‹ Dissertations sur l'hydrotherapie appliquee aux maladies guerissables ou modifiables par ce traitementChapitre 15 sur 35 · LETTRE TREIZIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE TREIZIÈME

Maladies de l'appareil circulatoire - De la péricardite - Impuissante de l'hydrotlwrapw dans cette affection - De l'hydropéricardt - Les maladies organiques du coeur sont aggravées par l'hydrothérapie - Des palpitations nerveuses - Traitement - De furfentle chronique - Traitement - Des fièvres en général - De la fikrt éphémère - Traitement - Division des fièvres continues en trois ordres - Du typhus et de la fièvre typhoïde - De la fièvre continue d'Angleterre ou typhus fever - Du typhus des camps et des prisons - Traitement - De la fièvre bilieuse - Ses sympUma dans nos contrées - Traitement - La fièvre intermittente - Ses divisions - Fièvre quotidienne - Fièvre tierce - Fièvre quarte - Fièvre quotidienne doublée - Fièvre tierce doublée - Fièvre double quarte - Fièvre triple quarte ~ Traitement général de toute' les fièvres intermittentes.

La première affection qui se présente à nous dans l'appareil de la circulation, est la péricardite. L'hydrothérapie ne peut rien sur cette maladie à moins qu'elle ne soit symplômatique d'une affection rhumatismale soit partielle , soit générale , ou d'une affection goutteuse. Nous verrons, lorsque nous nous occuperons des maladies rhumatismales et goutteuses, comment le médecin hydropathe doit se comporter en face de cette complication fâcheuse d'une maladie déjà sérieuse par elle même. Mais lorsque la péricardite. est idiopathique ou qu'elle est due à toute autres cauBea qu'à celles que nous venons d'indiquer, l'hydrothérapie ne saurait qu'y faire et les saignées fréquentes, le repos, la diète, les boissons rafraîchissantes et émollientes auront infiniment

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de chances de réussite si l'on agit avec méthode et énergie.

L 'hydropéricarde, bien que décrite généralement comme, une maladie spéciale ne nous parait pas devoir exister indépendamment d'une inflammation antécédente ou d'une anasarque. Il n'est pas rare de le rencontrer accompagnant l'hydropisie générale, mais je ne crois pas qu'on l'ait constaté encore soit à l'état aigu soit idiopatkique. L'hydropéricarde qui dépend de l'hydropisie générale demande le même traitement que l'hydropisie elle même. Pour l'hydropéricarde présumé idiopathique, et qui, d'après toutes les apparences, n'est qu'une péricardite chronique, la ponction a été conseillée par Sénac ainsi que par LaBnnec, et pratiquée par quelques chirurgiens; nous n'avons pas à nous en occuper ici.

Toutes les maladies qui affectent le coeur lui même sont incurables et immodifiables par l'hydrothérapie, qui même serait essentiellement nuisible. Aussi avant de soumettre un malade au traitement hydrolhérapique , le médecin fera-t'-il bien de toujours s'assurer s'il n'existe aucune lésion organique , même légère du coeur, s'il ne veut pas s'exposer à des accidents très graves et toujours irrémédiables.

Les palpitations nerveuses dépendent de la dyspepsie, de l'hypochondrie , de l'hystérie, d'un vice goutteux latent, d'émotions morales gaies ou tristes, d'un travail excessif avec privation de sommeil, d'excès vénériens.

Le nom de palpitations a été donné en général à une augmentation dans la force normale des battements du coeur, laquelle s'accompagne le plus souvent d'une augmentation dans la fréquence. Dans cet état, les battements dn coeur qui dans l'état normal, ne sont presque

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jamais sentis par les malades, le sont presque toujours à un degré plus ou moins sensible. Les palpitations eiislent comme principal symptôme dans presque toutes les maladies organiques du coeur; il ne peut donc être question ici que de celles qui sont indépendantes de toute lésion matérielle appréciable. Ces dernières sont encore tellement fréquentes, qu'au dire de Hope, la moitié des malades qui consultent pour des maladies du coeur, ne sont affectés que de simples palpitations nerveuses.

