LETTRE QUATRIÈME
Le sang se dépure et se modifie par les reins, tes poumons et la peau - Étude physiologique des reins - Canaux sécréteurs et modificateurs - Corpuscules de Slalpighi - Leur composition - Canal excréteur - PkyùaUyiv des oryuties de la respiration - Combustion du carbone - Cause de la chaleur du corps - Pourquoi la peau n'est-elle pas l'agent resjiiraloire par excellence? - Substances que l'air prend au sang - Composition des voies aériennes - Distribution des vaisseaux sanguins par rapport aux vaisseaux aériens - Physiologie des organes qui servent aux fonctions de la peau - Parties insensibles - Toucher passif - Toucher actif - Glandes de la sueur - Leur tonal excréteur - Parties où ces glandes sont ks plus dévelni>y,i : i:^ - l'oUi'-uli-t n/f»,™ - Leur structure - Leur aspect - Fonctions de ces follicules - Animal parasite habitant halntuellement sous les poils de h peau du "fz - /Ji'nf N.Wïrv j,v cet animai- Sa forme - Actions et réactions moléculaires des organes de sécrétion - Phénomène de physique expliquant la mé- :hi,d-:. hydrathi-rapuiue - L'endosmose et l'exosmose - Théorie de la sueur hydrothèrapique - Ses dangers.
Après avoir examiné sommairement dans la précédente lettre, comment se forme le sang cet agent indispensable de la vie, je crois important de faire connaître comment il se modifie et se dépure, avant d'aborder la description des moyens employés par la méthode hydrothèrapique pour obtenir ce résultat.
La modification et la dépuration du sang s'opère par le moyen de trois organes bien importants: les reins, les poumons, la peau. Je ne ferai pas une description détaillée de. chacun de ces organes si minutieusement et si admirablement décrits dans les traités spéciaux
30 LETTRES SUK L'MÏDBOTHÉIUPIB
d'anatoniie et de physiologie; mais la sécrétion de l'urine et son expulsion hors du corps, ainsi que la sécrétion et l'expulsion de la sueur, comme la sécrétion et l'expulsion de l'air hors des poumons, contribuant essentiellement à la dépuration, je crois devoir entrer dans quelques détails indispensables sur les organes sécréteurs de l'urine, de l'air et de la sueur.
Les reins sont situés dans la cavité abdominale, appliqués contre la paroi dorsale de celte cavité et recouverts par le péritoine sur leur face viscérale. Comme le foie, les glandes salivaires, etc. les reins sont des organes chimiques, dont la fonction dépend moins de leur forme générale que de leur structure intime ; leur bord interne présente une échancrure ou fosse , dans laquelle se voit le commencement de leur canal excréteur. Leur structure intime se compose essentiellement de canaux sécréteurs et modificateurs, et de vaisseaux sanguins qui leur apportent les matériaux de leur sécrétion. Les canaux sécréteurs forment la substance corticale ou extérieure, et les canaux modificateurs la substance dite médullaire, parce qu'elle est centrale et entourée par la première. Celle-ci est plus rouge et montre par sa couleur, qu'elle est pénétrée de plus de vaisseaux sanguins; l'autre est comparativement pâle.
Les canaux sécréteurs sont des tubes membraneux, dont l'origine est un cœcuro. Ces tubes se contournent, et se replient en nombreuses circonvolutions , dans la partie corticale du rein, jusqu'à la partie médullaire. Ici ils se redressent immédiatement, se réunissent successivement en tubes plus gros, qui convergent par faisceaux distincts vers !a partie moyenne du bord interne du rein, pour se terminer dans les mamelons plus ou
LETTHES SUR L' HYDROTHÉRAPIE 37
moins sensibles qui s'observent dans l'échancrure de cet organe. Les tubes modificateurs qui composent la partie médullaire sont en lignes droites et parallèles ; les tubes sécréteurs qui composent la partie corticale , ainsi que leur origine par des culs-de-sacs sont en lignes sinueuses , et garnis d'un épithélium à cellules, polygonales et à noyau (1).
