‹ Dissertation sur quelques monumens antiques découverts à NéracChapitre 5 sur 8 · DITI P. M. O. DIIS M. Q · texte numérisé non relu

DITI P. M. O. DIIS M. Q

P. SAL. AVGG. IMP. C. TETRICI. P. F. P. M. PP, GALL. COND OCCID. VICT. PAC. RESTIT. Q. T. P. V. COS. V. CARIS. FIL IMP. C. PIVES.' TETRICI. G. B. AFF. HISP. BAT. Q. IMP. PROV DIST. ADIVNCT. AVGVSTOD. EXPVG. GOTH. GERM. DEVA ST. DIVI. CLAVD. CONSERT. IN. ILLIR. REIECT. PROFLIG. T. P. € OS. IL. FEL. FORTVNAQ NERONIS AQ. AQYIT. ST. MIL À CL TIB. DRVS NERONE D. S. CONST. L CEC. METEL CRETICO TETRICO CLAR. CECIL FAM. AVGG. MAT MAIOR. VILL S. COLLOC M VNIT ET ORN. DVM. TYRNN. INF BELL EVERSÆ. D. GOTH À DD NN. RENOVATAE. VET. F. HISP. EXER. INCOL NERAF AQVAE. P. F. AVG. TIT. DECOR. DIVAE CI. A. NERAF PIVES VIAE. AVG. P. VX. NOB. F. DIVI CLAVDIT SOR. FILIAE APVD VIIT. EQVAL. D. V. S. XXXI AN. C. CVNAB. S. SID. RECEP. MAT. P ATRON. CVSTQ EX CIV. VENERATAE. ATQ RPB. SPLAND T EMP. PROX. RED. DENIQ. PERP. TRANQ. CINER. OM. IMP. DI LAC. IACENTI F.8S. DELVBRI VII $. N..F. EGREG. M. À TVRIN. 10. DITIS FLAM. S. O. C. S. N. C. AVGG CONSANG. CONL. CVR PRES ID.S.F.PVBFF, ET MIST. PIAC. RITE. PPT. A. D. N. AVG. PONT MAX R. D FF, OM. Dilso. TEST. V. SAC. LAT. F CONS®. CONST. AN. CAP. OM PROV.. DISTRACT. REIPVB. DIVRNE RECONDERE PVRP. Q TOED SVMPT. V. S. CONTEMPTV DEPONERE. LVD. II. AN VRBIS

Rica R. G M XXVE Ms. K. AVGG. COSS. P. XLur EF, XXI À NAT

Le commencement de cette inscription rappelle en entier celui de la première dont je me suis occupé dans cette Dissertation : seulement , au nom de Dis, on a Joint l'épithète de Patri qu'il porte sur beaucoup d’autres monumens : on pourra donc lire ainsi cette ligne : DITI Patri, Maximo, Optimo , DIS MajoribusQue. La seconde ligne indique aussi, ainsi que les cinq qui suivent , que le monument a été élevé pour la conservation des Augnstes, Empereurs , Caius Tetricus , et Caius Pivesuvius Tetricus, son fils. Je crois pouvoir. dise

ainsi cette parie de l'inscription :

Pro SALute AVGustorum IMPeratorum Cai TETRICI, Pi, Fekcis, Pontificis Maximi, Patris Pairiae, GALLiarum CONDitoris , OCCIDentis VICToris, PACatoris, RESTITutorisQue , Tribunitiae Potestatis quinto, COnSulis quinto , CARISSimi FILi , IMPeratoris Caii PIVESuvii TETRICI, Germanici, Britannici, AFrica, HISPania , BATaviaQue IMPerii PROVincüs DISTractis ADJVNCTis , AVGVS-

"TODuni EXPVGnatoris, GOTHis, GERManis DEVASTatoribus ,

DIVI CLAV Di CONSERTO IN ILLYRiam REJECTis , PROFLIGaiis,

Tribunitiae Potestatis, COnSulis secundo.……

Les inscriptions expliquées dans le Rapport sur les monumens découverts à Nérac , donnent à Tetricus Senior le titre de fondateur de l'empire des Gaules (Galliarum Imperii Conditor). Ioi le titre est simplifié, mais n’en est pas moins majestueux. Dans ce monument , Tetrieus a l’épithète de Vainqueur de l'Occident, et ce n’est peut-être pas sans intention d’opposer ce titre à ceux qu'Aurelien prenait sur ses médailles , où on le voit nommé PACATOR ORIENTIS, RESTIT V- TOR ORIENTIS. Les épithètes de Pacator et de Restitutor, si communes sur les médailles du 3° siècle, et dans les inscriptions, avaient déjà été données à Tetricus par le médaillon en marbre que j'ai décrit (1).

