‹ Dissertations sur l'hydrotherapie appliquee aux maladies guerissables ou modifiables par ce traitementChapitre 11 sur 35 · LETTRE HUITIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE HUITIÈME

Division en trois onirex ilax mnliidii^ guérissables ou modifiables par le traitement hydrothérapique - Maladies de l'appareil urinaire - Composition de cet appareil - Les maladies des reins sontplutit méilieides que chirurgicales - Pourquoi? - Des différents genres de néphrite. - Énumèration des maladies des reins guérissables ou modifiables par l'hydrothérapie - Ènumération des maladies des reins dans lesquelles l'hydrothérapie est impuissante - Causes île la difficulté de diagnostic des maladies des reins - Leur pronostic - Néphrite simple - 3'raitement - Néphrite traumatique - Traitement - Néphrite rhumatismale - Traitement - Néphrite goutteuse - Traiiement - Genre des crises déterminées par te traitement de ces diverses néphrites - Moyens de les calmer - Néphrite aibumineuse - Traitement - Diabète - Traitement - Inflammation du calice et du bassinet - llémorrhagie et apoplexie rénale - Inflammation des veines rénales - Traitement - Néphralgie ou douleur nerveuse des reins - Traitement.

Longtemps j'ai hésité avant d'entreprendre un travail aussi important et aussi difficile que celui de tracer le traitement hydrothèrapique qui peut combattre avec succès, ou modifier les diverses affections pour lesquelles on emploie ordinairement ce genre de traitement. Il suffit d'avoir pratiqué l'hydrothérapie avec conscience pendant quelque temps pour s'expliquer mon hésitation. En effet, les mêmes maladies se présentent d'une manière si différente chez les divers malades, les constitutions différent quelquefois tellement, la sensibilité des malades se trouve si souvent modifiée par

des causes étrangères à l'affection pour laquelle ils se soignent, et les effets du traitement sont si différents chez les malades qui paraissent d'une constitution identique, qu'il faut au médecin hydropalhe Une grande connaissance de l'agent qu'il emploie et des effets qu'il produit, pour modifier instantanément le traitement indiqué pour une maladie, sur les divers malades soumis à ce traitement. D'autre part quelle marche devais-je suivre? Devais-je prendre au hasard les maladies au fur et à mesure qu'elles se présentaient dans mon esprit, ou qu'elles s'offraient à mon traitement? Ou bien devais je suivre l'ordre alphabétique, le moins rationnel de tous? Ou bien encore devais-je indiquer ce traitement en commençant par les maladies les plus importantes ? Ces trois manières de procéder me paraissaient aussi défectueuses les unes que les autres, par ce qu'elles manquaient de méthode et d'ordre logique ; c'était faire un chaos dans lequel malades et praticiens auraient eu de la peine à se retrouver; c'était se fourvoyer dans une roule de traverse. J'ai préféré la grande route , le. travail méthodique, celui dans lequel chacun peut se reconnaître et voir d'avance la maladie pour la guérison de laquelle il peut espérer , et celle dans laquelle il pourra trouver un soulagement. J'ai laissé de côté ces maladies insignifiantes ou légères, que tout le monde connait, et que chacun peut traiter aujourdhui, que l'hydrothérapie est entrée dans le domaine public et familier, et qu'elle ne rencontre plus d'opposition que chez les personnes ignorantes ou de mauvaise foi. Prenant donc les maladies sérieuses, aiguës ou chroniques, je les ai divisées en trois ordres principaux : 1.° Les maladies communes aux hommes et aux femmes et spéciales aux

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hommes ; 2.° Les maladies spéciales aux enfants ; 3." Les maladies spéciales aux femmes. J'indiquerai succinctement les simptômes de la maladie à combattre, le mode de traitement à employer et les diverses modifications qu'il faudra faire subir à ce traitement, suivant les phénomènes qui peuvent survenir chez le malade à la suite des diverses opérations hydrothérapiques qu'il a subies. Je tâcherai de répondre à toutes les objections , de parer à tons lés accidents , de prévoir toutes les complications, et si je suis assez malheureux pour ne pas atteindre entièrement le but, j'aurai donné l'idée et un autre plus heureux ou plus savant la complétera. Ma consolation sera dans le désir que j'ai eu de bien faire , et dans l'espérance que j'aurai donné quelques conseils et pu prévenir des accidents, qui en nuisant à l'hydrothérapie, empêchent la propagation d'une doctrine qui est appellée à faire tant de bien à l'humanité souffrante.