Le3 artères forment, avec les veines, le réseau capillaire qui enlace les vaisseaux sécréteurs, et colore plus fortement en rouge la substance corticale des reins. On y trouve d'ailleurs un certain nombre de corpuscules, découverts par Malpighi et qui portent son nom, que cet anatomisle célèbre regardait comme des glandes, et qu^l a pu injecter par les artères. Ces corpuscules sont en effet composés, sauf la poche membraneuse qui les enveloppe, d'un peloton de ramuscules artériels, d'un rameau afférent et d'une radicule efférenle, reportant le sang qui a traversé ce peloton dans le système veineux du rein. On doit supposer que ces mêmes corpuscules sont comme invaginés dans une dilatation vésiculeuse, en forme de cœcum , des canaux urinaires sécréteurs, ainsi que M. Bidder (2) pense l'avoir démontré ; et non simplement à découvert, dans la cavité même de cette dilatation, comme M. Bowmann dit l'avoir vu (3). Les lois physiologiques des sécrétions ne permettraient pas celle de l'urine, à travers les parois artérielles, sans membrane intermédiaire.
()) Voir la Ogure 4 de la planche XX des lames Physiologîcae di fl. Wagner.
(î) Archives de J. Matin- pour 1846 , lellre de M. Bidder du (2 Septembre , pag. 508.
. [3) P/iitojopfticol irons., 18*8, part. 1 , pl. IV, flg. (6.
38 I.ETT1IEB BU H L* HÏDHOTHÉHAPJE
Chaque rein n'a qu'un canal excréteur. Il commence par autant de petits entonnoirs membraneux, qu'il y a de mamelons aboutissant dans l'échancrurc du rein, par lesquels les canaux modificateurs versent l'urine. Les entonnoirs se réunissent ensuite dans un bassin commun, qui se change immédiatement, dans le canal étroit qu'on appelle uretère, el dont l'embouchure est dans la vessie.
Dans cet arrangement, les canaux excréteurs qui font partie du rein , ne se continuent pas avec le canal excréteur unique qui est hors du rein.
Je ne dirai rien du réservoir de l'urine attendu qu'une fois arrivé dans la vessie le liquide excrété n'a plus qu'à s'échapper au dehors par les voies naturelles, et je passerai de suite aux organes de la respiration.
Le liquide nourricier des animaux, tel qu'il est versé dans ses réservoirs, par les organes d'alimentation qui viennent de l'extraire des aliments, n'est pas encore propre à la nutrition. Il faut qu'il soit mis en rapport avec l'air atmosphérique. Il doit puiser, danB ce milieu ambiant, la proportion d'oxygène qui est indispensables la continuation de la vie animale , et s'y débarasser de la quantité d'acide carbonique qui altérait sa composition normale.
Cette quantité d'acide carbonique, toujours en excès dans le sang qui a circulé dans l'organisme, qui en a nourri toutes les parties, et dans le liquide nourricier produit par les organes d'alimentation , est le résultat de la combustion du carbone; cette combustion a de plus pour effet un dégagement de calorique qui contribue à élever la température de l'organisme au degré nécessaire à son activité. La peau , qui met cet organisme en contact avec le milieu ambiant, serait l'organe de
LETTRES SUIt L* HTDflOT BÈBAPIE 39
respiration par excellence, si elle n'avait pas pour fonctions premières, de proléger cet organisme contre l'action desséchante de l'air, de lui conserver la température propre , et de le préserver en général des effets nuisibles des corps extérieure.
Il en résulte que la respiration a été localisée dans les poumons, où toutes les conditions organiques ont été admirablement arrangées, pour que le liquide nourricier vienne y subir l'action vivifiante de l'air. Cette action est une véritable sécrétion , dans laquelle l'air échange , comme nous l'avons dit déjà , une certaine quantité de gaz oxygène contre une certaine proportion d'acide carbonique : sans compter l'eau que l'air prend au sang, ou qu'il lui donne, suivant son état hygrométrique; les proportions d'azote qui sont admises ou rejefées suivant des circonstances variables ; et les effets variés que la température de l'air et son électricité peuvent avoir sur cette sécrétion.
Je ne dirai qu'un mot de la structure intime des poumons, renvoyant, pour une plus détaillée description, aux ouvrages spéciaux.
Les poumons se composent essentiellement de canaux aériens qui se ramifient et vont en diminuant de diamètre jusqu'à leur terminaison en cul de sac, très légèrement ou plus sensiblement dilaté.
Les voies aériennes, extrà et intrà pulmonaires, sont essentiellement formées d'un tissu fibro-élastique , qui est pour ainsi dire le squelette du poumon. Par son extensibilité, il se prête aux dilatations nécessaires pour l'introduction de l'air ; par son élasticité, il tend toujours à reprendre un plus petit volume et à resserrer l'organe dans un plus petit espace, lorsque la force qui l'a étendu
iO LETTRES SUS L' HYDROTHÉRAPIE
a cessé d'agir. Les vaisseaux sanguins sont en rapport avec les canaux aériens et leur distribution se fait en réseau. Ce réseau enlace les extrémités des canaux aériens; il s'étale, se colle à leur surface, de manière que l'hœmatose puisse s'effectuer à travers trois membranes, la muqueuse respirante, la membrane fibro-élastique qui fait le fond du lissu pulmonaire , et les parois des vaisseaux sanguins.
