‹ Dissertations sur l'hydrotherapie appliquee aux maladies guerissables ou modifiables par ce traitementChapitre 16 sur 35 · LETTRE QUATORZIÈME · texte numérisé non relu

LETTRE QUATORZIÈME

Maladies de l'appareil do la locomotion - Maladies dûs os - Quelles sont celles dans lesquelles le traitement hydrothérapique exeree une heureuse influence - Maladies des articulations - Traitement îles plaies des articulations - Entorse - Traitement - Luxation

- Traitement - Arthrite - Traitement - llydarthrose - Traitement - Tumeur blanche - Traitement - Plaies des muscles et des tendons - Traitement - Les rétractions musculaires des membres ne peuvent être guéries par l'hydrothérapie - Rhumatisme musculaire - Traitement - Rhumatisme articulaire aigu - ï'raitement - Rhumatisme articulaire chronique - Traitement - Goutte

- Traitement.

L'appareil locomoteur se compose d'os, d'articulations, de muscles et de leurs annexes. Chacune de ces parties d'appareil peuvent être frappées de maladies, et ce sont de ces maladies guérissables par l'hydrothérapie que nous allons nous occuper dans cette dissertation. Nous commencerons par les maladies des os. Les os peuvent être affectés par des causes internes et des causes externes. Le résultat des causes externes tout le monde les connaît, ce sont en général des fractures, des fissures, des dénudalions, des plaies; le traitement hydrothérapique n'a rien à faire dans le traitement des fissures, si ce n'est de calmer par des fomentations émollienles, l'état de congestion ou d'inflammation qui est toujours la conséquence, d'une blessure de ce genre; tout le monde connaît l'emploi et les résultats merveil-

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leux des irrigations continuelles d'eau froide sur les membres fracturés, une fois les fractures cbirurgicalement réduites , nous aurons donc peu de choses à dire à ce sujet. Il en est de même pour les dénudations et les plaies des os. Le but que l'on doit se proposer dans ces sortes de lésions, c'est d'opérer le plutôt possible le rapprochement des parties divisées, afin de ne pas laisser à l'air ou à tout autre corps irritant le temps d'exciter l'inflammation des couches extérieures, et celles de l'os loi même; cela fait, des fomentations émollienles constamment renouvellées et même une irrigation continue, suffisent pour arriver à un heureux résultat, si toutefois il ne surgit certaines complications indépendantes autant du traitement que de la nature de la maladie elle même. Les causes internes qui peuvent agir sur les os, peuvent venir de certaines contractions musculaires violentes, et dans ces cas la lésion ne peut être qu'une fracture, et nous venons de dire ce que peut sur les fractures le traitement bydrothérapique; ou bien de certaines affections dialbésiques ou autres qui peuvent modifier les os de manière, que leur friabilité se trouve augmentée, et qu'ils sont par conséquent plus exposés aux fractures. Ces affections peuvent être rangéeB, ainsi que l'a proposé M. Malgaigne, en deux catégories: ou bien elles rendent les os plus fragiles, ou bien elles accroissent outre mesure la puissance des muscles qui agissent sur les os, alors plus fragiles relativement. Ces affections, ainsi que nous l'avons dit, atteignent toute l'économie ; on leur a donné pour cette raison le nom de diathèses et de cachexies. Tels sont le scorbut, la goutte, le cancer, la syphilis, les scrofules et le rachitisme.

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Comme nous aurons à nous occuper de chacune de ces diverses maladies en particulier, pour en indiquer le traitement hydrothérapique qui les combat presque toutes avec une efficacité remarquable , nous ne nous occuperons pas des conséquences particulières que ces affections peuvent avoir sur les os, et nous passerons immédiatement aux maladies des articulations.

Presque tous les auteurs, assimilant les cavités articulaires aux cavités splancbniques, ont divisé les plaies articulaires en plaies pénétrantes et plaies non pénétrantes. La moindre notion anatomique sur la texture des articulations, démontre d'une manière évidente qu'une solution de continuité qui intéresse la capsule articulaire entame aussi la synoviale. Il y a même des points ou les synoviales sont dépourvues de capsule fibreuse.

Plus que toutes les autres parties du corps, les articulations sont soumises aux chocs extérieurs. Presque toutes occupent des positions superficielles qui les mettent en relief et les exposent à. l'action des corps vulnéranls.