Sur ce médaillon Tetricus Serior est indiqué comme ayant la puissance tribunitienne pour la cinquième fois , et comme, sur le marbre

(1) Suprà.

(31) que nous examinons en ce moment, la première inscription insérée dans cette Dissertation n’annonce que la troisième puissance tribunitienne de ce prince, il est probable qu'il en fut revêtu lors de son avénement que lon pourrait fixer , en prenant un terme entre les opinions de M. de Boze et d’Eckhel , vers la fin de l’année 1020. Tetricus aurait seulement été alors consul. En 1021, il l'aura été pour la seconde fois et aura obtenu, pour la première, la puissance tribunitienne. S'il avait eu cette dignité , sans interruption , depuis 1021 , la cinquième correspondrait à l’an 1025. Alors le médaillon orné des tétes des deux empereurs , et où Tetricus Senior est indiqué comme ayant aussi le consulat pour la cinquième fois , porterait évidemment la date de cette année. Mais, selon les inscriptions publiées dans le Rapport, Vempire Gaulois avait pour consuls, en 1025, Aelius Drusus et Maximinus Tetricus. Il faut donc placer à une autre époque la 5.° pufssance tribunitienne et le 5.° consulat de Tetricus , et l'inscription, objet de nos recherches, nous prouve que ce fut l’année suivante, en 1026. Le médaillon est donc du même temps; et, à l'aide des diverses inscriptions provenant des découvertes qui ont eu lieu à Nérac, on peut fixer de la manière suivante la succession des consuls dans l’empire Gaulois , depuis le jour où Tetricus prit la pourpre à Bordeaux ; mais pour completter cette série il faudrait retrouver les collègues de Tetricus pour les derniers jours de 1020, eten 1021/6t 1022:

Fin de l'année ro2o Caius P. Tetricus, Augustus, est consul. 1021 Caius P. Tetricus, Augustus, consul IL. Tr. P.E. 1022 Caius P. Tetricus, Augustus, consul IIE. Tr. P. EX. 1023 Caius P. Tetricus, Augustus, consul IV. Tr. P. HT. Caius Pivesuvius Tetricus , Cæsar.

1924 Consuls inconnus.

Caius P. Tetricus , Augustus , Tr. P. IV.

1025 Aelius Drusus.

(3) Maximinus Tetricus.

1026 Caius Pivesus Tetricus , Augustus , Trib. P. V. Caius Pivesuvius Tetricus, Augustus, Trib. P.

Les lettres G. B., de la quatrième ligne, sont les initiales des épithètes de Germanici et de Britannici, que donnent au jeune Tetricus , non-seulement le monument de ZLugdunum Convenarum , mais encore le premier que j'ai rapporté dans cette Dissertation. Il est assez remarquable que ces épithètes ne sont indiquées sur le marbre , objet présent de notre examen, que par leurs lettres initiales ; et ceci peut porter à croire que les sigles qu'on voit ensuite, AFR(r), HISP, BAT, ne doivent pas être lues comme on le croirait d’abord , AFricani , HISPanici , BATavique , mais qu'il faut y voir seulement les noms des trois provinces enlevées à l'empire , et qui lui furent rendues par les soins du jeune Tetricus : AFrica , HISPania , BATaviaque, IMPerü PROpvincüs DlStractis ADJUNCTis. Rien n’empècherait cependant de voir d’une manière formelle dans ces sigles l'indication des titres honorables qu'aurait obtenus le fils du fondateur de l'empire des Gaules. Mais quelle que soit la manière de lire cette partie de l’inscription (2), on en tirera toujours des notions historiques très-précieuses ; on y apprendra , ou que Pivesuvius Tetricus reçut, pour des victoires remportées par lui, les titres d'4fricain , d'Hispanique et de Batavique, et qu'il réunit à l'empire des provinces qui en avaient été distraites , ou que les provinces qu'il rendit à l'Etat étaient l’Afrique , que l’on ne savait pas encore avoir appartenu à l'empire des Gaules ; l'Espagne, que lon croyait avoir été en ce temps toujours attachée aux destinées de la contrée que nous habitons ; la Batavie enfin , dont on ignorait la séparation momentanée de la masse des pro-

(Gt) ya, surle marbre, AFF , et c’est sans doute une faute du graveur de l’inscriplion.

