‹ Dissertations sur la vérité de la religionChapitre 24 sur 53 · V. Plusieurs de nos déistes ont reconnu · texte numérisé non relu

V. Plusieurs de nos déistes ont reconnu

SUR Li RELIGION. l$J

dans Dieu ce pouvoir. Contentons -noua de citer un des plus célèbres. « Dieu peut -il

» /aire des miracles , c'est - à - dire peut - il

• déroger aux lois qu'il a établies? Cette » question sérieusement traitée seroit im-

• pie , si *elle n'étoit absurde. Ce seroit fi|ire » trop d'honneur à celui qui la résoudra

• négativement, que de le punir; il suffirait » de l'enfermer. Mais aussi quel homme a » jamais d#uté que Dieu pût faire des tni-

• racles ? Il falloit être Hébreu , pour de- » mander si Dieu pouvoit dresser des tables » dans le désert (4). »

VI. Il est très vrai, comme le dit cet écrivain , que nul homme , jusqu'aux incrédules de nos jours 9 n'avoit douté du pouvoir de Dieu de faire des miracles. Il n'y a pas eu de religion qui n'ait prétendu s'autoriser par des prodiges. Cet accord unanime de tout le genre humain, excepté de»

déistes modernes» est contre eux du plus grand poids. En attribuera -t-on la cause à un sentiment naturel et inné, qui porte l'homme à croire que Dieu peut se révéler à lui de cette manière? En fera-t-on remonter l'origine k des révélations anciennes , dont un souvenir confus s'étoit conservé parmi les peuples? Que ceux qui, contre la doctrine universelle , veulent contester à Dieu

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le pouvoir des miracles» choisissent entré ces hypothèses» . • ' «« : i.; •

Si, comme ils le veulent, le miràcle étoit impossible, celte impossibilité viendrait, ou du coté de l'œuvre miraculeuse, ou du tài£ de Dieu ; ce serait > ou l& nature du> miracle qui répugnerait à l'existence , ou.

les attributs divins qui répugneraient à sa production : deux assertions également insoutenables. > -

VIL En premier lieu, on né j>eut pasdire que le miracle soit répugnant en luimême. Ce qui répugne dans une chose c'est ce qui est contraire à son essence; sans quoi , elle ne peut ni exister , ni être conçue î qui implique en elle contradiction ., qui siip* pose à ta fois l'être- et lé non être. Or, it n'y a rien de semblable dans un miracle.

Que le cours du soleil soit suspendu , et que oet astre soit arrêté quelque temps dans sa^ course, il n'en est pas< moins le soleil, il n'en a pas moins toutes ses propriétés essentielles. Un homme ressuscité est toujours uit homme , et le commandement particulier qui le rappelle de la mort à la vie, n'est pas plus contraire à son essence que la loi générale qui l'a voit fait passer de la vie à la mort. La suspension du cours' du soleil , la. résurrection ' d'un mort, présentent >à notre,

SUB LA RELIGION. i>&§

esprit quelque chose d'étonnant , mai* rien de contradictoire. Nous concevons le soleil s'arrétant, et le mort ressuscitant. Ainsi, à ce premier égard , on ne peut pas diré qu'il y ait dans le miracle impossibilité et répugnance. . = ;

En second lieu , si le miracle éloit contradictoire à là nature divine, ce seroit parce qu'il répugneroit à Dieu de pouvoir ou 4 do vouloir- en faire, parce que le miracle seroit ou au-dessus de sa puissance, ou indigner de sa sagesse.

VIII. Or, d'abord, il 1 est aussi déraison* nable qu'injurieux de prétendre donner h la toute - puissance de telles limites. Dieu ûe peut pas , disent les docteurs, changer les essences des choses, parce qu'il ne peut pas faire que dans le même temps une chose soit et ne soit pas telle; mais hors cela peut tout. Le miracle n'implique pas con-> Lradiction; il n'a rien en lui-même qui rempêche d'exister. Dieu peut donc Popérer. Et qui pourroit l'en empêcher? Quel obstacle extérieur ou intérieur peut limiter son pouvoir? Au-dehors il ne voit que des êtres créés par lui; au-dedans il éprouve une puissance universelle. C'est lui qui > en ordonnant au monde d'être, lui a donné des lois selon qu'il a plu à sa volonté suprême. Ose-

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roit-on dire qu'il n'a pas eu droit dWdon-»

ner que ces lois scroient suspendues à telle époque et dans telle occasion ? Un maître absolu ne peut-il pas faire à ses comman* démens les exceptions qu'il veut? Si nous contemplons Dieu en lui-même , il est tout-* puissant (5) ; si nous le considérons relativement à la nature , . il est son auteur et son législateur (6). Ainsi , à toutes sortes de titres, H est le maître d'interrompre son cours.

ÏX. Je dis ensuite que le miracle ne répugne pas non plus à la sagesse divine; je prétends, au contraire, qu'il y est infini* niment conforme. Dieu voulant parler aux hommes et leur enseigner des vérités, il est dans l'ordre de sa sagesse que les hommes puissent connoitre que c'est en effet sa voix qu'ils entendent , sa doctrine qu'ils reçoivent : or, pour leur donner cette certitude, le miracle est un langage parfaitement convenable» parce qu'il est tout à la fois et très digne de Dieu , et très propre à l'homme*

X. Il est digne de Dieu de parler en maître, et de déployer dans la publication de ses ordres une puissance qui en procure l'exécution. Quel être dans la nature peut refuser d'obéir h celui à qui la nature entière obéit ?

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