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fut dissipée, et ils le reconnurent pleinement au moment du repas et lorsqu'il eut terminé ses instructions.
Voilà toutes les objections que je connais relatives aux diverses apparitions faites aux saintes femmes , soit par les anges, soit par Jésus-Christ lui-même. On en propose aussi plusieurs autres sur les apparitions faites aux disciples.
LIX. « Selon St. Matthieu, St. 3Iarc et St. Luc, Luc u dans son évangile , l'apparition dans laquelle Jésus- « Christ se fit voir à tous ses apôtres fut la dernière « où ils le virent. Saint Marc le dit même positivement ; M mais St. Jean, St. Paul et St. Luc lui-même, dans « les Actes des Apôtres , font mention de- plusieurs » autres apparitions. St. Matthieu place la scène de « cette dernière apparition sur une montagne en Gau lilée , où Jésus avait fixé le rendez-vous pour le soir « de sa résurrection. St. Marc et St. Luc la mettent à n Jérusalem , et disent qu'immédiatement après , Jésus- « Christ fut transporté dans les cieux. Cependant le « même St. Luc dit dans les Actes des Apôtres que Jésus « continua pendant quarante jours à se faire voir à u ses disciples. On voit encore entre St. Matthieu et « St. Marc d'une part, et St. Luc de l'autre , une « opposition. Les deux premiers disent que Jésus fit « ordonner à ses disciples de se trouver sur une mon- " tagne de Galilée f le troisième, au contraire, qu'il « leur défendit de sortir de Jérusalem. >»
ipsurn habebat corpns quod ante bal uil ? Andi scripiuram diceiiteiu. Oculi eorum tenebantur ne eum agtioscerent : et rursum .• aperti sunt oculi eoriun ^ et cognoverunt eum. Nunriuid alins fuit quando non agnosct'Latur, et alius qaando agnitns est? Carte nnas atque idem erat. Cognoî^cere igitur , et non cognoscere ocalornra fuit, non qus qui videbatur : licet et ipsius fnerit. Ocalos enim tenebal eornm, ne agnoscerent. Denique ut scias eirorem qui rersabatur in medio , non corpotis Doinini, sed oculoram fuisse clausorum , aperti sunt oculi eorum j înqnit , et cognoverunt enm. Uiide et Maria Magdalent; qnando non cognoscebat Jesura , et vivum qucerebat inter raortnos , hortalannin patabat. Agnoscit, et Dominum vocat. {S, Uieron., epist. ss-xv-d, ad Pammachium.)
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LX. Toutes ces difficultés portent , ou sur ce que l'on attribue aux évangélistes ce qu'ils n'ont pas dit, ou sur ce que l'on confond des diverses circonstances dont ils ont parlé.
1*^ Il n'est pas vrai que les trois premiers évangélistes disent que la première apparition de Jésus -Christ fut aussi la dernière. A la vérité, ils ne distinguent pas les diverses apparitions du Sauveur; ils mettent ensemble des choses qu'il a dites dans plusieurs occasions. Nous avons observé que c'est la manière des évangélistes, et qu'ils ne s'attachent ni à rapporter tous les faits , ni à les rendre dans l'ordre où ils se sont passés. St. Marc dit, il est vrai, qu'en dernier lieu Jésus-Christ apparut aux onze ; mais il veut dire seulement que ce fut la dernière apparition du jour de la résurrection. C'est après avoir parlé de celles faites le même jour à iVIadeleine et aux disciples d'Emmaus, qu'il dit que Jésus se montre enfin aux onze qui étaient à table. Il parle de la même apparition que rapporte St. Jean , et il ne le contredit pas. St. Matthieu mentionne spécialement l'apparition sur la montagne de Galilée. St. Marc et St. Luc rapportent celle faite dans le cénacle; mais aucun d'eux ne dit que celle qu'il raconte ait été l'unique. C'est un bien vicieux raisonne nient que celui-ci : trois évangélistes n'énoncent qu'une apparition ; donc ils contredisent le quatrième , qui en rapporte plusieurs.
2"^ Ce que nous venons de dire répond à ce qu'on nous objecte : que St. 3iarc et St. Luc disent que cette unique apparition précéda immédiatement le retour de Jésus-Christ dans les cieux. Ces deux écrivains sacrés, après avoir rapporté plusieurs discours tenus par Jésus- Christ ressuscité , racontent son ascension ; mais ils ne disent ni que tous ces discours aient été tenus par lui dans la même occasion , ni qu'ils aient immédiatement précédé l'ascension. Le Sauveur a su très-bien les tenir dans différents temps.
3" L'ordre donné aux apôtres de se rendre sur une
Dioutagne de Galilée , est du jour même de la résurrection ; celui de ne pas sortir de Jérusalem est du jour de l'ascension. Le premier avait pour objet de faire voir Jésus-CLrist à ses apôtres. L'objet du second était de les réunir pour recevoir tous ensemble le Saint- Esprit. Le premier était exécuté avant que le second ne fût donné.