Le diamètre de ceux-ci', réduit aux plus petites dimensions, est bien moindre que celui des vésicules terminales des canaux aériens , autour desquelles le réseau sanguin vient s'appliquer.
Je vais maintenant essayer de donner une idée générale des organes qui servent aux fonctions de la peau ou qui les modifient et j'aurai fini de faire connaître les divers appareils qui servent à la dépuration du sang et les procédés par lesquels la nature procède à cette dépuration. Il ne sera pas difficile, après cela, au lecteur même le moins clairvoyant, de comprendre le mode d'action des procédés hydrolhcra piques et le rationalisme si longtemps contesté de cette métbode.
La peau est un organe compliqué à fonctions multiples.
C'est, en premier lieu, un organe de protection pour tout l'organisme, qui a pour emploi principal de modifier les impressions du monde extérieur et d'empêcher qu'elles ne troublent le jeu harmonique de cet organisme.
Elle est revêtue, à cet effet, de parties insensibles, de plusieurs couches d'épiderme, de poils qui entrent dans la composition des téguments. Nous n'avons pas à nous occuper de ces parties.
La peau est l'organe d'une sensibilité générale, c'està-dire d'un Loucher passif, ou d'une sensibilité plus spé-
ciale, d'un toucher actif, restreint à quelques unes de ses parties ; elle est enfin le filtre à travers lequel le sang, perd, par la sueur, une partie de l'eau et des autres matériaux qui entrent dans sa composition.
L'une desplu3 importantes découvertes de la science actuelle de l'organisation , est celle des glandes de la sueur. Ces glandes sont situées dans la profondeur du derme , et même dans le tissu adipeux sous-cutané. Leur canal excréteur traverse le derme et l'épiderme , et s'ouvre à la surface par un pore en forme d'entonnoir. MM. Purkinje et Wenrit démontrèrent en 1833, l'existence de ce canal, dans la peau humaine, et sa disposition contournée en spirale ou seulement sinueusej suivant les régions du corps (i).
MM. Breschet et Roussel de Vauzôme (2) firent , l'année suivante, l'importante découverte, que les canaux en spirale, ont leur origine dans des glandes particulières, prévues mais non reconnues par M. Purkinje. Une année plus tard-, en 1836, M. Gurll confirma cette découverte, et décrivit comparativement ces mômes glandes et leurs canaux excréteurs, avec précision. Les parties où elles sont les plus développées sont la plante des pieds et la paume des mains.
Elles se composent d'un boyau contourné , faisant plusieurs circonvolutions rapprochées et affectant une forme différente suivant la partie du corps qu'elles occupent ; ainsi elles sont comme une pelote oblongue dumla peau du crâne; presque sphériques dans la paume de la main.
(4) De epidermide hamano , Vratislavi , 1833; et Archives de J. Huiler pour 1334 , pag. 278 et suiv.
lî) Annales des sciences wlweUei , 1. II , p. Vil cl suïv. , et pUX elX.
Le derrae renferme en outre, tout près de sa surface , ou un peu dans sa profondeur; un grand nombre de petites glandes désignées sous le nom de follicules sébacés. Ces glandes accompagnent généralement les poils, au nombre de deux pour chaque poil; mais on en trouve aussi dans les parties dénuées de poils. L'humeur qu'elles sécrètent est onctueuse, de la le nom qu'elles portent. Leur structure diffère essentiellement de celle des glandes de la sueur. Elles se composent d'un amas de vésicules sphériques, à parois transparentes, dont chacune a son canal sécréteur. Cette réunion de vésicules en forme de grains, donne à la glande l'aspect d'une grappe. Un ou plusieurs canaux excréteurs, qui résultent de l'assemblage de tous ces canaux, particuliers à chaque grain, versent l'humeur do la glande à la surface de la peau , ou dans la capsule de chaque poil-
C'est une pommade naturelle qui, dans l'étal normal, les rend plus ou moins gras, suivant certaines dispositions de races et individuelles. Ces disposition* déterminent le plus grand développement de ces glandes, qui appartiennent à la capsule de chaque poil, et l'abondance de leur sécrétion.
