusalem ; mais qu'après avoir prédit cette dévastation il passe à une autre prédiction , et annonce les faux christs, les faux prophètes, qui séduiront même les élus, s'il était possible; et il défend de les suivre (583). Ces faux christs, ces faux prophètes, sont tous les chefs de sectes qui s'élèveront dans le cours des siècles , et qui désoleront l'Église. C^est à la suite de cette prophétie que vient celle du jugement dernier qu'on nous objecte. Ainsi ces paroles , aussitôt après i ne signifient pas dans le discours du Sauveur que le jugement dernier arinvera immédiatement après la dévastation de la Judée; le sens est que ce sera après que les hérésies , les schismes , toutes les diverses sectes auront exercé leurs ravages. Dès lors l'objection tombe. Jésus-Christ, dans toute la suite de son discours, prédit divers malheurs qui doivent arriver après lui : lo Les faux messies
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qui vont s'élever; 20 les guerres, les famines, les pestes, les tremblements de terre, qui ne tarderont pas à désoler le monde; 3o les persécutions qui bientôt toui*menteront ses disciples ; 4^ l'abomination de la désolation dans le lieu saint , qui précédera la ruine de Jérusalem ; 5o la destruction de cette ville, de son temple, de la république des Juifs ; 60 les sectes de tout genre qui combattront l'Église jusqu'à la fin des temps: 70 ce qui sera la fin de tout l'ordre actuel , son second avènement pour juger le monde. Ceux qui entendent les paroles objectées dans un sens figuré , disent que l'arrivée du Fils de l'homme annonce le moment où il sera reconnu pour le Messie ; que sa venue dans les nuées signifie sa manifestation uni* verselle, d'une manière miraculeuse, par la réception de son Évangile dans tout le monde. Selon eux, les prophètes, par le soleil, la lune, les étoiles, les forces du ciel, entendent les rois, les princes , les armées. Ils citent plusieurs exemples de semblables métaphores dans les écrits prophétiques , et ils disent que les Juifs, accoutumés à ce langage, le comprenaient parfaitement. Il est clair que dans celle seconde explication il n'y a pas d'objection : Jésus-Christ continuant de parler du même objet dans les deux parties T. II. 8.
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de son discours, il ne peut pas y avoir d'opposition entre l'une et l'autre.
Comme il ne s'agit ici que de résoudre une difficulté des incrédules , je ctois inutile de prendre un parti entre ces deux opinions : l'une et l'autre interprétation est en ellemême admissible ; l'une et l'autre répond d'une manière satisfaisante à l'objection : en conséquence on peut choisir entre elles celle qui paraîtra la plus vraisemblable.
XIV. Parvenu au terme de cette longue dissertation , je me relourne pour jeter un coup-d'œil sur la carrière que j'ai fournie ; et ce que j'ai parcouru en détail , je le contemple dans son ensemble. Je vois Jésus- Christ élevé entre l'ancienne et la nouvelle loi , prophétisé dans l'une , prophétisant danis l'autre, objet des siècles passés, père des siècles futurs (384). Les temps qui l'ont précédé se sont succédés pour le proclamer par leurs prédictions; ceux qui le suivent s'écoulent pour accomplir les siennes. Il fut annoncé dès la création du monde , il en a annoncé jusqu'à la destruction. Placé au milieu de la sphère religieuse , ce soleil de vérité est tout à-la- fois le foyer de lumière qui l'éclairé et la vivifie tout entière , et le centre commun qui attire tout à lui , et auquel toutes les parties tendent et viennent
aboutir. Tout ce que nous voyons dispersé dans le long cours des âges se réunit dan« sa personne : pour le préparer ou pour Tadorer , se sont formés et détruits les empires ; depuis nos premiers^ parents jusqu'à nos derniers neveux , toutes les générations qui se sont successivement remplacées sur la terre ont été, sont et seront soumises à sa loi: c^était sa loi qu'Adam recevait dans le paradis terrestre, sa loi que Dieu dictait aux patriarches, sa loi que Moïse publiait au pied du montSinaï, comme c'est sa loi que nous nous glorifions de suivre. Espéré ou reçu y attendu ou reconnu , c'est toujours lui qui est l'objet des vœux de tous les justes. Le christianisme est constamment la seule vraie religion de la terre. Ennemis de cette religion universelle , de quelque classe que vous soyez, nous vous invitons à la contempla^ tion de ce magnifique spectacle : considérez cette identité de religion dans tous Tes temps ; fixez vos regards sur le dogme fondamental de la foi au Rédempteur , traversant majestueusement et sans altération toute l'étendue des siècles, depuis celui où les siècles uaquirent avec le monde, jusqu'à celui où le monde et les siècles périront ; embrassez dans un coup-d'œil l'ensemble des prophéties et des histoires ; saisissez le rapport des unes
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et des autres ; voyez dans les prophètes les précarseurs des historiens, dans les historiens les échos des prophètes , et dans Jésus- Christ le lien qui les rapproche , les unit et les resserre 2 en voyant clairement quel est le but de tous les événements , vous obstinerez-vous encore à n'en pas reconnaître l'auteur?