Les signes physiques des palpitations nerveuses, consistent moins dans une impulsion du coeur remarquable sous le rapport de sa force, que par son caractère brusque, bondissant, par un battement des artères, quelquefois général, avec pouls saccadé. C'est ce qui fait que cette espèce de palpitation est, plus souvent, entendue peut être qu'aucune autre par le malade, qui croit sentir le bruit des battements lui traverser les oreilles, surtout lorsqu'il est couché dans son lit sur le côté, et que chaque battement artériel fait remuer son oreiller. Certains malades sentent si bien les battements de tout le système artériel, qu'ils peuvent compter leur pouls, d'après cette sensation toute seule.

Le traitement de cette affection est bien simple, sûr de son action , et répond parfaitement au but qu'on se propose. L'action de la cause excitante ayant été supprimée il consiste dans la cure hydrothérapique générale, et la cure dérivative vers les vases hémorrhoïdaux. Boisson modérée d'eau très fraiehe, nourriture composée de viande rôtie et peu cuite à discrétion. Réactions plutôt énergiques.

Si les palpitations sont dues à un régime de vie trop stimulant, le traitement consiste alors en quelques en-

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veloppemenls dans le drap mouillé suivies de douches générales à poussière d'eau; les bains de siège dérivatifs et une nourriture composée principalement de soupes et d'herbages.

L'adénile chronique ou inflammation chronique des vaisseaux lymphatiques succède généralement à l'adénite aiguë que l'on traite localement par les fomentations émollientes et généralement par le traitement Ionique et dépuratif tel que nous l'avons déjà si souvent décrit. Lorsque les ganglions lymphatiques chroniquement enflammés sont le siège de quelques douleurs , tous les moyens indiqués pour l'adénite aiguë doivent être employés ; mais s'il n'y a pas de douleurs , où si les douleurs ont cessé d'exister, ce sont les fomentations excitantes suivies de frictions dabord légères qui doivent être employées, et ces fomentations doivent être maintenues par un bandage compressif. Le traitement local doit toujours être accompagné du traitement général.

Nous allons aborder maintenant un des sujets les plus importants du cadre nosologique, et dans lequel le traitement hydrolhérapique compte autant de succès que de tentatives de guérison. Je veux parler des fièvres. Il y a cinquante ans à peine, que les fièvres absorbaient à elles seules la plus grande partie de la nosologie. Rayées ensuite, pour ainsi dire, de la nosologie par Broussais, elles y ont été réintégrées par les progrès de la science, et chaque jour elles tendent à occuper une plus grande place. Nous n'allons pas faire ici une longue théorie de la fièvre, et nous ne rappellerons pas toutes les rêveries enfantées par les anciens médecins pour expliquer les causes de la fièvre. Dans bien des cas, ces causes sont inconnues, mais le plus souvent

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on en trouve l'explication dans l'existence d'une phlegmasie , dans l'exagération de fonctions d'un organe important , dans une altération du sang par diverses substances, etc., mais on ignore encore et l'on ignorera probablement longtemps, toujours peut-être, comment agissent ces causes. Une foule de considérations avaient servi autrefois à établir parmi les fièvres des espèces particulières. Suivant la prédominance de tel ou tel symptôme, suivant l'idée qu'on se faisait des causes de la fièvre ou des altérations auxquelles on la supposait due, on admettait des fièvres bilieuses ou gastriques, muqueuses, adynamiques, alaxiques, putrides, malignes, inflammatoires, etc. Aujourdhuï on est généralement d'accord sur l'arbitraire de semblantes classifications, et la seule division qui ait résisté aux réformes contemporaines est celle qui divise les fièvres en continues et intermittentes. Ces mois sont eux mômes des définitions.

Parmi les fièvres continues se trouvent les fièvres éruplives (variole, rougeole, etc.), dont nous parlerons en traitant les maladies des enfants et quelques autres dont nous allons nous occuper.

