LETTRE NEUVIÈME
Suite des maladies do l'appareil urinaire - Maladies de la vessie - Névralgies de ta vessie - Névralgies idiapathiques - Névralgies symptômatiques - Névralgies idiapathiques du corps de la vessie
- Névralgies idiapathiques du col de la vessie - Névralgies rhumatismales - Traitement - Degrés de Veau dans les cas de névralgies survenues à la suite de couche - Névralgie ano-génito-urinairc
- Traitement - Paralysies de la vessie - Causes de cette paralysie
- Traitement - Il varie suivant la cause occasionnelle - Cystite - Cystite idiopathique - Cystite symptùmatique - Causes de la première - Traitement - Modification du traitement de la cystite symptàmatique suivant les causes occasion nettes - Le catarrhe de la vessie n'est pas toujours guérissable - Cas dans lesquels il guérit - Moyens à employer pour arriver à ce résultat - Hématurie - Traitement - Prostatite - Traitement - Spasme de l'urèthre - Traitement - Névralgies de l'urèthre - ÏYaiiwnetit - Pertes séminales involontaires - Causes principales de cette affection - L'hydrothérapie est la seule médication rationnelle de cette maladie - Traitement - Phimosis congénital cause principale de spermatarrhée - Traitement - Névralgie du testicule - Traitement.
Après les maladies des reins , viennent naturellement se ranger sous notre plume les maladies de la vessie. Nous n'avons pas à nous occuper ici des diverses maladies chirurgicales de cette partie de l'appareil urinaire, elles n'ont rien à voir à l'hydrothérapie par rapport à leur traitement. Nous passerons donc sous silence, toutes les affections de la vessie, dues à la présence de corps étrangers dans sa cavilé, ni des maladies consécutives aux opérations nécessitées par la présence de ces corps étrangers, bien que dans beaucoup de ces
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cas, le traitement de l'eau froide convienne. Mais comme nous aurons à nou3 occuper de la cystite en particulier, et que la conséquence de toutes les opérations faites sur la vessie est une cystite, nous avons pensé qu'il était inutile de faire un double emploi et une double description de procédés opératoires, qui diffèrent fort peu entr'eux, soit qu'il s'agisse d'une cystite traumatique, soit d'une cystite idiopathique ; nou3 arrivons de prime abord aux maladies nerveuses de la vessie.
a Jusqu'à ces derniers temps, on n'avait, d'après Chaussier, qui le premier proposa cette expression, donné le nom de névralgies qu'à ces douleurs, plus ou moins vives, mais ordinairement intenses, fixées sur le trajet du tronc ou des branches d'un nerf, douleurs se manifestant par accès irréguliers ou périodiques et rarement continus. Les progrès récents de la pathologie , ont fait étendre te nom de névralgies aux douleurs que l'on observe dans certains viscères, et qui sont évidemment produites par une surexcitation, une augmentation morbide ou une perversion d'action du système nerveux dans les divers appareils de la vie de 'nutrition, ainsi que le prouve, dans la plupart des cas, l'absence d'altérations pathologiques suffisantes, pour donner l'explication des accidents, dont ces organes sont le siège.
« Nous décrirons donc ici, sous ce nom, l'histoire des phénomènes déterminés par l'accroissement ou la perversion de la sensibilité de la vessie, qu'ils se rattachent ou non à un état morbide matériel appréciable des tissus de l'organe. De là nécessairement une première division en névralgies idiopalhiques et névralgies symptômaliques ; c'est-à-dire en névralgies dont on ne peul rapporter la production à aucune altération patho-
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logique appréciable de l'organe lui même, ou des appareils d'organes voisins , et en névralgies dont l'existence se lie intimement à une ou plusieurs altérations soit de la vessie elle même, soit des organes voisins ».
Les névralgies idiopathiques elles mômes exigent à leur tour une division , car l'on ne saurait confondre celles qui affectent le corps avec celles qui affectent le col de la vessie. Les névralgies qui affectent le corps de la vessie n'ont pas encore été, pour ainsi dire, examinées el étudiées, et le seul travail qui en parle avec quelques détails est le mémoire de M. Léveilté, médecin de l'Hôtel-Dieu de Paris, qui a été publié en 1836, et encore n'est il question dans ce mémoire que de la névralgie rhumatismale.