Parmi ces capsules pileuses, dont les poils ne se développent pas au dehors, celles du visage et particulièrement de la peau du nez , sont la demeure habituelle d'un très petit animal parasite, de la grande famille des acariens ou des mites. Il se loge entre le poil et la paroi interne de la capsule, près de l'embouchure du canal excréteur de la glande, et pénètre môme dan6 ce canal. M. G. Simon , qui en a fait la découverte en 1842, estime que les plus longs de ces acariens ont au plus 0 mm ,062 de long et au moins 0 raoi ,043 , sur
LETTRES SUft L'HYDBOTrflUPIE 13
0°"",010 de large. Dans sa forme définitive, cet animal a huit pattes, armées chacune de trois angles; sa tête est munie d'une trompe et de deux palpes labiaux.
Le vulgaire, en comprimant les pustules qui se multiplient chez certaines personnes aux environs du nez, en fait sortir une pommade épaisse qui prend la forme d'un ver ; c'est, enfoui dans cette pommade, après l'avoir délayée avec un peu d'huile, et placée entre deux plaques de verre, que l'on découvre, au microscope, ce petit parasite , dont très peu de personnes sont exemples dans le cours de leur vie (1).
Oo me pardonnera ces pelits détails , qui inutiles à notre sujet ; ne manquent pas d'intérêt physiologique.
Ainsi qu'on vient de le voir en parcourant les lignes qui précédent, la sécrétion, bien souvent, n'est pas une simple séparation, par l'organe sécréteur, de certains matériaux qu'il choisirait dans le sang, comme une sorte de tamis. Il y a , dans cette chimie vivante , des actions et des réactions moléculaires, qu'il nous reste à résumer en peu de mots.
Tout organe de sécrétion se compose essentiellement d'un tube fermé à son origine, ou d'une poche membraneuse, dont la forme est variable. Cette poche est plus ou moins remplie de vésicules granuleuses ou de jeunes cellules, qui peuvent se multiplier au point d'en remplir presque toute la cavité. Ces cellules jouent un grand rôle dans les sécrétions. Elles diffèrent des cellules cylindriques composant l'épithélium qui tapisse un peu
(1j Sur udo mita qui vil dans les capsules pileuses de l'homme ■ aussi bien à l'état normal qu'à l'état de maladie, par le Docteur Gustavu Simon , médecin praticien , à Berlin. Archives de 3. Mùltsr pour !8iS , pag. m et suiv,, et pl. XI.
44 ' LETTRES SUlt L 1 HYDROTHÉRAPIE
plus avant les parois des canaux sécréteurs ; ceux-ci, commencent à prendre, par cette disposition, le caractère de canaux excréteurs (1).
Les arrangements variés des vaisseaux sanguins qui arrivent dans la glande , et entrelacent de leurs réseaux ou de leurs ramuscules les parois extérieures, des tubes sécréteurs, ont aussi quelque influence sur la sécrétion (2).
Il ne faut pas perdre de vue qu'avec tous ces arrangements, pour ainsi dire, mécaniques, il y a des nerfs dans l'organe, qui le rendent sensible, excitable, et que la puissance nerveuse donne à cette machine le mouvement et la vie, en y accélérant la circulation du liquide nourricier et la sortie des produits.
La physique a depuis longtemps démontré que lorsque deux liquides de densité différente sont séparés par une cloison poreuse susceptible d'être mouillée , au moins par l'un d'eux , il s'établit un double courant inégal, indépendamment de leur poids; de telle sorte que la partie contenant le liquide le plus dense , finit par se remplir du liquide le moins dense (3).
Il- est incontestable que c'est à M. G. F. Parrot , le condisciple, l'ami et le compatriote de G. Cuvier, que l'on doit la première expérience par laquelle il a fait sentir les applications de ce phénomène physique aux
(1) Nota sur le mficamsme des sderetions , par A. Lereboullet , Gautle médicale de Strasbourg, ÎO Mars 1846.
(!) Voir ce quo dit à ce sujet M. Duvernoy dans ses Leçonl tfww»mie comparés . t.V, pag. 207 , qu'il lésait en collabora lion avec M. Cuvier.
(3) Voir à ce sujet la note curieuse de J. Bernouilli , daus le trait»! de Buielli , édit. de la Haie. Celle noie est rapportée in extenso P" Jacques Maissiat, D.M.P. dans sa Iboso de concours sur fes lots des monvtmrnts des liquides dans les canaux. Parii 1839 , p. 33.
