L’ABBÉ DE CHOISY
La Bibliothèque de l'Arsenal possède un recueil manuscrit fort curieux, souvent cité, mais encore en partie inédit : Ouvrages de M. l'abbé de Choisg , gui n'ont pas été imprimés. Ce recueil forme trois volumes in-4°, sous le n° 35 de la classe des Belles- Lettres.
On lit en tête du premier volume cette note autographe du marquis d’Argenson : « Ces ouvrages de l’abbé de Choisy m’ont été remis après sa mort et sont tirés d’une quantité de papiers inutiles, qu’il avoit négligés. J’ay rangé en ordre ce qui m’a paru bon et passable. Mon dessein étoit qu’ils ne sortissent point de mon cabinet. Mais, parmy quelques personnes
à qui je n'ay pu refuser d’en donner lecture , il y en a eu qui ont pris sur elles à mon insu de donner au public la plus grande partie de ces Mémoires, dont cecy est donc l’original L’abbé Dolivet, son amy, croyt que l’autheur avoit fini les Mémoires pour l’histoire de Louis XIV, et qu’il brûla, un an avant que de mourir, ce qui en manque icy. Ces Mémoires sont au premier volume. »
Voici la nomenclature des fragments contenus dans les trois volumes, avec les annotations du marquis de Paulmy, qui était devenu propriétaire du manuscrit après la mort de son père, René-Louis Le Voyer, marquis d’Argenson.
Tome I er . Mémoires pour la vie du cardinal de Bouillon. (Imprimés; forment le IX e livre des Mémoires de Choisy.)
— Mémoires de M. de Cosnac, archevêque d'Aix. (De même; forment le VII e livre.)
— Histoire de la princesse Aimonclle. (Non imprimée. Le fond est peu de chose, le style charmant.)
— Histoire turque. (Elle est imprimée quelque part sous d’autres noms. Au reste, c’est peu de chose, et elle finit mal.)
— L’abbé de Saze. (Non imprimé.)
— Madame de Gucrcheville . (De même.)
— Mémoires sur M. Darquin , père de la reine de Pologne. (Forment le VIII e livre des Mémoires im • primés.)
— Journal de l’Assemblée du Luxembourg. (Non imprimé. Curieux.)
— Recueil de bons mois. (De môme. 11 y a quelque chose à en tirer.)
Tome II. Mémoires pour servir à l’histoire de Louis XIV. (Depuis on l’a imprimé, ce présent manuscrit ayant été copié indiscrètement.)
— Fragment d'une conversation touchant l’état de la Cour en décembre 1720.
Tome 111. Cinq fragments de la vit de cet ecclésiastique habillé en femme.
C’est ce dernier volume que M. Gay public aujourd’hui in extenso et textuellement, quoiqu’un de ces fragments, et le plus important (le second dans le manuscrit où l'ordre est interverti, et le quatrième dans la nouvelle édition), ait été déjà offert aux amateurs sous ce titre bien connu en bibliographie : Histoire de madame la eomtesse des Barres (Anvers , van der Hey, 1735, in-12j.
La Bibliothèque de l’Arsenal possède, en outre, un autre recueil manuscrit, non moins curieux, formé par l’abbé de Choisy lui même et intitulé : Sottisier , ou Recueil de chansons, poésies et autres pièces satyriques, en quatre volumes in-i°, n° 83 de la classe des Belles-Lettres. Cette note, dictée par M. de Paulmy à un des secrétaires, prouve qu’il avait lu et soigneusement étudié le Sottisier de L’abbé de Choisy : « Ce recueil, en quatre volumes, dit-il, contient des
pièces imprimées et que j'ay ailleurs, mais il y en a qui ne sont nulle part, et en tout c'est un des meilleurs de ceux que j’ay. » Le premier volume est un péle-méle de toutes les époques ; les trois suivants présentent un classement chronologique assez régulier depuis 1660 jusqu’en 1749, car l’abbé deChoisy, mort en 1724, avait eu un continuateur pour son Sottisier, probablement son ami le marquis d’Argenson, sinon un de ses laquais. Nous regrettons de ne pouvoir donner une analyse sommaire des pièces contenues dans ce précieux recueil, dont un choix sera peut-être un jour publié à un petit nombre d’exemplaires, sans faire double emploi avec l'incomparable collection des chansons historiques rassemblées par le comte de Maurepas.