(i) FiDBLis erit domus tua et regnuin tuum usque in œtemuni antè faciem tuam , et thronus tuus erit firmus jugiter. (rx Reg. vu , i6.J
(a) Semel juravi in sanclo nieo si DaTÎd nientiar : semen ejus in œternuni manebit, et thronus ejus sicul sol in conspectu nieo, et sicut luna perfecta in œlemum, et testis in cœlo fidelis. ( Ps. lxxxviii, 36, 37, 38. J
(3) Egredietur virga de radiée Jesse, et flos de radice ejus ascendet ; et requiescet super eum spiri* tus Doraini, spiritus sapienti» et intellectus , spiritus consilii et fortitudinis , spiritus scientiœ et pietatis ;
et replebit eum spiritus timoris Domini: in die
illâ radix Jesse, qui stat in signum populorum. Ipsum gentes deprecabuntur , et erit sepulchnim ejus gloriosum. ( Is. xi, 1,2, 10. J
(4) Atque Esaïas alius propheta, eadem verbis diversis prœdtcans , sic fatur : Orîetur virga ex Jacob, et flos à radice Jesse ascendet ; et in hrachium ejus gentes sperabuni, Stella sanè lucida exorta est , et flos ascendit è radice Jesse , hic Christus. Nam ex yirgine seminis Jacobi , qui Judœ pater extitit , ( Judam autem judseorum patrem esse ostendimus ) , per virtutem Dei genitus est. Ac Jesse quidem proavus Christi secundùm oraculum fuit , Jacobi autem et Judœfilius, secundùm generis successionem. fS.Justinus , ApoL i, a, cap. 3a. J
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Ex hujus î psi us domo Christum gênera tiim iri secundùm carnem , et ipse David et alii prophelae annuntiaveiimt. Apud Isaïara ha scriptum est : Et erit in die illâ radix Jesse , et qui exurget principari in nationes» In eum gentes sperabunt, et erit rèquies ejus in honore, Etalio loco : Exiet virga de radice Jesse , etflos de radice ejus ascendely et requiescet super eum spiritus Dei , spirilus sapienliœ et pielatis ; et implebit eum spiritus limons Domini. Jesse aulem fuit paler David , ex eu jus radice asceosurum esse florem praelocutus est. {Lactantius, divin, Ins- Ht. , lib. IV , cap, 5.J
(5) Ecce dies veuiunt, dixit Domînus; suscitabo David germem justum ( in paraph. Jonathan, David Messiamj'ustorum}, et regnabit rex , et sapiens erit; et faciet judiciumet juslitiam in terra : in diebus illis salvabitur Juda , et Israël habitabit confidenter : et hoc est nomen quod vocabunt eum, Domînus justus nosler. ( Jerem, xxiii , 5 , 6. J
(6) Suscitabo super eas paslorem unum qui pascat eas , servum meum David. Ipse pascet eas ; et ipse erit iis in paslorem. Ego autem Dominus ero eisin Deum , et servus meus David princeps in medio eorum. Ego Dominus locutns sum; et faciem eum eis pactum pacis. ( Ezech, xxx ^ iv, 25, 24» iS.J
(7) Coniiieantur ergo necesse est Judsei longé post tempo ra David hœc esse prsedicala. Est autem David iste qui nomen parentis secùndùm originem camis acçepit, nomen sumens ejus, cujus ex génère sumebat et corpus. (S, Hilarius , Tract, inpsalm, cxxxi, n^ 1. )
David autem Dommum dicit Christum , ut ex David secundùra carnem orjundum. ( Theodoretus , in Ezech, , lib. xv, cap. Sy, vers. i\.).
(8^) Ecce dies veniunt, dicit Dominus., et susci-^ tabo David orientem justùjn, et regnabit rex ,. et in^
ielliget , etfaciet judicium et Jastitiam in terra. In diehus illis salvaùilur Juda, et Israël habitabit con" Jidenter; et hoc est nomen quo ^ocabunt, eum Do^ minits Josedec ipse in propheiis. Judaei attoniti conantur haec imprudenter trahere ad Zorobabelem. Yérum illos etiam considerare oportebat illum non regem fuisse , sed ducem populi , nec illum Josedec fuisse pominalum. Sëd neque illi convenit nominis interj^retatio. Significat enim id nomen, Dominus justitia nostra , yel , juxtà Syri interpretationem , Domine, justifica nos. Neulrum autem convenit Zorobabeli. Caelerùm , quia typus erat Ghristi Doraini , et caplivos à Babylone in Judaeam reduxit, quemadmodùm Christus roancipatos à diabolo traxit ad verifatem , si quis typicè ista illi adaptari Yolet , ab- Burdi nihil faciet. ( Theodoretus in Jcrem,, cap. XXIII , ver. 5 , 6. J
(9) Benedictus Dominus Deus Israël, quia visita- TÎt et fecit redemptionem plebi suae ; et erexit cornu salutis nobis in domo David, pueri sui , sicut locutus est per os sanciorum qui à sseculo sunt prophetarum ejus. (Lue. i , 68 , 69 , 70.^
(10) Congregatis autem pharisœis, interrogavit ces Jésus, dicens: Quid vobis videtur de Christo ? Cujus filius est? Dicunt ej, David. (Matlh. xxii , 4', 4^ J
(n) Clamavenint , dicentes : Domine, miserere jiostrî, fili David. ( Matth. xx, 3o.^
Et clamavit, dicens: Jesu, fili David, miserere meî! ('£mc. xYiii , 38.J
Secuti sunt duo caeci, clamantes et dicentes: Miserere nostrî, fili ïi-AV\à\ ( Matth. ix, 1'].)
Et ecce mulier chananaea, k finibus illis egressa, clamavit : Miserere meî, Domine, fili David! (Matth.
XV, Îe2.^
(12) Et stupebant omnes turbse, et dicebant : Numqaid hic est filius David? (Matth, xii, 23.^
(i3) Turbœ autem qiiiB pnecedebant et quœ seque> baotur, clainabaDt, dicentes: Hosanna filio Davidl (Maltk, XXI, 19.^
(■4) Et tu, Bethléem Ephrata, parvulus es in miilibus Juda. Ex te mihi egredietar qui sit domina tor in Israël; et egressus ejus ab initio, à diebus aeternitatis.... Et stabit, et pascet in fortitudine, in sublimitate noroinis Domini Dei sui ; et convertentur; quia nunc magnificabitur usqué ad termines terrae, et erit isle pax. (Mich, v , a, ^b^J
(i5) Voyez Huet, Démonst. ëvang. , propos, vii, no a5.
