LETTRE QUINZIEME
/M< iimhiJies de l'encéphale - Connut ion stim)ui»<> - Synipli'w* - Degrés variables des congestion! ■ Durée - Suites immédiates - Terminaisons - Effets des congestions répétées - Apoplexie - Symptômes - Durée - Terminaison - Hémorrhagie cérébrale - Inflammation du cerveau - Ramollissement du cerveau - Caractères anatomiques - Traitement rationcl - Méningite - Insuffisance de l'hydrothérapie dans les maladies de l'encéphale - Danger pour les malades de se confier à de» hydropates ignorants.
Nous allons nous occuper dans ces dissertations des maladies de l'encéphale, des maladies ayant leur siège probable dans les centres nerveux, enfin des maladies mentales, si intimément liées aux deux classes que nous venons de nommer.
La congestion sanguine du cerveau a reçu d'un grand nombre d'auleurs le nom de coup de sang, ou apoplexie fugace, lorsque les symptômes qui sont censés les caractériser se dissipent promptement, et d'apoplexie (comme l'hémorrhagie) lorsqu'elle entraine la mort; quand la mort a lieu très promptement, ce qui est le cas assez fréquent dans les congestions violentes, cette congestion a reçu le nom d'apoplexie foudroyante. Voici de quelle manière M. Gendrin décrit les divers symptômes des congestions cérébrales :
a L'invasion se fait ordinairement par un sentiment subit de faiblesse générale avec vertiges ; fréquemment il y a en même temps quelques efforts de vomissements
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le malade perd presqu'imraédiatement connaissance et toutes ses fonctions de relation se suspendent; la tête obéit à son poids, le corps s'affaisse et le malade tombe s'il est debout. S'il est assis, il s'incline sur le côté de son siège, ou glisse sur le devant; il semble subitement plongé dans un profond sommeil. Ses membres, soulevés, retombent comme des corps inertes. L'impression stimulante de la lumière sur les yeux, des odeurs et des vapeurs âcres sur la pituitaire, des sons sur l'organe de l'ouïe, des irritants sur la muqueuse buccale, ne provoquent aucune sensation. Le pouls est développé et sans fréquence ; assez souvent il est plein et comme rebondissant. La face est ordinairement injectée et comme gonflée ; les yeux sont immobiles, et quand on soulève les paupières, on trouve les conjonctives injectées; les lèvres sont généralement violettes; les artères carotides et temporales battent avec" beaucoup de force; la respiration reste libre, profonde et régulière; la chaleur de la peau est fréquemment augmentée à la face et sur la tète, tandis qu'elle est diminuée sur les extrémités abdominales et thoraciques.
Ces symptômes présentent peu de variété pendant toute la durée de l'attaque. Quelquefois, au moment de l'invasion, la face devient subitement pâle et les tempes se couvrent de sueur visqueuse, mais la peau de la face ne tarde pas à se colorer; fréquemment même, dans ce cas, elle devient d'un rouge prononcé et semble tuméfiée; d'autres fois la face devient alternativement et presque de minute en minute, pâle et colorée.
Les coups de sang ont un grand nombre de degrés d'intensité, depuis le léger vertige avec étourdissement, dans lequel le malade sent ses membres chanceler, sa
connaissance se perdre et sa lôte devenir lourde el embarrassée, et qui se termine en quelques minutes, jusqu'au coup de sang que nous avons décrit sous la forme la plus grave qui a presque la gravité d'une attaque d'apoplexie confirmée. On a souvent l'occasion d'observer ces divers degrés de la môme maladie sur un seul individu, chez lequel on voit les coups de sang se renouveller avec une gravité qui varie à chaque récidive.
La durée de cet état apoplectique est généralement courte; elle ne dépasse pas ordinairement une ou deux heures. Les cas dans lesquels elle atteint dix à douze heures, sans que la paraplégie se manifeste, sont très rares. Dans les coups de sang légers, les accidents durent à peine quelques minutes; ils se réduisent à un élourdissenient, à un vertige intense qui ne suspend qu'instantanément les fonctions de relation.
A la terminaison du coup de sang, le malade semble se réveiller d'un profond sommeil. Le plus souvent, le retour de la sensibilité de la peau à l'action des irritants, quelques mouvements comme automatiques des membres, de longues, fréquentes et profondes inspirations, précèdent de quelques instants le terme de l'attaque.