11 y a dans le SoMi«er de l’abbé de Choisy beaucoup de pièces écrites de sa main et peut-être composées par lui. Ce sont, en général, les plus libres et souvent aussi les plus spirituelles. On en jugera par le premier tampon qui ouvre le recueil :
Mailly Ta partout disant :
Dit quoi BoufOers sc plaint tant ?
Sa femme a fait résistance Plut que Namur et Mayence,
Lampon !
En parcourant h la hâte les quatre volumes, nous n'avons remarqué aucune pièce qui concernât personnellement notre abbé en fille ou en femme. Nous re-
grettons surtout qu’il ne nous ait pas conservé quelques chansons relatives à ses amours et à ses maîtresses sous le costume féminin; celle qui figure dans ses Mémoires est un échantillon piquant de l’opinion qu’on avait généralement de ses mœurs, quoique rien ne prouve qu’il ait jamais réalisé cette honteuse prédiction :
Il aura bientôt des amants.
Ce fut en 1735 qu’un éditeur anonyme, probablement Lenglet-Dufresnoy, qui avait copié subrepticement tout ou partie du manuscrit original, en publia, à Anvers, un long fragment, qu’il avait intitulé : Histoire de madame la comtesse des Barres. Ce fragment reparut l’année suivante à Bruxelles, chez Foppens, qui, à l’exemple des Elzeviers, imprimait les ouvrages français auxquels ont eût refusé un privilège du roi. Sept ans plus tard, le même fragment, abrégé et très-purifié, reparut dans la Vie de H. l’abbé deChoisy(\), que les bibliographes ont attribuée sans raison à l’abbé d’Olivet, et qui serait plutôt une production anonyme du malicieux abbé Lenglet- Dufresnoy. Au reste, quel que soit l’auteur de cette œuvre tant soit peu scandaleuse , on est sûr de trouver un abbé caché là-dessous.
Le vrai texte de l’abbé Choisy avait subi des épu-
(1) Lausanne cl Genèse, chet Marc-Michel Bonsqnct, 1742, in-8.
rations malheureuses dans l'Histoire de madame la comtesse des Barres ; il avait été entièrement remanié dans la Fie de M. l’abbé de Choisy. On devait donc souhaiter qu’un éditeur consciencieux en donnât une édition Adèle et correcte. D’ailleurs, une partie des Mémoires, la plus singulière peut-être, était restée inédite, et certains détails scabreux avaient été supprimés dans la partie publiée. Cependant les Mémoires de cet ecclésiastique habillé en femme (c’est ainsi qu'il se qualifie lui-même) méritaient d’être réimprimés intégralement, car il n’existe dans la langue française aucun ouvrage du même genrç, quelle que soit la richesse de notre littérature en mémoires historiques et en autobiographies de toute espèce. Ce ne sont, par malheur, que des fragments, les débris, dit-on , des Mémoires particuliers que l’abbé de Choisy avait écrits sur sa vie : il aurait, obéissant à un tardif repentir et à des scrupules pieux plutôt que moraux, anéanti, dans ses dernières années, la plus grande partie de cette œuvre de scandale posthume.
