‹ Dissertation sur les prophétiesChapitre 8 sur 50 · IV · texte numérisé non relu

IV

Prophéties d^Aggée et de Malachie , sur le second temple où doit venir le Messie.

I. Je réunis ici deux prophéties, parce qu'^ayant évidemment le même objet , elles se donnent du jour Tune et l'autre.

Aggée prophétisait à Jérusalem , peu après le retour des Juifii dans cette ville , sous l'autorité de Zorobabel , petit-fils de Jéchonias , etde Jésus, fils de Josédec leur grand prêtre , d'après la permission que leur avait accordée Cyrus. Découragés par les obstacles qu'ils éprouvaient pour la reconstruction de leur temple, les Juifs disaient qu'il n'était pas encore temps de le rebâtir (200). Pour les y exhorter , Dieu suscite le prophète Aggée qui lès y excite, en leur demandant s'il n'est pas honteux pour eux d'habiter dans des maisons lambrissées, tandis qu'ils -laissent la maison du Seigneur abandonnée ; et qui les encoui^age à la construction , en leur assurant

que Dieu sera avec eux , et que leur ouvrage lui sera agréable (201). Pour relever leur courage, il leur propose un dernier motif; c est la prophétie dont il s'agit, en voici les termes : Parce que voilà ce que dit le Seigneur des armées : Encore un peu de temps , et je remuerai le ciel et la terre , et la mer et la terre; et je mettrai en mouvement toutes les nations; et le désiré de toutes les nations viendra ; et je remplirai cette mai-son 'de gloire , éUt le Seigneur des armées. L'argent est à moi, et l'or est à moi, dit le Seigneur des armées. La gloire de cette nouvelle maison sera plus grande que celle de la première, dit le Seigneur des années; {et dans ce lieu je donnerai la paix (202).

Malachie, le dernier des prophètes , et postérieur à Aggée de près de quatre-vingts ans , a aussi une prophétie relative au même objet. P^oilà que j'envoie mon ange , et il préparera la voie devant ma face. Et aussitôt viendra à son temple le dominateur que vous cherchez j et l'ange du Testament que vous désirez : voilà qu'il vient, dit le Seigneur des armées (2o3).

11 est évident qtie c'est ici une prédiction , qu' Aggée et Malachie annoncent la venue d'un personnage important ; il ne s'agit que d'en faire l'application, et de montrer que

ce sont des prophéties accomplies littéralement et avec toutes leurs circonstaaces , dans la personne de Jésus-Christ : pour le prouver, j'établis trois propositions.

lO Le personnage annoncé dans ces pro* pHéties est le Messie.

a<> Ce personnage est venu depuis Tongtemps.

30 Jésus-Christ seul réunit tous les caractères de la venue de ce personnage.

II. Première proposition. Le personnage annoncé par Âggée et par Malachie , est le Messie.

Ces deux prophètes présentent diverses qualités du personnage annoncé , et diverses circonstances qui doivent accompagner sa venue, lesquelles ne peuvent convenir qu'au Messie.

lO U est appelé par Aggée , le désiré des nations ; et Malachie dit qu'il est l'objet des désirs de la nation juive. De ces deux quâliilcations> la première est employée dans plusieurs endroits de l'Écriture i pour expi*imer le Messie. Nous avons vu Jacob se servir de cette expression en l'annonçant à son fils Juda; et auparavant, Dieu s'énonçait à- peuprès de même quand il promettait aux patriarches que dans un de leurs descendants, seraient bénies toutes les nations. Isaïe pré-

disant lé Messie , le présente aussi avec ce caractère (ao4)* La seconde désignation est , s'il est possible, plus positive encore et plus claire. Quel est le personnage que les Juifs désiraient avec ardeur, attendaient avec impatience, sinon le Messie, objet encore actuellement de tous leurs vœux ?

ao Le personnage annoncé est appelé par Malacbie, le dominateur, Tange, pu, selon la force du mot, l'envoyé du Testament. Les Juifs reconnaissent si bien que ces dénominations sont propres au Messie , qu'ils emploient tous les jours dans leurs prières , les expressions de cette prophétie , pour demander sa venue. Et en effet , c'est un envoyé de Dieu qui est exprimé par le mot Vange du l^estament. Or, quel autre envoyé divin que le Messie , peut être appelé le dominateur par excellence , le dominateur désiré ?

30 A l'arrivée de ce personnage , Dieu mettra en mouvement le ciel et la terre , et agitera toutes les nalions. Il est assez souvent ' fait mention dans l^criture , de cet ébranlement , soit du nionde , soit des nations ; et c'^^t toujours pour annoncer des prodiges extraordinaires et des événements de la plus haute importance. A quel autre qu'au Messie, de si magnifiques expressions peuvent-elles convenir ? Quel autre pourra soulever l'uni-

vers, et mettre en mouvement toutes les nations , que celui qui , selon les autres prophéties et toutes les traditions des Juifs, doit réunir à lui les nations , et les soumettre à sa loi ?

40 Le dominateur souhaité , cet ange du Testament, ce désiré des nations, cet homme dont la venue mettra l'univers en mouvement, doit venir dans son temple. De qui poun*ait-on dire que le temple est le sien , sinon du personnage le plus considérable qui puisse exister ?