LETÏRES SDB L'ilï DROÏ HÉRÀP l E 4o phénomènes de la vie , et plus particulièrement aux sécrétions (1).
M. Dutrochet, de son côté, ignorant l'ingénieux travail de M. Parrot, a reconnu le même phénomène, en variant et en multipliant davantage ses expériences, et il lui a donné les noms d'endosmose et d'exosmose.
C'est sur ce phénomène d'endosmose et d'ecoosmose qu'est basée la théorie du drap mouillé et de la ceinture liydrothérapique , dont nous aurons à nous occuper quand nous parlerons des moyens et procédés employés par l'hydrothérapie.
Le mécanisme intime de tout organe sécréteur, se réduit donc à des capacités à parois membraneuses , qui se remplissent en partie de cellules à noyaux. De là l'action attractive moléculaire entre ce contenu plus dense et le liquide nourricier qui circule dans les vaisseaux sanguins capillaires ou intermédiaires, appliqués à la capacité membraneuse de sécrétion.
Pourquoi donc les produits supposés existants dans l'organe sécréteur n'agi raienl-ils pas sur le sang à leur portée, pour en extraire les mêmes matériaux immédiats, lorsqu'ils s'y trouvent tout formés, ou du moins leurs éléments?
Toute la théorie de la sueur dans le drap mouillé, pendant le traitement hydrothérapique est là; c'est la modification ou la surexcitation des organes sécréteurs et excréteurs de la peau, pour arriver à la dépuration
(1) De l'influence lie la physique et de la chimie sur la médecine , par G. T. Parrot , professeur ordinaire à l'Université de Dorpat , 4843. L'Académie des^Sciences a reçu de l'auteur, dans sa séance du 33 Sept. (SU, un exemplaire de cet opuscule intéressant , avec une note ayant pour line : Coup d'œit sur l'endosmose.
Digitizcd by Cooglt:
LËTÏWiS SUR L'itïDROTKKHAtlE
médiate du sang, plus ou moins vicie par les maladies qui ont renversé l'équilibre , ou détruit l'état normal de l'organisme.
Il y a deux sortes de sueurs: la sueur active qui est celle que l'on obtient par le mouvement, l'exercice, l'agitation du corps , c'est la sueur nécessaire à la réaction, ci la sueur passive. Il y a deux sortes «Je sueurs passives ; celle qui résulte d'une fatigue interne et indépendante do notre volonté, d'une souffrance dont nos mouvements ne sont pas la cauBe; quand l'air nous manque ou la nourriture ; quand nos cellules élémentaires, asphyxiées et affamées , cessent d'élaborer et d'aspirer, et rejettent au dehors, comme par un effet de leur affaissement et de leur compression mutuelle, le trop plein qui les surcharge et les distend ; quand les liquides désormais inutiles à leur nutrition les suintent par tous les pores. De celte sueur maladive nous n'aurons à nous en occuper que pour tenter de la guérir. Mais il est une autre sueur passive , c'est celle occasionnée par l'enveloppement dans les couvertures de laine ou dans le drap mouillé, sueur que l'on provoque à volonté et que l'on fait suivre toujours soit d'un bain, soit d'une douche, soit d'un lavage froid. Voici dans ce cas les phénomènes qui se produisent sur l'organisme humain à la suite de cette opération : au moment où le corps commence à se réchauffer, il absorbe partons les pores le calorique ambiant , qui se combine avec ses liquides et fait augmenter de volume leurs alômes. Les vaisseaux sont turgescents et se désemplissent par evaporation à travers tous leurs pores. L'immersion dans l'eau froide dans ce moment, opère un vide dans les canaux afférents de la chaleur; les canaux déférents de
la sueur reprennent à reculons, aspirent et attirent le liquide condensé autour de la surface de la peau ; et ce liquide glacé s'infiltrant dans les organes intérieurs avec la rapidité d'impulsion qu'imprime le vide, porterait le désordre le plus grand dans les organes les plue profonds, si le médecin hydropatbe n'avait le soin de saisir attentivement le moment où la prolongation de la douche ou du bain deviendrait dangereuse.
De là, la nécessité absolue de la présence du médecin hydropathe pratique pendant toutes les opérations hydrothérapiques , mais principalement pendant celles qui suivent la sueur.
Nous aurons d'ailleurs occasion de revenir plus d'une fois sur ce sujet pendant le cours de cet ouvrage.
LETTRES SUR I.'flïnROTUKRAPFK