(16} Et congregans, principes sacerdotum et scribas sciscitabatur ab eis ubi Cbristus nasceretur? At illi dixerunt : In Belbleem Juda ; sic enim scriptara est per prophetam : Et tu , Bethléem , etc. (MaUh. II, 4, 5, 6 J
(17) Âlii dicebant : Hic est Christus. Quidam autem dicebant : Ifùmquid à Galileâ yenit Christus? Quia ex semine David , et de Bethléem castello , ubi erat Dayid, venit Christus. (Joeui. vu, 4^ 9 4^*.^
(18) Perpende autem prophétise accusationem. Non enim dixit : in Bethléem manebit , sed exWiL Itaque id taniùm prophetia exprimebat, quod ibi nasciturus essel. Quidam autem eorum impudenter dicunt haec de Zorobabele prœnuntiata fuisse : sed quomod6 sic possunt intelligere ? Non enim egressus ejus ab initio ex diebus sieculi. Quomodd autem illud quod initio dicitur , de te exibil , in illum convenire possit? Non enim in Judœâ , sed in Babylone natus est; undè etiam Zorobabel appellatus fuit, quia ibi ortum duxit. {S. Joannes Chrysost, in Matth, , homil. yi.J
(19) V. Luc, chap. II, vers, i et seq.
Ubi autem terrarum nasciturus esset, quoraodô allas propheta Michœas prsedixit audite: sic autem di-
xii: Et iu, Bethléem, terra Juda, nequaquàm mi'nimas es in principibus Juda. Ex te enim egredietur aux , qui pascat populum meum. Est aulem yicus quidam in terra judseorum stadiis trigenta quinque Hierosolymis distans , obi natus est Jesus-Christus ; quemadmodùm et ex descriptionibus ceusùs discere potestis quœ sub Cyrino primo vestro in Judœâ prseside confectae sunt. (S* Justinus , JpoL i , cap. 34. J Praetereà autem locus quidam certus in quo is oritunis sît de quo feruntur tôt vaticinia. Et tu , inquit, Bethléem domus Ephrata minima es , ut sis in miïli" bus Juda, Ex te\mihi egredietur dux qui pascat pO" pulum meum. Israël ; et ex i tus ejus ab initia , ex diebus sœculi. Et omnes confitentur in Bethléem Jesum esse nàtum. Quin eliam incolœ ejus loci speluncam ibidem monstrant' iis qui ab ex ternis terris venerint ad spectandum ; et locus quidem hic ubi ortus ejus futurus fuit, prsedictus est. (Eusebius, Demonst, evang, , lib. m , prœmîum , n" 1.)
(20) Et veniens, habitavitin civilate quae vocatur Nazareth , ut adimplerelur quod dictum est per prophetam: Quoniam Nazaraeus vocabitur. (Matth, ii
(21) Hic erit magnus , et fîlius Âltissimi yocabitnr; et dabit illi Dominus Deus sedem Dayid patris ejus; et regnabit in domo Jacob in œternum. (Luc, 1,32.;
(11) Et factura est in diebus Âchaz, filii Joaihan, filii Osiae, régis Juda ; ascendit Rasin, rex Syriae^ et Phacëe , filius Romeliae , rex Israël in Jérusalem , ad prœliandum contra eam.... Eo quod consilium inierit conlrà te Syria in roalum et fîlius Romelise, dicentes: Asccndamus ad Judam, et suscitemus eum, et eyellamus eum ad nos; reponamus regem in medio ejus filium Thabul. (Is. vu, i , 5, 6.J
(23) Et nuntiaveruut domui David, dicentes : Re. T. II. q
quievit Syria super Ephraim ; et comniotum est cor ejus et cor populi ejus , sicul moyentur ligna syl- Tarum à facie yenii. (Is, yii, 'X.)
