‹ Dissertations sur la vérité de la religionChapitre 13 sur 53 · XXX VJ DISCOURS · texte numérisé non relu

XXX VJ DISCOURS

pas eu toujours le don? de persuader , il a eu le mérite plus recherche de séduire,, et même, dans bien des occasions y l'avantage d'en imposer. Combien de fois- l'homme raisonnable et honnête a-t-il contenu l'indignation qu'excitoit enlui le jargon de l'incrédulité , par la crainte de devenir le but d'un sarcasme ou la victime d'un ridicule!

. Un autre grand succès que lMncrédulité avoit espéré, et qu'elle a obtenu de son ton badin et? railleur , a été d'affoi* blir par degrés le respect pour la (religion. Malheureuse légèreté de l'esprit humain ! Ce mélange de la fade plaisanterie avec ce qu'il y a de plus sacré ne devroit inspirer que du dégoût, et cependant il amollit quelquefois même les âmes sensées et vertueuses. La répétition fréquente defr sarcasmes de l'impiété, au lieu d'augmenter l'indignation qu'ils inspiraient d'abord, la diminue : on s'y habitue sans s'en apercevoir, on s'y familiarise sans pensera s'en défendre, on finit par s'en trouver moins révolté , saris en connoître la cause. Et c'est ainsi qu'insensiblement et graduellement s'est altérée

PRÉMMIN Alllff. XXXV ij

cette antique et pieuse vénération des objets sacrés, qni avoitfété long-temps parmi nous le premier fondemeut de l'autorité, lè premier soutien des mœurs, le pre^ mier mobile de la vertu , le premier frein; du vice.

O jours de nos pères, jours heureux, qu'êtes- vous devenus? Nos saintes vérités hnprimoient à tous les esprits une respectueuse terreur; la conscience repoussoit avec une religieuse indignation jusqu'à la pensée d'un doute ; l'incrédule , si par hasard il s'en rencontroit quelqu'un , étoit regardé avec étônnement et recimvec répugnance;la foi étoit l'arche mystérieuse, que Von ne pouvoit toucher sans crime, sur laquelle on osoit à peine lever Tes yeux. Cette foi pure et simple de nos ancêtres daignera- 1 -elle encore revenir parmi leurs descendans ? Accoutumés àu langage des impies, familiarisés avec leurs blasphèmes, peut-être même amusés de leurs railleries, ont-ils conservé des cœurs assez purs pour la recevoir? Àuroit-elle condamné la génération qui la dédaigna, et toutes celles qui doivent suivre, à l'affreux malheur dè l'avoir per-

xxxviij discours due pour toujours? Ah! si Dieu a résolu dans ses décrets de punir notre irréligion et les causes qui l'ont- engendrée , nos désordres, notre orgueil , notre coupable légèreté^ qu'il daigne nous choisir un châtiment moins rigoureux !

C'est à nous à les rappeler dans notre patrie, cette droiture de cœur, cette pureté d'intention, cette simplicité de foi dont elle se glorifîoit autrefois. C'est la perte de ces précieuses vertus qui a entraîné tous les maux dont elle vient d'être accablée. En cessant d être religieuse , elle a cessé d'être heureuse ; en secouant le joug de la fôi, elle a rejeté celui des lois, qui assuroit sa tranquillité; et la liberté d'opinion dont elle s'est laissé flatter , a été le degré par lequel on Ta élevée à la liberté de tous les crimes.

O vous donc, chers et fidèles compatriotes, que les séductions de l'incrédulité n'ont pas atteints, ou- qui avez eu la sagesse de vous en garantir ! attachezvous de plus en plus à cette religion bienfaisante, qui vous promet le bonheur de l'éternité, et qui, en l'attendant, vous procure celui du temps. Considérez com-

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