« Les causes de la névralgie de la vessie sont assez obscures. On est déjà très avancé dans une recherche, dit M. Léveillé, lorsque l'on est parvenu à s'assurer qu'il existe une habitude rhumatismale. Mais si l'on ne connait rien de semblable, on est prompt à soupçonner des varices du cal de la vessie, ou de la glande prostate. L'anatomie pathologique n'éclaire guère sur ce point, car à l'ouverture des cadavres des personnes qui ont succombé après de longues souffrances, tes vaisseaux variqueux peuvent être regardés comme effet et non comme cause. D'ailleurs cette même disposition vasculaire n'a-t'elle pas été observée un grand nombre de fois chez des personnes, qui durant leur vie, n'avaient pas éprouvé de douleurs dans les voies urinaires ? On a également pensé à la suppression d'un flux hémorrhoïdal ou à son transport sur le 'col de la vessie. Alors pourquoi les urines ne sont elles pas teintes de sang? On parle de la repercussion d'un exanthème quelconque
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peu de temps avant le début d'une telle maladie, el de son retour lorsque celle ci est guérie ; d'où l'on conclut nécessairement à la réalité de la cause que l'on s'efforce de découvrir. Les incertitudes sur ce point se multiplient aussitôt que l'on réfléchit que, quand un viscère important est menacé de devenir ou est déjà le centre d'une fluxion, toutes les autres parties du corps sont libres de leurs affections particulières , ou que les symptômes de celles ci sont moins graves, et beaucoup plus supportables, s'ils ne disparaissent tout-à-fait. C'est pourquoi personne n'ignore que toute la maladie habituelle locale ou constitutionnelle se reproduit dans son état primitif après la guérison dune autre, qui n'était que fortuite. Nous concluons que les causes de celte affection douloureuse des organes urinaires sont les mêmes que celles du rhumatisme, et qu'il y a du danger pour le traitement à se livrer avec trop de confiance à l'idée de suppression d'un flux habituel , de répercussion et de métastases humorales d.
Sans rejeter complètement cette opinion que la névralgie vésicale peut être quelquefois le résultat d'une métastase ou de la répercussion d'un exanthème cutané, nous pensons avec Léveillé que, le plus souvent, elle est déterminée par une cause rhumatismale.
La névralgie de la vessie est essentiellement irrégulière dans sa marche. La première attaque qui constitue la période d'invasion peut durer vingt-quatre et même quarante-huit heures, mais au bout de ce temps la douleur diminue et ne reprend son intensité que lorsque la nuit s'approche pour aller encore en diminuant jusques vers le milieu de la nuit; souvent elle affecte même la forme intermittente. Souvent cette af-
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fection a été confondue avec la cyatile ou avec un catarrhe aigu de la vessie, malgrès les différences qui existent entr'ellee.
Le traitement consiste en lavages généraux au drap mouillé le malin, immédiatement après douche à déluge; bain de siège à poussière d'eau vers le milieu du jour; fomentations émollienles à six heures du soir pendant une heure ; à dix heures bain de siège à eau courante en spirales pendant dix minutes. Boisson abondante; nourriture de viandes blanches et laitages, exercice pour la réaction seulement. La ceinture hydrothérapique ne devra être abandonnée ni nuit ni jour. Si les douleurs persistaient avec une intensité trop grande, il ne faudrait pas hésiter à faire les fomentations émollienles plusieurs fois par jour, et les faire suivre d'une douche périnéale d'une minute chaque fois.
Les névralgies du col de la vessie sont beaucoup plus connues, aussi nous insisterons moins sur cette affection que nous n'avons fait sur la précédente, le traitement aussi ne variera que tout autant que la cause qui l'aura produite sera différente. Ainsi les fomentations émollientes continuellement employées , suffiront pour rémédier à la maladie occasionnée: 1.° Par une chûle sur le périnée ; 2.° Par les compressions exercées sur l'urèlhre et le col vésical par la tête de l'enfant au moment de l'accouchement (dans ce cas les fomentations devront être faites avec de l'eau à 18° au plus); les bains de siège à eau courant trois fois par jour, et les douches rectales une fois \i odront se joindre à l'abstention de la cause détermina a, pour ceux qui auront vu naître la maladie à la si e d'un excès du coït, ou de la masturbation, ou des bo jsons alcoolique*; en-
fin ia névralgie du col de la vessie occasionnée par la résistence trop longtemps prolongée au besoin d'uriner, devra être traitée comme nous avons dit pour la névralgie de corps vésical.