(24) Et dixit Dominusad Isàïam: Egredereîn occursum Achaz , tu , et qui derelictus est Jasub filius tttus... et dices ad eum : Vide De sileas ; noli timere, et cor tuum non formidet à duabus caudis fumigantium titionum istorum.... Non stabit et non erit htud , sed caput syriœ Damascus , et caput Dainasci Rasin ; et adbuc sexaginta et quinque anni , et desinet Ephraim esse populus. (Is, yiy, 3, 4» 7» 8- ^
{p5) Et adjecit Dominus loqui ad Achaz , dicens : Pete libi signum à Domino Deo tuo , in profundum infemi , siye iu excelsum suprà. Et dixil Achaz : Non petam, et non tentabo Dominuro. Et dixit: Audite ergo, domus Day id; nuraquid pariim yobis est molestos esse hominibus, quia molesti estis et Deo meo? Propter hoc dabit Dominus ipse yobis signum : ecceyirgo concipiet et pariet fîlium , et yocabitur noroen ejus Emmanuel. Butyrum et rael comedet, ut sciât repro* bare malum et eligere bonum ; quia antequàm sciât puer reprobare malum et eligere bonum , derelinquetur terra quam tu détesta ris k facie duorum regum suorum. Adducet Dominus super te, et super populum tuum, et super domum patris tui, diesque non yenerunt à diebus separationis Ephraim et Juda cum rege Assyriorum. (Is, yii , 10 et seq,)
(26) Demonst. eyang. , propos, ix, cap. 9, n® 4* ' (27) Tum Tripho respondit: Scriptura non habet, Ecce virgo in utero concipiel et pariet filium ; sed Tua adolescentula in utero concipiet et pariet Jilium, et qiise à te recitata sunt. Tota etiam prophetia in Ezechiam dicta est , in quera eliam yenisse demonstrantur quse hoc oraculo continentur. (S, Justinus, DiaL cum Triphone , cap, lxvu.J
Deus igitur homo factus est ; et ipse Dominus sal-
WOTES. 195
rabH nos , ipse dans yirginTs signum. Non ergo vera est quorumdam interpretatio , qui ità audent interpretari scripftiraih : Ecce adolescentula in ventre habehit et pariet Jilium, Quemadmodùra Theodotion ephesius interpretatus est , et Aquila ponticus, 4itrique judœi proselyti quos sectati ebionsei , ex Joseph gênera tu m eum dicunt. (S, Jrœneus contra hœres, , lih. m , cup, ai , n» i. J
(27) Im6 autem qnod dixerit , ipse Dominus dabit signum^ id quod erat inopinatum gênera tionis ejus significavit; quod nec factum esset aliter, nisi Deus Dominus ipse dédisse t signum in doroo David. Quid enim magnum , aut quod signum fieret in eîs qnod adolescentula concipieus, ex iriro peperisset; quod evenit omnibus quœ pariunt mulieribus? Sed quoniam inopina ta salus hominibus inciperet fieri, Deo adjuvante , inopinatus et partus virginis fîebat, Deo dante -signum hoc , sed non homine opérante illud. (S, Jrœneus contra hœres* , lih, m, cap, Si ,
Sed et virginem , inquiunt , parère satura non patitur , et tamen credendum est prophetae. Et merit6 ^rsestruit enim fidem incredibili rei dicendo quod signum esset futurum. Proptereà , inquit, dabitur , ixobis signum : ecoe virgo concipiet in utero , et pariet JUiurh, Signum autem à Deo , nisi novitas monstruosa fuisset, signum non videretur. Denique^ siquandè ad dejiciendos aliquos ab bac divinâ prœdicatione, vel convertere singulos simplices quoque ^estitis mentiri, addetis quasi non virginem, sed juv^enculam concepturam et parituram scriptura contineat. Hinc quoque revincimini , quod nihil signi videri possit res quotidiana, juvenculse scilicet praegnatus, et partus. ( Tertullianus adv, Judœos, cap.
Narratur Dominus dixisse ad Âchaz : Pete tibi sig'
KjG NOTES.
tuun à Domino Deo tûo in profundum, sîve in excelsum; sequilur signum datum, nempè, Ecce virgo concipiet et petriet Jiiium. Et quid au.'Yîni sigDum est parère puellam boh Tirgmem? (Origenes contra Celsum, lit. I , n** 35. J
Ao/i pelant el non tentabo Dominum, Haec ille rei^ ba^ non quasi absque srgnis crederet , sed velut contradicens usurpavit. Undè propheta non ampliiis cum eo lequitnr, sed cum untvêrsâ David cognatione, et ail : Attdile nuncidomus David, numquid parùm vobîs est certamen prœbere hominibus? Non satis et-go Tobis es! quod prophetis contradieitis, quodque Dei famuliisresislifis, sed et Domino ipsi praecipienti pa- Ura non obtempéra tis. Attamen etiam nolentibus signum yobis daturus est noTum et admirabile, da-bit Dominus ipse vobis signum, signum eteuim el signum maximum, appellatur hic partus. Nemo aatem signum Yocat id quod singulis dicbus fit. Quod si non ?irgineus , sed nuptialis est partus , quomodd id quod secundùni naturam de more procedit? Ecce Tfirgo in utero concipiet , et parietJUium : hoc ergo verè signum. ( Theodoreius in Is. , cap. vir.J
(28) QutMi si judaius de Toce rixari rolet , negabitque scripCum esse , Ecce n^irgo , sed eèce adolescent iula , dicemus vocem Aima, quam Lxx interprètes per virginem , alit per adoiescentulam verterunt in Deuteronomio , ut aiunt , reperiri ut vii-ginem sigriîfîcet. (Origenes contra Celsum^ lib, 1 , n® 35.^
Ostendant igitur «Tudsei in scripturis nlicubi posilum Aima , iibi adoiescentulam tantum , et non virginem stricte , et coucedimus eos illud quod in Isaïâ apud nos dicitur , ecce virgo concipiet , non absconditam virginem , sed adoiescentulam significari jam nuplam. f& Hyeronimus , liber Queest. hebraiconim ifi Gènes., in cap, xxiv, vers. [\^.)
(ag) Sed dicunt rursùs Judiœi de Ezechiâ hoc die-
tum est ad Achaz : legamus igilur scripturam : Pete tibi ipsi signum à Domino Deo tua in profundum , aut in sublime, Atqui signum maxime admirabiie y ac prœter opinionem esse débet... Gùm, régnante Achaz, dlzerit Hesaias: Acbaz Tei'6 sexdecim duntaxat annis regnaverit, quos intrà dicta est ad eum prophetia , Judseorum contradictionem revinxit. Successor ejus Ezechias, Achazi filius, qui cùm regnum adiit, annorum quinque et vigenti erat. Cùm euim prophétise tempus annorum sexdecim spatio çircumscribatur, novem anté propheliam annis fi|i erat ex Achaz nalus. Quid igitur de eo qui jam n^tus erat etiam antequam pater ejus regnum adiret, propheliam loqui necesse erat ? Non enim dixit acdepil, sed prsediclionis modd accipiet virgo, (S. Cyrillus Hye^ rosol. y Cathech. xii, cap. 2'2.J
Dein asseverant prophetiam de uxore Achaz dicere illad : Ecce virgo in utero habebil et pariet Jilium^ ut intelligamus ex eo natum Ezechiam. Atqui dùm prophetiae verba non examinantes inconsideratè quodlubet arripiunt, tum hoc etiam solùm habere yidentur , quo finem propositum ac sententiam confirment. Yerùm, 6 viri optimi, dixerit quispiam jllis quis Ezechiam vocavit Emmanuel? (S* Cyrillus , alia comment, in Is.^ lib. i , orat, ^.)