«Vous m’ordonnez, Madame, d’écrire l’histoire de ma vie, » dit-il en commençant ces Mémoires incroyables, qu'il aimait à raconter dans sa vieillesse et qui divertissaient les beaux-esprits de la Régence. C’est à la marquise de Lambert, auteur de divers traités philosophiques sur l’éducation et la morale; c’est à cette dame respectable et respectée, jeune et belle encore, qu’il osait dédier ce qu’il appelle toutes scs petites enfances. A l’âge de quatre-
DISSE!* TATIONS BIBLIOGRAPHIQUES. 237
vingts ans, il n’avait pas appris ce que c’est que la pudeur, et cependant il rapportait à l’abbé Dangeau l’honneur de l’avoir converti. L’abbé Dangeau disait, en parlant de cette conversion facile et un peu fragile dont on lui faisait compliment : a Hélas ! à peine a ai-je eu prouvé à cet étourdi l’existence de Dieu, « que je l’ai vu tout prêt à croire au baptême des « cloches. » M. Desnoiresterres , qui nous fournit cette jolie citation (1), pense que l'abbé de Choisy avait écrit ses Mémoires galants à l'instigation de sa maîtresse, M n,e Bossuet, belle-sœur de l’illustre évêque de Meaux. Nous penserions plutôt qu’il rédigea, pour plaire à cette dame et pour trouver grâce en même temps devant Bossuet, les onze volumes in-i° de son Histoire de l'Église (2).
Ce qui nous reste de ces Mémoires est bien fait pour nous laisser des regrets sur ce qui' nous manque ; la forme en est agréable, spirituelle et fine : c’est un excellent morceau de littérature légère. On y rencontre aussi des particularités intéressantes sur des personnages célèbres : M mo de La Fayette , l’architecte Mansart, Philippe d’Orléans, frère du roi, etc. On y trouve des peintures de mœurs un peu vives, dignes d’être encadrées dans les Historiettes de Tallemant des Réaux ; la vie de château en province y est surtout représentée avec des eou-
(I) Revue franfaite, t. V.
(*) Parti, J.-B. Coigaard, U03-17Î3.
leurs charmantes, qui ne seraient pas mieux nuancées dans les Lettres de madame de Sécigné. Mais ce qu’on ne trouve que là, c’est l’étrange personnalité de l'abbé de Choisy. La galanterie était, pour ainsi dire, la qualité distinctive des abbés à cette époque, où nous voyons les abbés de Torches, Tcstu-Mauroy, de Maucroix et de Coulanges, tenir concile dans les ruelles et dans les recueils de poésies amoureuses; mais néanmoins on peut dire que l’abbé de Choisy était un type à part et incomparable.
M. de Sainte-Beuve, qui est sans contredit notre plus grand peintre de portraits, n’a pas négligé d’esquisser celui de l’abbé de Choisy et de le placer dans son admirable galerie des Causeries du lundi :
« L’abbé de Choisy, disait-il (le lundi gras, 3 mars 1 851), aimaità se déguiser; dans son enfance et dans sa jeunesse, on l’avait accoutumé à s’habiller en fille : il en garda le goût, et l’on assure que, bien plus tard même et à l’âge où il rougissait le plus de cette manie efféminée, il s’enfermait encore pour sc mettre en douairière, soupirant, hélas ! de ne plus pouvoir s’étaler en marquise galante ou en bergère. Dans tous les états où il parut successivement, on le vit d’ailleurs porter le même esprit de légèreté, de grâce, d’étourderie spirituelle. Sa vie ressemble à une comédie des plus diverses et des moins vraisemblables , et l'on ne saurait dire avec lui où finit le déguisement. Abbé tonsuré dès l’enfance, mais sur-
tout voué à la cornette et au chiffon , coquet comme une nonne de Verl Verl et libertin comme un perroquet, tour à tour comtesse de Sancy dans la paroisse de Saint-Médard et comtesse des Barres en Berry, puis pénitent, mais toujours léger, une manière d’apôtre à Siam, converti et convertisseur sans tristesse, écrivain agréable et même délicat, finalement historien de l’Église et doyen de l’Académie française. Sa carrière, qui dura quatre-vingts ans, compose une mascarade complète, et, dans chacun de ses rôles, il fut au naturel, au sérieux, avec sincérité, et à la fois avec un air d’amusement et de badinage. Jolie créature dans son enfance, vieillard très-agréable et trèsgoûté malgré les années, etc. »
M. de Sainte-Beuve eût sans doute ajouté quelques teintes plus sévères à ce croquis si délicieusement et si coquettement arrangé, s’il avait pu lire dans le manuscrit original les aventures de notre ecclésiastique habillé en femme, qui n'eut pas seulement la faiblesse d'aimer ce costume, mais encore qui en fit usage sournoisement pour cacher des intrigues malséantes , des séductions coupables , et peut-être de plus vilaines choses.