50 En conséquence de ces événements , Dieu remplira ce second temple de gloire , et cette gloire l'emportera sur celle du premier. Je dis que c'est une conséquence de la présence du Messie dans ce second temple. D'abord, la suite du texte parait l'indiquer, puisque c'est immédiatement après avoir dit que le désiré des nations viendra , que le prophète ajoute que le temple sera rempli de gloire. Ensuite , il est certain qu'à tous les autres égards, le temple de Salomon l'emportait de beaucoup sur celui de Zorobabel ; il manquait à celui-ci beaucoup de choses qui relevaient l'éclat et la gloire de l'autre. L'arche d'alliance, la verge d'Aaron, l'urim et le tummim, les tables de la loi n'y étaient pas. Il n'était pas d'ailleurs, à beaucoup près,

décoré avec la même magnificence. Nous en avons la preuve au premier livre d'Esdras , où nous lisons que les anciens qui avaient va Tancien temple , pleuraient en contemplant le nouveau (205]. Les Juifs d'ailleurs en conviennent, et l'un d'eux dit que le temple de Salomon était autant au-dessus de celai de Zorobabel , que le soleil est au-dessus de la lune. Mais quelques-uns d'entre eux, pour détourner l'application de cette prophétie à l'apparition du Messie dans ];3 temple, ont avancé qu'Aggée, parlant prophétiquement, avait annoncé les embellissements dont Hérode devait un jour orner le temple. Mais d'abord, il n'est pas vrai que, même avec les décorations ajoutées par Hérode , le nouveau temple égalât la magnificence avec laquelle l'avait construit Salomon. De plus , ce qui manquait de choses saintes à ce temple , pouvait-il , aux yeux d'un prophète , être balancé par une décoration extérieure? Ce n*est point par ces vains embellissements que Dieu remplit de gloire un temple; et ce qui est ajouté au nom de Dieu , que l'or et l'argent sont à lui , achève de montrer que ce n'est pas de l'éclat des choses précieuses qu'on y verra, que le temple tirera sa splendeur.

60 II est dit qu'en ce temps Dieu donnera T. I. 9

la paix dans son temple ; et c'est encore un caractère donné au Messie , qu'il doi t apporter avec lui la paix. J'aurai occasion de prouver cette vérité par plusieurs textes des prophètes qui présentent le Messie comme un dominateur pacifique (206). Je ne les rapporte pas encore ici pour éviter les répétitions. Quelques rabbins ont cru expliquer celte prophétie à l'avantage de leur système, en disant que c'est au temple lui-même que Di^u promet la paix. Mais, outre que cette interprétation n'est nullement fondée Sur les paroles du prophète , et fait manisfestement violence au texte sacré , elle est contraire aux faits , puisque ce temple fut profané plusieurs fois , spécialement par Antiochus et par Pompée,

11 est donc certain en premier lieu, contre les Juifs, que ces deux pi^ophéties annoncent le Messie , et que les efforts de quelques-uns d'entre eux pour les détourner à un autre objet, sont inefficaces.

III. Seconde proposition. Le personnage annoncé dans ces prophéties , lequel est le Messie , est venu depuis long-temps.

Les deux prophètes déclarent positivement que le désiré des nations , le dominateur souhaité parles Juifs viendra dans le temple qui se bâtissait du temps de l'un , et qui ve-

naît d'être reconstruit du temps de l'autre; il devait donc paraître pendant la durée de ce temple. Or, depuis plus de dix-sept cents ans ce temple est détruit. Il est donc évident que , selon la teneur de ces prophéties , il y a plus de dix-sept siècles que le personnage prédit, lequel, ainsi que nous l'avons prouvé, est le Messie ^ a paru dans le monde.

lYk « Cette simple, mais claire démonstra* ce tion a beaucoup embarrassé les rabbins ; la « plupart d'entr'eux , forcés de reconnaître ce que les prédictions d'Aggée et de Malacbie cr sont des prophéties du Messie, disent que « ce n'est pas dans le second temple bâti par et Zorobabel que le Messie doit venir , que « c'est dans un troisième qu'il élèvera luicr même. Ils prétendent que ^ dans tout le ce chapitre cité, Aggée est occupé à rabaisser « la gloire du temple qui se construisait , u afin dé relever la splendeur de celui que « doit un jour édifier le Messie » .

Ce n'est pas là une interprétation , c'est une contradiction formelle du texte prophétique, lïon- seulement Aggée ne cherché point à rabaisser la gloire du temple qui se construit; mais au contraire , comme nous l'avons fait voir par des textes positifs , afin d'encourager le prince, le grand-prêtre et tout le peuple à la reconstruction, il relève

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la splendeur de ce nouveau temple par diverses considérations , et spécialement par la personne du Messie dont il sera honoré. Ce n'est pas à un troisième temple qu'il compare le second, c'est au premier. Les paroles sont expresses : la gloire de cette maison nous^eUe sera plus grande que celle de la première. Gomment a-t-on pu imaginer qu'il parle d'un temple qui sei*a bâti après une longue suite de siècles , quand , à la vue de l'édi-^ fice qui s'élève actuellement , il dit : je remplirai cette maison-ci de gloire ; je donnerai dans ce lieu - ci la paiœ ; la gloire de cette maison nouvelle. Le mol ista répété jujsqu'à trois fois, montre évidemment que c'est l'édi^ fice actuellement sous ses yeux qu'il a en vue. L'assertion des rabbins , qui d'abord est purement gratuite , est de plus formellement démentie par le prophète lui-même.

V. Troisième proposition. Tons les caractères du personnage annoncé, sont réuni»

dans la personne de Jésus-Christ seul.

Pour se convaincre de cette vérité, il suiBt de reprendre les diverses circonstances prédites par les deux prophètes , et de les rapprocher de la vie de Jésus-Christ.

lO Immédiatement avant l'apparition du personnage annoncé, doit venir un ange, ou, selon la signification de ce mot , un envoyé

qui préparera les voies devant lui. Jésus- Christ a eu un précurseur qui a déclaré qu'il n'avoit pas d'autre mission que celle-là.

20 11 est dit qu'à l'arrivée du désiré des nations , le ciel et la terre et tous les peuples seront mis en mouvement. Si on veut , selon le style ordinaire des saintes Écritures, entendre ces paroles en général d'un grand, important et extraordinaire événement , il est certain qu'il n'y en a pas eu de plus admirable depuis la création, que l'incarnation du Verbe ; qu'il n'y en a pas eu dont les conséquences aient eu une pareille étendue , surtout dans l'ordre de la religion , et aussi sous le point de vue civil. Mais on peut même prendre ces expressions dans le sens le plus strict. L'histoire évangélique nous montre à la venue de Jésus-Christ , le ciel s'ébranlant , et les anges dœcendant pour l'annoncer à la terre ; à son baptême et à sa transfiguration , des voix célestes le proclamant le fils bien aimé du Très-Haut ; à sa passion, le soleil s^obscurcissant; au terme de sa mission, les oieux s'ouvrant pour le recevoir. La terre et les nations ont été aussi mises en mouvement, lorsqu'à la prédication de son Évangile , elles ont abandonné leurs frauduleuses superstitions, et sont accourues se ranger sous sa loi.