Le traitement des plaies des articulations doit être le môme que pour les plaies dans la continuité des membres, seulement suivi avec beaucoup plus d'attention à cause des complications qui peuvent surgir. « Si quelque chose peut démontrer combien est fatal un traitement dirigé par un grossier empirisme, c'est celui que certaines personnes, ignorantes des préceptes de l'art, appliquent aux plaies des articulations, comme aux autres d'ailleurs. De l'huile, du vin, de l'eau salée, des onguents excitants, des plantes vulnéraires, tels sont les topiques qu'elles emploient pour toutes sortes de plaies. Il est facile de comprendre comment un traitées

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ment aussi incendiaire, en appeilanl l'irritation sur les lèvres de la plaie, peut faire naître des accidents mortels, d'autant plus facilement que, dans ces cas, on tient à ne pas réunir les bords de la solution de continuité, pour peu que le topique soit en contact avec elle. Il est certain que l'on ne saurait mieux faire, si l'on voulait empêcher la réunion immédiate , et favoriser l'accès de l'air dans la cavité articulaire * (Fabre, Biblioth. du Méd. prat. , t. 13, pag. 353).

Suivant le moment auquel on est appellé, le traitement varie; dans les premiers moments qui suivent la blessure, la première indication à remplir, est comme pour toutes les plaies simples, de réunir sur le champ les lèvres de la solution de continuité. Les auteurs rapportent une foule de fails qui prouvent qu'en agissant ainsi, on a pu guérir sans gêne consécutive et sans difformité, en peu de jours, des plaies qui, traitées différemment, auraient probablement fait périr les malades. Richerand disait que dans les piaies articulaires les pansements peu méthodiques étaient la source principale des accidents.

Les lèvres de la plaie doivent Être rapprochées au moyen de bandelettes agglulinatïves; le membre placé dans une complète immobilité, et légèrement comprimé ou rooyeo d'un handage roulé, en ayant soin de garnir de charpie tonte l'articulation blessée. M. Itonnet recommande l'emploi de la suture entortillée pour mieux rapprocher encore les lèvres de la solution de continuité. Cela fait on soumet ! articulation blessée à une irrigation continue d'eau froide ; si le lieu de la blessure nu permet pas l'usage des irrigations, on y supplée en humectant continuellement, à chaque minute, pour ainsi

dire, toujours avec de l'eau froide, toutes les pièces qui composent l'appareil.

Voyons maintenant quel est le traitement que l'on doit employer pour les plaies contuses et par arrachement, pour les plaies compliquées de corps étrangers, lorsque les malades se présentent sitôt après l'accident. Ces plaies là sont toujours si graves, que les plus habiles chirurgiens se sont posé la question de savoir si l'on ne devait pas toujours recourir à l'amputation immédiate. Les faits ayant démontré la possibilité de la guérison, il est permis de la tenter, surtout lorsque les plaies occupent des articulations peu étendues et appartenant aux membres supérieurs. Au lieu de réunir les lèvres de la plaie, qui ne s'agglutineront point par première intention , . vu leur contusion plus ou moins violente, ou les panse mollement puis on fait usage des irrigations froides continues et longtemps prolongées; le degré de l'eau devra être de 15 à 18°.

« L'entorse, dit M. Vidal de Cassis, est un déplacement incomplet ou momentané des articulations, une espèce de luxation qui se réduit immédiatement et spontanément B. La. manière dont s'opère ce déplacement est des plus simples. Lorsqu'un mouvement d'une jointure s'exagère, les ligaments placés dans Je sens où tend à se porter la surface articulaire qui se meut arrivent d'abord à la rigidité, au tiraillement, .puis à une rupture partielle ou complète: s'il n'y a pas de déplacement permanent des éléments osseux de la jointure, c'est l'entorse ; dans le cas contraire , ce serait la luxalion. Les causes de l'entorse sont trop connues pour que nous les énumérions, ainsi que les symptômes qoe

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celte lésion présente , nous passerons donc immédiatement au traitement.

Prévenir l'engorgement, le combattre quand il est survenu, voilà les deux principales indications. Les ligaments sont souvent déchires; i! faut donc favoriser leur réunion et surveiller l'articulation qui peut rester faible. L'eau à une température très basse et très souvent renouvellée, voilà l'application la plus usitée et la plus utile pour prévenir l'engorgement. Elle doit âlre continuée pendant huit ou dix heures ; autrement, au lieu d'empêcher l'afflux des liquides, on le favoriserait en provoquant une réaction forte et prompte. L'eau doit s'élever au dessus de l'articulation siège de l'entorse, et le malade doit continuellement se masser l'articulation pendant la durée du bain. Des douches à arrosoir sur ie siège du mal ne peuvent que hâter le moment de la guérison.