La fièvre éphémère est ordinairement peu intense, mais elle peut l'être beaucoup quelquefois ; elle se présente sans cause connue ou du moins appréciable, se manifeste de préférence vers le primlemps, cesse en vingt-quatre heures ou quarante huit heures, et laisse ordinairement pour traces de son passage un herpès labialis ou quelqu'aulre phénomène critique. Le traitement est des plus simples, et consiste dans l'enveloppement dans le drap mouillé renouvelle chaque iO ou 15 minutes jusqu'à la cessation de la fièvre, et de l'eau pour boisson, donnée fréquemment et en petite quantité chaque fois.

Pour toutes les autres fièvres, nous adopterons la classification de Cullen, qui ne considère que trois sortes de fièvres continues:

1. ° La fièvre inflammatoire simple (synocha fièvre inflammatoire, fièvre angeiolénique).

2. " Le typhus ou fièvre grave ( fièvre maligne ou putride; typhus des hôpitaux et des prisons; fièvre adynamique ou ataxique ; febris maculosa; fièvre typhoïde; dothinentérite, etc.).

3. ° Entre ces deux premières espèces, une variété intermédiaire, et que Cullen appelle fièvre continue intense ou synochus (fièvre bilieuse ordinaire, fièvre catarrhale, fièvre muqueuse, etc.).

Ainsi d'après Cullen, la fièvre continue simple, et le typhus, occupent les deux points extrêmes, tandis qu'entre ces deux variétés il s'en trouve une troisième qui se rapproche plus ou moins par ses symptômes de Tune ou de l'autre, <r Dans les climats que nous habitons, dit-il, le type le plus commun des fièvres continues parait être une combinaison de ces deux genres (la fièvre continue simple et le typhus), aussi ai-je admis un genre intermédiaire sous le titre de synochus. Les limites qui distinguent le synochus du typhus, ne peuvent être que difficilement assignées. Je suis même disposé à croire que le premier est produit par les mêmes causes que le dernier, et qu'il n'en est, en conséquence , qu'une variété » (Synopsis nosologiae methodicae, 2 vol.).

Ces idées sont celles qui sont aujourdbui le plus généralement admises sur cet important sujet. Maintenant admettrons nous qu'il y a similitude entre les fièvres graves des tropiques, la fièvre jaune, la peste, et ■ii

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le typhus de nos climats'-' Je ne le pense pas, mais il est certain que dans ces affections la chaleur normale étant très augmentée, la sédation hydrothéra pique eat parfaitement indiquée dans leur traitement. D'ailleurs , c'est dans ces affections, que l'eau froide en affusions, en ablutions, ou autrement s'est montrée surtout efficace ; efficacité constatée par Ilahn, il y a cent ans, dans les épidémies de fièvres graves, et par Samoïlowtz en 1777, dans la peste qui ravagea Moscou.

En Septembre 1777 le Docteur Wright revenant de la Jamaïque en Angleterre, fut attaqué de la fièvre jaune; il contracta cette maladie, en donnant des soins à un matelot chez lequel elle avait offert des symptômes de la plus grande malignité , et qui était mort depuis peu de jours. Voici comment le Docteur Wright raconte son observation personnelle.

« Le 5 et 6 Septembre, dit-il, j'éprouvai de temps en temps des frissons, et la peau devint chaude: le pouls était petit et fréquent, j'éprouvais une, céphalalgie frontale et une inappétence sans nausées, la soif était à peine augmentée, la langue était blanche et pâteuse, les selles régulières, les urines pâles et rares, mais dans la nuit survint du malaise, de l'inquiétude et du délire. Le 6 Septembre le Docteur Wright prit un vomitif et le 7 une décoction de tamarin, puis, en se couchant , un peu d'opium avec du vin antimonié ; maïs il n'y eut ni sommeil ni transpiration. Le 8, quatrième jour de la maladie, la fièvre était plus intense et il existait de vives douleurs dans les lombes ainsi que dans tous les membres ; il prit ce jour là, de temps en temps, un verre de vin de Porto, et environ dix gros de quinquina, mais sans en éprouver le moindre