IQO DISSERTATION

30 Malachie prédit un dominateur. A qui ce titre peut^il être plus justement appliqué qu'à Jésus-Christ universellement adoré ?

i^ VAnge ou l'envoyé du Testament est ailssi annoncé par ce prophète ; et cette qualité convient encore merveilleusement à Jésus-Christ qui en a donné au monde un nouveau.

50 Ce dominateur, cet ange du Testament doit venir dans ce temple et dans son temple. Que Jésu9-Christ ait paru dans le temple de Jérusalem , c'est un fait hors de doute ; et nous disons, avec M alachie, que c'est dans son propre temple qu'il est venu , puisqu'il est le Dieu qu'on y adorait.

6<> Un dernier caractère de ce grand personnage, est qu'à sa venue , Dieu devait donner la paix ; et c'est le dogme fondamental de notre religion , que son divin auteur a réconcilié sur la croix le ciel avec la terre (207). On peut ajouter avec vérité qu'il a apporté la paix encore en ce sens , qu'il est venu prêcher l'union des cœars , la charité fraternelle, et éteindre toutes les inimitiés par son précepte tout nouveau de l'amour des ennemis.

Il reste donc démontré que dans ces deux prophéties d'Agréé et de Malachie , il n'y a pas un seul mot qui ne s'applique avec une

entière exactitude à notre divin Sauveur: j'ajoute que ces deux oracles ne se trouvent réalisés que dans lui. Et en effet, que l'on nous cite un seul personnage qui ait paru pendant la durée du second temple, et qui réunisse tous ces divers caractères ?

c< Les Juifs ont fait tous leurs efforts pour « le trouver , et enfin quelques-uns d'entre « eux ont imaginé de faire l'application de M ces prophéties , ou à Judas Machabée , a parce qu'il purifia le temple , ou à Simon ce son frère, parce qu'il eut un gouvernement ce pacifique. »

Mais ^ je ne crains point de répéter ici ce que j'ai dit ailleurs. Pour appliquer une prophétie à une personne ou à un fait, il ne suffit pas de montrer une analogie quelconque entre cette personne ou ce fait et quelqu'une des particularités de la prophétie ; il faut faire cadrer la totalité de la prophétie avec la personne ou le fait ; il faut montrer , comme nous faisons , que toutes les circons* tances énoncées dans la prophétie conviennent à la personne ou au fait: si quelques-uns des caractères , surtout si les caractères principaux , si presque tous les caractères ne sont pas applicables , l'application est évidemment fausse. Judas Machabée a purifié le temple profané par Antiochus , mais ne

SOO DISSERTATION

lui a pas donné une gloire plus grande que celle du temple de Salomon. Simon son frère a gouverné pendant la paix , mais il a cela de commun avec plusieurs de ceux cpii avaient gouverné depuis le temps d'Arta-xerxès jusqu'à celui d'Anliochus. Qu'on nous dise en quel sens on peut donner à Judas ou à Simon, les titres de désiré des ^nations , d'ange du Testament ? Gomment on peut dire qu'ils sont venus dans leur temple ? Quel est le précurseur qui a préparé les voies devant eux ? Quel !mouvement ils ont im* primé au ciel, à la terre, à toutes les nations?

VI. Ainsi, nous adressant d'abord aux Juifs , nous leur disons : d'après ces deux textes des livres saints dont vous reconnaissez l'autorité sacrée , le Messie attendu par vos pères a dû venir pendant la durée du second temple : votre attente actuelle est donc une illusion. Ce Messie a dû réunir des caractères que nous voyons tous réalisés littéralement et pleinement dans la personne de Jésus-Christ , et qui ne l'ont été que dans lui; Jésus-Christ est donc votre Messie.

Nous retournant ensuite vers les incrédules , nous leur disons : les textes d'Aggée et de Malachie sont évidemment des prédictions ; ce sont des prophéties divines , si d'une part, elles ont été exactement accom-

plies , et si de l'autre, leur accomplissement n'a pu être ni préyu par la perspicacité humaine, ni effectué par le hasard. Mais lo comment prétendre qu'Aggée et Malachie pouvaient prévoir, à la distance de tant de siècles, des événements qui étaient de leurs temps, si éloignés de toute probabilité? 20 II serait également ridicule de soutenir que c'est au hasard et en l'air, qu'ils ont fait leurs prédictions; et qu'ensuite un concours d'autres hasards a fait concourir avec les prédictions , non-seulement le fait principal , mais toutes les diverses 'circonstances prédites, et de la manière dont elles étaient prédites. 3» Nous voyons cependant l'accomplissement entier et littéral, jusque dans les plus petites particularités , de ces deux prédictions dans la personne de Jésus-Christ; donc il est incontestablement l'objet de prophéties divines ; donc sa mission est divine; donc sa l'eligion est divine.

Conséquences et confirmation des paragraphes précédents.