Lu luxation, n'étant autre chose que l'entorse poussée à son extrême limite, se traite absolument de la même manière, une fois qu'elle a été réduite; celle lésion d'ailleurs rentre lout-à-fait dans le domaine de la chirurgie et l'hydrothérapie ne fait que compléter l'oeuvre du chirurgien, en empêchant le développement d'une inflammation violente inévitable après line réduction quelque facile qu'elle ait été , et en fortifiant une articulation inévitablement affaiblie par la nature de la lésion elle môme.

L'arthrite ou inflammation des articulations étant toujours due à des causes étrangères, varie beaucoup dans son mode de traitement. Lorsque nous nous occuperons des maladies vénériennes, nous verrons com-

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ment doit se traiter l'arthrite consécutive à la gonorrhée. Quant à celle qui résulte de coups, de chûtes, de fractures, de luxations, etc., nous avons vu plus haut comment on procède pour en obtenir la résolution, nous ne reviendrons donc pas sur ce sujet.

L'kydartkrose ou hydropisie des articulations se soigne comme toutes les autres hydropisies locales, sans négliger toutefois le traitement général , nous tenons cependant à noter que rarement l'hydrothérapie est suffisante pour guérir celte affection, et qu'il est important de recourir aux divers autres moyens préconisés par les auteurs dans le traitement de celle maladie.

La lumeur blanche n'est pas difficile a reconnaître, on ne peut la confondre nî avec un rhumatisme articulaire aigu, ni avec une hydarlhrose simple. Les seuls cas dans lesquels il serait permis d'hésiter seraient ceux ou une de ces affections tendrait à dégénérer en lumeur Hanche ; mais ce serait alors plutôt la marche de la maladie qui présenterait de l'incertitude que sa manifestation. Il est d'une importance immense pour le traitement à employer de connaître la cause ou la nature de la tumeur blanche, son origine rhumatismale, scrofuleuse, syphilitique, etc., et on y arrivera par une appréciation rigoureuse des antécédents et des symptômes de la maladie. Le pronostic de celte affection est grave; il est rare que la guérison soit radicale ; presque toujours il reste une gène plus ou moins grande dans les mouvements. L'issue de la maladie dépend beaucoup de l'âge, de la constitution du malade, de la cause de la maladie, des moyens de traitement déjà employés, et l'on ne doit jamais perdre de vue qu'il n'est peut être pas d'affection dont la terminaison soit plus diffi-

182 LETTRES SUR î."llïDHOTi[KRAPlE

cile è prévoir , et donne plus de mécomptes sous ce rapport.

Le Docteur Percy reconnaissait que des tumeurs avec induration du tissu cellulaire cédaient parfois à l'action des douches; le Docteur Ichon rapporte l'observation de la guérison d'une tumeur blanche du poignet par des irrigations intermittentes d'eau froide; MM. Gerdy et Bérard ont employé les irrigations continues d'eau froide dans ces mêmes affections, et ont constaté des résultats heureux. M. Schedel parait douter de la guérison des tumeurs blanches par l'hydrothérapie, malgrès l'exemple d'amélioration qu'il avait pu constater à Graefemberg (Schedel, page 515), le Docteur Fleury (page 363 et suiv.) cile des observations très remarquables qui le portent à conclure que l'action résolutive du traitement est incontestable dans ces sortes d'affections, qu'aucune autre médication ne saurait être aussi efficace que l'hydrothérapie, et qu'elle n'a pas d'équivalent pour combattre une maladie qui dans la presque universalité des cas, résiste à toutes les ressources de la thérapeutique; que pour obtenir les résultats que cette médication peut donner il faudra que les malades et les chirurgiens se décident enfin à la faire intervenir dès le début, et à ne point attendre que des désordres graves aient profondément altéré les parties molles, ou même les os, les cartilages et les synoviales ; enfin que l'eau froide possède une incontestable supériorité sur les émissions sanguines locales, les vésieatoires, les cautères, la pommade au nitrate d'argent, l'iode et les iodures, et tous les autres moyens que !a chirurgie met impitoyablement en usage pour se conformer aux prescriptions de l'art classique, sans en retirer, dans

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le plus grand nombre des cas, aucun avantage bien constaté.