Je commencerai donc par les maladies de l'appareil urinaire. Ces maladies sont excessivement fréquentes et abattent autant le moral que le physique des malheureux qui en sont atteints; le caractère qu'elles prennent est toujours grave , et le traitement qu'elles exigent, généralement long et pénible.

L'appareil urinaire se compose de glandes , d'un réservoir pour contenir le produit de ces glandes, et de conduits qui transportent dans ce réservoir et en éliminent ces mêmes produits. Les reins et la vessie sont les pièces les plus importantes de cet appareil ; les uretères et l'urèthre sont des espèces d'ajoulages à ces deux pièces principales. Les reins commencent la fonction de l'appareil, et comme ils sont les organes réellement producteurs de l'urine, ils doivent avoir des rapports ana-

Ironiques et fonctionnels, qui donnent à ces maladies une importance et un caractère sympathique qui les généralise et les aggrave plus prompleraent que les mêmes affections dont le siège est dans une autre pièce de l'appareil urïnaire; aussi, parmi les maladies du rein, ou eh trouve plus de médicales que de chirurgicales. Nous ne ferons pas l'histoire de toutes les maladies qui peuvent affecter l'appareil urinaire; nous supposons que le malade qui veut se soigner par l'hydrothérapie, sait déjà de quelle nature est l'affection qu'il veut traiter, mais nous ne saunons passer sous silence les causes diverses, qui pouvant avoir donné lieu à la maladie, indiqueront, pour ainsi dire, le traitement avant que nous ne l'ayons décrit.

La néphrite peut se développer sans qu'il y ail eu préliminairement aucun trouble dans l'économie j c'est la néphrite simple et la néphrite traumalique. Souvent elle accompagne les douleurs articulaires générales ou partielles; c'est la néphrite rhumatismale. D'autres fois, elle est due à la présence dans l'urine, de certains matériaux susceptibles de déterminer de l'irritation en se solidifiant, ce sont les néphrites goutteuse et calculeuse.

Nous trouvons encore parmi les maladies propres aux reins, une maladie connue depuis peu, la néphrite albumineuse, sur la nature de laquelle les auteurs n'ont pas encore pu s'accorder, et le diabète. Le diabète n'est pas dû précisément à une lésion de la substance rénale , il consiste dans le passage à travers celte substance , d'une matière sucrée formée ailleurs que dans le rein ; mais ce qu'il y a de remarquable, c'est que l'on n'a jamais vu cette matière sucrée s'éliminer par un autre émoncloire que l'appareil rénal.

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Outre les lésions que nous venons d'énumérer le rein peut encore présenter: l'inflammation du calice et du bassinet, l'hémorrhagie et l'apoplexie rénale , l'inflammation des veines, ia néphralgie (douleurs nerveuses des reins), et d'autres maladies pour lesquelles le traitement hydrothérapique est tout à fait impuissant, telles que l'anévrisme des artères rénales, les kistes, la matière tuberculeuse, le cancer, les transformations graisseuses, cartilagineuses, pierreuses, etc.

Le diagnoslie des maladies des reins est très difficile pour deux raisons: 1.° À cause du siège profond de l'organe, ce qui fait que beaucoup d'altérations peuvent être méconnues au début de leur développement; 2.° Parce que certaines d'enlrelles ne donnent pas toujours lieu à des troubles du côte de la sécrétion urinaire, et aussi parce que, lors même que cela arrive, des modifications semblables de sécrétion peuvent dépendre d'altérations différentes.

Le pronostic des maladies des reins , variant infiniment non seulement d'après les différentes affections, mais encore dans chaque espèce d'affections, ne peut point être posé d'une manière générale.

Le traitement varie aussi suivant la cause ou l'origine de la maladie.

Pour la népbrite simple: boisson progressive et plutôt abondante ; ceinture hydrothérapique ; bains de siège à eau courante tournant en spirale ; petite douche à arrosoir sur les reins le malin , douche à dix jets le soir. Nourriture froide de viandes blanches.