I. Sx nous avions une seule prophétie qui fix&t l'époque de la venue du Messie à un

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temps passé depuis plusieurs siècles , nous aurions déjà une preuve très -forte contre les Juifs, et nous pourrions leur dire avec vérité : comment pouvez-vous persévérer encore dans votre attente du Messie ? elle est fondée sur les prophéties qui l'annoncent , et voilà une prophétie qui vous montre qu41 a dû venir depuis long-temps. Ainsi , le motif même qui l'a fait attendre à vos pères, doit vous persuader qu'il est venu, et vous faire sentir l'illusion' de votre attente actuelle. Mais , ce que nous leur disons est bien plus fort encore : ce n'est pas une seule prophétie, ce n'est pas une seule indication du temps où leM^8iedoitvenir,quenousvou9présentons; c'est une suite d^oraclessacrés, c'est une diversité d'indications faites en différents temps et de différentes manières, qui, par un merveilleux concert , tombent au même temps et désignent une seule et même époque ; et cette époque est justement celle où Jésus-Christ est donné au monde. Le sceptre sort de Juda; les soixante-dix semaines expirent ; la quatrième monarchie domine la terre; le temple de Zorobabel est renversé, précisément au même moment, et au moment de la venue de Jésus-Christ. Nous conduirons en leur disant : si vous ne croyez pas à vos prophéties, comment pouvez-vous attendre le Messie ?

SUR LES PROraÉTIES* lo3

si VOUS y croyez , commeiit encore pouvez* vous Tattendre ?

Ce n'est pas tout. Outre cet étonnant concert entre les diverses prédictions sur le temps où doit paraître ce grand personnage, les prophéties rapportées offrent un rapport plus admirable encore des divers caractères qu'elles lui donnent. C'est une multitude de qualités et de circonstances prédites à des temps si éloignés les uns des autres , qui toutes , sans exception , viennent exactement se réunir dans la personne de Jésus-Christ. Nous proposons, et aux Juifs, et aux incrédules, ce merveilleux concours de particularités annoncées de plusieurs manières différentes; et nous défions les uns et les autres d'expliquer comment il a pu être si positivement prévu et si littéralement effectué, sans la prescience et sans la puissance divines. Ce fut manifestement un dessein de la providence divine qui , en montrant à divers prophètes, sous diverses formes, l'époque où devait arriver le Messie , leur révéla en même temps beaucoup de détails qui le concernaient, afin que le rapprochement de toutes ces prophéties , leur accord dans leur diversité , la réunion en un seul point de tant de traits de lumière partant de points si éloignés, éclairassent vivement tous les

ao4 DISSERTATION

esprits , et 6ssent reconnatire ayec certitude l'envoyé céleste. ,

II. Pourquoi donc, disent les incrédules, si des prophéties aussi claires annonçaient le Messie à une époque déterminée , le Messie , à cette époque, n'était-il pas universellement attendu par les Juifs ? Nous avons , vers ce temps-là, deux écrivains juifs célèbres, qui n'auraient pas manqué de parler de cette attente des Juifs , si elle eût été réelle; ce sont Philon et Josephe.

III. L'assertion que l'on oppose à notre preuve, devient elle-même , par sa fausseté , une confirmation de notre preuve. Ce qiii achève de prouver la vérité et l'évidence des prophéties sur l'époque de la venue du Messie , c'est qu'au temps de Jésus-Christ , on était généralement persuadé parmi les Juifs que cette époque élait très-prochaine, et que ce personnage si souvent promis , si longtemps attendu , si vivement désiré , était enfin prêt à paraître : nous en avons des preuves convaincantes dans l'histoire évangélîque, dans les écrits des Juifs ^ et dans ceux des païens.

Nous voyons dans ITÊvangile, non-seulement le vieillard Siméon qui avait eu une révélation particulière , compter avec confiance qu'il verrait le Messie avant sa mort ,

Sun LES PROPHÉTIES. 2o5

mais d'autres encore être dans la même at* tente, puisque la prophétesse Anne, ayant eu le bonheur de voir Tenfant Jésus, parlait de lui à tous ceux qui attendaient la rédemp^ lion d Israël (208). Hérode, troublé de Tarrivée des mages , demande où doit naître le Christ (20^). D'après cette opinion de la prochaine venue du Messie , Philippe dit à Nathanael, qu' il a trou vé dans Jésus de Nazareth , celui qu'avaient prédit Moïse et les prophètes (210). Émerveillés des vertus de St. Jean* Baptiste , les Juifs envoient une députalion pour lui demander s'il est le Christ (an). A quelque temps de là , ils font , dans diverses circonstances, la même question à Jésus-Christ (212). La Samaritaine dit en propres termes que le Messie vient, qui enseigm^era toutes choses (21 3). On était tellement persuadé, à cette époque, que cet envoyé céleste si désiré apparaîtrait bientôt, que l'on vit alors plusieurs imposteurs ^ profitant de cette opinion , essayer de se faire passer pour lui , se faire des partisans , et exciter des révoltes contre les Romains. Les actes des apôtres etPhistorien Josephe font spécialement mention de Judas le Ganlonise et de Theudas qui , sous ce titre imposant, avaient eu des sectateurs (214)- On sait que ce fut en se donnant pour le Messie, que Barcochebas

ao6 DISSERTATION

suscita la guerre qui fut si funeste à sa nation. Grotius cite un docteur hébreu , nommé Nébémiah , antérieur de cinquante ans à Jésus-Cbrist, qui disait que la venue du Messie ne pouvait pas être différée plus de cinquante années. Le rabbin Manasseh-Ben- Israël rapporte que, dans le temps de la guerre de Yespasien, plu5ieui*s Juifs attendant alors Tévénement prédit par leurs prophètes, se rendirent volontairement aux Romains ; que d'autres , au contraire , dans la persuasion que le Messie viendrait lorsque le temple était encore debout , et à l'expiration des soixante-dix semaines , se consolèrent , jusqu'à la fin , des malheurs de la guerre (21 5). On nous oppose le silence de Philon et de Josephe. J'ai déjà répondu à cette dii&culté ; j'ai montré les raisons qui avaient dû engager Philon à ne pas parler du Messie , et qui auraient pu y engager aussi Josephe; mais j'ai rapporté un passa* ge de ce dernier historien , où il dit en propres termes que « ce qui porta principaletc ment les Juifs à s'engager dans cette maU ce heureuse guerre, fut l'ambiguité d'un H passage de l'Écriture, qui portait que l'on « verrait, dans ce temps-là, un homme de (c leur contrée commander à toute la terjre K (216). » Ce n'était pas seulement parmi

les Juifs qu'était établie cette persuasion de la prochaine apparition du Messie ; elle s'é« tait répandue dans tout TOrient où ils Pavaient portée ; et il fallait qu'elle fût bien générale et bien forte, puisque deux auteurs païens qui ont écrit vers ce temps l'histoire de leur pays, ont cru ne pouvoir s'empêcher d'en faire mention. Suétone rapporte que c'était une tradition ancienne , constante, publique dans tout l'Orient, que de la Judée sortirait , à cette époque , un dominateur ; et Tacite dit que c'était d'après les livres des prêtres que cette persuasion s'était répandue (217).