(2) Si on n’adopte pas la leçon proposée, on pourra lire : Caii PIVESuvu TE- TRICI, Germanici, Britannict , AFRicani, HISPanict, BATavique , IMPerii PROVénciarum DISTractarum ADIJUNCToris.

(35 ) viñces qui composaient cette nationalité particulière , cet empire jusqu'à présent si peu connu , et dont nous retrouvons en partie aujourd'hui l'histoire sur les vieux marbres de Nérac.

Ces marbres inscrits ne présentent pas toujours un texte dépourvu d'ambiguité, leur interprétation n'est pas constamment facile , et ce dernier monument offre surtout des difficultés nombreuses. C'est donc avec réserve , et sous une forme dubitative, que j'en présente une explication. J'ai retrouvé peut-être le sens général de cette inscription ; mais on verra qu’il est des phrases :sur lesquelles des archéologues plus heureux , et surtout plus habiles, pourront s'exercer avec avantage. J'ai déjà réclamé leurs conseils, et un jour on pourra appliquer à ce monument ces paroles de Cicéron : Obscura et ambigua multa erant, adhibitæ sunt interpretum explanationes.

D'après ce que l’on a vu plus haut, il paraît que le jeune Tetricus avait réuni l'Afrique , l'Espagne et le pays des Bataves , à l'empire fondé par son père ; mais, par l'Afrique, il ne faut peut-être pas entendre toute la partie Romaine de cette immense région , qui, selon Ptolomée, se divisait en neuf portions ou Satrapies (1); on peut n’y voir, et d’ailleurs l'inscription semble l'indiquer, que la Province d'Afrique seule , dont les principales villes étaient Carthage et Utique au nord-est , et Byzacium au sud-est. C'est déjà pour l'empire des Gaules une assez grande extension de puissance et de territoire, et on ne doit pas chercher à l’accroître par des conjectures hasardées.

L'histoire, si avare de détails sur les empereurs qui ont régné durant la première moitié du troisième siècle, nous apprend au moins que l'Espagne était soumise à Tetricus. Cependant des inscriptions qu'on ÿ à retrouvées sont consacrées à Claude, et comme l'ailiance qui existait entre ces deux princes n’a pas été connue par les auteurs

: LUE LRU SU. Dee nt

(1} Zarpartas.

Mauritania Tingitana, Mauritania Cæsariensis, Numidia , Aphrica , Cyrenaïca , Marmarica, Libya proprie dicta, Egyplus Tota , Libya interior, Æthiopia sub Ægypto, Æthiopia interior.

dont nous possédons encore les écrits , on en a conclu que l'Espagne, ou au moins la plus grande partie de cette province, appartenait à Claude. Mais Zonare(r), mieux inspiré que bien d’autres écrivains, à soupconné qu'il y eut d’abord entre Tetricus et Claude , et ensuite avec Aurelien , successeur de celui-ci, une convention secrète, en vertu de laquelle on laissait le premier jouir de toute son autorité. dans les Gaules , parce qu'aucun gouverneur Romain ne les aurait si bien défendues , et qu'il n'aurait plus été possible de les réunir à l'empire, si les nations barbares s’y étaient une fois établies (2). Les médailles.et les inscriptions montrent d’ailleurs qu'il y avait en quelque sorte une communauté de domination entre les deux empereurs : ainsi les inscriptions que Moralès rapporte (3), ne prouvent point , commele veut Ferreras (4) , que, dès que Claude fut élevé à la dignité d’empercur, l'Espagne se déclara pour lui et abandonna le parti de Tetricus ; le monument que nous examinons indique seulement que cette belle province avait été séparée de l'empire, et que le jeune Tetricus :l’y réunit de nouveau. Mais est-ce immédiatement après avoir été déclaré César par son père, à l'instant où celui-ci prit la pourpre, et où pour entraîner la soumission de la péninsule hispanique, il pouvait être nécessaire d'y envoyer le fils de l’empereur; ou n'est-ce qu’après-la mort de Claude, qui peut-être fat suivie de quelques révoltes dans cette contrée , que Caius Pivesuvius en obtint la soumission absolue ? On sait d’ailleurs que des troubles eurent lieu en Espagne durant le règne de Tetricus. En 1026, année où cet empereur renonça à la puissance , il y eut des soulèvemens dans plusieurs parties de cette province, et ce fut Publius Sempronius Saturninus qui les appaisa. Tetricus en retira, vers le même temps, Faustinus, homme séditieux et

turbulent qui y excitait des émeutes; on sait qu'à la bataille des

(a) Annals lib T:

(2) De Boze, Mémoires de l’Académie des inscriptions, XXVI. 517, (3) Liv. IX, c. 48.