Le traitement consiste îocalement, tact qu'il y a de la rougeur et de la douleur eD fomentations émollientes continuelles, telles que nous les avons décrites, page 58, et en irrigations continues, s'il est possible. Une fois la douleur et l'inflammation combattue on dirige sur la partie affectée de tumeur blanche, la douche horizontale à colonne moyenne (voir page 64) pendant huit ou dix minutes, et immédiatement après on applique les fomentations ëmollienles. Ces fomentations devront être suspendue dès le moment que la douche locale ne produira plus ni inflammation ni douleur. Lorsque cette douche horizontale sera bien supportée on arrivera progressivement aux diverses douches à colonne. Le traitement général consiste en douches à pluie générale; en frictions générales dans le drap mouillé, etc., enfin en tout ce qui constitue le traitement hydrothérapique tonique. Hygiène et régime hydrothérapique dans toute son extension.

Maintenant que nous en avons fini avec les diverses maladies des os et des articulations guérissables par l'hydrothérapie, nous allons parler de celles qui affectent les muscles et leurs annexes, afin de compléter tout ce que nous avions à dire sur les affections de l'appareil locomoteur.

La première indication à remplir dans les plaies des muscles et des tendons est le rapprochement des bords de la solution de continuité, soit au moyen de points de suture, soit au moyen de bandelettes agglulinatives, puis on traite absolument comme nous avons vu plus haut pour les plaies des articulations.

iSi LETTRES SCIl L'HVDROTHÉBAPIB

Les rétractions musculaires des membres rentrent dans le domaine de l'ortopédie , nous n'avons rien à en dire hydrothérapiquement parlant, si ce n'est que si l'hydrothérapie ne peut guérir ces sortes d'affections, elle peut, dans bon nombre de cas, filre un auxiliaire utile.

Le rhumatisme est une affection dont le caractère principal est la mobilité, qui change de place et récidive avec la plus grande facilité, il réside généralement dans les parties fibreuses et musculaires; son caractère principal est une douleur plus ou moins vive que la pression exaspère et que les mouvements des parties affectées augmentent. Suivant son siège et les tissus qu'il affecte les symptômes du rhumatisme varient, pourtant nous n'admettrons que deux sortes de rhumatisme, celui qui affecte les muscles et celui qui affecte les articulations. Nous aurons ensuite à parler du rhumatisme viscéral et de la goutte que nous ne confondrons pas avec le rhumatisme, à cause des différences qui existent entre ces deux maladies, autant dans les causes que dans les symptômes et le traitement. Le rhumatisme museulaire offre peu de gravité et n'est presque jamais accompagné de fièvre; ses caractères essentiels sont: une douleur plus ou moins vive, fixe ou mobile, ayant son siège dans un ou plusieurs muscles, et s'exaspérant par la contraction des organes qui en sont affectés. A l'état aigu son traitement est des plus simples ; les fomentations excitantes Iocû dolenti suffisent souvent pour en faire raison, mais, lorsque par hasard, la maladie résiste ace moyen, la sudation sèche dans la couverture de laine, accompagnée de douches à arrosoir ou à colonne, suivant le point occupé par le rhumatisme , constitue la base du

LETTRES SUR l'hïdkotueiupie 183 traitement. A l'état chronique: fomentations excitantes loco dolenti; sudations dans la couverture de laine (tant que les fondions de la peau ne sont pas convenablement rétablies) suivies de douches très fortes, locales et générales. L'on comprendra facilement que souvent le médecin est obligé de faire subir à ce traitement certaines modifications suivant les cas, et la constitution du malade ou les diverses complications de cette affection par d'autres affections.