Revenu à lui, le malade n'a aucune conscience de ce qu'il vient d'éprouver. Son regard exprime l'élonneraenl; ses réponses sont lentes pendant quelques minutes ; il semble chercher ses mots ; il a souvent de la difficulté à articuler; sa langue lui semble gonflée dans la bouche. Ces derniers symptômes disparaissent en quelques instants. La santé ne devient pas le plus souvent immédiatement complète; il reste de la pesanteur
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à la tete; souvent de !a céphalalgie, un bruissement dans les oreilles, un sentiment de "chaleur dans les tempes, de la propension au sommeil, une paresse des facultés intellectuelles une propension au repos et une sorte de répugnance pour le mouvement qui indiquent que la cerveau fatigué , n'a pas encore repris toute l'activité de son action. Le malade n'est en général rétabli complètement qu'au bout de deux ou trois jours.
Il n'est pas rare d'observer, après les attaques du coup de sang, une ecchymose sur la conjonctive. Celte ecchymose ne se manifeste, le plus souvent, que quelques heures après que les symptômes immédiats du coup de sang ont cessé. La teinte d'abord rouge uniforme de cette ecchymose, devenant ensuite rouge jaunâtre ou violâlre, et enfin jaune avant de disparaitre, prouve que ce symptôme n'est qu'une petite hémorrhagie infiltrée sous la conjonctive.
L'épislaxis survient quelquefois après le coup du sang; mais l'affection de la pituitaire n'est pas toujours portée jusqu'à l'trémorrhagie, au moins d'abord ; il reste seulement un enchifrenemenl avec pesanteur, chaleur et sécheresse dans les fosses nasales et les sinus olfactifs. Ces symplômeB, qui appartiennent à une simple congestion, tantôt finissent par l'épislaxis, tantôt se dissipent peu à peu.
Les coups de sang ne se terminent jamais par la mort. La suspension des fonctions du centre nerveux n'est jamais portée dans ces maladies au point de modifier l'action des organes de la circulation et de l'hématose. Mais le coup de sang peut nôtre que la première période de l'attaque d'apoplexie; ce n'est qu'ainsi qu'il peut compromettre rapidement la vie.
11 est rare que ie coup de sang ne se renouvelle pas plusieurs fois à des intervalles irréguliers, ordinairement d'autant moins longs que les récidives deviennent plus fréquentes. C'est ainsi que l'on voit des personnes qui ont trois ou quatre coups de sang tous les ans , pendant plusieurs années de leur vie. La maladie prend souvent, dans quelques unes de ces attaques, tous les caractères d'une véritable apoplexie qui, si elle ne détermine pas la mort, laisse au moins après elle des altérations graves et souvent irréparables des fonctions de relation; il est cependant plus ordinaire que les attaques se renouvellent sans jamais dépasser l'intensité d'un coup de sang, et même d'un coup de sang très peu prolongé et d'une faible gravité , n'excédant qu'à peine uu vertige fugace.
La reproduction fréquente des coups de sang fiait par léser gravement les fonctions cérébrales, des hommes doués de la plus grande vigueur, d'une forte constitution et d'un tempérament sanguin , sous l'influence de cette succession de coups de sang-, perdent peu à peu toute leur énergie, deviennent pusillanimes, n'ont plus de volonté stable, s'effraient ou s'irritent pour la plus légère cause. Leurs facultés intellectuelles s'affaiblissent, la mémoire se perd, les mouvements volontaires deviennent faibles et incertains,. les membres sont tremblants, les fonctions sensoriales s'émoussent. Des hommes encore dans la force de l'âge finissent ainsi par arriver à la débilité et à la démence sénile.
L'apoplexie succède ordinairement à certains prodromes plus ou moins prononcés et frappe le plus souvent d'une manière subite. Celui qu'elle atteint tombe immédiatement tantôt comme en proie à une défaillance,
lettres si;b l'hydrothérapie 301 tantôt comme surpris par le sommeil. Toutes ses fonctions de relation se suspendent comme dans un violent coup de sang. Les mouvements de la respiration, ralentis ou accélérés, sont superficiels; ils ne s'accomplissent que sous l'effort des muscles de la poitrine ; ils sont de moment en moment plus courts et plus incomplets. Le stertor trachéal se manifeste bientôt, en même temps que les battements du coeur deviennent irréguliers et intermittents. La peau se refroidit aux extrémités; une sueur froide et visqueuse couvre les tempes; de la salive spumeuse s'écoule par les commissures des lèvres ; la langue gonflée et livide, parait quelquefois remplir la bouche et faire saillie entre les dents.