Nous ne nous occuperons pas des névralgies symptômatiques de la vessie; le médecin hydropalhc qui a une affection générale à soigner, s'occupe, au milieu de l'application des moyens généraux indiqués par ia maladie principale, à combattre aussi les symptômes locaux qui se présentent pendant le cours du traitement. Tout ce que nous pourrions dire à ce sujet serait donc superflu, et sortirait du cadre que nous nous sommes tracé.
La névralgie ano-génito-urinaire qui est excessivement complexe exige que l'on ajoute aux moyens curalifs que nous avons indiqués plus haut, l'emploi des grands bains de piscine précédés de la sudation dans le drap mouillé.
Après avoir parlé des diverses névralgies de la vessie, qui ne sont autre chose que l'exagération de la sensibilité de cet organe, nous sommes naturellement portés aux maladies qui produisent un effet contraire, c'està-dire l'abolition complète de celte sensibilité. La texture essentiellement musculeuse de cet organe est cause de sa puissance contractile, et cette contractililé est indispensable pour l'expulsion des urines. Cette puissance peut diminuer ou môme disparaître. Lorsque la contractililé n'est que diminuée, la vessie expulse les urines avec lenteur et ne se vide qu'en partie , de sorte qu'après avoir uriné, le malade en sent encore le besoin et à chaque instant voudrait y satisfaire. Lorsque la contractililé est complètement abolie, il y a paralysie. Il serait beaucoup trop long pour nous d'entrer dans
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tous les détails des causes qui peuvent amener ces paralysies complètes ou partielles, ce n'est pas dans un ouvrage du genre de celui ci que l'on peut s'attendre à voir traiter in extenso de pareilles questions, et si quelquefois, nous nous permettons des digressions un peu plus longues, sur les causes et les effets de certaines affections, c'est parce que ces affections peuvent être confondues avec certaines autres dont le traitement bydrothérapique diffère, et que nous voulons éviter toutes sortes d'erreurs. Qu'il y ait donc paralysie, du corps ou du col de la vessie ; que cette paralysie soit complète ou incomplète, le traitement ne différera que par la durée et la répétition des moyens hydriatriques. Bains de siège à poussière d'eau prolongés pendant quinze minutes, trois ou quatre fois par jour; boisson modérée ; sudations légères dans le drap mouillé, bain de piscine consécutif à celte opérations; une fois par jour, douche à double courant sur les reins.
On comprendra maintenant que le traitement, variera suivant la cause occasionnelle de cette affection, et qu'il devra être modifié, selon que l'on aura affaire à une paralysie de vessie, occasionnée par une apoplexie cérébrale ou spinale, ou par une myélite, ou par un ramolissement commençant de la moelle épinière, ou par des violences extérieures, ou par une méningite aiguë , ou par la distension exagérée des fibres vésicales, ou par suite d'un arrêt de flux hémorrhoïdal, ou par suite de débauches ou d'excès, ou par suite de vieillesse, ou par suite de chlorose, etc. C'est au médecin d'apprécier dans ce cas, les modifications à apporter au traitement hydrothérapique, ou à renoncer à employer des moyens qui seraient tout à fait insuffisants ou inutiles dans cer-
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taines des circonstances que nous venons de citer. L'on ne devra cependant pas perdre de vue , que des injections froides faites dans la vessie préalablement vidée de l'urine qu'elle contenait, peuvent être excessivement utiles dans certains des cas signalés plus haut.
Nous arrivons maintenant à la cystite. L'on comprend très bien que nous n'avons pas à nous occuper de la cystite produite par la présence d'un calcul dans la vessie. La cystite dans laquelle le traitement hydrothérapique est parfaitement indiqué; présente deux variétés principales: 1.° La cystite ïdiopathique ou spontanée, qui se développe, comme un grand nombre d'affections aigiies des viscères, sous l'influence de causes quelquefois seulement, mais non toujours appréciables; 2.° La cystite symptômatique , dont la production est déterminée par une affection des organes ou des parties avoisinant la vessie. La cystite ïdiopathique , occasionnée par l'absorption de cantharides, de l'iodure de potassium à hautes doses, par les diverses préparations opiacées principalement la morphine, se traitent hydrothérapiquement p*ar les fomentations émollientes fréquemment renouvellées ; les bains de siège à eau courante en spirale , la douche à dix jets sur les reins ; les bains de piscine précédés de sudation dans le drap mouillé, et les injections modérées soit dans la vessie, soit dans le rectum. Suivant le degré de la maladie, suivant la sensibilité du malade, les procédés hydrothérapiques doivent être modifiés, c'est ce qui nous met dans l'impossibilité de déterminer d'une manière précise le traitement à suivre ; mais le médecin intelligent et pratique saura saisir toutes les différences et appliquera avec succès les divers moyens que nous ve-
nons d'indiquer. La boisson doit, dans tous les cas être très modérée. L'on emploiera aussi les moyens dérivatifs, avec beaucoup d'avantages, dans les cas ou la maladie tenterait de passer à l'état chronique.