soulagement. Remarquant que les douleurs se calmaient d'une manière remarquable quand il était surletillac, et que tous les symptômes semblaient moins violents quand ii était .au grand air, le Docteur Wright résolut d'essayer sur lui même l'efficacité d'un moyen qu'il avait souvent désiré d'employer dans les cas de fièvres de celte nature. Aussi le 9 Septembre , vers les trois heures de l'après midi, se plaçant entièrement nu sur le pont du navire, il se fit jelter sur le corps , coup sur coup, trois seaux d'eau puisée dans la mer. La secousse fut vive et le soulagement immédiat. Toutes les douleurs cessèrent comme par enchantement, et une douce transpiration s'établit dès qu'ii se fut habillé. Cependant les mêmes symptômes généraux ayant reparu le soir, il eût recours au même moyen et avec des résultats aussi favorables. L'appétit se fit sentir, il put manger un peu, et pour la première fois depuis le 5 la nuit fut bonne.

n Le 10, faiblesse générale, surtout dan3 les jambes et dans les cuisses, mais pas de fièvre. Affusions froides, administrées à deux reprises et de la même manière. Le 41, la maladie avait entièrement cédé; cependant, craignant une récidive, le Docteur Wright fil encore usage de l'affusion froide et tout fut entièrement terminé ».

a Des circonstances imprévues, dit Schedel, p. H7, retardèrent la publication de cette observation intéressante, où nous voyons une fièvre jaune très grave, donner naissance, par contagion, à une fièvre d'une nature moins maligne , et qui cède à un traitement tout nouveau. Elle ue fut publiée dans les Journaux de médecine, qu'en 1786, et l'année suivante, le Docteur James Currie résolut de faire usage, contre les fièvres

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graves de nos climats, d'un moyen qui s'était montre si utile dans le traitement de la fièvre jaune. Les résultais de ses recherches, ne furent publiés que dix ans plus tard, en 1798, et le Docteur Jackson fit connaître, dans l'intervalle, combien ce même moyen de traitement s'était montré efficace entre ses mains contre les fièvres jaunes des tropiques. N'oublions pas que, quarante ans auparavant, le Docteur Hahn de Breslau, et Tbeden avaient étonné le monde médical par le récit des faits de guérisons dues à l'eau froide dans les cas les plus graves. Il est probable que ce fut le souvenir de ces publications qui porta Wright et Jackson à avoir recours à cet agent thérapeutique.

« Ce fut en Décembre 1787, dans l'Hôpital de Liverpool , que Corrie traita pour la première fois sept femmes atteintes du typhus, et toutes furent sauvées. Eo Juin 1792, une épidémie de typhus se déclara dans un régiment caserné à Lïverpool, et cinquanLe-huit hommes en furent attaqués. Ainsi que dans plusieurs épidémies précédentes déjà observées par Currie, depuis seize ans, celles ci offraient les symptômes suivants; accablement extrême, céphalalgie grava ti ve , vive rougeur des conjonctives, toux accompagnée d'expectoration de mucosités quelquefois parsemées de stries sanguines, pouls petit et faible, cent à cent-trente pulsations. Température sublinguale, 38° 3 à 39° 4 cent., l'état normal étant environ 37' cent. ; apparition de péléchies dans le second septénaire ; quelquefois délire; déperdition rapide des forces après des émissions sanguines.