LXL « On dit encore que l'apparition du soir de « la résurrection se fit les portes fermées. Jésus-Chrisî « avait donc un corps immatériel ou incorporel. Qu'on « nous explique ce que c'est. Cependant cet esprit avait « des plaies, était palpable, prenait de la nourrituie : « ce ne pouvait donc être qu'un être fantastique , et «< ses apparitions de pures illusions des sens. »
LXII. Supposons , quoique l'évangéiiste n'en dise rien , que les portes du cénacle ne s'ouvrirent pas à l'entrée de Jésus-Christ ; peut-on disputer à Dieu le pouvoir de faire passer un corps d'un lieu à un autre à travers d'autres corps? Il n'est pas nécessaire , })Our expliquer ce prodige, de recourir à Tidée d'un corps incorporel. La toute-puissance de Dieu , voilà la vraie et la seule raison à donner d'un fait miraculeux (1).
Nous avons répondu ailleurs à l'absurde supposition d'un corps fantastique (2). Contentons-nous d'observer combien elle est contradictoire et ridicule dans la bouche d'un incrédule.
LXTII. )i Les apparitions dont parle St. Paul, ajoute- « t-on , n'ont pas été vues par lui-même ; il n'en parle M que sur des ouï-dire. On sait qu'il n'avait vu Jésus- « Christ que dans une vision ; il en était peut-être de M même des apôtres et des disciples; ils étaient juifs
(i) Nec nos laoveat qnotl clansis osliis sabito enm apparuisse discipoHs suis scriptnm Cbt; ut propterea negemus ilJuJ fuisse corpus Inmannra; f(iu;i contra naiurara hojus corporis videmns es>e, ptr ostia clansa inirare. Oinria enim possibilia sant Ueo.(5. Jngust. , de Agon, Christ, j cap. xxiv, n" 26. )
{%) Voyez ci-dessns, n° xix , pnge 275.
.1 et enthousiastes , et par conséquent sujets à rêver , «< même étant éveillés. »
LXIV. Ce seraient de singuliers rêves qu'auraient PUS à la fois dans le même moment, dans le même lieu, de la même manière, tantôt deux, tantôt onze , tantôt plus de cinq cents personnes. La supposition d'une telle uniformité de rêveries n'est-elle pas ellemême une rêverie bien ridicule?
Ce n'est pas une vision que St. Paul eut de Jésus- Christ; c'est lorsqu'il était sur le chemin de Damas avec d'autres personnes. Jésus-Clirist l'a renversé , lui a parlé, l'a rendu aveugle, l'a fait guérir par Ananie. Tout cela peut-il être un rêve?
Les apparitions de Jésus-Chrisc ressuscité dont parle St. Paul, il les avait apprises des apôtres et des autrestémoins oculaires. Si son récit eût été contraire à ce que les témoins lui avaient rappci ié , ces personnes encore vivantes n'auraient pas manqué de le contredire.
LXV. « Qui est-ce, dit-on de plus, qui peut attester « ce que personne n'a vu? La résurrection n'a eu aucun • témoin. Personne ne s'y est trouvé. Les femmes, « les apôtres n'y sont venus qu'après le temps où l'on « dit que Jésus-Christ était ressuscité ; les gardes même « ne l'ont pas vu; ils ont, dit-on, été effrayés par «« l'apparition d'un ange. Et pourquoi les eflrayer ? «« Jésus-Christ craignait-il leur présence pour sortir du « tombeau? Il eût été bien plus convenable, bien plus « utile pour la foi de l'événement , qu'il se fût passé « devant eux , et c{u'ils fussent en état de confirmer «t par leur récit le témoignage des apôtres. Un fait M aussi essentiel pouvait-il avoir trop de témoins? »
LXVL Je vous ai vu malade, ou j'ai su positivement que vous l'étiez ; je vous vois ensuite en pleine santé , puis^je douter que vous n'ayez été guéri? Est-il nécessaire, pour en être persuadé, que j'aie assisté à votre guérison? Il en est de même ici. Les apôtres étaient
très-certains de la mort de leur maître. St. Jean l'avait même vu expirer ; et probablement il n'était pas le seul. Ils ont vu ensuite leur maître vivant : ils ont eu toute la (ji^rtitude possible qu'il était ressuscité.
Il aurait été, dit-on, convenable que les gardes l'eussent vu ressusciter : il ne peut y avoir trop de léjnoins d'un fait aussi essentiel. Il aurait donc fallu aussi que le sanliédrin , que tous les habitants de Jérusalem y eussent été appelés.