Lorsque la cystite est symplômalique, c'est-à-dire, qu'elle est la conséquence d'une urèlhrite, d'une vaginite, d'une entérite, etc. Le médecin hydropathe ne doit pas perdre de vue la maladie occasionelle ; et traiter les deux, en même temps, par les moyens que nous indiquerons au fur et à mesure que nous traiterons ces diverses affections, combinés avec ceux dont nous venons de parler.
Le catarrhe de la vessie, que l'on ne doit pas confondre avec la cystite, bien que souvent il en soit la conséquence , n'est pas guérissable par l'hydrothérapie quand il existe chez des personnes trop avancées en âge. Chez les personnes susceptibles de guérison, les moyens à employer sont : Les bains de siège à eau fixe prolongés pendant une demi heure et plus deux fois par jour; tous les deux jours un bain de piscine de cinq minutes, précédé d'une sudation légère dans le drap mouillé; lavages tous les matins, douches rectales tous les soirs; ceinture hydrolhérapique, boisson modérée; nourrimre composée essentiellement de laitage, de beurre, de viandes blanches. Hygiène hydrothérapique dans toute son extension.
L'hématurie, quelle que soit la cause qui l'ait produite, se combat par des bains de siège à poussière d'eau prolongé, pendant dix minutes au plus; le nombre de ces bains de siège devra être déterminé par le médecin qui fait suivre le traitement, douches rectales plusieurs fois par jour; injections dans la vessie même; fomen-
lalions é molli entes fréquemment renouvelles ; boisson abondante; exercice restreint; nourriture modérée. Quelques douches avec la douche à aiguille sur la marge de l'anus, ainsi que tous les moyens hydrolhérapiques que l'on a l'habitude d'employer pour appeller les hémorrhoïdes, sont parfaitement indiqués comme dérivatifs.
Pour en finir avec les maladies de l'appareil urinaire guérissables par la méthode hydrothérapique, il ne nous reste plus qu'à parler de la prostatite, de la névrose, du spasme et des névralgies de l'urèthre, des pertes séminales involontaires, et de la névralgie des testicules , c'est ce que nous allons faire aussi succinctement qu'il nous sera possible.
La prostatite est généralement la conséquence de maladies vénériennes, d'un cathétérisme difficile, de l'abus des fonctions génitales soit en fréquence soit en durée. Le traitement consiste dans l'enveloppement dans le drap mouillé suivi du bain de piscine le matin , bain de siège à douche vers le milieu du jour; douche périnéale le soir. Deux fois par jour une petite injection dans le canal de l'urèthre ; trois ' fois la semaine une douche rectale. Boisson abondante, régime hygiénique tel qu'il est prescrit par le traitement hydrothérapique.
Le spasme de l'urèthre est toujours du à l'abus des plaisirs vénériens, qui en exagérant la sensibilité de l'urèthre fait naître dès rétrécissements spasmodiques. On a vu quelquefois une impression vive , morale ou physique, déterminer le spasme de l'urèthre, par exemple une grande frayeur ou un grand froid. Le traitement à peu près semblable à celui que nous venons d'indiquer oe varie que par le bain de siège, qu'il faut prendre dans le bain à douche périnéale à U ou 15°, et prolongé pendant ib ou 20 minutes.
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Les névralgies de l'urèthre doivent Être traitées absolument comme les névralgies du col de la vessie dont nous avons déjà parlé. Bien que les causes de ces sortes de névralgies soient rarement appréciables , nous n'hésitons pas à les attribuer à certaines affection de la matrice ou du rectum et même à une constipation opiniâtre. Dans ces divers cas en combattant la cause première, ou fait disparaitre l'affection, qui n'est qu'une conséquence, suivant l'axiome d'Hippocrate : Âblatâ causâ, lollitur e/fectus.
