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Odiis vestris benevolentiam reddimas : et pro loimenî:s ac snppltciis quae nobis iiiferuntur, salutis itinera monstramas. (5. Cyprian. ad Demetriati. )
ineiit élevée (1), jusqu'à ce qu'enfin elle se soit assise sur ce trône qui voulait l'écraser (2). Je le demande à tout lioniuie doué de raison : est-ce là un moyen naturel de propager une doctrine? N'est-ce pas, au contraire, le moyeu le plus puissant pour empêcher une doctrine
(i) Audiant gentes, anJiant jadxi, benefacta nostra andiant , inagnam ecclesise praeeminentiam. A qnam maltis oppagnata est ecclesia, nec taiiien victa! Quot tyranni, quod dnces, qnot imperatores , Angustiis, Tiberius, Gains, Clautlius, Nero , homines litteris ornati, potentes. Tôt raodis oppugnarent recentein ac teneram : at non radicitus sostulerunt.., . Oppngnati sont audecim discipnli : to* tas orbis oppngnabat. Veruin qui oppagnabantor vicerunt : qui oppugnabant sablati sunt. Oves devicere lapos. (S. Joan/i. Chrysost.^ in illnd vidi Domitium , Hom. iv, n" 3.)
Fnndendo sanguinem et patiendo, magis qnam faciendo contameiias, fundata est ecclesia. Persecntionibus crevit : martyiiis conorata est. (5. Hieron.^ epist. xxxix, ad Theophil.)
Ubi sunt qui dicebant : peieat nomen christianorum de terra. Cerfe aut moriuntur, aut convertaniur..,. Cura dicunt ista, partira crediderunt , partira perierunt , partim timidi remanserunt. Qnanta ira iniraicorara stcviebat, quando sanguis martyrnm fnndebatur.... Ecce illi qni martyres perseqnebantar , meraorias martyram inquirunt, (5. Augustin. Enarr. in psalm. cxxxvii, a° 14.)
Ligabaniur, inclndebantur, caedebantnr, torqaebantnr, nrebaniar, laniabantur, trucidabantar, et mii'tiplicabantur. [Idem ^ de Civic. Dei^ lîb. I, cap. XIV, n° 5.)
Nec ullo crudelitatisgeTiere destrai potest sacramento crucis Chrisli fnndàta religio. Non minuitar persecntionibns ecclesia : sed augetur ; et .seraper dominions ager segeti ditiori vestitur, dura grana qnae singula cadunt raultiplicala nascuntur. Unde qno ista praeclara divini seminis germina in quanfani sobolem germinaiint , beatorum niillia martyrûm proseqauntnr; qui apostolicorum aemuli frinicpboruin nrbem nostram purpuratis, et longe lateqae rutilantibns populis ambierunt, et quasi maltarura honore gemmaram conserto une diademate coronarunt. [S. Léo, serm. lxx^x, m nat. SS. a-:ostoîoruin Pétri et Pauli, cap. 6.)
(2) Quis in initio nascentih ecclesiae crederet, dam contra eam ille indomilus principatus ferrae, tôt minis et cruciatibns saeviret, qu>a rhinocéros ille Deo sementem redderet; id est acceptam prsedicationis verbum operibas repensaret... Ecce enim modo pro ecclesia leges promnlgat, qui dudujn contra eam per varia tormenta saeviebat. ( S. Gregor. ?lagn., Moral. ^ lib. xxxi, cap. 7, n° 9. )
qui serait purement humaine^ de se répandre (1)? Que l'on nous cite une autre doctrine qui se soit agrandie de même par les efforts qu'on faisait pour la réprimer (2). La nature de la chose , l'expérience , tout démontre que le christianisme n'aurait pas pu se fonder, s'affermir, s'étendre dans les violentes persécutions qu'on lui a fait éprouver, s'il n'avait eu d'autre appui que les causes naturelles. La force humaine employée contre lui , étant la plus puissante qui existe, aucune autre force humaine n'aurait pu le défendre et le conserver.
ARTICLE VI
Résultai et confirmation des articles précédents.
LYIL Telle est donc, ainsi que nous venons de le. voir, la religion, dont nous soutenons la vérité , et dont nous disons que l'établissement même prouve la divinité. C'est une religion regardée comme nouvelle , qui fait disparai tre tout ce que faisait révérer une antiquité immémoriale. C'est une religion , ennemie de toutes les autres , qui les attaque sans ménagement et les abat
(i) Sed et chrislianos qaod bpf^ctat, senatuni roniannni, impeialores diverbis temponbus , milites, popalos; ij.sos eorum qui crede- Lant parentes, in eorum doctrinam conspirasse, ut tut nndique ho^linm insidiis tii canivaliata , haud dubie oppressa fQis>et , nisi diviffa virtatc snsfentaia, non modo evasisset alque tMuersisset , sed etiam orbera anivoisuin vicisset in se conjnratam. [On'gen. contra Celsuin, iib. I, n" 3.)