Nous ignorons si, en même temps que les gardes ont vu l'ange écarter la pierre du tombeau , ils ont vu aussi Jésus-Christ en sortir. Le texte sacré ne fait aucune mention de cette circonstance. Il est possible que la terreur où étaient les gardes les ait empêchés de rien voir. Mais^ après leur frayeur, demander si Jésus-Christ a craint de ressusciter en leur présence , est une absurdité. L'objet de cette terreur, imprimée à la soldatesque , est facile à apercevoir : c'est de laisser l'accès du tombeau libre aux saintes femmes et aux apôtres. Aucun disciple n'eût osé en approcher, s'il l'eût vu environné de soldats. Au lieu de trouver extraordinaire la marche de la Providence , on doit , au contraire , en admirer la sagesse ; elle a voulu préparer par degrés les témoins de la résurrection à apprendre ce grand événement dont ils devaient un jour instruire l'univers. C'est dans cette vue qu'elle a fait écarter les gardes , qu'elle a ensuite fait voir aux saintes femmes , et à St. Pierre , et à St. Jean , le tombeau vide , les linges laissés et plies; qu'elle a lait avertir les femmes de sa résurrection par les anges. Ce n'est qu'après toutes ces précautions que Jésus-Christ s'est montré à elles ; qu'après avoir fait savoir sa résurrection aux apôtres par elles , par les disciples d'Emmails , par St. Pierre, qu'il s'est enfin fait voir à eux tous, qu'il leur a parlé, qu'il s'est fait loucher par eux pour leur ôter toute espèce de doute. Par bonté pour eux , Jésus-Christ a voulu prévenir le trouble où les aurait jetés son apparition subite et
entièreinenl inattendue. Par prévoyance pour nous, il a voulu qu'on ne pût jamais penser que sa résurrection avait été crue légèrement et avec précipitation.
LXyiI. Autre objection. « C'était, selon les prédic- % lions de Jésus-Clirist , après trois jours et trois nuits « qu'il devait ressusciter. Au lieu de cela , c'est le « troisième jour qu'il ressuscite , n'étant resté mort ■ qu'une seule nuit. Voilà entre les prophéties et l'ac- « complissement une contradiction manifeste. »
LXVIII. Ces expressions : après trois jours et trois nuits, après trois jours j le troisième jour , étaient synonymes dans le langage ordinaire des Juifs. Nous voyons Jésus-Christ annonçant sa résurrection future, se servir tantôt de l'une, tantôt de Tautre. Ici, il dit que de même que Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre de la baleine , de même le Fils de l'homme sera trois jours et trois nuits dans le sein de la terre (1), Là , il annonce qu'il ressuscitera après trois jours (2). Dans plusieurs autres endroits il prédit qu'il ressuscitera le troisième jour (3). Les Juifs ^ ses ennemis, l'enten-
(r) Voyez ci-dessus, note q, page 270.
(a) Ft cœpit docere eos quoniam oporlet Filinm hominis pati inulîa et reprohari a senioribiis, et a saminis sacerdolibas et scribis, et occidi, et post très dies resurgeie. {^^Jarc. viir, 3x.)
(3) Exinde cœpit Jesas ostendere discipulis qaia oporferet eum ire Jerosolymam, et malta pati a senioribus et scribis, et principibus sacerdotum, et occidi, et tertia die resargere. {Matth. ivi, ai ,)
Filias hominis tradendas est in raanns bominutn : et occident ecirn : et tertia die resorget. {Ibid. xvii, 21 , 22.)
Et iradenl eam gentibas ad illadendam et flagellandurn et cracifigendum : et ter'ia die resurget. {^Ibld. xx, 19)
Docebat autem discipal.js snos : et dicebat iHis : quoniam Filias hominis tradetnr in manas horainnm : et occident eam : et tertia die resarget. {Marc, ix , 3o. )
Et illudent ei , et conspaent eam, et flageliabnnt eum, et int«rCcient eum, et tertia die resarget. ( Ibid. x, 3 + .)
Qaia oportel Eliam hominis malta pati, et leprobari a senioribu»
(iaient dans ce tleniier sens; ear étant allés trouver
Pilate, ils lui dirent que Jésus-Cluist avait dit ; Je ressusciterai api es trois jours, et ils lui demandèrent en conséquence de faire {garder le sépulcre jusqu'au troisième jour {4). Ils croyaient donc que tel était le sens de la prédiction , que la résurrection s'effectuerait le troisième jour; et racconi[)rissemcnt y cadre parfaitement, Jésus-Clirist mort le vendredi, étant ressuscité le dimanche. D'après la demande d€S Juifs, il est clair que les gardes ne devaient rester au tombeau que jusqu'au troisième jour. Supposons , comme en le veut dans cette objection , que Jésus-Christ ne fût ressuscité qu'au bout de tiois jours et de trois nuits , et lorsqu'il n'y aurait plus eu de soldats au sépulcre; ce serait alors qu'on ferait valoir avec bien plus de force et de vraisemblance la fable de l'enlèvement du corps.
LXIX. On argumente aussi du scellé apposé au tombeau. ^( C'était une convention entre les deux « parties, en vertu de laquelle le tombeau ne devait - être ouvert qu'en présence des Juifs. »
LXX. En parlant des deux parties , il faudrait spécifier quelle était celle qui traitait avec les Juifs apposeurs du scellé. Etait-ce Jésus-Christ qui était mort? Les apôtres qui étaient en fuite? L'ange qui en ôtant la pierre a brisé le sceau? Tout cela est absurde. La précaution du scellé était prise contre les soldats chargés de veiller à ce que le tombeau ne fût pas ouvert. Si on veut que c'ait été une convention , c'est
et principibus sacerdotam et scribis , et occidi, et terlia die resargeie. ( Luc. ix, 22.)