« Currie arrêta les progrès de l'épidémie en isolant les malades. Les autres soldats que le typhus semblait menacer, ce que l'on reconnaît à rabattement de la phy-

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sionomie et à l'injection des conjonctives, furent baignés journellement dans la mer ainsi que les hommes bien portants. L'épidémie fut étouffée de cette manière en quatorze jours. Les malades furent au nombre de cinquante-huit; il en mourut deux qui avaient été saignés. Les cinquante-six autres furent traités par des affusions d'eau salée à la température de 1 2° R. Chez trente-six la maladie fut arrêtée sur le champ ; les vingt autres revinrent à la santé , mais après que la maladie eut suivi son cours régulier. -

a Tout en faisant connaître au public médical les heureux résultats des affusions froides dans le traitement des fièvres graves de nos climats, Currie s'empressa de soumettre cette méthode de traitement à l'expérience des médecins tant anglais qu'étrangers. Quelques uns répondirent à l'appel qui leur était adressé et bon nombre d'observateurs vinrent constater les effets avantageux de ce moyen pour arrêter les progrès ultérieurs du typhus lorsqu'on y a recours dans les premiers jours » (Schedel, page US).

« Le procédé de l'enveloppement dans le drap mouillé, ajoute Schedel, page 132, facilite beaucoup l'application de l'eau froide à la surface extérieure du corps, et la rend moins pénible en même temps qu'il en assure les effets subséquents. Quoiqu'il en soit, personne ne sera surpris de voir, que entre les mains de Priestnitz, ce moyen, qui avait excité l'admiration des maitres de l'art, ait produit des résultats qui semblent merveilleux. Appliquant son remède à tort et à travers, avec la hardiesse et la persévérance qui constituent les principaux traits de son caractère, Priestnitz ne tarda pas à reconnaître l'importance extrême de cet agent que le ha-

iW LRTTRES BUR L'HYDROTHÉRAPIE

sard avait placé dans ses mains. L'expérience et la pratique lui servirent de guides. Cependant Prieslnitz n'a lui même rien publié; aussi ce que nous avons à dire relativement a son traitement des fièvres continues, n'est basé que sur sa pratique à Graefemberg, ou il donne souvent le nom de fièvre grave a des indispositions fébriles qui n'offrent en elles mêmes aucun danger, et qui n'ont d'effrayant que le nom dont il les décore. Il ne fait, du reste, aucune attention à la température du corps, et parait Tie s'occuper que des crises qui doivent survenir. Néanmoins sa pratique a évidemment pour résultat, si non pour but, la soustraction continue du calorique morbidement accumulé dans l'économie, des applications réitérées du drap mouillé sur toute la surface du corps, c'est-à-dire, des enveloppements plus ou moins fréquemment renouvellés, suivant les circonstances, et de plus l'usage d'un bain partiel à 12° R. avec frictions à la main, et alternant avec les grands bains de courte durée pour revenir ensuite aux bains partiels, tel sont les moyens ordinaires qu'il emploie en pareil cas. Quelquefois , il ne se sert que du bain partiel, après avoir laissé le malade une ou deux heures dans un ou deux draps mouillés. Alors, comme nous l'avons dit, les garçons du bain frictionnent seulement les membres inférieurs, ainsi ■ que les parties hors de l'eau, avec les mains mouillées, puis au bout d'un quart d'heure ou vingt minutes, plus ou moins, le malade est remis au lit. Priestnitz, en général, ne cherche pas à exciter la sueur tant que la fièvre est intense, sachant bien que lorsque celle ci diminue, la peau se trouvera disposée a une réaction favorable. En même temps des applications locales ra-

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fraîchissantes, surtout à la tète, l'eau froide en boisson fréquemment administrée, des lavements d'eau froide concourent, avec les enveloppements, à tempérer la chaleur morbide. Lorsque la transpiration s'établit, le malade étant encore' enveloppé dans le drap mouillé , Priestnitz la favorise en y laissant le malade, et en ajoutant même aux couvertures , puis , lorsqu'elle a duré une ou deux heures, on place le patient, ainsi couvert de sueur, dans un bain partiel a 12° R-, où on le frictionne vivement, puis on le remet au lit en l'enveloppant de nouveau dans le drap mouillé ou dans la couverture de laine, et quelque fois en le laissant reposer pour agir plus lard suivant les indications nouvelles ».