L'apoplexie intense se termine par la mort, quelquefois presque instantanément, mais le plus souvent au bout de quelques heures. Il est rare que les malades, jétés ainsi dans le coma avec ralentissement de la respiration, survivent trente six heures à l'attaque. C'est ce qu'on appelle l'apoplexie foudroyante.
L'apoplexie n'a pas toujours un aussi haut degré d'intensité, une marche aussi rapide, une terminaison aussi funeste. Elle ne diffère souvent d'un coup de sang intense que par un certain degré de ralientissement de la respiration, ou par une accélération des mouvements respiratoires qui sont courts et incomplets.
Il y a ensuite , entre le degré d'intensité le plus faible de l'apoplexie et l'apoplexie foudroyante, un degré moyen qui suit souvent une marche progressivement croissante. La terminaison funeste est le terme de tous ces accidents que rien ne semble pouvoir arrêter ou seulement entraver, et la mort est d'autant plus prompte que la respiralion devient plus rapidement et plus profondément gênée.
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L'hémorrhagie cérébrale est une des lésions à la fois les mieux circonscrites et le plus souvent exemples de complication, l'importance des fonctions que cette bémorrhagie altère ou abolit, jointe à ces deux caractères, donne un intérêt extrême à l'étude de l'anatomie pathologique de cette affection : aussi tous les observateurs de mérite s'y sont-ils livrés avec ardeur, et ool ils tellement avancés la science sur ce point, qu'à part quelques incertitudes, on peut la considérer comme touchant au degré de perfection compatible avec nos moyens d'examen; nous renverrons donc pour l'élude de celte affection aux traités si complets et si intéressants de Gendrin, de Duplay, de Rochoux, de Lerminier, d'Andral, de Rostan, de Leroux, de Bouillaud et«. que tout le monde connaît et dont la simple analyse nous entraînerait trop loin au delà du cercle que nous nous sommes tracé. L'hémiplégie est la conséquence de l'hémorrhagie cérébrale.
L'inflammation du cerveau a été beaucoup moins bien traitée que l'hémorrhagie cérébrale et peu d'auteurs sont d'accord sur les véritables lésions qui appartiennent à celte affection. Ce que les uns regardent comme appartenant à l'inflammation d'autres le considèrent comme dépendant de toule aulre maladie; ce que les uns regardent comme une inflammation des méninges, d'autres l'attribuent à une inflammation du cerveau, de telle sorte, qu'en définitive, on esl fort embarassé de savoir ce que l'on doit comprendre dans l'histoire réelle de l'inflammation cérébrale, et cela d'autant plus, que la description de toutes les lésions que certains auteurs attribuent à l'encéphalite, confondant en effet toutes les lésions, il est fort difficile d'y faire le choix de certains
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cas douteux pour en faire, sinon des maladies distinctes, au moins des catégories distinctes.
Il y a une inflammation cérébrale que personne ne conteste, c'est celle qui se caractérise anatoraiquement par tes phénomènes ordinaires de l'inflammation. Voici comment Abercrombie [Traité des maladies de l'encéphale et de la moelle épinière, trad. par A. N. Gendrin, p. 102) divise les altérations analomiques de l'encéphalite ou inflammation du cerveau:
« Les modifications qui se présentent dans la marche de la maladie dépendent surtout des modes de terminaison. Ces modes de terminaison sont particulièrement les suivants:
o i." La phlegmasie de la substance cérébrale peut se terminer dans la période inflammatoire; on trouve alors une certaine portion du tissu cérébral devenue très rouge, sans aucun changement de structure.