Et postqaam flagellaverint, occident euiu : et tertia die resnrget. {Ibid. xviii, 33.)
(4) Altéra autem die qaae est post parasceven , convenerunt principes sacerdotnm et pbarisa-iad Pilatnm,dicentes : Domine, recordat. snmas quia sedoctor ille dixit adiiuc vivens : post très dies resurgami Jubé ergo cnstodiri sepalcram asqne in diern tertiam. [Malt, xxvn , 62,63,64.)
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avec pux qu'elle a été faite. Ils devaient, à la fin de leur consigne , remettre le tombeau dans l'état où on le leur confiait, c'est-à-dire muni du sceau. Eux seuls étaient responsables envers leurs commettants , de l'intégrité de ce scellé, et ils devaient être punis sévèrement, non-seulement dans le cas où ils l'auraient brisé enx-mèmes , mais encore dans celui où ils l'auraient laissé briser par d'autres. Quel châtiment leur a-t-on infligé?
LXXI. On combat aussi la narration de St. Matthieu sur l'argent donné aux gardes pour les engager à publier Tenlèvement du corps de Jésus-Christ. « Il n'est « pas })robable que les princes des prêtres et tout le « Sanhédrin , s'ils ont été convaincus du miracle de la « résurrection, n'en aient pas été touchés; qu'ils aient « été assez dépravés pour résister à une vérité qui « leur aurait été aussi cliiremcnt prouvée.
« En supposant tout le grand conseil assez méchant « pour agir ainsi contre sa conscience , il n'est pas •« croyable qu'il fut assez sot pour engager, à prix «I d'argent, la garde à un silence qu'on devait être u sûr qu'elle n'observerait pas.
« On ne peut pas iniaginer non plus que les soldats M si effrayés, dit-on, de l'apparition d'un ange, aient « consenti à accepter de l'argent pour débiter un men- M songe. S'ils avaient effectivement vu un ange avec «« un aspect terrible , ils auraient dû le craindre bien M plus que le sanhédrin , et espérer de leur fidélité * une récompense au-dessus de l'argent qu'on leur •< offrait.
« Voilà donc ce qui sera probablement arrivé. Les « disciples seront venus dans la nuit, et auront effrayé M les gardes; et ceux-ci, pour justifier leur lâcheté, « auront eu recours à un moyen surnaturel. »
LXXlf. Les princes des prêtres et le sardiédiin , en avouant l\ i-.''>u)'rectio:i de Jésus -Christ, s'accusaient eux-mêmes d'une énorme injustice. Ils se prononçaient coupables , dans l'ordre civil , de la mort du Messie ;
Dissert, sur la Relig. 14
dans r^ordie (Je la religion, de déicide. Il n'est que trop commun de voir des honuiies placés entre un intérêt temporel et celui du salut , préférer le premier au second , et , surtout quand il y aurait de grands sacrifices à faire, soit de réputation, soit de fortune, faire plutôt celui de leur conscience. Une multitude d'autres exemples rend malheureusement celui-là trèsprobable»
Le sanhédrin a dû naturellement croire que les «oldats qui acceptaient son argent lui garderaient le secret. Il les connaissait, puisqu'il les avait choisis, et de plus il leur avait donné un si grand intérêt , qu'il avait droit de compter sur eux. D'un côté , une récompe.'ise , de l'autre, de grands châtiments ; voilà les motifs qui déterminent les hommes au mal comme au bien : et le sanhédrin les avait réunis pour s'assurer des soldats.
Ce que je viens de dire du conseil , est aussi vrai des gardes. Ces hommes se trouvaient placés entre l'argent qu'on leur offrait pour trahir leur conscience, et le supplice qu'ils risquaient en lui obéissaiil. Combien peu d'hommes résistent à cette double tentation! combien y en a-t-il qu'une situation pareille, et souvent même moins critique , rend prévaricateurs ! Leff soldats ont plus redouté le sanhédrin que l'ange. L'ange était éloigné : le sanhédrin était devant eux. La punition de la part de l'ange était incertaine; et dans le fait, il ne leur avait fait aucun mal : le supplice du sanhédrin était assuré. L'argent qu'ils tenaient était à leurs yeux préférable aux récompenses incertaines qu'ils pouvaient recevoir de l'autre côté.