;) Jistoire d'Espagne , traduction de M. d'Hermully, tom. tr.

(35) champs Catalauniques, Faustinus fut en quelque sorte sacrifié à la tranquilité de l'empire, et qne, placé à la tête des soldats les plus portés à la révolte , il duf, commecux, périr sous les coups des légionnaires d'Aurelien.

Depuis leur soumission aux Césars, les Bataves avaient souvent manifesté le désir de recouvrer leu rantique indépendance. Les grandes actions de Claudius Civilis ont montré que dans cette petite contrée pressée entre le Rhin ou le Wahal et la mer, il pouvait naître aussi des héros. Suivant Eumènes, on les aurait vu, rebelles à l'empire (9, assiéger et prendre Augustodunum , durant le règne de ClaudeIl. Mais dans un autre discours , le même orateur appelle Gaulois les rebelles qui assiégèrent Augustodunum où Autun, durant sept mois (2), et qui y enirèrent en vainqueurs. Que si nous conservons, dans le premier passage, latrocinio Batavicæ rebellionis, au lieu de Bagaudicæ rebellionis , que voulait, assez mal à propos, substituer l'historien Crevier (3), 1l ne faudra pas néanmoins supposer à ce peuple les forces nécessaires pour opérer une grande invasion et pour braver à la fois et la Gaule entière et les provinces qui lui étaient unies. En se renfermant dans les bornes qu'indiquent et l'histoire et les monumens que nous examinons , on verra que ce fut le jeune Tetricus qui assiégea et qui prit Autun ou Augustodunum. I avait réuni la Batavie à l'empire , ainsi que l’annonce l’inscription de Nérac et dès-lors il aura pu avoir dans son armée: quelques légions de Bataves. Eumènes leur a donné l'épithète de rebelles, en s'adressant aux mânes de Claude II, peut-être parce

(1) Latronicio Batavicæ rebellionis. Or. pro schol. instit.

(2) Eumeni gratiarum actio Constantino À. Fluviensium nomine.

€... Sed tamen si illa vetustate absolverunt , quid hæc recentia quæ pueri vidiaus? attende (quæso) quanti sit imperator, quod Divum Claudium, parentem tuum , ad recuperandas Gallias primi sollicitaverunt , expectantesque ejus auxilium ; septem mensibus clausi et omuia inopiæ miseranda perpessi, tum demum irrumpendas rebellibus gallianis portas reliquerunt, cum fessi observare non possent. »

(3) Tom. 11, Liv. XX VII, p.24.

( 36 ) qu'ils combattaient pour les deux Tetricus, rebelles aussi, en ce sens qu'ils ne reconnaissaient point le souverain adopté par le sénat. Est-ce immédiatement après lavènement de Tetricus que son fils réunit la Batavie à l'empire? C'est ce que l’on ignore. Mais ce qui n’est point douteux, c’est que des Bataves combattaient sous les ordres de ce jeune prince, et que leur bravoure, dont les suites ne furent peut-être pas exemptes des désordres qu’entraïnent trop souvent la guerre, leur a valu une mention expresse du rhéteur Eumèenes , dans l’oraison qu’il prononca , comme député de ls ville d'Autun, devant le grand Constantin.

Le monument de Nérac confirme ce que l’on soupconnait déjà sur les exploits du jeune Tetricus à Augustodunum , place située sur un côteau escarpé et d’un difficile accès. Cette inscription lui donne en effet le titre de conquérant d'Autun, AUGUSTODuni EXPUGnatoris. Ce qui suit a encore une plus grande importance historique. En effet, on peut lire ainsi une partie des lignes quatre et cinq de cette inscription: GOTHis, GERMANicis, DEVASTatoribus, DIVi CLAVDz# CON- SERTo IN ILLYRram REIECTis, PROFLIGeais.

Déjà nous avions retrouvé le nom des Goths sur le médaillon qui représente les deux Tetricus, et j'avais dit que l'inscription dans Jaquelle ils sont mentionnés paraissait annoncer que c'était avec leurs dépouilles que les temples de Neronis Aquae, pillés et renversés durant

la guerre, avaient eté renouvelés. Cette assertion, qui pouvait paraître

très-hasardée, peut maintenant acquérir une force réelle. On voit que, de concert avec le divin Claude, le jeune empereur Tetricus avait repoussé, vaincu et rejeté jusques dans l’Illyrie es Goths et les Germains dévastateurs. Une inscription de Lugdunum Convenarum nous avait déjà appris que ce prince portait le titre de Germanique, et ce n’est peut-être pas seulement , comme on a pu le penser d’abord , pour avoir triomphe des Bructères, des Chamaves et de quelques autres nations sur Îles bords du Rhin, mais encore parce qu’il avait remporté de grandes victoires contre les tribus de ces peuples qui, avec les Goths, menacaient la république. On a vu aussi que le marbre qui nous occupe donne de même l'épithète de Germanique à cet empereur. On trouve de plus ici un fait important, que Zonare avait soup-

(57) conné, que les monumens indiquent assez clairement, et sur lesquels j'ai insisté plusieurs fois (1), je veux dire l'alliance de Claude et de Tetricus.