Le rhumatisme articulaire se montre sous la forme aiguë et sous la forme chronique. À l'état aigu, il est caractérisé par une douleur plus ou moins vive dans une ou plusieurs articulations, accompagnée de gonflement et même de rougeur ; un étal fébrile plus ou moins intense coexiste ordinairement avec ces symptômes. La jeunesse et la virilité sont plus fréquemment affectées que l'enfance et la vieillesse, cependant il n'est aucun âge qui soit absolument à l'abri de cette maladie, pourtant, dans sa forme aiguë, on la rencontre le plus fréquemment entre la vingtième et la cinquantième année. Les hommes y sont ordinairement plus sujets que les femmes; cependant à l'âge critique les femmes en sont plus fréquemment frappées. Celle affection est assez souvent héréditaire quoique en dise M. Ferrus dans le Dictionnaire en 30 volumes, tome XXVII, page 552; et elle n'épargne aucun tempérament, aucune constitution. Comme dans toutes les autres maladies aiguës, il y a dans le rhumatisme articulaire aigu une période d'accroissement et une période de déclin ; mais la marche en est généralement assez irrégulière; ainsi après une décroissance manifeste des divers symptômes, il n'est pas rare de voir la maladie revenir avec la même

violence, et souvent l'on voit les mêmes articulations, devenues tout-à-fait libres, se prendre de nouveau et cela à plusieurs reprises, et toujours avec une intensité égale. La durée de ce rhumatisme est très variable, pourtant il est à remarquer que celui qui court d'une articulation à une autre, et que pour celte raison on a appellé ambulant, est bien moins opiniâtre, et se prolonge bien moins longtemps que le rhumatisme fixe. Cette affection se complique souvent de phlegmasies des organes de la poitrine, et surtout du coeur et du péricarde ; M. Bouillaud a même établi d'une manière positive, que dans le rhumatisme aigu, violent, généralisé, la coïncidence d'une endocardite, d'une péricardite ou d'une endo-péricardile était la règle et son absence Xeœception. Le contraire a lieu dans le rhumatisme articulaire aigu, léger, partiel, apyrétique, outre la coexistence des plegmasies cardiaques, on a assez souvent observé celle des plèvres, à l'état obscur, latent, indolore. La phlébite, selon M. Bouillaud, serait assez commune dans le cours du rhumatisme articulaire aigu. Quelquefois même on a vu la dyssenterie compliquer cette affection.

Le rhumatisme articulaire chronique, peut affecter cette forme dès son début, mais le plus souvent il est consécutif au rhumatisme articulaire aigu. Voici comment M. Grisolle en décrit les symptômes, dans la quatrième édition de son ouvrage, tome 2, page 848:

a Dans le rhumaLisme chronique, la douleur peut être presque nulle ou manquer même tout-à-fait, le seul phénomène qu'on observe alors est une gêne dans les mouvements. Cependant, dans la presque totalité des cas, les jointures affectées sont plus ou moins doulou-

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reuaes ; elles peuvent même le devenir, du moins par moment, autant que dans la forme aiguë; mais il n'existe jamais de rougeur. La pression est sans effet sur les douleurs, ou bien elle les exaspère; le plus souvent il y a du gonflement qui dépend de la congestion , et plus encore des épanchements qui se font dans l'articulation , ainsi que des autres altérations de nutrition survenues dans les ligaments et dans les parties fibreuses environnantes. Les douleurs du rhumatisme chronique diffèrent de celles de la forme aiguë parce qu'elles ont plus de fixité et quelles sont moins mobiles. Elles s'exaspèrent quelquefois la nuit, d'autres fois la chaleur du lit les calme; mais elles redoublent presque constamment pendant les temps humides et froids

dans le rhumatisme chronique, les mouvements sont toujours gênés, et ils peuvent môme être complètement empêchés; c'est ce qui a lieu nécessairement lorsque les jointures sont déformées et entourées de tophus. Si les mouvements peuvent encore s'exécuter, on entend quelquefois, pendant ie frottement des surfaces articulaires, des bruits de craquement, comme si elles étaient dépolies, inégales.

* Lorsque les douleurs sont modérées, et qu'il n'y a qu'un petit nombre d'articulations de prises, les fonctions organiques ne présentent aucun trouble, il n'en est pas de même dans les cas contraires. En effet, beaucoup de malades, épuisés par la continuité des douleurs, affaiblis par le défaut d'exercice, maigrissent, cessent de pouvoir digérer; quelques uns sont minés par la fièvre hectique. Toutefois, celle-ci ne se déclare guère que dans les cas de complication, lorsque, par exemple, les os se carient. La plupart de ces rhumatisants meurent

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par suite d'une affection intercurrente. D'après M. Bouillaud , les lésions organiques du coeur tiendraient encore ici le premier rang.

a Le rhumatisme chronique dure rarement moins de trois ou quatre mois ; souvent il se prolonge indéfiniment D.