(5o) Et accessit ad prophetissam , et concepit , et peperit filium. Et dixit Dominus ad me : Voca nomen ejus, accéléra spolia detrabere, festina prsedari; quia antequam sciât puer vocare palrem suum et raatrem suam , auferetur fortitudo Damasci , et spo- ]ia Samarise , coràm rege Assyriorum. (Is. vin , 3, l\.)
(3i) Et adjecit Dominus loqui ad me, dicens : Pro eo quod abjecit populus iste aquas, Siloe , quae vadunt cum silentio , et assumpsit magis Rasin , et filium Romeliœ , propter hoc ecce Dominus adducet super eos aquas fluminis fortes et muUas , regem
igB »OT£S.
Asfjriorum , et omnem gloriam ejus ; et ascendet super omnes rivos ejus , et fluet super universas ripas ejus; et ibit per Judam, inundanset transiens; usquè ad coUum yeniet ; et erit extensio alarum ejus implens latitudinem terra tus , ^ Emmanuel ! ^/s. ^ ▼III, 5 et seq,) ,
(3s) Ecce ego et pueri mei , quos dédit mihi Dominus in signum , et in portentum Israël à Domino exercituum , qui habitat in monte Sion. fis, viii,
(33) Parvulus enim natus est npbis, et filius datus est nobis ; et factus est principatus super humerum ejus ; et yocabitur nomen ejus , admirabiiis , consiliarius, Deus fortis, pater futuri sœculi , princeps pacis. Multiplicabitur ejus imperiuro ; et pacis non erit finis. Super solium David, et super rcgnum ejus sedebit, ut confirmet illud, et corroboret in judicio et justitiâ , & modo usquè in sempiternum. Zelus Domini exercituum fecit illud. fis. ix, 6, 7.J
(34) Et elevabit Dominus hostes Rasin super eum, et inimicos ejus in tumullum. Vertet Syrtam ab oriente , et Pbilistiim ab occidente , et devorabunt Israël toto ore. In omnibus his non est ayersus furor ejus , sed manus ejus extenta. Et populus non est reyersus ad percutientem se , et Dominum exercituum exquisierunt , et disperdet Dominus ab Israël caput et caudam. f /s. ix , 11 et seq.J
(35) Voyez Is. , chap. x, yers. 5, i3, a4» ^^'
(36) Egredietur yirga de radice Jesse , et flos de radiée ejus ascendet. Et requiescet super eum spiritus Domini , spiritus sapientiae et intellectûs , spiritus consilii et fortitudinis , spiritus scientiœ et pietatis ; et replebit eum spiritus tiraoris Domini. Non secundùm yisionem oculorum judicabit , neque secundùm auditum aurium arguet ; sed judicabit in justitiâ pauperes , et arguet in aequitate pro mansuetis
TÏOTES. 199
terrae. Et perculiet terram virgâ oris sui ; et spiritu labiorum suorum interficiet impiiim. Et erit justitia cÎDgalam liimbiorum ejus, et fides cinctorium unum ejus. Habrtabit lupus cum agno ; et pardus cum haedo accubabit. Vitulus etleo et ovis simul morabuntur^ et puer parvulus minabit eos. Vitulus et unus pascentur siinul ; requiescent catuli eorum , et leo quasi bos comedet paleas. Et delectabitur infaos ab ubere super foramine aspidis'; et in cavernâ reguli qui ablaclatus fuerit , m a nu m su am miltet. Non nocebunt et non occident in monte sancto raeo, quia repleta est terra scientiâ Doinini, sicut aquse maris operientes. In die ilU , radix Jesse , qui stat in fignum populorum , îpsum gentes deprecabuntur ; et erit sepulchrum ejus gloriosum. ( Js. ix y \ et seq.)
(37) Hanc kaqtie propbetiam non temerè hoc loco protnlit. Sed quia hostium impressionem metuebant qui regnum davidicum se deslructuros rainabantur, apte ëocet cm quae fieri nequeuiit tentare. Oportet enîm , inquit , daYidicam stirpera- cotiser vari , donec yeniat quod repositum est , et expectatam gentibus salutem praebeat. (Theodoretus in Js. , cap, vit. J
(38) Demonst. cyang. , propos, vu, n« i5.