Toutes ces fausses probabilités, qu'on accumule dans l'objection, conduisent à une conséquence absurde. Il est aussi déraisonnable de supposer que les apôtres aient ravi le corps de leur Maître , de force et malgré les gardes , que de prétendre qu'ils l'ont dérobé subitement pendant leur sommeil. C'est une idée ridicule, de quelque côté qu'on l'envisage. Du côté des apôtres :
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leur timidité naturelle, le supplice que leur eût inévitablement attiré un crime aussi grave, un crime dont la preuve eût été si facile, un crime dont les juges eussent été leurs ennemis , ne permettent pas de croire qu'ils eussent eu cette extravagante ludace. Du côté du sanhédrin : s'il avait eu un si grave attentat à reprocher aux apôtres, ne les aucait-il pas sévèrement punis? Aurait-ce été le pouvoir, ou l'intérêt, ou le désir qui lui aurait manqué? Du côté des gardes : si on avait employé contre eux une force majeure, quelle raison auraient-ils eue de débiter la fable de l'enlèvement furtif? lisse rendaient bien plus coupables, en avouant qu'ils avaient dormi contre leur consigne , qu'en déclarant qu'une troupe à laquelle ils n'étaient pas en état de résister les avait forcés de se retirer. Enfin , du côté de ceux mêmes qui proposent l'objection : leur nouvelle invention, comme nous l'avons observé, est aujourd'hui trop tardive : si elle eût été réelle, elle eût été connue dans le temps.
Voici enfin l'objection que les ennemis du christianisme proposent avec le plus de confiance, qu'ils répètent continuellement d'après les incrédules anciens (1), et par laquelle ils prétendent faire tomber toutes les preuves que nous avons données de la résurrection.
LXXIIÏ. « Quel était le but des apparitions de Jésus- « Christ dont on nous parle ? c'était de prouver évir- •« demment sa résurrection. Il fallait donc que ces «< apparitions eussent le caractère nécessaire pour for* • mer une preuve. Ce caractère ne pouvait être autre « que la publicité. En se montrant publiquement a « toute la Judée, au peuple, aux chefs de la syna-
(i) Po.-^lea Celsas qaae scripta sont reprehendens , difficnliatem objicit minime contemriendam Si stiam, inqiiit, d i vin am pote n dam rêvera innotescere voluit ^ apportait iitiqne ut se suis adversariis , suo j'udici , omnibus omnino ostenderet. (Oiigenes contra Celsum, I. xi cap. 63,) Nota. Dans les chapitres soivans, Origènes répond amplement à cette difl( ulté.
« gogue, à tous ceux qui l'avaient vu mourir, Jésus- * Clirist aurait rempli son objet. En ne se montrant « qu à un petit nombre d'amis, il le manque absolu- H ment. Une résurrection publique aurait imposé . silence à tous les contradicteurs , aurait forcé tout « l'univers à croire : une résurrection secrète laisse „ un libre champ aux oppositions. Il répugne à la « sagesse divine de ne pas prendre les moyens qui ,< peuvent atteindre son but. L'objet était de faire « croire en Jésus-Christ ceux qui ne croyaient pas en .. lui. C'était donc à eux principalement qu'il fallait . se montrer, et non pas seulement à ceux qui y « croyaient déjà. Il n'en aurait pas plus coûté de se « produire à la nation entière qu'à quelques individus « choisis. Le peuple juif a eu raison de rester dans son « incrédulité , puisqu'on n'a pas fait ce qui aurait . été nécessaire et si facile pour l'en tirer. Tous les « motifs engageaient Jésus-Christ à ressusciter publi- « quement. "Quelle raison peut-on donner de ce qu'il .< est ressuscité secrètement? »
LXXIY. Cette objection rappelle les impiétés que vomissaient les Juifs aux pieds de la croix où ils avaient attaché Jésus- Christ. Qu'il descende tout à l'heure de sa croix et nous croyons en lui (1). Elle ressemble aussi au blasphème d'un athée de nos jours, qui , pour prouver son affreux système , défiait Dieu , s'il existe, disait-il, de le foudroyer à l'instant. C'est dans tous le même sentiment, le même raisonnement. Ils ont tous l'audacieuse présomption de prescrire impérieusement à Dieu les preuves qu'il doit donner de ses saintes vérités. A telle condition, et non autrement, ils voudront bien le croire.
Voici quelle est la substance du raisonnement qu'on
(I^ Siiui'i'er et principes sacerdotnm illudentes cnm scribis et se- ■iovibos dicebant : Alios î-alvos fecit : se ipsum uou poiest salvnm facere. Si lex Israël est, descendat nnnc de cruce : et crtdjinus eJ. (Hatih. xxvxi, 41, 42.)
