‹ Dissertations sur la vérité de la religionChapitre 2 sur 53 · PRÉLIMINAIRE. V · texte numérisé non relu

PRÉLIMINAIRE. V

d'un jour plus brillant, et que l'Église gallicane, qui ne fait aujourd'hui que s'élever un peu au-dessus de ses ruines , reprendra dans quelque temps sa grandeur et sa majesté antiques.

Mais nous que le Seigneur a établis, comme autrefois la tribu sainte, les gardiens et les défenseurs dé son sanctuaire, notre place est sur la brèche qu'y ont faite ses criminels ennemis, pour repousser tous les assauts qu'ils ne cessent de lui livrer.

Pour remplir ce devoir sacré, deux moyens se présentent : l'un est d'opposer à l'incrédulité, comme un rempart insurmontable, quelques-unes des démonstrations qui portent jusqu'à l'évidence la vérité de notre sainte foi ; et c'est l'objet des dissertations que je publie : l'autre moyen , qui va suspendre pour quelques momens l'emploi du premier, est d'aller attaquer l'incrédulité elle-même , de lui opposer sa propre origine , et de montrer les causes auxquelles elle doit sa naissance et ses progrès. J'en remarque trois principales : le libertinage l'engen-

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dre ,. l'orgjjeil la produit, la légèreté la répand.

C'est le cœur de l'insensé , et non son esprit , qui a dit : Il n'y a pas de Dieu.

Us se sont corrompus , dit le prophète, ils se sont rendus abominables dans leurs inclinations (a). Gardons - nous cependant d'exagérer. Dans le nombre des incrédules, il. peut s'en rencontrer qui aient conservé une certaine régularité de mœurs. Il n'y. a pas de principe tellement universel, qu'il n'admette quelques exceptions; et la corruption du cœur n'est pas la seule cause que nous ayons assignée à ^irréligion. Mais je ne crains pas d'être démenti par les incrédules euxmêmes, en avançant que le plus grand nombre d'enjtre eux, est. livré à la. débauche : non , sur ce fait je ne veux pas d'autre témoignage que le leur propre.

Ils spnt bien éloignés de dissimuler leurs désordres : en perdant la pudeur ils ont abjuré la honte; loin de rougir de leurs excès, ils en font gloire.

Cette vérité étant reconnue par ceuxlà mêmes qui seuls pourroient la contester, il s'élève naturellement, une ques-

prèlimixaire. vij tion : est-ce l'incrédulité qui donne naissance au dérèglement? est-ce le libertinage du cœur qui engendre lè libertinage des pensées?

Pour la résoudre , j'en propose une autre. Est-ce l'irréligion qui a intérêt dè rendre l'homme impudique? est-ce l'impudicité qui a intérêt de rendre l'Homme irréligieux? Ici il ne peut plus y avoir de doute. Qu'importe à l'incrédulité que les mœurs soient plus pures ou plus dépravées ? Que la chasteté soit ou ne soit pas une vertu, l'incrédulité n'en sera ni plus ni moins condamnable. Mais au contraire , l'homme qui a une fois secoué le joug de la pudeur, a un grand intérêt à anéantir celui de la religion : il ne peut ignorer que cette loi sainte, qui ne passera jamais, proscrit essentiellement sa passion ; entre ces irréconciliables ennemies , il n'y a , il ne peut y avoir aucun traité. Il faut absolument ou méconnoître la loi, ou se soumettre à sa condamnation. Il est impossible de croire , et d'être en même temps entièrement sa tisfait dans le vice. Tant que l'idée cle Dieu reste imprimée dans le libertin,

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