(39) Jam verô quemadmodàm ex virgine oriturum ^coneeptis verbis Esaïas prœdixit, audite. Sic autem
locutus est : Ecce virgo in utero habehit et pariet filium; et dicent super nominé ejus , nobiscum Deus. Quae enim incredibilia erant , et fîeri non posse hominibus yidebantur , ea Deus per spiritum propheticum futura prsenuntiayit ut cum venissent , fides ' eis non denegaretur; sed ex eo quod essent prasdicta crederentur. Ne qui autem prolatam propheiiam minus intelligentes, eadem nobis objiciant qusepoetis Jovem dicentibus ad mulieres rei vcnereœ causa ventilasse , objecimus yerba , explicare tentemus. lUiid ergo, Eecevirgo in utero habehit y sigoifîcat absque
concubitu coDcepturam. Nam si cum aliquo consueyisset , non jani esset virgo ; sed virtus Dei superveniens, virgini fecil, ut tùin eum esset, yirgo pnegnaret. Et qui lune ad ipsam virginem missus est angélus Dei , sic latum ei nuntiuin attulit : Ecce conci pies in utero ex SpirUu-sancto , et paries Jilium ; ei Jilius Altissimi vocabiiw ; et vocabis nomen ejus Je^ sum, Ipse enim salvumfaciel populum suimi à pec-calis eorum ; quemadmodùm docucrunt qui omnia adSaUatorem nostrum Jesum Christum lilteris mandârunt ; quibus quideiu credimus, quia per eum etiam quem jam diximus, Esaïam spirilus prophelieus, ità uti exposuimus, nasciturura dixit. (S, Justinus y ApoL i , cap, 33. J
Isaîam quoque audi qui id dià antè prœnuniiavit: Copiant si fiant igné combusli, quia puer natus est nobis , et Jilius datus est nohis / et vocabiiur nomen ejus , magni c'onsilii angélus , admirabilis , consiliarius , Deus fortis , princeps pacis , paterfuturi sœ^ culi. Hoc de puero honiiue dici non posse palàm est, Tel iis qui admodùm contenliosi sunt; nullus quippè home II sœculo Deus forlis vocatus est, ut neque taotie pacis princeps. Nam paiiis ejus , inquit , non est terminus; id déclarât rerum eventus, qui totam pervasit terram , universum mare , cœlumquc habitabilem et inhabilabilem, montes, saltus, colles, à die illâ à quâ Christus incipiens in coelum ascensuras dixit : Pacem meam'do vobis. C^- Joannes ChrjsosL contra Judœos , quod Christus sil Deus.J
An credere dubilatis, vel recusalis virginis partum , cùm magis credere debeatis sic decuisse nasci hominem Deum. Et hoc namque accipile per pro* phetam fuisse praedictum: Ecce virgo accipiet in utero et pariet Jilium ; et vocabunt nomen ejus Emmanuel , quod est interpretalum , nobiscum Deus, Non ergo dubitabitis virginem parientem , si velitis cre-
dere Deam nascchtem ; mundi regimen non relinquenlem, et apud bomines ia carne venientem , matri fœcunditatem afferentem , integritatem non auferentem. CS. Auguslinus , de Fide rerum quœ non ifidentur, cap. ni, n» 5.J
(4o) QucBsL cxxxv. Si Tcrus ille Chrislus est qui aclionem et appellationem divinae scripturae consentaneam habet , Chrisium ^utem Tocatum iri Ëtnmanuelem divina scriptura prsedixit; quomodô verus Ghristus existimabitur Dominus, qui ex qua nalus est nusquàm Emmanuelis noiuen accepit ? Postquàm enim Ghristus advenit , nemo illum Emmanuelis appellatione nominatîm designayit. Eesp, Si in evangelicis narrationibus continetur divinarum de Christo praediclionum eventus, nos quos beatus Matthaeus edocuit ipsum esse quem divina praedictio Emmanuelis nomine Tocatum iri prsestituit , quoinodo non Tocatur Ëmmaîiuelis nomine ? Non desiit autem sancta Dei Ecclesia , sancti evangelii instituta disciplina, Emmanuelem appellare Dorainum. Haberaus autem Christi appellatione cœteras omnes inclusas Chrisli appellationes, elsi non omnibus semper utimur. Ne- ' que enim quia vocatui* Emmanuel , est ; sed quia est , TOCalur. ( QuœsL et resp. ad Orlhodoxwn , -quœsL cxxxv. ^
At nos è contrario admonendos eos existimavimus uti cohaerentia quoque bujus capituli recognoscant ; subjuncta est enim interpretatio Emmanuel , nobiscum Deus, ubi non solùm sonum nominis spectes , sed et sensum. Sensus autem hebraïcus quod est, Emmanuel suse gentis est; sensus autem ejus quod est nobiscum Deus, eâ int^rprelatione commuai est. Qu9ero ergo an ista yox nobiscum Dcus, quod est Emmanuel, exindè quo Ghristus inluxit, agitetur in Ghristo. Et puto ex toto non negabis; nam qui ex judaisrao credunt in Christo , ex quo in
ao^ KOTBS.