Ainsi concourent merveilleusement ensemble les prophéties sur le temps où devait venir le Messie , et l'opinion générale au temps marqué par les prophéties. Les prophéties avaient fondé la persuasion, et la persuasion fixait le sens universellement reconnu des prophéties.

'i mfm^i

^i) Opk&A quae dédît mihi pater ul perficiam ea: ipsa opéra quœ ego facio , testimonium perhibent de me, quia pater misit me. (3oan. , v. Z6.J

(a) Scrutamini scripturas , quia vos pulalis in ipsis vitam habere; et illœ sunt quae testimonium perhibent

de me Si enim crederetis Moysi , crederetis

forsitan et mihi ; de me enim ille scripsit. (ïbid,

(5) Viri Israélite, au dite verba hssc : Jesum Naza* renum Tinim approbatum à Deo in yobis, virtutibus et prodigiis , et signis quaa fecit Deus per illum in medio Testri, sicut et yosscîtis. (Act. 11, ^1.)

(4) Qucni Deus suscitayit solutis dolorîbus infemi juxtà quod iropossibile erat teneri illum ab eo.

(5) David enim dicit in eum : providebam Domi-num in conspectu meo semper, quonîam à dextrjs est mihi ne commovear. Propter hoc Isetatum est cor meum; insuper et caro mea reqi;iiescet in spe; quoniam non derelinques aniraam meam in inferno ,

nec dabis sanctum tuum yidere corruptionem

Propheta igitur cùm esset, et sciret quia jurejurando jurâsset ilU Deus de fructu lumbi ejus sedere super sedem ejus, providens loculus est de resurreclione Christi , quia neque derelictus est in inferno , neque caro ejus yidit corruptionem : hune Jesum ressuscita*

KOTES* ao9

vit Deus, eu jus omnes nos testes surrtus. (Ibid. a5,

(6) Auctorem Yer6 vitse interfecistis , quem Deus suscilavit à morluis ; cu)t]s nos omnes testes sumus.... Deus autem quae pronantiavit per os omnium prbphetarum pâli Cbristum suum , sic impleyit. (AcL m, i5, 18.;

(7) Moyses quidem dixit: quoniam prophetam snscitabit Tobis Dominus Deus rester de fratribus veslris, tanquàm meipsum audietisjuxtaomnia terba quttcumque locutus fueritTobts. (Ibid. Hi.J

(8) Et omnes prophelae à Samuel , et deinceps , qui locuti sunt, annuntiayeruntdiesistos.(7&{<f. aS.J

(9) Voyez spécialement act. ziii, 96 et seq. xtlt, 2 et 3 ; XYiii ; 26 xxviii. 23 hebr. i , i et 2 ; i, Pctr. 1 , 10 et seq. , etc.

(10) Adjicio doctrinam christianam suâ quâdam ratione demonstrari. Divina est hsec ratio , et ad eam Grsecorum dialectica ne comparari qaidem potest. Illam sitam esse docet Apostolus in osiensione spiriiûs et virtuiis, Spiritûs quidem, propter propbetias quarum omnium perspicuitas et eyideÂtia quemvis lectorem persuadere potest , ut ea praesertim credat quœ ad Gbristum pertinent; Virlutis autem , propter miracula, quorum patrandomm yim ac potcstatem penès christianos esse, eàm ex multis aliis, tùm indè maxime efficitur quôd eomm adhuc supersint restigia apud eos qui ex legis cbristianae pi^ceptis titam suam moresque exigunt. (Origenes contra Célsum, lih, I , n» 2. )

Nam propbettSB omnes antequàm nasceretur edttae, cultum illius eommendabant. Sed et miracula quae fecit, non arte magicâ , ut existim^t Geisus , sed di?initate à prophetis pra&dicta , à Dec testimontum liabuerant. (ïbid, lib. viti, n» 9.J

(11) Ëxceptis enim tôt et tantis miraculis qaâe per- TI. 9.

aïo NOTES,

suaserunt Deum esse Christum , prophétise quoque diyinâ ûde dignissimae prsecesserunt , quœ in illo , non sîcut à patribus adhuc creduntur implendœ , sed demonsU*antur impletœ. fS. jiugustùius de civiL Dei, lib. XXII , cap, 6 , n<* i,J

(12) Jàm igitur tempus est, 6 Gi^ci, ut ex hîstoriis ex ternis persuasi , Moysen et cœteros prophetas, niult6 iis omnibus qui sapientes apud tos habili sunt antiquiores esse, ab antiquo majorum errore disce* datis, ac di?inas propbetarum legatis historias, verainque ex hujusinodi scriptoribus religionem discatis. (S. Justifias i cohort. ad Grœcos , cap. 35. J

(i3) Aaron frater tuus erit propheta tuus. (Exod. TII, I J

(i4) V. I , reg. X , 5 et seq. xtiii , 10. )

(i5)V. 3, reg. xx, 35, 4î reg. 11, 3 et seq.; ly, 38. V.21 ,vi; I, IX, I.)

(16) Multa medici, multa gubematores, agricolsB etiam multa praesentiunt; sed nullum eorum di?ina« tionem voce , ne illum quidem quo ab Anaximandrô physico moniti sunt Lacedemonii , ut urbem suam et tecta linquerent, armatique in agro excubarent, qu6d terrse motus instaret : tùm cûm urbs tota corcuit, et ex monte Taygeto ex tréma montis quasi pùppis avulsa est. Nec Pberecydes quidem illi Pythagorœ magister potiùs divinus habebitur quàm physicus , qui , cûm yidisset haustam aquam de jugi puteo» terrs motus dixit iustare. (Cicero de divinaL, lib. i, cap, 5o,J

Quœ praesentiri, aut arte, aut ratione, aut usu , aut conjectura possunt , ea non diyinis tribuenda , sed peritis. (Ibid, , lib. n , cap. S.)