Nous voici maintenant arrivés à une des maladies les plus fréquentes et les plus désastreuses de L'économie, les pertes séminales involontaires. Cette affection si peu connue des anciens , commence à peine à être traitée convenablement en 1782 par le docteur Wichmann, qui publia à celte époque, une dissertation sur la pollution diurne involontaire ; encore comme on le voit, l'auteur n'abordait qu'une partie de la question. La brochure du médecin allemand n'était pas connue en France, lorsque le docteur Sainte Marie, en donna en 1817, une traduction accompagnée de notes nombreuses et intéressantes. La matière donc n'avait été, pour ainsi dire, qu'indiquée, lorsque le docteur Lallemand , traita in extenso celte question en 1836 dans son ouvrage intitulé: Des pertes séminales involontaires.
Les causes de cette maladie sont nombreuses et complexes, et il serait bien long de les énumérer dans un ouvrage tel que celui que nous publions, cependant nous citerons les principales. Parmi celles ci nous placerons en première ligne, l'abus de la masturbation, la répercussion des affections cutanées , les affections du rectum, l'abus de lequilation, les excès vénériens, la
conlinence exagérée, le phimosis naturel, l'usage excessif du café, une vive impression, etc.
Le docteur Fleury, dans son excellent ouvrage intitulé : Traité pratique et raisonné d'hydrothérapie , consacre de nombreuses pages à cette affection. « Deux causes principales, dit-il (page 534), l'irritation et Xatonie , ont été assignées à la spermalorrhée , et comme, d'un autre côté , celle ci est accompagnée d'anémie, de troubles profonds de la digestion, de la nutrition, de la circulation, et surtout d'un ensemble de phénomènes nerveux qui parfois acquiert une gravité extrême , et porte simultanément sur la sensibilité, la motilité, les facultés intellectuelles et morales , on a dû tout naturellement penser à faire intervenir l'hydrothérapie dans le traitement de cette maladie , qu'on trouve mentionnée dans tous les ouvrages qui ont écrit sur la médication par l'eau froide.
n Un assez grand nombre de malades affectés de spermalorrhée ont été traités à Bellevue, et je puis affirmer que l'hydrothérapie est beaucoup plus efficace que les nombreux agents médicamenteux qui ont été indiqués par les auteurs, et voire même que la cautérisation, qui souvent- produit des accidents du côté des fonctions urinaires sans modifier les perles séminales , ou môme en rendent celles-ci plus fréquentes. M. Lallemand, qui est peu partisan des bains froids, de mer ou de rivière, reconnait cependant qu'ils sont utiles, lorsque le médecin sait apprécier convenablement la constitution , les forces de son malade , les moyens de réaction à la soustraction du calorique opérée par te bain ; il concède également que les applications froides , lotions, frictions ou douches, peuvent souvent être em-
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ployées avec avantages, à la condition qu'on apporte beaucoup de prudence dans leur administration.
• Les conditions posées par M. Lallemand sont nécessaires au succès d'une médication quelconque, et nous y souscrivons très volontiers ; mais nous ajoutons que le médecin qui les remplira trouvera dans l'hydrothérapie un précieux moyen de curation dont il chercherait en vain l'équivalent.
a Les douches froides générales, révulsives et toniques, sont d'un emploi facile et toujours avantageux ; mais les applications locales (bains de siège à eau dermante ou courante , demi emmaillotements , compresses, etc.) exigent, au contraire, beaucoup de précautions et peuvent être plus nuisibles qu'utiles, si par un diagnostic bien établi on n'est pas arrivé à reconnaître avec certitude la cause de la maladie. Il est évident, en effet, que les applications excitantes ne conviennent pas à la spermaLorrhée par irritation, et que les applications sédatives ne sont pas indiquées lorsque les pertes séminales sont le résultat de l'atonie.
« 11 ne faut pas croire toutefois que le succès de l'hydrothérapie, convenablement et rationnellement appliquée, soit constant, et c'est en ia voyant me faire défaut souvent que j'ai été conduit à étudier une cause de spermatorrhée à peine indiquée par les auteurs; je veux parler du phimosis congénital. Mes recherches montreront que ce vice de conformation joue dans la pathologie de l'homme adulte, un rôle très important, qui n'a pas même encore été entrevu par les praticiens; elles indiqueront le seul moyen à l'aide duquel il soit possible de porter remède à des troubles fonctionnels graves et nombreux, fort mal appréciés jusqu'à présent;
elles expliqueront la non efficacité de la matière médicale, de l'hydrothérapie et de toutes les médications qui laissent intacte la cause physique et méconnue de la maladie ; enfin elles introduiront dans la science une description nouvelle, non moins intéressante pour le nosographe que pour le clinicien.