Nous n’avons pas l'intention d’analyser et d’annoter ces aventures , comme s’il s’agissait des intéressants Mémoires pour servir à f histoire de Louis XIV, tirés aussi des mêmes manuscrits par le libraire Camusat.et imprimés pour la première fbis à Bouen, sous la rubrique d’Étrecht, en 1737, Cependant il
nous paratt indispensable de donner, en passant, quelques éclaircissements sommaires sur les dates, les lieux et les personnages.
Il n’est pas sans intérêt de fixer d’abord, autant que possible, les dates des aventures de l'abbé en femme. Né le 16 août 1644, il n'avait pas moins de vingt-huit ans lorsqu'il demeurait dans sa petite maison du quartier Saint-Médard, puisqu’iifit lire alors au curé de sa paroisse une petite histoire qui avait paru dans le Mercure galant. Or, ce ne fut qu’au mois de février 1672 que de Vizé commença la publication de ce recueil périodique. Le premier et le second fragment seraient donc de 1672 ou 1673. Le troisième fragment promet les histoires de la marquise de Banneville, de la petite Monfleury et dumarquis de Corbon, histoires que nous n’avons pas, et qui ont été certainement retranchées par l’auteur comme trop scandaleuses. Ce fragment incomplet et insignifiant semble antérieur à l'aventure de la comtesse des Barres, bien que le voyage de Venise y soit déjà indiqué, et que ce voyage ait eu lieu vers 1673 ou 1674. Quant au voyage de Bordeaux, où l’abbé avait une belle aventure en habit de fille (1), il dit bien que ce voyage ne laissera pas de divertir , mais il ne le raconte nulle part, et l’on est forcé de croire que le récit dudit voyage à Bordeaux, lequel remon-
(I ) Voy. page 60 de l'édition publiée par M. 1 . Gay.
terait à l’année 1663 ou 1664 , a été anéanti, ainsi que beaucoup d'autres chapitres de ces Mémoires. Enfin, le quatrième fragment, qui renferme toute l’aventure de la comtesse des Barres, est incontestablement de 1673 ou 1674, car l’abbé de Choisy, en rappelant sa rencontre à l'Opéra avec le Dauphin, estime que le petit prince pouvait avoir douze ans ; or, le dauphin était né le l rr novembre 1661.
Les aventures galantes de l’abbé habillé en femme se passent donc à Bordeaux ( et à Toulouse, suivant une note du manuscrit), à Paris, dans la paroisse de Saint-Médard , et en Berri , au château de Crespon. Nous n’avons pas découvert dans quelle rue du quartier Saint-Marceau l’abbé de Choisy avait acheté une maison, au milieu de la bourgeoisie et du peuple , afin de pouvoir s'habiller à sa fantaisie, sans qu’on trouvât à redire à son costume et à ses actions. On a prétendu que le nom du village et du château de Crespon, dans les environs de Bourges , était supposé. Nous ne voyons, en effet, dans les dictionnaires de géographie, qu'une localité du nom de Crépon, qui est en Normandie, à trois lieues de Bayeux. Mais la manière dont l’abbé de Choisy parle de cette seigneurie de Crespon, appartenant à un trésorier de France nommé M. Gaillot(i), ne permet pas de supposer qu’il ait eu
(t) Gaillot-GalUard , sieur de Ponsille, intendant des finances du Berry en 1GS8. Voy. Histoire de Berry et du diocèse de Bourget, par Tbaumas de la Thaumasiière. Bourges, IG89 , in-folio , p. 60.
même l’idée d’en déguiser le véritable nom. Nous sommes portés à croire, malgré l'inutilité de nos recherches, qu’on n'aurait pas de peine à constater l’existence de la terre seigneuriale de Crespon auprès de Bourges.