« 2.°Le ramollissement simple, dans lequel une partie du cerveau est réduite en une masse pulpeuse molle, conservant sa couleur naturelle, sans qu'on trouve aucune trace de suppuration, et sans aucune odeur fétide, ce ramollissement simple constitue souvent le seul désordre morbide; mais il se rencontre aussi fréquemment combiné avec les désordres qui viennent d'être indiqués. Une portion de la partie malade présente alors une couleur très rouge, tandis que l'autre est simplement ramollie.
« 3." Le ramollissement avec les caractères que nous venons d'indiquer est souvent combiné avec la présence d'une certaine quantité de matière purulente.
« i.° La suppuration non circonscrite n'est peut-être qu'une modification du ramollissement ; mais elle se
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caractérise par la prédominance et la plus grande proportion de matière purulente dans le tissu lésé. Od trouve alors dans le cerveau une large cavité non circonscrite, à bords déchirés, remplie en partie de matière purulente fétide et en partie de substance cérébrale désorganisée. Autour de ce foyer, la pulpe cérébrale est ramollie et désorganisée.
« 5.° Abcès circonscrits ou enkystés. Il se forme alors une cavité régulière, bien circonscrite, généralement revêtue sur ses parois d'un kyste mou et entouré de substance cérébrale saine.
« 6." Ulcération de la surface du cerveau ».
Notre intention , en nous apesanlissant comme nous venons de le faire, sur les maladies de l'encéphale, el en décrivant, aussi minutieusement, les divers symptômes de la congestion, de l'apoplexie, de l'hémorrhagie , de l'inflammation el du ramollissement du cerveau, a été de faire ressortir par dessus tout, je ne dirai pas l'insuffisance , mais l'inutilité du traitement hydrotbérapique dans ces diverses affections. Nous ne saurions ajouter aucune foi à ces narrations plus ou moins apocryphes des hydropalhes qui prétendent avoir guéri en deux ou trois jours des apoplexies, des congestions, ou des inflammations cérébrales. Nous sommes convaincus, que si l'on comparait les divers symptômes que présentaient les sujets guéris en trois jours par l'hydrothérapie, avec ceux que nous avons décrits plus haut, comme caractères positifs et inévitables de ces sortes de maladies , on reconnaîtrait qu'il n'existait entr'eux qu'une analogie fort contestable, et que si nu lieu d'employer l'eau , comme seul agent médicamenteux, on eut eu recours aux émissions sanguines ou
aux purgatifs, ce n'est pas en trois jours, mais bien en trois heures peut être, que la maladie eut été combattue. Nous «oumetlons notre appréciation aux médecins iustruits et consciencieux.
Dans les congestions cérébrales de chaque jour, lorsqu'un malade accuse continuellement des pesanteurs de téte, lorsque chaque jour il se sent lourd, fatigué et porté à la somnolence, l'hydrothérapie peut rendre de véritables services. Mais y aurait-il inconvénient , dans ces cas là, à recourir simultanément à quelques dérivatifs vers le tube intestinal? c'est d'ailleurs la seule affection des maladies de l'encéphale, dans laquelle l'hydrothérapie, convenablement appliquée, a une supériorité bien marquée sur les évacuations sanguines , car elle parvient à raviver l'action de la peau, à produire un énergique dérivatif vers le bas ventre au moyen des bains de siège, et vers les membres inférieurs au moyen des frictions, en fortifiant enfin tout le système musculaire. Assurément la médecine ordinaire est loin d'arriver à ces résultats.