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nous oppose. Jésus-Christ , après sa mort, ne s'est pas montré en public; donc il n'est pas ressuscité. Il n'a pas été vu par les Juifs ; donc il ne Fa pas été par ses disciples. Cet ar>q;ument est-il bien convaincant? Tel fait n'est pas prouvé par tels témoins; donc il n'est pas prouvé. Quand ils voient une vérité démontrée, nos adversaires s'avisent-ils de la révoquer en doute , parce qu'il lui manque un genre ou un degré de preuve qu'ils imaginent? Qu'importe que la résurrection soit prouvée de telle manière, pourvu qu'elle le soit démonstrativement? Il était, dit-on, facile à Jésus-Christ de donner à sa résurrection une plus grande publicité ; j'en conviens. La résurrection rendue plus publique serait plus abondamment prouvée; je le veux bien encore; mais elle ne serait pas }»our cela plus certaine, puisque les preuves qui existent en donnent une certitude complète, et excluent absolument tout doute. De ce que Jésus-Christ a pu aisément rendre témoins de sa résurrection tous les Juifs, s'ensuit- il qu'il l'ait dû? Pour soutenir cette étrange conséquence, il faudrait avancer le principe , que Dieu est tenu de donner à ses miracles les preuves les plus palpables qui puissent exister; de ce qu'il en a la puissance, il faudrait conclure qu'il en a l'obligation. Et qui osera avancer un tel paradoxe? Dieu aurait sans doute la puissance , il aurait la facilité de nous donner la persuasion de sa rehgion sans aucun moyen extérieur, sans aucun raisonnement, et par une simple inspiration. Prétendra-t-on , pour cela, qu'il y est tenu? Maître de se servir des motifs de crédibihté, il l'est également de leur donner le degré de force qu'il lui plaît; il est certainement dans la puissance divine, et même sans qu'il lui en coûte aucun effort, d'augmenter à l'infini les preuves des vérités qu'il daigne nous enseigner. On pourra donc toujours se refuser à celles qu'il doimera , en disant qu'il aurait pu aisément en donner de plus fortes encore. (]e qui doit nous suffue , c'est que les motifs sur lesquels est fondée notre foi soient tels, que tout esprit raisonnable soit te-
nu d*y donner son assentiment. De tous les faits que l'universalité des lioniines , et les incrédules comme les autres, rej^ardent comme certains, il n'en est aucun qui soit plus complètement démontre que la résurrection. Que leur faut- il de plus pour en reconnaître la certitude?
Et comment les déistes pourront-ils répondre aux athées qui retourneront contre eux , au sujet de l'existence de Dieu , l'argument qu'ils proposent contre sa résunection? L'existence de Dieu pourrait avoir des preuves plus fortes. Dieu, s'il existe, pourrait, par exemple, se faire voir^ se faire entendre à chacun de nous. L'existence de Dieu n'est donc pas suffisanunent prouvée.
La sagesse divine prend nécessairement les moyens propres à atteindre son but. C'est un principe incontestable; mais est-elle obligée de prendre la totalité des moyens propres à remplir cet objet? est-elle obligée d'employer plus de moyens qu'il ne faut pour produire cet effet? Voilà ce qu'il serait nécessaire de prouver, et ce qu'on ne prouvera jamais. Pourvu qu'elle mette en usage des moyens suffisants, on n'est pas en droit de lui demander davantage. On ne dira pas qu'un homme manque de sagesse , parce qu'il n'emploie pas dix degrés de force à ce qui n'en exige que cinq. La question est donc de savoir, non pas si la résurrection pouvait avoir de plus nond)reux , de plus puissants motifs de crédibilité, mais si elle en a de suffisants pour soumettre notre croyance.
En rendant sa résurrection aussi publique qu'elle pouvait être, Jésus-Christ aurait rempli son objet; cela est encore évident. Mais on veut qu'en ne la rendant pas aussi publique il l'ait manqué , et cela est faux. Si les témoins de la résurrection réunissent, soit par leur nombre, soit par leur qualité, soit par les circonstances de leurs relations , tout ce qui est nécessaire pour imprimer à leur témoignage la certitude, on doit les croire, quoiqu'ils eussent pu être plus nombreux.
La résurrection, dit-on, a été secrète. Yoilà une sin-
gulière expression. Est-ce un fait secret que celui qui a été vu de plus de cinq cents personnes? La résurrection a eu le degré de publicité que donnent à un événement cinq cents témoins oculaires. La difficulté des incrédules se réduit à demander pourquoi elle n'en a pas eu une plus grande.
L'objet de la résurrection était de faire croire en Jésus-Christ ceux qui n'y croyaient pas. C'était donc, conclut-on de là , à eux principalement qu'il fallait se montrer. Si cette conséquence est juste, il faut l'admettre dans sa totalité : il faut prétendre que Jésus-Christ aurait dû, après sa résurrection, se faire voir à tous ceux qui ne croyaient pas en lui. Il aurait fallu , d'après ce raisonnement, qu'il se montrât, non-seulement aux Juifs qui étaient à Jérusalem , mais à tous ceux qui étaient répandus par tout le monde : il aurait fallu qu'il allât aussi se présenter à tous les paiens , qui ne croyaient pas plus en lui que les Juifs. La résurrection aurait eu alors une publicité plus grande encore que celle qu'exigent nos adversaires. Est-on pour cela en droit de l'exiger? Non sans doute. Pour amener à la foi, par le miracle de la résurrection, ceux qui ne croyaient pas en lui. il suffisait que Jésus-Christ donnât à ce miracle la certitude qui résulte de témoins qui n'ont pu ni être trompés, ni voulu tromper; et c'est ce qu'il a fait.