Le traitement hydrothérapique de cette affection ne doit pas être directement sédatif, et bien que les applications locales de compresses trempées dans l'eau froide aient obtenues les meilleurs résultats, l'on ne saurait s'en tenir à elles. Voici comment le Docteur Schedel s'exprime a ce sujet, page 403; on ne saurait mieux résumer le traitement hydrothérapique du rhumatisme :

« Le but principal de l'hydrothérapie dans le rhumatisme aigu , est de calmer l'excitation générale et locale en développant des transpirations copieuses sur toute la surface du corps. Pour y parvenir, le malade en proie à une fièvre plus ou moins vive, et quelquefois ardente , n'est point enveloppé dans la couverture de laine, on l'entoure au contraire dans le drap mouille qui calme ses souffrances d'une manière remarquable, et dans lequel une transpiration plus ou moins abondante ne tarde pas à s'établir, transpiration que l'on favorise en entassant des couvertures sur le malade et en lui faisant boire beaucoup d'eau froide, mais à petits coups. Avant d'envelopper le malade dans le drap mouillé, les articulations tuméfiées sont recouvertes d'une compresse humectée et bien tordue. Lorsque la transpiration cesse ou qu'on la juge suffisante, on retire le malade des linges qui l'entourent, on le place dans un bain partiel à 15° ou à 1 6" R„ et on le fait frictionner partout avec l'eau du bain, pendant un temps qui varie

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de deux à six et à huit minutes. Les frictions doivent être faites avec beaucoup de ménagements sur les points douloureux et ceux-ci seront recouverts de compresses excitantes aussitôt que le malade, bien essuyé, aura été remis au lit. La boisson doit Être abondante, mais toujours en petite quantité à la fois, et s'il existe de la constipation on donne des lavements d'eau fraîche. Le nombre des enveloppements doit varier selon l'état du malade. Le plus souvent, il suffit d'y avoir recours matin et soir, ou bien le matin seulement.

Maïs lorsque la fièvre est très vive, des enveloppements plus fréquents sont nécessaires. Dans ce cas, on ne cherche pas autant à produire des transpirations qua calmer l'excitation générale; puis, lorsque ce résultat est obtenu et que la fièvre est moindre, on favorise la moiteur générale qui s'établit, en laissant le malade plus longtemps dans le drap mouillé et en augmentant, s'il le faut, le nombre des couvertures.

Dans le rhumatisme chronique, l'hydropalhie ne doit pas insister sur les sueurs, mais bien recourir aux transpirations légères dans le drap mouillé, au bain de piscine, aux douches froides, aux frictions avec le drap mouillé, quelquefois aux bains de siège et à la ceinture excitante. Les frictions avec le drap mouillé réunissent les avantages du bain froid et ceux qui résultent de la stimulation imprimée à la peau par le frottement. Lorsque les douleurs rhumatismales ne sont pas accompagnées de fièvres, ce n'est pas seulement le point malade que l'on doit frictionner, mais bien toute la surface cutanée.

« Il peut paraître étrange, dit Schedel, page 479, de chercher dans l'eau froide un remède contre une maladie qui, comme le rhumatisme, dépend si sauvent

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de l'action du froid et de l'humidité. Mais nous ferons remarquer que l'application de l'eau froide n'est que passagère , et qu'elle doit toujours être faite de manière à exciter les fonctions de la peau et non à ies supprimer. Quant- aux applications des linges mouillés, on aura toujours soin d'en bien exprimer toute i'eau et de ne les apposer qu'humides, car l'excitation qu'ils développent, employés de celte manière, prouve qu'ils agissent à la manière des frictions. Dans le traitement hydriatrique du rhumatisme, ces applications locales sont toujours secondées par l'emploi énergique des frictions et des autres procédés qui excitent la peau, et par un exercice soutenu de tous les muscles, d'où résulte un effet Ionique bien opposé à la débilitation que produit l'eau chaude, sous forme de bains et de douches. Enfin tout en reconnaissant que l'hydrothérapie n'est pas un spécifique contre le rhumatisme, je crois que c'est le meilleur remède qu'on puisse lui opposer , pourvu qu'il soit mis en usage par une main prudente et exercée. Pour ma part, je n'hésiterais pas à m'y soumettre si le rhumatisme ou la goutte venaient à m'atteindra ».