« On donne le nom de phimosis congénital à un vice de conformation, dans lequel le prépuce est en même temps trop long et trop étroit, de telle sorte qu'il dépasse d'une quantité plus ou moins considérable l'extrémité du gland , qu'il ne peut être ramené qu'avec effort en arrière de celui-ci, et qu'il forme alors un anneau exerçant sur la verge une conslriction, qui devient d'autant plus énergique que le membre est dans une érection plus prononcée ».
Après avoir décrit très longuement les divers phénomènes auxquels peut donner lieu cette conformation vicieuse du prépuce, et avoir cité des observations qui corroborent son opinion et l'importance qu'il faut attacher à ce fait, l'auteur divise en trois catégories les accidents aux quels elle peut donner lieu.
Les uns entièrement locaux, portent sur les fonctions génilo— urina ires , et sur une partie des organes qui président à ces fonctions : la verge, les testicules, les conduits éjaçulateurs , la prostate et la vessie.
Les autres exercent leur action sur l'encéphale, par l'intermédiaire des organes et des fonctions de la génération.
Les troisièmes enfin sont sympathiques, se font sentir sur l'innervation générale, et par conséquent sur l'économie tout entière.
!>tf LETTRES SUH LHïDIiOTUKHAl'IE
Après avoir étudié séparément ces trois ordres de phénomènes, en s'appuyant sur des observations trop longues pour trouver place dans notre ouvrage et pour lesquelles nous renvoyons le lecteur au travail du célèbre professeur d'hydrothérapie, il arrive aux conclusions suivantes :
1. ° Le phimosis congénital a une importance pathogënique qui a été à peuprès complètement méconnue jusqu'à présent, et qui cependant doit fixer L'attention des praticiens.
2. ° Le phimosis congénital donne lieu à trois ordres de phénomènes morbides.
A. A des accidents se rattachant aux organes génitaux, au sens génital, et aux fonctions de la génération.
B. A des phénomènes se rattachant aux organes urinaires, et principalement caractérisés par des envies fréquentes d'uriner, des douleurs à l'orifice de l'urèthre et à d'autres accidents qui peuvent donner le change au médecin, qui pourrait les attribuer à d'autres lésions organiques qu'à celles auxquelles ils appartiennent réellement.
C. A des troubles variés du système nerveux , offrant la plus grande analogie avec ceux que l'on observe chez les femmes hystériques.
3. " L'excision du prépuce est le seul moyen de faire disparaître l'ensemble de tous ces symptômes.
4. " Quelque médication qu'on mette en usage, avant d'avoir fait disparaître le vice de conformation, on ne parvient pas à faire cesser les accidents. Après l'opération, les toniques, les antispasmodiques, et spécialement l'hydrothérapie, peuvent, au contraire, rendre de grands services.
lettres sur l'hydrothérapie 99
5.° Le procède opératoire de M.- Ricord et l'usage des serresfines sont les moyens, auxquels il est préférable de recourir, pour pratiquer l'excision du prépuce.
Nous avons voulu donner un aperçu de cette maladie, un peu plus long que nous ne le faisons pour les autres affections, premièrement à cause de l'importance qu'elle présente, ensuite parce que le célèbre hydropalhe est, à peu près, le seul qui ait jetlé un grand jour sur une question d'un si puissant intérêt.
La névralgie du testicule n'est pas de nature inflammatoire; le siège de la maladie est dans la substance nerveuse, et est de même nature que le tic douloureux, affection dans laquelle l'action nerveuse pèche plutôt par défaut que par excès. Ce qui le prouve, c'est qu'elle est quelquefois l'avant coureur de l'affection paralytique, souvent elle l'accompagne et quelquefois elle lui suc J cède. Les fonctions digeslives sont souvent altérées dans cette maladie. Cette altération doit être considérée, non comme la cause originelle de la maladie, mais bien comme l'effet du désordre du système nerveux. On comprend dès lors qu'aucune précaution de régime ne peut y remédier.
Le traitement consiste en des fomentations émollientes sur la partie douloureuse, des bains de siège à eau dormante à 14° prolongés et dans un traitement général comme nous l'indiquerons pour le tic douloureux.