(17) CognoTit enim Dominus omnem scientiam , et iuspexit in signum aevi; annuntians quas prasterierunt, et quse superyentura sunt reyelans yestigia occul torum. (EccL xu, 19.J

NOTES. 2 i 1

Ad praescienliam Dei pertinet , cui omnia futur a

jàm facta sunt , et antequàm fiant universa sunt nota.

fS. Hyeronimus comment, , in episL ad Ephes, , lib,

I , cap, i,J (i8) Voltaire, philosophie de Thistoire, chapitre

XXXI , des oracles.

(19) Et si multitudinem scientiœ desiderat quis, scit praeterita et de futuris aestimat, sclt Tersutias sermonum et dissolu tiones argumentorum , signa et monstra scit antequàm fiant , et eyentus temporum et sœculorum. (Sap, tiii , 8. J

Projiciunt autem scripturse quse illum praedicant , deos graecorum. Simulabunt, inquit, gentesdeos suos, et ipsinon sunt dii. Quorum autem dii non sunt dii , horum nec va tes prophetae sunt yeritatis, nec eorum praedictio inevitabilem et yerum habet eventum. Quemadmodùm enim procul sunt à yerâ deitate, ita et à futurorum praecognitione. (Quœstiones ad or^ thodoxum, quœst, i^Q»)

(20) Annuntiate quae ventura sunt in futurum^ et sciemus quia dii estis vos. ^Zs. , xu , a3.^

Ego sum Deus , et non est ultra Deus , nec est similis mihi , annuntians ab exordio noyissiraum, et ab initie quae necdùm facta suut. fibid, , xlvi , 9 , 10. J

Non enim yolunlate humanâ allata est aliquandd prophetia , sed spiritu sancto inspirante locuti sunt sancti Dei homines. ("2 , Peir. 1,21,^

Hune { Moysen ) Deus diyîno et prophelico dona quod tune in sanctos homines sursiim descendebat , primum impertiyit. jEIunc primum religionis nostrae magistrum instiluit , ac deindè cœteros post eum prophetas qui et idem ac ille donum consecuti sunt , et nos eadem iisdem de rébus docuére. Hos religionis nostrae magistros fuisse dicemus, qui non ex humanâ cogitatione nos docuerunt, sed donc quod sursùmà Deo accepere. (S, Juslinus ad grœcos cohart, cap, x.J

2 1 a NOTES.

Quod quidem Dei opus est res, antequàm fiant praedicere, easque, quemadmodùm prsedictse fuerunt, ità factas eihiberi. (Idem, apel. i , cap. xn,J

Propria divinitatis nota est res futuras ità praedicere, ut prœdicandi ralio vires humanas superet. COH" gènes contra Celsum ,lib. ti, n® lo»)

Undè potuisset prophetare de Christo, nisi loquente spiritu sancto. (Idem in numéros, homil, xxYi, n» 3i.J

Usus est igitur fais legislator yerbis, quibus ei ut uteretur praeceptiim est. Erg6 yerba Dei sunt quse per oificium licet humani oris audita sunt. (S, Hila^ rius in psahn. cxyiii, litt. 17, n» 2.^

Officio quidem' oris sui propfaeta loquitur, sed cognîtione non suâ. Vox ista ejus est qui ait: Nemo nouit Pati^em nisi Filius , et cui volueHt Filius reve-^ lare. (Idem in psalm, czxxit.^ ^^ 1*)

Atque ut scias , imperator Auguste , Cbristum esse qui locutus est in prophetâ et in Evangelio , tanquàm in prœdestinatione Evangelii , per Esaïam dicit : Ipse qui loquebar adsum. Hoc est : adsum in Evangelio , qui loquebar in lege. (S, Jmbrosius dejide, Ub. 11, cap, 4» no Z'],)

Numqaid erraverunt prophetae, quoniam Dominus errare non potuit l sed in prophetis quoque Dominus locutus est, et ided nec illi errare potuerunt. (Idem expos, inEi^ang, Lucœ, lib, X, n» 11,)

Non enim prophètes yerba esse dicit, sed à Deo ubiversorum prolata. Ide6 non dicit : quod dictpm ' <êsi ab Isaiâ , sed quod diclum est à Domino. Os quippè erat Isaise , oraculum yer6 è supemis delatum. (S, Joannes ChrysosL in Matth. , homiL v, n<» 1.)

Ab initio considerate raundi qu6d prœter me, nuUus sitDeus, nec alius potuerit scire ventura, nisi ego qui per propfaetas nuntio quœ facturus sum ; ut, cùm prœdicta compley ero , diyinatioiie probem diyinita-

KOTES. 2ii

tem. Ego enim mysterium qaod retrd conctis generationibus fuerat ignoraium , im6 consilium meum staturum esse nuoc dico : ut, cùm illud yideritis effectum , nullum scialis Deum , nisi eum qui haec futura cognovit , im6 praecepit iîeri. {S. Hjrerordmus com-^ ment, in Isaiam, lib. xiii , cap, 47* J

Hic insinuatur nobis ea loqui prophetas Dei, quae audiunt ab eo ; nihilque aliud esse propfaetam Dei , nisi énuntiatorein yerborum Dei ( S, AUgusL quœst, in Exodum quœst, XYII. )

Quœramus ergo in hoc psalmo Dominum et SaWatorem nostrum Jesum Gbristum pronantiantem se , per banc propbetiam , et quid futurum esset in hoc tempore per ea quse pridem facta sunt, praadicantem. Ipse enim se in prophetîs proedicabat, quoniam îpse est yerbum Dei. Nec illi taie aliquid dicebant , nisi pleni yerbo Dei. Annuntiabant erg6 Ghristum pleni Chrislo ; et illi eum yenturum praecedebant , quos prsBcedentes non deserebat. (Idem enar. in psalm. cxLii n.« i,J

(ai) Multa igitur, et alia habentes prophetarum testin^nia quœ proferre possemus, fidem facimus. Cùm satis ista esse ad persuasionem arbitremur his qui aures ad audiendum et intelligendum idoneas habent , eosque perspicere posse existimemus , neqiiaquam nos, fabularum more, ea modo quse de opinatis filiis Joyis feruntur , dicere quidem , sed demonstrare non posse. ( S, Justinus apoL i. a cap, 53.)