Mais ces témoins, dit-on , étaient les disciples, les amis de Jésus— Christ ; il n'était pas nécessaire qu'il se montrât à ceux-là. Je pourrais observer que la foi des disciples avait été fort affaiblie , qu'elle était même peut-être éteinte dans plusieurs par la mort ignominieuse de leur maître; qu'il n'était donc nullement inutile qu'il la ranimât par la vue de sa résurrection ; mais ce n'est seulement pas pour eux que Jésus-Christ leur est apparu; c'est pour tout l'univers, c'est pour toutes l«'S générations. Il n'a pas voulu seulement des fidèles qui crussent sa résurrection ; il a voulu des témoins qui l'attestassent et qui la fissent croire au monde. Et qui pouvait-il choisir qui mît à ce ministère plus de zèle que ceux qui pen-
dant trois ans lui avaient été constamment attacliés? On ne considère dans l'objection que des disciples à persua- . der : il faut voir en eux des apùlres chargés de convaincre les autres. IVous le répéterons donc toujours, parce que c'est là le point de la question , le point unique, le point auquel il faut sans cesse revenir : les disciples outils été des témoins du fait qu'ils annonçaient, suffisants pour le rendre certain? S'ils l'étaient , comme nous l'avons abondamment démontré , il n'est pas vrai que les Juifs dussent rester dans l'incrédulité^ puisque Jésus- Christ se montrant à ses disciples , avait fait tout ce qu'il fallait pour les en retirer.
On avance une autre proposition : c'est que la résurrection de Jésus-Christ rendue aussi publique que sa mort , aurait imposé silence aux contradicteurs. Demandons aux incrédules qui proposent cette assertion, de quels contradicteurs ils parlent. Est-ce de ceux d'alors? est-ce de ceux d'à présent? est-ce des chefs de la synagogue? est-ce d'e ix-mémes?
D'abord, comment peut-on prétendre que les chefs de la nation juive se seraient rendus au miracle de la résurrection s'ils en avaient été témoins, quand on les voit résister constamment à tous les autres miracles que pendant trois années consécutives Jésus-Christ n'avait cessé d'opérer? Tous ces miracles avaient eu la publicité que demandent les incrédules. Le divin Sauveur les avait faits au conspect de tous les Juifs , à la vue même de ses ennemis les plus acharnés. Les possédés délivrés, les malades guéris , les uiorts ressuscites par lui, étaient au milieu d'eux; et cependant ils s'obstinaient encore à ne pas croire en lui. Ils ne niaient pas, comme nous l'avons vu , la réalité de ces prodiges (1) ; ils en contestaient la conséquence. Forcés par l'évidence, ils avouaient qu'il les avait opérés ; mais contre l'évidence , ils soutenaient que c'était par un pouvoir diabolique qu'il les avait opé-
(i) Voyez chapitre premier, n° xxx ei suiv. pag. a43.
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rés. Peu de jours avant sa propre résurrection , Jésus- Christ avait ressuscité très publiquement Lazare. Ce qu'avaient conclu les princes des prêtres de ce prodige, et de l'impression qu'il faisait sur le peuple, c'est qu'il fallait assassiner Lazare (J). Si les prodiges les plus solennels ne convainquaient pas les chefs de la synagogue, la publicité de sa résurrection ne les aurait pas persuadés davantage. Ce n'aurait été qu'un miracle de plus ajouté à une multitude d'autres. On a beau augmenter la lumière autour d'un homme qui ferme volontairement les yeux, on ne le fait pas voir plus clairement.
Seraient-ce eux-mêmes, que les incrédules modernes disent qui auraient été forcés de se soumettre à la religion, si la résurrection de son auteur avait été aussi publique que sa mort? Il est difficile de croire que cette assertion soit sérieuse de leur part , quand on les voit nier les autres miracles de Jésus-Christ, qui, de son temps, avaient une notoriété et une publicité telles que ses ennemis étaient forcés de les avouer. Il en serait du prodige de la résurrection comme de tous les autres. Il suffit de considérer les raisons par lesquelles ils combattent les miracles, pour voir qu'ils les appliqueraient de même à celui-ci. Les uns disent que tout miracle est iin-
(i) Cogitaverunt antem principes sacerdotnm ut et Lazaiura interficerent : quia miiLi proptei iilum abibant ex jndaeis, et credebant in Jesum. (^Joann.xn^ lo , ii.)
Pfudenter attendite : si quidem malli qnxiunt et dicant , qaam ob cansam cnin rcsnrrexi-set , non statim judacis apr;aruit. Veiuin snpervacaneus et vanus est iste sermo. Si enim ad lidem illos pellectnrus fuiiset, post lesanectionem om.ibus apparere non recubasset. Caeteiuin nequam eos se pelleclorarn fuisse, si post i esarrectlunctn illib appainisset, per Lazaram indicavit. Catn eniiii bunc quatiiduanum mortouin îœtentera et coriuptum suscitas«et , et feci^set ut ligatns inslitis in conspectuin omnium prodiret, non sulura illus ad fidem non attraxit, sed eiiam irritavit. Yenienles enim, ip.sura etiam interficere bac de causa vuluerunt. Si eigo, cnm alteium e raoriuis excitasset non taraen crediderunt , si se ipsum osten^iaset a semetipso sascitatura, nonne in ipsuin fnrore exarsissent? {S.Joan.Chrjs.^ homil. citr in Pentecost. eic.n'* 6.)