etim creduût , Emmanuel' cùm volent dicere , nobiscum Deum esse significant ; atqae ità constat jam Tenisse ilt'um qui prœdicabatur Emmanuel , quia cpiod aignificat Emmanuel venit , id e»t nobiscum Deus. ( TertuUianus contra Judaos ^ cap. ix.J
Emmanuel autem nunquàm Tocitalusest, sed Jésus, qui latine dicitur salutaris , sive salvalor , quia cunctis gentibua salutifer venit. Sed propheta declaravit hoc nomine quod Deus ad homines in came venturus esset; Emmanuel enim significat, nobiscum Deus, '8cilicetquia4iUo per virginem nalo, confiteri homines oportebat Dcum suum esse, id est in teiTâ et in car* ne mortali. ( Lactanlius, divin, Insiit*,lih. iv, cap^
Hanc appellationem ex r-ebus ipsîs iHi atlribuit. Hlud verô non parùm nobis utile erit, cùm Judsoî à Dobis pètent vocis Emmanuel interpretationemv Fsaias namque dixit Christum sic vocandum fore ; et lamen nusquam sic yocatns est. Respondéamus ipsis cùm dixisse rerum significatienem ipsius nomen esse. CS' Joannés Cftt^ysOsL in cap, iJsmœ, n*» 9.^
Gur ergo , dices , non rocatus est Emmanuel , sed Jésus CBrîstus ? Quia non dixit vocabis , sed voca" hun^;' nempè poputi et ipse rerum^ exitos. Hic rei quae contigit nomen imponit ; et hic est mos scripttinè, res quœ contingunt pra nomine ponere. Nihil enim est aliud vocabunt Emmanuel, quàm videbunC D^um cum hominibus ; nam semper cum homtnibus fuit , sed nunquàm ità manifesté. (Iilem , in MatU^ komiL V, n» i, )
(4i ) Pest hœc vocaberis civitas justi , urbs fidelis. fis. I, 26.J
(4^) Visitavit nos orièns ex alto illuminare bis qui in tenebris et in umbrâ mortis sedent, ad dirigendos pedes nostr4>s in viam paois. (Luc,, i-, 7S, 29- i:
KOTES. ao3
(43) Viderunt oculi mei salutare tuum , quod parasti anté faciem onjniiinvpopuh)rum , lumen ad re- Yelationem gentium. (Luc, ii , 3o, 3i , 32.^
(44) Scio quia Messias yenit , qui dicitur Ghristus. Gùm ergo renerit ille nobis, annuntiabit omnia. (Joan, IV , a5. J
(45) Quare fremuerunt gentes , et populi meditali suQt inania? Adstiterunt reges terrae, et pFÎacipes convenerunt in unum adversùs Dioniinum, et adver* sus Christum ejus. Dirunipamus Tincula eorum, et proiiciamus à nobis iugum ipsorum. Qui habitat in cœlis irridebit eos, et Dominus subsannabit eos. Tune loquetur ad eos in ira suâ , et in furore suo conturbabit eos. Ego autem consti tutus sum rex ab eo super Sion montem sanctum ejus, praedicans pFœceptum ejus. Dominus dixit ad me^: Filius meus es tu ; ego hodiè genui te : postula à me , et dabo tibi gentes hœreditatem luam, et possessionem tuam termines terrae. Reges eos in virgâ ferreâ, et tànquàm vas finguli eonCringes eos. (Ps. ii , i et seq, )
(46) Et ibunt populi multi, et dicent: Venite, et ascendamus ad montem Domini et ad domum Dei Jacob; et docebit nos vias suas , et ambulabimusin semitis ejus ; quia de Sion exibtt lex , et verbum Domini de Jérusalem. Et judicabit gentes, et arguet populos multos. (Is. II, 3, t^)
(47) Huet, Dëmonst. évang. , propos, vu, n*' i5.
(48) Non faciet avolare à te ultra doctorem tuum ; et erunt oculi tui videntes praeceptorem tuum; et aures tuœ audient verbum post tergum monentis: haec est via , ambulate in eâ ; et non declinetis neque ad dexteram neque ad sinistram. (Is, xxz,. 20, a i J
(49) Ego Dominus yocavi te in justitiâ ; et apprehendi manuiù tuam , et servavi te , et dedi te in fœdus populi , in lucem gentium , ut aperires oculos cscorum^ f Zy. xx, 11,6, 7..^
204 KOTES.
(5o} Et dixit : Parura est ut sis mihi senrus ad suscitandas tribus Jacûb, et faeces Israël convertendas : ecce dedi le in lucem gentiuin , ut sis salus mea usquè ad extreraum terrae. (Is, xlix^ô.J
(5i) Nobisigitur datum est audire , et iotelligere, et salyari per hune Christuni , et omnia à pâtre re^ velata cognoscere. Propler ea dicebat adeum : Magnum est tibi lU voceris servus meus, ul constituais tribus Jacob , et dispersiones Israè'lis convertas, Posui te in lucem gentium , ut sis in salutem eopum usquè ad extremum terres. (S. Justinus , DiaL cum Tryphonc y cap, cxxuj
(Sq) Quam pulchri super montes pedes annuntiantis, et prsedicantis pacem; annuntiantîs bonum, praedicanlis salutem , dicentis salutem , dicentis Sion, regnabit Deus tuus... Paravit Dominas brachium sanctum suum in oculis omnium gentium; et yiderunt omnes unes terr» salutare Deinosiri. Cis. m, 7, loj
(53) Inolinate aurem yestram , et yenite ad me. Audile , et yiyet anima yestra ; et feriam yobisoum pactum sempiternum, misericordias David fidèles. Ecce testem populis dedi eum ducem et praeceptorem gentibus. (Is. lv , 3, 4-J
(54) Spiritus Domini super me , eo quod unxerit Dominas me. Âd annuntiandum mansuetis raisit me, ut mederer contritis corde , et praedicarem captivis indulgentiam , et clausis apertionem ; ut praedicarem annum placabilem Domino et diem uUionis Deo nostro ; ut consolarer orones lugentes. f /^. lxi, i , 2.)
(55) Filii Sion exultate , et laetamini in Domino Deo veslro, quia dédit vobis doctorcm justitiae^. (Joël, H, a3.J
(56) Ecce dies veniunt , dixit Dominus , et feriam domui Israël , et domui Juda faedus novum , non secundùm pactum quod pepigi cum patribu» eorum ,
NOTES. 2o5
in die quâ apprehendi manum eorum , ut edocerem eos de lerrâ ÎEgypti ; pactura quod irritum fecerunl ; et ego dorainatus sum eorum, dicit Dominus. Sed hoc erit pacluin quod ferîam cum domo Israël post dies îllos, dicit Dominus : dabo legem meam in visceribus eorum , et in corde eorum scHbam eam , et ero eis in Deum ; et ipsi erunt mihi in populum. Et non docebit ullrà vit proximum suum, et vir fratrera suuin, dicens: Cognosce Domimura ; omnes enîm cognoscent me à minimo eorum usqué ad maximum, ait Dominus, quia propitiabor iniquitati eorum ; et peccati eorum non memorabor ampliùs. (Jerem, xxxi , 3i et seq,)
(57) Yoyez Huet, Démonst. évang. , propos, vu, n® 16.