(2) Et graecam qaidem philosophiam , si qaivis magistratus prohibuerit, ea statini per.t. Nostram autem doctrinam a prima usqne praedicatione prohibent simul , reges et tyranni, et siiiguli duces, et magistratus cum aniversis sateUitibus, et innamerabilibns etiam hominibus in nos belb'gerantes , nosqae pro vinbus ex(indere conantes. 111a antem mngis eti;im fluret. IS'on pnim emoritur ut doctiina bumana , ncqne flacessit ut dunum imbecillnm (nullura enim Dei donuiii est irabecillom.) Manet aniem hojasmudi , nt probiberi neqnest; cnm praedictam sit tore ut ea perpetno patialur perseccsionen:. (5. Clem. yilex.^ Strom.^ !ib. vi, cap. i8. )
sans retour. C'est une religion qui fait croire des dogme» qui paraissent à la raison une folie , et qui , rompant des attachements invétérés et généralement regardés comme légitimes, fait chérir et pratiquer ce qui répugne le plus à la nature. C'est une religion qui humilie , sous la foi des mystères incompréhensibles , l'orgueil philosophique jaloux de tout soumettre à ses lumières. C'est une religion qui renverse tous les autels cimentés par l'éducation, par l'habitude, par la politique, abat toutes les idoles, et sur leurs débris dispersés élève un gibet, et fait adorer celui qui y est suspendu. C'est une rehgion qui , dissipant toutes les fictions , abohssant toutes les fêtes dont l'imagination publique était enchantée 5 y fait substituer des dogmes austères et un culte spirituel. C'est une religion qui fait adopter la morale la plus sévère qu'aucun siècle eût connue , au siècle le plus corrompu qui fut jamais, et qui, à des peuples dont le bonheur consistait dans l'usage immodéré des passions , fait abjurer toutes les passions. C'est une religion qui, avant de convertir le monde entier, commence par transformer ceux mêmes qui l'annoncent ; qui , d'hommes timides jusqu'à la lâcheté fait des héros de la plus extraordinaire intrépidité, et de pécheurs ignorants et grossiers , des orateurs dont les discours ont le succès le plus rapide et le plus universel qu'on ait vu. C'est une religion qui inspire à ceux qui la prêchent le mépris de la vie et l'ardeur de répandre leur sang, comme en effet ils finissent par le répandre , pour la soutenir et la défendre ; qui fait passer le même enthousiasme à tous ceux qui la reçoivent , et le transmet de génération en génération à tous ses prosélytes pendant plusieurs siècles. C'est une religion que les persécutions les plus violentes , les plus soutenues , presque non interrompues pendant une suite de deux cent cinquante ans, non -seulement n'abattent pas, non-seulement ii'arrêtent pas dans son progrès , mais semblent au contraire propager; qui, à mesure qu'on inimoie de ses disciples, en acquiert sans cesse de nouveaux en plus
grand nombre; et qui , à force d'être contrariée, vexée, tourmentée , finit par devenir la religion du genre humain.
Il faut nécessairement dire de trois choses l'une: ou que la propagation de cette religion s'est opérée sans cause suffisante, et uniquement par le hasard, ou qu'elle a été produite par une cause naturelle , ou enfin qu'elle est due à la puissance surnaturelle de Dieu.
LYlIl. Dire que l'établissement de la religion n'a point eu de cause serait une absurdité grossière. Il n'existe point dans la nature d'effet sans cause. Le hasard n'est rien; c'est un mot inventé par notre amourpropre, pour voiler notre ignorance sur l'origine des choses (1). Que ceux qui voudraient soutenir ce ridicule système, nous expliquent comment le hasard aurait pu produire un effet aussi prodigieux , aussi universel, et engager la totalité des hommes au sacrifice de leurs opinions, de leurs lumières, de leurs goiits, de leurs affections , de leurs plaisirs , de leurs intérêts , de leur honneur , de leur religion, de leur vie.
LIX. Si on aime mieux soutenir que c'est une cause naturelle qui a produit la diffusion du christianisme , il. faut la nommer. Cette cause n'aurait pu employer que des moyens de deux sortes, ou de persuasion, ou de violence. Nous venons d'examiner les moyens de l'un et de Tautre genre, et de voir que non-seulement ils n'ont pas concouru à l'établissement de notre religion , mais qu'au contraire tous, sans exception, ont été des
(r) Fortuna er^'o per se r-ihil est, nec sic habendum est, tanquaru sit in aliqno sensu. Si quidam fortuna est accidentiuni reruni fort ni tus atqae inopinatas evenlus. Yerum philosophi nequando nun errent in re sulfa voiunt esse sapienfes , qui forlunae sexiira mutant, earaque non deam , sicut vulgus. srd deuin esse dicunt Eanidem tamen interdara naluram, inferdum forlonam vocant. Quod mnlta , inquit Cicero, effici ut mopinata nohis ^ propter obscuntatein ignorantiamque causaruin. Cuni igilur causas ijjnorent propler qaas Oat aliquid , er ip>nm qni facial ignorent neces-e fS). (/Mctniit., D.vin. îiistit., Ib. ni, cap. 29. )