Voilà donc le traitement hydrothérapique rationnel pour la fièvre typhoïde, la fièvre continue d'Angleterre ou typhus fever , pour le typhus d'Europe, des camps et des prisons, mais nous sommes loin de croire à la si grande puissance de l'hydrothérapie dans ces terribles affections. Bien souvent nous avons vu la maladie parcourir ses périodes accoutumées, alors même que cette méthode avait été énergiquement employée dès le début.

La fièvre bilieuse des pays chauds qui a aussi été désignée sous le nom de fièvre rémittente bilieuse, fièvre grande endémique des pays intertropicauco , est une des maladies qui font le plus de victimes dans ces contrées. Elle règne principalement dans la presqu'ile du Gange, dans les provinces méridionales de l'Amérique du nord , et sur la côte d'Afrique. En Europe, on l'observe aussi, quoique moins fréquemment sur le littoral le plus méridional de la Méditerrannée, d'où le nom de fièvre méditerrannéenne , que certains médecins

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anglais lui ont donné. M. Littré suppose que le wwttt (caaaus en lalin) d'Hippocrate, qui tient une grande place dans la médecine de ce célèbre observateur, pourrait bien être la fièvre bilieuse d'aujourdhui.

Cette fièvre paraît offrir des variations si grandes suivant les climats où on l'observe, que nous croyons devoir insister sur les symptômes qu'elle présente dans nos contrées. A son degré le plus faible elle ressemble beaucoup à l'embarras gastrique , dont les symptômes, comme on le sait, sont plus prononcés dans les pays chauds. Ainsi, la coloration bilieuse delà peau, est très marquée; au lieu de nausées plus ou moins prononcées qu'on observe dans l'embarras gastrique, on voit presque toujours des vomissements bilieux , quelquefois très abondants, dans la fièvre bilieuse; enfin les selles, qui sont diarrhéiques , contrairement à ce qui a lieu dans l'embarras gastrique, renferment une grande quantité de bile verte, ce qui est l'opposé de ce qu'on observe dans l'ictère.

La fièvre bilieuse bien caractérisée se développe brusquement, après quelques jours de malaise. Les malades sont prostrés, sans appétit, et éprouvent des alternatives fréquentes de froid et de chaud, et des douleurs lombaires; plus tard , une chaleur ardente et générale se déclare , accompagnée d'une vive céphalalgie frontale ou sus-orbitaire ; le pouls est fréquent el développé; une douleur dirigée en travers de la poitrine gène les mouvements de celte cavité; une autre douleur plus vive et un sentiment de tension se fontsentir à l'épigastre et aux deux hypochondres , mais spécialement a droite. La langue se couvre d'un enduit blanc ou jaunâtre ; il y a assez habituellement une

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suif anormale et presque constamment des vomissements d'une bile verte et filante en quantité quelquefois énorme. Quelquefois on observe de la constipation , plus souvent une diarrhée bilieuse avec ou sans coliques. L'ictère est très prononcée ; les facultés intellectuelles restent le plus souvent intactes ; mais quelquefois aussi il y a de la somnolence , du coma et surtout du délire : ce dernier symptôme est violent et presque constant dans certaines épidémies, forme que la fièvre bilieuse revêt assez souvent.

Tous ces accidents, après une durée de quelques heures, s'amendent habituellement, et une rémission plutôt qu'une intermittence complète leur succède , accompagnée de moiteur ou même d'une sueur abondante.

Un nouveau paroxysme se développe dans la journée, ou le lendemain, ou au plus tard le surlendemain, c'est-à-dire que la fièvre est double quotidienne ou au moins tierce. Mais ce n'est qu'au début qu'il en est ainsi: à mesure que les accès se multiplient, les rémissions deviennent de moins en moins longues et la fièvre finit par affecter le type continu.