(58) Nam si illud priùs ( testamentum ) culpâ vacassct , non utîquè secundi locus inquireretur. Vilupérans enim eos dicet : Ecce dies veniunt, dicit Dorninus , et consummabo super domum Israël , et su-^ per domum Juda testamentum novum , non secundùm testamentum quod feci patribus eorum, in die quâ apprehendi manum eorum, ut educerem illos de terra ^gypti, quoniam ipsi non permanserunl in lestamento meo. Et ego neglexi eos, dicit Dominus. Qnia hoc est testamentum quod disponam domui Israël post dies illos , dicit Dominus , dando leges meas in raenlem eorum ; et in corde eorum superscribam eas ; et ero eis in Deum ; et ipsi erunt mihi in populum. Et non docebit unusquisque proximum suum , et unusquisque fratrem suum , dicens: Cognosce Dominum ; quoniam omnes scient me à minore usquè ad majorem eorum; quia propitius ero iuiquitatibus eorum , et peccalorum eorum jam non memorabor. Dicendo auteui novum, Teleravit priùs, quod autem antiquatur, et senescit propè interitum est. (Hehr. vm. 7 et scq.)
ao€ TA3LC.
(59) DÎTcrsa nonsunt (duo testatnenta ) quia novum Tetei'is adimpletio est ; et iuu troque idem testator est Cbristus, qui pro nobis morte susceptâ , nos haeredes regni aetemi'fecit, abdicato et ex hseredato populo Judaeorum, sicut Hieremias propheta testatur, cùm loquitur talia : Ecce dies veniunt , dicit Dominus , eic, (Laciantius, divin, Inslit, , UB, ir , cap. 'io.J
Abiit ergo ille dies Testament! Yetcri s ; venit dies navus , quo testaroentum consummalum est noTum, de quo dicit : Ecce dies veniunt, dicit Dominas /et conjinnaho domui Israël et domui Juda Tesiamen' tum noimm, non secundàm tesiamentum quodjeci patribus eorum, in die qua apprehendi maniun Jpsomm , educere iUos de terra Mgypti. Et quâ ratione mutalum sit testamentura , adjecit : Quoniam ipsi non manserunt in testamento meo ; et ego neglexi eos, dicit Dominns. (S, Ambrosius , episL zliv Ho^ rentiano, n^ i5.J
Quid igitur Jeremias inquit: Disponam iwhis tes^ tamentum novum* Vides et no?i nomen in Teteri ; tides et ipsam appellalionem tôt antè annis effulsisse; Disponam vohis tesiamentum novum, Sed undè videamus quod et Têtus ipse dederit ? cùm dizisset : Dis-' ponam vohis tesiamentum novum, adjecit: Nonjuxtà testamenium quod disposui patribus vestris, (S, Jean, Chrysost. , de Pœnitentiâ^ homil. vi, n» 4- )
(60) Non est mibi yoluntas in vobis , dicit Dominas exercituum , et munus non suscipiam de manu vestrâ. Ab ortu -enim solis usquè ad occasum , magnum .est nomen meum in gentibus : et in omni loco sacrificatur et ofTcrtur nomini meo oblalio inunda;
' quia magnum est nomen meum in gentibus, dicit Dominus exercituum. fMalach. i, 10, ii,J
(61) Hinc de sacrificiis quidem qusB tune à TC^is ofTerebanlur, sic Deuâ, ut jam dixi, per Malachiam
unam ex duodecim loquitur : Non est voiuntas mea in vobis , dicii Dominus , et sacrijicia non suscipiant de manibus vestris : proplereà quod ab ortu solis usquè ad occasum nomen meum glorificaium est.in gentibus ; et in omni loco offerlur incensum nomini meo et victima pura , quoniam magnum est nomen meum in gentibus , dicit Dominus ; vos aulem illud projanalis» De iis autem quse in omni 4oco à nobis gentibus oiferuntiir ei sacriticiis , hoc est de pane eucharistisB ; jam tùm prsedicil; illud etiam addens nomen suum à nobis glorifioart , à vobis autem profanari. fS, Justinus , DiaL cum Tryphone , cap. xu.J
(62) Vis et ut alios prophetas in te armem , qui })oc ipsum aperlè dicunt futurum , ut vestra finem sortiantur, nostra autem efflorescant ; totoque orbe terrarum propagelur Christi prseconium , aliudque sacrificiorum genusinducatur, iisquaeapud tos fuerunt abrogatis. Audi igitur M alachiam , qui caeteris prophetis fuit posterior : Nondùm enim Isaïœ aut Jeremise produco testimonium , nequè cujusquam aliorum qui praecesserunt captivitatis tempus , ne dicere possis hœc mala quse prœdixerunt , accidisse in captiviiate; sed adduco prophelara qui fuit post reditum ex Babylone , ac post civitatis instaurationem deque rébus vestris apertè vaticina tus est. Etenim postquàm rediissent , ac , restitutâ civitate , templum extruxissent , sacrifîciaque peregissent , banc praesentem desolationem prœdicens , futuramque sacrificiorum sublationem , hoc pacto ex personâ Dei loquitur Malachias : Si accipiam faciès vesiras, dicit Do^ minus omnipotens , quoniam ab ortu solis usquè ad occasum nomen meum gloHficatus esi inter gentem, et in omni loco ineensum offertur nomini meo,, et sa" crificium purum, ^os autem inhonorasiis illud. Quaod6 hœc evenerunt, Judeoe? Quando in omni loco in-