La goutte, comme toutes les autres maladies, peut affecter la forme aiguë et la forme chronique; elle peu! présenter aussi le caractère périodique, et n'offre presque jamais une véritable continuité ; les variétés admises par les auteurs sont très nombreuses, et nous n'avons pas à nous en occuper.

Le pronostic en est variable suivant la nature et la gravité des accès , et selon les dispositions individuelles. Chez les sujets faibles, et dont la susceptibilité nerveuse est exagérée, il est en général peu grave , malgré la fréquence et l'intensité des douleurs. Chez les individus

DigilizM B/Coogl

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à constitution vigoureuse et athlétique , la goutte prend un caractère fâcheux si elle reparait plusieurs foiB dans la même articulation : elle est alors, sujette à passer à l'état chronique et à produire des altérations organiques plu3 ou moins graves. La gravité s'accroit aussi en raison du peu de sobriété des malades, et de l'emploi d'une thérapeutique peu rationnelle. Les attaques d'automne et d'hyver sont généralement plus graves que celles qui ont lieu au printemps ou en élé.

Les causes de la goutte sont excessivement nombreuses et si connues que nous ne le énumérerons pas ici pour nous occuper immédiatement du traitement. On peut le résumer en six mots, sueurs abondantes, douches fortes, boisson abondante. Cadet de Veaux a tenté de guérir la goutte au moyen de l'eau chaude qu'il fait boire en grande quantité aux malades, combinée avec les bains de vapeur ou tout autre moyen de sudation forcée. Ce traitement qui a pu réussir quelquefois présente l'inconvénient d'abattre tellement le malade que souvent une maladie de langueur plus terrible que la goutte en est la conséquence. Plus la maladie est ancienne, plus le malade a absorbé de remèdes pour se guérir et plus il faut du temps pour la guérison. Les goutteux qui se décident au traitement hydrothérapique avant d'avoir suivi aucune autre espèce de traitement, sont ordinairement radicalement guéris en huit ou dix semaines.

Le traitement consiste en sudations abondantes dans le drap mouillé quand il y a de la fièvre , dans la couverture de laine quand elle n'existe pas, immédiatement après douche générale à pluie d'abord , à colonne ensuite. Au fur et à mesure que le malade shabitue au traitement on prolonge la durée de la douche sur les

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parties affectées. De temps en temps la douche générale est remplacée pas le bain de piscine. Lorsque la crise se manifeste, il faut agir avec la plus grande circonspection , diminuer la force des douches, ralentir la sueur et employer des dérivatifs tels que les bains de siège à douche et à poussière d'eau, les bains de jambes, les bains de siège à eau tournante, etc. Si l'excitation était trop grande et la crise trop énergique il faudrait employer l'enveloppement dans le drap mouillé suivi de simples ablutions. La boisson doit être forcée jusqu'à l'intolérance de l'estomac; l'hygiène hydrothérapique dans son application la plus rigoureuse. Le médecin hydropalhe pratique doit modifier ce traitement, indiqué d'une manière générale, suivant les circonstances qui se présentent et qui peuvent dépendre de la constitution du malade tout aussi bien que d'autres maladies qui se seraient déterminées concurremment avec l'affection goutteuse.

« La tuméfaction articulaire que laisse après elle la goutte, dit Fleury. page 354, disparait parfois rapidement sous la triple influence de l'eau froide, de la position et de la compression pratiquée avec des bandelettes de diacbylon. Cette méthode de traitement m'a fourni les plus heureux résultats dans plusieurs cas ou l'état des articulations était tellement ancien, tellement grave, qu'il semblait devoir être rapporté à une tumeur blanche commençante p.

Scbedel parlant du traitement hydrothérapique de la goutte aigUe s'exprime ainsi, page 4-30:

« Ici , l'hydrothérapie emploie des procédés entièrement différents. Son but n'est point la sédation, mais bien plutôt l'excitation. Basé sur une hypothèse complè-