possible. Ce ne seraient pas ceux-là qui croiraient au miracle de la résurrection, s'il était plus public. Les autres disent qu'un fait miraculeux ne peut être cru tout au plus que par ceux qui le voieut , et qu'aucun témoignage ne peut en donner la certitude. Quelque publique qu'eût été la résurrection, ils n'auraient aujourd'hui, pour y ajouter foi , que des relations de témoins. Qu'ils s'accordent donc avec eux-mêmes ; qu'ils cessent ou de soutenir soit l'impossibilité des miracles^ soit la possibilité de les prouver par des témoignages , ou de prétendre qu'ils croiraient le miracle de la résurrection s'il était certifié par un plus grand nombre de témoignages.
On demande les raisons pour lesquelles Jésus Christ n'a pas donné à sa résurrection une plus grande publicité. Nous n'en aurions qu'une à donner, et celle-là doit satisfaire tout esprit raisonnable. Il ne l'a pas voulu. Dieu ne peut-il pas avoir dans sa sagesse des raisons que nous ignorions ? Aurions-nous l'audacieuse prétention de lui faire rendre compte de ses motifs? Nous n'avons pas droit de nier un fait parce que nous ignorons la raison de son existence : nous l'avons encore bien moins quand le fait est l'œuvre immédiate de celui dont les pensées sont incompréhensibles et les voies impénétrables.
Et à qui donc prétend-on que Jésus-Christ était obligé de se manifester avec évidence? A ce lâche gouverneur qui l'avait condamné contre sa conscience; à ce léger et crapuleux Hérode qui l'avait indignement raillé; à ces prêtres, à ces docteurs, à ces pharisiens, qui n'avaient cessé de le poursuivre de leurs calomnies et de leurs intrigues , jusqu'à ce qu'ils l'eussent conduit sur le Calvaire ; à ces Juifs furieux qui, comblés de ses bienfaits, avaient demandé sa mort à grands cris et souhaité que son sang retombât sur eux et sur leurs enfants. Par où tous ces hommes si criminels avaient-ils mérité le bienfait de son apparition (1)? Il est dérai-
(i) Deniqiie iesurrect:Oiiein saam. . uoluit aiienis denionstiare, .sed
sonnable de prétendre que Dieu doive répandre ses grâces plus abondamment, à mesure qu'on s'en rend plu^ indigne , et multiplier les preuves de sa foi à proportion qu'on y résiste davantage.
En nous demandant la raison qui a pu engager Jésus- Christ à ne pas rendre sa résurrection aussi publique qu'elle eut pu l'être, les incrédules nous en indiquent eux-mêmes une très- vraisemblable. Il aurait , disentils, forcé la croyance universelle; et c'est précisément ce qu'il ne voulait pas. Son intention était que sa résurrection fût crue , mais qu'elle le fût volontairement. Il a voidu que nous fussions obligés de le croire; il n'a pas voulu que nous y fussions contraints. Il nous a fait de cet article de foi un devoir ; et pour que nous le remplissions , il l'a fondé sur des preuves non-seulement suffisantes, mais surabondantes. Il ne nous en a pas fait une nécessité ; et en conséquence il ne l'a pas muni de preuves tellement subjuguantes, que nous fussions forcés d'y céder. Il est dans ses vues sages et bienfaisantes que notre foi soit à la fois motivée et méritoire. Sans molifs , nous ne croirions point ; sur des motifs qui forceraient notre assentiment nous ne croirions pas librement. Il connaît dans sa science infinie le degré de lumière nécessaire pour nous imposer l'obligation de croire, le degré convenable pour qu'il reste à la foi un mérite. Les preuves qu'il donne à ses vérités religieuses, il les proportionne d'une part à notre intel-
suis : alienis dico , non nalurae, sed vitio quod semper est contra naturam.... Quod carnem suam ressuscitavit , et discipulorum consptctibns et contaclibus reddidit , ipsisqoe videntiLus a^cendit i.". cœluni , ipsos aedificavit, et qiiid expectare, quid praedicare debeient , evi dentis^ima veritate deiuonstravit. Illos autem a qaibas taiita mala usqnc ad inortem pcrtalerat, quasi de illo superato et extincto gloiian es , in ea opinione dereliquit : ut qnisquis eotum sainte ateina salvn& fieri vellet , boc de illius moitui resorreciione crederet, quod ii qui vidernnt signis contesiantibns praedicavernnt ; et pro ea praedicaion* simili» perpeti non dubitaverunt. (5. Augustin, liber ad Uonoratum , seu epist. cxl. cap. 9, n° 7.S.)
ligence , de l'autre au mérite qu'il veut que nous acquérions. Et c'est encore dans lui une infinie miséricorde , de nous faire de la foi une vertu qu'il récompense en la rendant si facile par les démonstrations dont il l'environne.