Le traitement consiste en enveloppements dans le drap mouillé renouvellés fréquemment tant que dure l'exacerbation de la fièvre, et suivis d'ablutions générales froides ou de la douche à pluie si le malade peut la supporter. S'il est trop faible ou d'une constitution qui ne permette pas l'emploi de ce moyen on le remplace par un bain partiel dans de l'eau à 12° pendant dix minutes. Tout le temps que le malade passe dans le bain , des frictions avec la main mouillée doivent être faites aux membres inférieurs et sur toutes les parties du corps qui sont hors de l'eau. En sortant sa

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du bain ou de la douche, nouvel enveloppement dans le drap mouillé jusqu'à ce que la sueur se détermine, Cette sueur doit être favorisée en faisant boire au malade de l'eau très froide à petites gorgées et à chaque instant. La boisson en général doit être très abondante et être poussée jusqu'à ce qu'elle produise un effet purgatif. Les autres symptômes locaux doivent être combattus par les divers moyens hydrothérapiques que nous avons déjà indiqués, en tenant toujours compte de l'état du malade et en agissant avec une extrême précaution. Pendant la convalescence, le traitement doit être simplement tonique et gradué suivant les forces du malade.

La fièvre intermittente est une affection fébrile constituée par une série d'accès morbides se renouvellent à des intervalles à peu près égaux et séparés par une apyrexie complète. L'accès se compose de trois phénomènes prédominants qui se succèdent toujours dans le même ordre , et auxquels on a donné le nom de stades , qui sont dans leur ordre d'apparition, le stade de froid, le stade de chaleur et le stade de sueur, après lequel arrive l'apyrexie.

L'intervalle plus ou moins long qui sépare deux accès successifs a conduit a distinguer plusieurs typet de fièvres intermittentes , lesquels semblent être autant de variété*, mais non autant d'espèces de fièvre, comme le disent avec ou sans intention certains pathologistes. Ces types ne sont pas sans importance à connaître et nous en ferons l'énumération,

La fièvre intermittente quotidienne est celle dont les accès reviennent tous les jours à peu près également forts.

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La fièvre tierce est celle dout les accès ne reviennent que tous les deux jours.

. La fièvre quarte est celle dont les accès sont séparés par deux jours libres de toute pyrexie.

Ces trois formes de fièvres intermittentes présentent à leur tour des variétés secondaires par la complication et le mélange des types. Ainsi :

La fièvre quotidienne doublée quand il y a deux accès chaque jour. Cette fièvre est excessivement rare.

La fièvra tierce doublée quand deux accès se manifestent deux jours de suite et que le troisième jour intermédiaire à deux autres est exempt de tout symptôme fébrile.

La fièvre double tierce est celle ou le malade , comme dans la fièvre quotidienne , éprouve des accès tous les jours, mais avec cette différence qu'ils sont alternativement inégaux, de sorte que ceux qui surviennent les jours pairs, et ceux qui se manifestent les jours impairs, ont une correspondance réciproque dans leur phénomènes et leur durée. Cette forme de la fièvre intermittente est assez fréquente.

La fièvre double quarte est celle qui en quatre jours ne laisse qu'un seul jour libre.

La fièvre triple quarte se reconnaît à ce que sur trois jours, il y a deux accès faibles et un accès fort ; il n'y a point de jour libre.

Voilà les formes les plus fréquentes affectées par la fièvre intermittente ; nous n'entrerons pas dans de plus grands détails à ce sujet, ces fièvres sont assez connues pour que nous n'ayons pas besoin de nous en occuper autrement que pour en indiquer le traitement hydrothérapique.

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Dans plusieurs circonstances , dit M. Fleury pag. 396, des phénomènes périodiques, très divers d'ailleurs, ont disparu sous l'influence de douches froides excitantes, révulsives, administrées peu de temps avant le retour présumé des accidents, ou même au moment de leur apparition; et il cite à ce sujet diverses observations très remarquables.

Quelquefois , avait déjà dit depuis bien longtemps Currie que nous avons déjà eu souvent occasion de citer les accès de fièvre ont été prévenus par des affusions froides pratiquées environ une heure avant l'époque présumée de leur retour , et la maladie a été complètement guérie après quatre ou cinq affusions de ce genre.