Cette belle inscription montre que ce fut de concert avec le divin Claude que Caius Pivesuvius combatit et vainquit les Goths et les Germains. On connaît toute l'importance qué le premier attachait à la destruction de ces hordes innombrables de dévastateurs. Ignorant que des liaisons de parenté, et peut-être déjà une union politique existaient entre lui et le souverain de la Gaule, on l’engageait à attaquer celui-ci : Non, non, répondit Claude ; l'affaire de Tetricus n'intéresse que moi, celle des Goths intéresse la republique (2). Je sais bien que ce fait d’un concert mutuel, d’une alliance entre ces empereurs , peut contrarier, si ce n’est entièrement l’histoire , du moins les inductions tirées de quelques courts passages de deux ou trois abréviateurs assez mal informés ; ‘ mais l'étude des monumens serait une chose inutile et vaine, si elle ne nous apprenait rien de neuf, si elle n’ajoutait pas à nos connaissances, si elle ne restituait point quelques pages à nos vieilles chroniques, mutilées par le temps et par la barbarie.

Les lettres T. P. C., placées à la sixième ligne, et les quatre premières de la septième, indiquent évidemment ces mots : Tribunitic , Potestatis, COnSulis Secundo.

C'est la première fois que Caius Pivesuvius Tetricus parait avec la puissance tribunitienne ; il avait déjà été consul en 1023 (3).

La désignation des dignités du jeune Tetricus termine ce que je crois pouvoir appeler le premier paragraphe de l'inscription. On verra successivement qu’elle se divise en plusieurs parties bien distinctes.

La seconde est l’une de celles qui offrent le plus de difficultés.

Peut-on lire ainsi ce passage ?

FELicitate FORTVNAQue NERONIS AQuae, AQVITaxiae STa-

(1) Supra.

(2) Trebell, in vité Divi Claudi.

(3) Supra.

tionis Milätaris, À Claudio TIBerio DRVSo NERONE DE SVA CONSTituta, L. CECILio METe//o CRETICO TETRICO , CLARissimae CECILiorum FAMiliae , AVGustorum MATris MAIORum, VILlam Sua COLLOCante, MUNITam ET ORNatam , DVM TYRaNNorum INFausto BELLo EVERSAE, De GOTIs, À Dominis Nostris RE- NOVATAE, VETeranis Fidelibus HISPaniae EXERcitus INCOLIS NERAE AQVAE, Piae, Felicis, AVGustae, TITulis DECORatae ; DIVAE CLaudiae Aureliae NERAE PIVESVVIAE, AVGusti Patris VXoris, NOBilis Feminae, DIVI CLAVDII SORoris FILIAE , APVD Octavum (annum ) AEQV AL: Die Vita Solutae , Trigesimo primo Anno Consumpto, CVNABulis Suis, SIDeribus RECEPrae ; MATris, PA- TRONae , CVSTodisQue EXcelsae , CIVitate VENERATAE....

Dans mon Rapport sur les antiquités découvertes à Nérac, Jai avancé, d’après une inscription retrouvée près de cette ville, que, dans les premiers temps, elle portait le nom de NERONIS AQVAE (1). Ce fait a été contesté. On a encore soutenu que ce monument , qui conservait la mémoire d’un Taurobole, ne pouvant être guères que du second siècle, ne devait avoir aucun rapport avec l’appellation primitive du lieu. D'ailleurs, disait-on, comment croire qu'alors que le sénat avait proscrit la mémoire de Néron , que ses images avaient partout été abattues, une station militaire, ou une simple bourgade , aurait religieusement conservé ün nom abhorré , et qui devait

A \ 7 ° être à l'avenir,

Aux plus cruels tyrans , la plus cruelle injure ?

(1) Le dessinateur lithographe a fait une faute dans la dernière ligne de cette inscription. Voici comment il aurait dù figurer les caractères que l’on peut recon-

»aître encore sur ce marbre :

Page 1