(&2) Ne t\s erg6 incredulus; sed potiûs crede. Nam et ego non credebam id futurum , sed nunc credo, postquàm hatc attentiùs considerayi simul quôd in sacras scripturas incidi sanctomm prophetarum , qui per spiritum samctum , et prseterita eodem quo gesta sunt modo, et praeseûtia eodem quo geruntur, et futura eodem ordine quo perficientur. Cùm igitur ea qoss eyeniunt et praedicla sunt

2t4 NOTES,

demonstrationem mîhi exhibent, non tum incredulus , sed credo obtemperans Deo , cui tu quoque , ai vis, obtempéra , credens ei. (Théopkilus Antioch, ad Antofycwn, lib, i, cap, \^,)

( a3 ) Si ejusmodi tantùm rationibus nitamur , doctrina nostra non nullis humana crederetur ; sed propbetarum Tocibus argumenta nostra confîrmantur. ( Aihenagoras , légat, pro christianis , n® 9. )

(a4) ^^^ autem essé filium^et eum esse quem nos servatorem et dominum dicim^s , apertè diyinge ostendunt propbetisè bâc ratione : qui est grseco* rum et barbarorum Dominus persuadet hisquiyolunt. (S. CUtmens alex, siromaL lib, vu , cap. a. J

(25) Nam primum nostrum est uli propbetarum sermonibus, ut potè qui indè probamus, rood6 Jesum esse Ghristum quem praenuntiant , mod6 ex illorum scripiis oslendimus ea quae in iUo compléta esse narrant evangelia. (Origenes contra Celsum lib. i^n^ZS.)

(a6) PTemo asseveratloni nostrœ fidem commodet, nisi ostendero prophetas antè multam temporum seriem praedicâsse fore ut aliquandd filius Dei nasceretur sicut homo, et mirabilia faceret et cultum Dei per totam terram seminaret, et postremo patibulo figeretur, et lertiâ die resurgeret. Quœ omnia cùm probayero eorum ipsorum lîtteris, qui Deum suum mortali corpore utentem violaverunt, quid aliud obstabit quominùs veram. sapientiam clarum sit in bâc rellgione versari? (Lactân" tius divin, inslit, lib. iv, cap. 10.)

( 27 ) Apertè de Salvatoris praedicatur adrentu quod qui fulurus est , antequàm in corpore nasceretur, jam Tocatum est in scripturis nomen ejus , et cognitum propbetis et sanctis Dei , quia bomo sit. (S. Hyeroninuts comment, in Ecclesiasten.J

(28) Multùm au^em falluntur qui putant nos

HOTES. a 1 5

sine ullis de Christo indiciîs credere in Christam. Nam quse sunt indicia clariora, qnàm ea qus nunc TÎdemus pnedicta et implela ? ( .S. Augustinus defide eorum quœ non videnlur , çap, xii , n» 5. )

(aç) Manifestum est quia patriarch» et prophetae, qui etiam praefigurareruni nostram fidem, et disseminayerunt in terrâ adventum Filii Dei, quis^ ac qualis erit; ut qui posleriores erunt futuri homines habentes timorem Dei, facile susciperent ad fentum Christi , instrueti à lege. et prophetis. ( S, Irenœus cont. hœres lib, iv, cap, a3, n9 i.J

(36) Post haec, nescio qaomodè, yelutdatâoperâ, pnetermîttit argumentum quo maxime ea quœ ad Jesum spectant confîrmantur, nempè illum à ju« dâeorum prophetis, à Moyse et ab iis qui antè et post Moysen vixerunt, fuisse prœnantiatum. Opinor , non poluit refellere argumentum indè ductum , quèd nequeiudaei, neque ulla unquam haeresis, Ghristum prssdictum esse negaverint. C Origines contra Celsum lib, II, n» i5,J

(3i ) Neque meis ratiocinationibus attende sophismatis enim forte iliudi possibile. Yerùm, nisi prophetanim de re unâquâque acceperis testîmonia ^ his quœ dicuntur ne crede. Nisi de virgine, et de loco, et de tempore, et de modo didiceris ex diyinis scripturis , ne accipias ab homine testimonium. In eum enim qui nune adest et docet, potest quidem suspicionis non nihil cadere. At , eum qui antè mille et eô ainpliùs annos prophetayit, quisnam mente prœditus suspectum habere queat? (S. Cy rillus kierosoL cathech, xii , cap, 5.J

( 32 ) Et banc yocem nos audiyimus de cœlo allatam , cùm essemus eum ipso in monte sancto. Et babemus firmiorem propbeticum sermonem ^a petr, 1, iS, ig,J

( 33 ) Quis enim nostrûm non . miretur delatâ

2i6 NOTES,

Toce de cœlo ccrtiorem proplieticum sermonem ab apostolo dictum esse? Certiorem sanè dixit^ non ineliorem , non yertorem. Tàm enim verus ille sermo de cœlo , quàin sermo prophetieus , tàm bonus ^ tàm utilis. Quid est ergo certiorem, nisi în quo magis confîrmetur aaditor? Quare hoc? Quoniam sunt homines infidèles , qui detrahunt Cbristo , ut dicant eum. magicis artibus fecisse qoœ fedt. Possunt ergo infidèles etiam islam vocem delatam de cœlo, per conjecturas humanas et illicitas curiositates, ad raagicas artes referre; sed propbetae antè fuerunt; non dîco antè istam yocem, sed antè Ghristi camero. Nondùm erat bomo Christus, quand6 misit propbetas. Quisquis îgttur dicit magum eum fuisse, si ergo magicis artibus fecit ut coleretur et mortuQS , numquid magns erat antequàm natus ? Ëccè quare ait apostolùs Petrus : babemus certiorem propbeticum sermonem. Vox de cœlo ^ quâ fidèles admoneantur; prophetieus sermo quo infidèles conyîncantur. (S, Augustinus sermo xliii de verbis Isàiœ CLC de verbis apostoli xxvi , n® 5. ^