Il y a quelques années , dit Schedet , Priestnitz parait avoir cherché à guérir la fièvre intermittente en procédant à des transpirations plus ou moins prolongées chaque matin, et en donnant ensuite les ablutions froides ou le grand bain. Actuellement il parait avoir changé de méthode, et le traitement se divise en deax périodes: celui de l'intervalle des paroxysmes et celui de l'accès lui même.

Le traitement de l'accès consiste en frictions avec le drap mouillé pendant le stade de froid; emmaiilotemenl dans le drap mouillé, fréquemment renouvelé, pendant le stade de chaleur ; des ablutions générales, ou des frictions dans un bain partiel, terminent l'opération.

Le traitement mis en usage clans l'intervalle des paroxysmes diffère peu du précédent: chaque malin, emmaillotement dans le drap mouillé, frictions dans un bain partiel lorsque la chaleur s'est rétablie; ceinture excitante placée autour de l'épigastre et des hypochon-

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dres ; eau froide à l'intérieur à haute dose ; exercice ; quelquefois des immersions dans le grand bain et des lavements froids.

Ce traitement d'après l'avis de M. Schedel lui même, n'avait pas encore obtenu un succès certain et prompt. D'ailleurs il n'avait pu en observer les effets que sur trois malades.

La question de l'opportunité et de l'efficacité des applications hydrolhérapiques, dit M. Bardou, p. 526, dans les cas ordinaires de fièvres intermittentes, ne me parait pas résolue. Les auteurs des ouvrages qui traitent de la méthode citent fort peu d'exemples de ce genre, et les quelques observations qu'on y trouve sont si incomplètes et d'une nature si peu scientifique, qu'il est impossible d'en tirer aucune conclusion ni aucun enseignement, Les quelques essais que j'ai tentés ont eu des résultats variables et me laissent dans la croyance que, pour arrêter une fièvre intermittente, le sulfate de quinine reste jusqu'ici le meilleur spécifique. Pourtant je conseillerai l'emploi de la méthode hydrolhérapique , dans les cas qui se montreront rebelles à l'usage du spécifique indiqué.

Comme on le voit d'après ce qui précède, rien n'était plus incertain que le traitement hydrolhérapique dans la fièvre intermittente , lorsque Fleury , frappé de l'observation de Currie se mil à l'oeuvre, et trouva le véritable moyen hydrolhérapique rationnel qui lui réussit constamment el qui nous a constamment réussi, toutes les fois que nous avons pu l'appliquer. Voici comment s'exprime à ce sujèt le célèbre hydropathe, page 401 : « Telles étaient les données fournies par la science, lorsque je formai le projet d'appliquer l'eau froide au

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traitement de la fièvre intermittente, en m'éloignant également des errements de Giannini et de ceux des hydrolhérapistes, mais en tenant compte de cette assertion de Currie :

« Quelquefois les accès ont été prévenus par des abusions pratiquées une heure avant Fépoque présumée de leur retour, et la maladie a été complètement guérie après quatre ou cinq affûtions de ce genre ».

Voici dès lors le terrain sur lequel je me suis placé,

J'ai laissé les accès suivre leur marche ; aucun modificateur n'a été mis en usage pendant leur durée.

Pendant l'apyrexie, je n'ai eu recoure à aucun agent pharmaceutique, et je me suis abstenu du régime froid, des boissons à haute dose, des sudations, des lotions, des emmaillotemenUs, etc., prescrits par les hydrothérapistes.

Le traitement a consiste exclusivement en douches froides administrées une ou deux heures avant le retour présumé de l'accès, et quelquefois pendant les jours d'apyrexie.

L'eau étant à la température de 14° à 12° centigrades, les malades ont reçu simultanément, une douche en pluie générale, et une forte douche locale de 3 centimètres de diamètre, dirigée sur la région sptënique.

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