Tous les personnages que l’abbé de Choisy a mis en scène, sans songer à cacher leurs noms propres à l’aide d’initiales, sont réels, et peints d’après nature. La marquise d'Usson, la marquise de Menières (1), M me de Noailles (2), n’ont pas la notoriété historique de M me de La Fayette, de la marquise d’Uzês, fille du duc de Montausier et de la fameuse Julie d’Angennes, etc.; mais on peut les exhumer des généalogies de leurs familles. Le Cardinal qui voulait que tout fût dans l'ordre et qui ne désapprouva pas l’habillement féminin de l’abbé de Choisy (3), serait Antoine Barberini, grand aumônier de France, suivant M. Desnoiresterres ; mais Barberini étant mort en 1671, et l’aventure où l’abbé de Choisy a fait figurer son cardinal étant de 1672 ou 1673, comme nous l’avons prouvé par la citation du Mercure galant , il faut reconnaître ici le cardinal de Bouillon (Emmanuel-Théodore de la Tour), qui, nommé grand
(I) Aventures de l’abbé de Choisy habillé en femme, édit. J. G*y, in-16, p. S.
(8) Ibid, p. 10.
(3) Ibid., p. 33 et iaiT.
aumônier le 10 décembre 1671, conserva cette charge de la couronne jusqu’en 1700,
Enfin, la mère de l’abbé de Choisy, qui ne parle pas d’elle avec trop de respect, était de la maison de Hurault de l’Hospital et arrière-petite-fille du grand chancelier de ce nom. « Cette illustre mère, comparable aux Cornélies, qui parlait sa langue avec tant de grâce et de pureté, fit sucer à son fils l’éloquence avec le lait, et l’éleva entre les bras et dans le sein des Muses mêmes. » Ce sont les paroles de l’académicien qui répondit au discours de l’abbé de Choisy lors de sa réception à l’Académie française en 1685. M me de Choisy était morte en 1666, à l’âge de soixante ou soixante-deux ans.
Nous remarquons que les historiens du théâtre ont négligé jusqu’à présent de tirer parti des indications précieuses que nous fournissent les aventures de l’abbé de Choisy sur la petite Montfleury et sur la petite Mondory, sur le sieur de Rosan et sur M u * Roselie (1).
& J'étais né, dit-il, pour aimer des comédiennes. » La petite Mondory jouait le premier rôle dans le Vencesl as de Rotrou, probablement au théâtre du Marais, où son père avait eu de si grands succès. Le
(I) Aventures de l'abbé de Choisy habillé en femme, p. 104.
sieur du Rosan et M ,le Roselie, sa fiancée, faisaient partie d’une de ces troupes de campagne qui parcouraient les provinces en donnant des représentations. Ces détails offrent donc un véritable intérêt pour l’histoire du théâtre français, où ces noms de comédiens et de comédiennes ne sont pas encore recueillis.
N’oublions pas de recommander aux curieux, comme un de nos desiderata, le portrait de l’abbé en femme. «Je me fis peindre, dit notre abbé (1), par Ferdinand, fameux peintre italien, qui fit de moy un portrait qu’on alloit voir. » Ce Ferdinand n’était pas un peintre italien , mais bien un Brabançon qui résidait en France depuis plus de trente ans, et qui avait la vogue comme un des meilleurs portraitistes. On trouve, en tête de la Tragi-comédie pastorale des amours d’Astrée et de Céladon, par le sieur de Rayssiguier (Paris, Pierre David, 1632, in-8°), un sonnet de l’auteur sur le portrait de M lle de Ragny, peint par Ferdinand Elle, qui fut membre de l'Académie royale de peinture et qui mourut à Paris, âgée de soixante-dix-sept ans, le 12 décembre 1689.
On voit, d’après ce simple et rapide essai, que les notes nous entraîneraient trop loin, si nous nous
(l) Aventures de Vablé de Ckoiey habillé en femme, p. 6t.
arrêtions à tous les passages de ces Aventures où l’éditeur aurait matière à expliquer et à compléter le texte de son auteur. Mais, si l’on retrouve jamais un manuscrit entier des Mémoires de l’abbé de Choisy, nous nous ferons un plaisir d’y joindre un commentaire et de les faire imprimer comme un des ouvrages les plus piquants et les plus indiscrets qui aient été écrits depuis les Historiettes de Tallemant des Réaux.