( 34 ) Prophétise sermo non nisi ad aliquem profectum audientium scriptus est, ut, aut scientiam doceat, aut ad yoluntatis innocentiam confirmer. (S. Hiîarius in psalm. lxi, n<» i. J

Cùm magnificentiae prophétie» magis dignum sit beata, et œtcma, et cœlestiia praedicâsse. (Idem in psaL Gxxii , n» Q. J

( 35 ) Priera ex tonc annuntiayi , et «x ore raeo exierunt ,'et audita feci ea repente. Operatus sum , et yenerunt ; sciyi enim quia durus es tu , et neryus ferreus ceryix tua , et frons tua œrea. Praedixi tibi ex tune antequàm yeniret ; indicayi tibi, ne forte diceres : idola mea fecerunt hœc et sculptilia mea et conflatilia mea mandayerunt ista. ( Is, x&Viir, 3,

lïOTES. 11^

Et Qunc dixi Tobts prius quàm fiât : ut cùm facium fuerit credaiis (Joan. xiv, 19.^

(36) Dcfecisti in mtiltitudioe consiliorum tuorum; stent et salvent te augures cœli, qui contemplabantnr sydéra, et supputabant noenses, ut ex eis aDuuDtiarent yentura tibi. Ecce factî sunt quasi stipula; igois combussit eos. fJs. xlyii, i5, t^.) Sed verus Deus ad significandas res futuras , non brûlis animantibus utitur, ne hominibus qùidem è Yulgo. Eligit ad banc rem sanctissimas purii^imasque animas, quas afflatsuo numîne/et fatidicas red* dit. Quarè si quid aliud in Mojsis lege dictum est admirabiliter , profectô ejusraodi sunt haec : ^^ec angur, nec haruspèx sit apud vos. Et alibi : Nam génies quas Dominus Deus tous delebil à fdcie tua ipsœ somnia et divinationes audierU : tibi autem non sic dédit Dominus Deus tmis. Et continenter : JPro» phetam suscitabit tibi Dominus Deus tuUs defra^ tribus tuis, Quin et Tolens ,Dens ut augur ipse ab augiirandi scientiâ averteret, fectt ut spiritus in augure diceret : Non et augurium in Jacob, nec divi' natio in Israël temporibùs suis dicitur Jacob et Is* raëliquidoperabitur Déus. (Origines contra Celsum, Ub, IV, no gS,J

(37) Non enim sumus ei , nos augures, qui avîum , reliquorumve signorum observaiione futurâ dicamus. Et taroen credo Romulum-, qui urbem auspicat6 condidit, habuisse opinionem esse in jprovideudis rébus augurendi scientiaro. Errabat enim raultis in rébus antiquitas , quam yel usu jam , vel doctrinâ , Tel yetustate , immutatam videmus. Retinetur autem, et ad opinionem yulgi , et ad magnas utilitates reîpublic», mos, religio, disciplina, jus augurum, coUegii antiquitas. Nec verd non omni supplicio digniP. Glaudiust L. Junius, consules, qui contra auspida navigarunt. Pareudum enim fuit religioni, T. I- 10

2t8 NOTES,

sec^trius mos tara contumaciter repudiandus. Jni^e igitur alter populi judicio damnatus est , alter mortem sibi ipse conscivit. (Cicero de Dwin., lib, il, cap. 33.)

(38) Loctitusque «st Dominusin manu servorum suorum prophetaram. ^4 ^^^' ^^*9 ^^0

Querniamodiim emm -faoïninos de <eœlo a£fari cùm posset, atque inertes et ignares deterrere , hoc ta^men non fecit , ^quia noyerat kominum natvram capere non posse. Sed raro et parce iUis apparuit-; ad y^identium captum appariiiones suas commetiens; et semper hominibus per homines leges pariter , hor-r tationesque ferens , prophetis sermônum suorum mî^nistrisusus est; ( Theodorelus , 6ermo yi, de Proifif dentiâ Dei.J

(39) Ide6 > quod Domînus propbetse dicit •: La^ queris verba mea ad eos , qutd aliud quam ejos ori frœnum moderaminis imponit, nequsepriùs intu$ non audiyit, foris dicere prœsumat ? Nain prephetse £alsi sua^ et non Dei yerba, loquebantur. ^i^. Gregorius Magnus in Ezeck., lib, i , homii. % ^n9 i^,J

. (4o) Et dixit Dominus ad me : Falso prophetae yaticinanturin nominemeo: nonmisi eos, et nonprascepi eis, neque locntus sum ad eos. Yisionem mendacem, et diyinationem et fraudulentiam, etseductienem cordis sui propbetant yobis. (Jérëm, xiy, i4* J

Non misi eos, ait Dominus , et ipsi prophetant in nomine meo mendaciter. (Ibid, xxvit, iB,J

Yident yana, etdiyinant mendacium ,^icentes , ait Dominus, cùm Dominus non miserit «os. (Ezech, xlii, 6 , et alibi passïm.)

(40 V. I Reg. XXVIII, 7; Act. xvr, 16.

(4^^) V. Num., cap. XXH, xxiii et xxiy. On présente aussi comme un exemple d\m homme criminel Caïphe, prophétisant que Jésus-Christ devait mourir pour son peuple. (V. Joan. xi , Sg et seq.) Mais il est impossible de regarder le mot de ce grand-prélre

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