La Méningite rentre parfaitement dans la catégories des maladies dont nous venons de parler et ne saurait être traitée exclusivement par l'hydrothérapie. Il est des constitutions chez lesquelles les émissions sanguines seraient très nuisibles et d'autres chez lesquelles elles sont indispensables , c'est au médecin à savoir distinguer le9 cas. Mais toujours l'hydrothérapie peut être employée comme adjuvant; en faire l'exclusion systématique serait aussi absurde que de l'admettre exclusivement. L'on comprend d'après cela, combien il est nécéssaire que le médecin qui doit employer ces moyens , soit vraiment capable et très pratique. Voici
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comment s'exprime a ce sujet Schedel, page 228: » Le délire, des convulsions ne constituent ni des méningites, ni des céphalites, ni des myélites; pour le médecin accoutumé à lire dans le livre de la nature et à étudier les maladies, non dans son cabinet, maie au lit des malades, le diagnostic de ces affections offre souvent de grandes difficultés. Dans certaines maladies, en effet, les symptômes céréhraux qui attirent toute l'attention ne servent qu'à masquer une lésion fort éloignée, et dans d'autres les accidents purement sympathiques vers le ventre où ailleurs, détournent les regards de l'observateur et l'empêchent de voir la maladie du cerveau. Pour l'hydropathe, aucune de ces difficultés n'existe; fort de son ignorance, le doute n'existe pas pour lui , et tout préoccupé de prouver au monde l'efficacité de sa méthode, dans les cas les plus graves, il applique à quelques symptômes, des dénominations qui sont sans valeur aucune dans sa bouche, Il existe des pays civilisés où les études médicales exigent un temps considérable et.de fortes dépenses, où les candidats au doctorat sont soumis à des examens très sévères, et cependant, chose singulière , dans ces mêmes pays où l'on se montre si rigoureux envers ceux qui étudient consciencieusement , on accorde sans la moindre difficulté, a des gens dépourvus des notions médicales les plus élémentaires, le droit de traiter toutes les maladies par l'hydrothérapie! Comme si la dénomination volontaire d'hydropathe était à la fois un brevet de capacité et d'impunité, et conférait à l'ignorant qui s'en affuble, toutes les connaissances qui lui manquent et qu'on exige du médecin ».
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Schedel en parlant ainsi n'avait en vue que les empiriques hydropalhes qui exercent sans titres et sans connaissances aucunes, mais nous allons plus loin que lui; il est aujourdhui évident pour tout le monde, que l'hydrothérapie peut être aussi nuisible dans certains cas, quelle est utile dans certains autres; il ne suffit donc pas, pour l'employer, d'être médecin, il faut encore être bydropathe pratique, et s'il y a imprudence sérieuse de la part des malades, à confier leur santé, ce bien le plus précieux de l'espèce humaine, à l'ignorant se faisant médecin de par l'hydrothérapie, il y a absurdité à se confier, pour faire un traitement hydrothérapique, à celui qui n'ayant jamais pratiqué cette méthode, se persuade qu'il est hydrotbéra piste par ce seul fait qu'il est médecin. Nul ne saurait employer en médecine l'agent thérapeutique dont il n'a pas appris à se servir, et il n'est pas un seul hydropathe de bonne foi, qui ne soit prêt à avouer qu'au déhul de ses travaux, il n'a marché qu'à talons et au milieu de contradictions sans nombre, d'irrésolutions continuelles , malgrés les auteurs illustres qui ont écrit sur ce sujet. C'est qu'en médecine, il faut autre chose que des livres pour savoir, la théorie appartient à tous, la pratique à peu, el cette pratique que, pour toutes les autres méthodes de traitement, le médecin se fait dans les hôpitaux, ne se fait pour l'hydrothérapisle que par la suite du temps, au fur et à mesure que des malades, fatigués de souffrir, consentent à se confier à ses soins et lui servent de sujets d'études. Du moment que l'hydrothérapie 'a pris pied dans le domaine médical , pourquoi ne ferait on pas dans les hôpitaux, une clinique d'hydrothérapie; on aurait alors le droit d'exiger des docteurs en
médecine de • connaissances hydrothérapiqucs pratiques, el Ion ne serait plus exposé à voir de pauvres raalailes, passer à l'état de sujets d'études, entre les mains de certains individus qui, non contents d'avoir éle un certain nombre d années ignorants médecins , se créeoi de par leur propre génie, du jour au lendemain célèbres hydropathes. Nous connaissons certain médecin de campagne, qui fatigué de saigner et purger de pauvres paysans, s'est fait hydropathe, parce qu'il a entendu dire que cela ferait peut-être bien une bonne spéculation. Noble ambition ! el aujourdhui il se fait sa pratique en expérimentant in animd viti.
C'est peut être la plus terrible conséquence de celte horrible soif de l'or dont a parlé Virgile el que l'immortel poète a oublié de mentionner. Ce que de pareils faits ont coûté de victimes humaines .ne saurait a'énumérer, et nous croyons que le gouvernement qui interviendrait à l'avenir, dans ces circonstances, aurait droit à la reconnaissance de tous les amis de l'humanité.
DigilizM B/Coogi
LETTRES SUR L 1 KÏDR01 ITI-IBAI'II!