Pour la néphrite traumatique : boisson moins abondante que dans la précédente ; ceinture hydrothérapique souvent renouvellée ; quatre fois par jour fomentations

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émollientes, telles que nous les avonB décrites dans notre lettre sixième, pendant une heure chaque fois, bain de siège à pgussière d'eau.

Pour la néphrite rhumatismale: ceinture hydrothérapique, pour le reste du traitement, nous l'indiquerons plus au long lorsque nous traiterons du rhumatisme , et des affections qui en sont la conséquence.

Pour la néphrite goutteuse: boisson très abondante, ceinture hydrothérapique, le reste du traitement sera indiqué, lorsque nous traiterons de la goutte et de ses conséquences.

Dans chacune de ces affections, l'état des voies digeslives indiquera au médecin le point où la boisson, devra être arrêtée ou diminuée: le bain de siège à eau tournante en spirale peut être continué pendant cinq, dix et même quinze minutes suivant la tolérance du malade, mais même dans le cas où il n'accuse aucun malaise général, ni aucun sentiment de congestion vers la tète, il est important de lui faire tenir sur la tête un linge trempé dans l'eau froide, pendant qu'un aide frictionnera la poitrine et le dos avec sa main mouillée. Le bain de siège à poussière d'eau , ne doit jamais être prolongé au delà de dix minutes, et les mêmes soins donnés que dans le précédent,

La crise qui se déclare pendant le traitement de celte affection est presque toujours une éruption furonculeuse semblable au zona ou feu de Saint Antoine , que l'on combat facilement au moyen des fomentations émollientes, et en diminuant la force du traitement. La durée de la douche à dix jets devrait être progressivement diminuée et suspendue même suivant la sensibilité du malade, ou le degré d'inllammalion de l'affection

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cutanée. La ceinture hydrothérapique devrait être alors très souvent renouvellée.

Pour la néphrite albu mineuse : boisson abondante, viande rôtie de boeuf et de mouton ; ceinture hydrothérapique , bain de siège à douche deux fois par jour ; douche à double courant une fois par jour; sudation légère et immédiatement après grand bain de piscine, deux ou trois fois la semaine suivant la constitution du malade et l'état de l'atmosphère. Le bain de siège à douches devra être de cinq minutes environ avec les précautions indiquées plus haut ; la douche devra avoir une durée variable suivant la sensibilité du malade, depuis 20 secondes jusqu'à une minute et demi; le bain de piscine ne devra pas dépasser deux minutes.

Diabète : frictions dans le drap mouillé trois fois par jour; ceinture hydrothérapique excitante; boisson aussi abondante que possible, enveloppements dans le drap mouillé une fois par jour, lorsque la chaleur est déterminée , bain jrîe piscine d'une minute à deux. Après plusieurs mois de traitement, bains de siège à eau fixe pendant un quart d'heure ou une demi heure, suivant la tolérance du malade, à la place du bain de piscine; pendant ce dernier bain, frictions continuelles sur le bas-ventre et sur les reins. Nourriture de viandes rôties de boeuf ou de mouton. Celte maladie est toujours fort longue à guérir, et l'hydrothérapie n'est vraiment efficace que quand il s'agit de pers&nnes jeunes ou lorsque la maladie est toute récente.

L'inflammution du calice et du bassinet, l'hémorrhagie et l'apoplexie rénale, l'inflammation des veines se traitent par les fomentations émoliientes continuelles , sur les reins et par l'absorption d'une grande quantité

d'eau glacée et des bains de siège à douches une fois par jour pendant cinq minutes. Nourriture de viandes blanches et en petite quantité.

La néphralgie se combat par les fomentations émollientes faites cinq ou six fois par jour pendant une demi heure au moins; ceinture excitante dans l'intervalle des fomentations ; sudation légère dans le drap mouillé suivie de la douche à déluge pendant une demi minute; boisson abondante, nourriture de viandes blanches, laitage et beurre en abondance.

Il est rare que pendant le traitement de ces diverses affections il se détermine une crise quelconque. Toutes fois la seule probable, serait une éruption cutanée, qui serait facilement combattue par les moyens que nous avons indiqué plus haut, et en diminuant l'énergie du traitement qui aurait pu y donner Heu. Qu'il y ait crise ou non, le traitement doit toujours être modifié et mitigé chez les femmes pendant la durée de la menstruation.

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