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tement humorale, Priestnitz veut faciliter l'expulsion de l'humeur peccante, et alors, il s'efforce de détourner, de diminuer la fluxion goutteuse, non pas au moyen d'applications sédatives, mais par des bains dérivatifs et des compresses excitantes appliquées sur des points éloignés, de manière à activer la vitalité de ces parties, et à obtenir par là des sueurs générales. Ainsi, la goutte vient-elle à se déclarer à un pied ou à un genou ; la fluxion goutteuse marcbe-l'elle bien, la fièvre est-elle modérée, le malade est mis à un régime végétal pendant les premiers jours, il boit beaucoup d'eau froide, mais peu à la fois, il garde le lit, et sur la partie affectée on place des compresses excitantes , c'est-à-dire mouillées d'eau froide, puis fortement tordues et recouvertes d'une compresse sèche. La première n'est renouvellée que lorsqu'elle est sèche, car, ^omme nous l'avons dit, il ne s'agit pas d'obtenir un effet sédatif. Cependant lorsque la goutte s'accompagne de très vives douleurs , on place le malade dans une baignoire ou se trouve environ six pouces d'eau à 18° R., on frictionne tout le corps et les membres inférieurs, mais en évitant de trop irriter la partie malade. Ces frictions durent de cinq à dix minutes, puis on remet le malade au lit, on l'essuie avec soin, et l'on place la compresse sur l'articulation goutteuse. Si les douleurs sont trop fortes pour permettre d'avoir recours à ce moyen , on emploie le bain de siège prolongé avec de l'eau à 1i°R. , de manière à diminuer l'afflux du sang vers les parties malades, puis on applique la compresse excitante, non pas sur la partie douloureuse, mais au dessus, a quelque distance.

u Dans ce premier lemps de l'accès, on ne cherche point à faire transpirer te malade, à moins que le mouvement fluxïonnaire ne semble languissant. On l'enveloppe alors dans la couverture de laine, et l'on pousse à la sueur par les procédés usuels, puis quand le malade a transpiré pendant une heure environ, on pratique les ablutions accoutumées avec frictions obligées dans un bain partiel à 18° R., et le remettant au lit, on recouvre de nouveau la partie affectée avec la compresse excitante.

a Dans le cas où il y aurait beaucoup de fièvre, on a recours à l'enveloppement dans le drap mouillé, et encore celui-ci doit il 6tre bien exprimé, pour ne pas trop reprimer le mouvement centrifuge. En même temps que le malade est entouré du drap, l'on recouvre la partie affectée d'une compresse excitante, et l'on place des compresses calmantes sur la tête, à cause de la congestion qui se fait souvent vers cette partie.

« Mais, je le répète, les bains partiels ne sont considérés que comme des moyens calmants dans les premiers jours, et l'on peut très bien s'en abstenir, en se bornant aux compresses excitantes , loeo dolentù Dès que la lièvre générale est moindre, que les urines tendent à déposer, et surtout que la peau s'humecte, oa a recours à la transpiration dans la couverture de laine, que l'on fait durer environ deux heures, tous les deus jours ou tous les jours, s'il en résulte beaucoup de soulagement. Sur la partie malade, on maintient 1ns compresses excitantes. Souvent lorsque le premier mouvement fluxïonnaire est apaisé, que les urines déposent, et que cependant les douleurs persistent, ainsi que fin-

flammalion locale, alors au lieu de couvrir la partie malade avec les compresses excitantes, on se borne à les entourer de linge, et l'on fait prendre un bain de siège dérivatif si la goutte est aux pieds. La durée de ce bain doit être d'une demi heure et quelquefois davantage, puis, après avoir remis le malade au lit, on couvre d'une compresse excitante, non la partie douloureuse, mais celle qui est placée au dessus. Ainsi, la goutte occupe-t'elle les pieds, on couvre la jambe et la cuisse. Est-elle à la main, on fait prendre un bain de coude d'une demi heure, avec frictions, puis, le bain terminé, on recouvre tout lavant-bras avec une compresse excitante.

n Lorsque, au contraire, l'engorgement des parties malades tend à se dissiper, on applique des compresses excitantes, d'abord rarement renouvellées, puis on les suspend, mais en continuant tous les deux jours les transpirations forcées, suivies des ablutions d'eau à 12° R. De plus, les jours où ces transpirations n'ont pas lieu, on pratique chaque matin des ablutions générales, et le malade fait autant d'exercice que possible; s'il ne peut pas marcher, il doit scier du bois ou se livrer à quelques mouvements qui, sans lui fatiguer le pied ou le genou malades, aura pour résultat de mettre le sang en mouvement. Est-il nécessaire d'ajouter qu'il faut aller à l'air autant que possible, si le temps le permet, ou du moins ouvrir la fenêtre pendant qu'on se livre à l'exercice dans son appartement ».

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