S DISSERTATIONS
obstacles que la religion a été obligée de surmonter pour s'établir.
LX. Il reste donc , et c'est la conséquence nécessaire de tout ce que nous avons démontré, que le christianisme ait été propagé par une force divine, qui ait dissipé toutes les difficultés qui s'y opposaient (1).
Cette conséquence est encore confirmée par diverses considérations importantes.
(i) Neque enim gentes quae erant aliénée a testiinonio Dei et convcTsatione Israël crcdeie poierant evangelio , nisi per graiiam quae apostolis fueiat data , per quain praedicantibus apostolis in fidem obedire dciliM, et in oninem lerram de nomine Chiisti sonus gratia? eo ram comnieraoratnr exisse. {Orig. in epist. ad Rom. ^ lib. i, ii° 7.)
Sed nescio an hoino ansus per nniversum orbem suam religionem , doctiinamrjue saam disseminare, posset sine Deo facere oiunia pro arbitrio , snperareqae eos onines qui suae doctrinae promulgationi adversarentur, reges , iinperatores , senatani romatiam , omnes omnîura gentiuin principes, popalom. Quomodo aatem et ho;niiiis natnra nihil habens in seipsa praestantius posset tantae muliitudinis animos immatare, nec tantiim sapienlium , quod. miruin esset, sed eoram etiam qui nalla ratione ducuntar, qui vitiis dediti sunt , qaique eo difficilins ad continentiam adducuntur, qoominus rationi snnt obseqaentes. Quoniam vero Christus erat, et Dei virlus et Patris sapientia , haec omnia fecit , et etiam nunc facit. [Idem, contra Celsum , hb. ir,n°79.)
Atque in principio qQideni ex uno lunlti nati snnt, cam lege natiirae cresceret muhiludo : et ideo res tardius processit. lempore aa tem apostoloiam, non lege naiurae , sed gratia crescebat multitudo : et ideo uria slatim, deinde tria rnillia , deinde quinque miUia, dendie innnmerabiles , deinde nniversos orbis terrae, per pnlchraiu banc regenerationem edidit, ancîi sont et innliiplicati snnt, et qnam acceperant benedictionem Tactis ipsis ostenderunt. (5. Joann. Chrjs.^ Expos, in p salin, cxlvii, n** 4.)
Divina quinpe virtus erat, qaae baec omnia operabarnr apnd universos. Eieniui si non ita se res habuisset , quomodo publicanns, piscator, et illiteratus, ha?c potui.ssent philosojihari ? Quœ enim ne per somr.iom quidem caeteri imaginari potueraut ; bœc cum autoritale magna bi annnntiant et suadent, idque non solum in vivis agentes, sed eiiam defancli; non duobus vel vigenfi bominibus, non tenlenis vel m. lien s, \el decies milienis; sed urbibus , gcnlibus,popobs, lerrae m;iriqae , Grasv^iae^ baibsrcram regionibiis, orbi et desertis : idque rnm de scripsis ageretur naïuiani nttti.-im admodcm exsuperanîibus. {Idem., in Matth.^ proœmiam, Hom I, n° 4. )
LXI. J'ai dit qu'aucune cause naturelle n'a influé sur rétablissement de notre religion; mais je puis aller plus loin, et prétendre qu'il n'y a pas de causes naturelles qui puissent établir aussi universellement une religion quelconque, qui ne serait pas véritable. Que les athées , les déistes , tous les ennemis de la foi cherchent dans les ressources de la plus habile politique les moyens correspondants à une telle entreprise; qu'ils trouvent dans la nature des choses , des causes qui agissent à la fois dans les régions les plus éloignées , et les plus diverses de coutumes et de mœurs , comme de climats; dont le temps n'affaiblisse point l'influence ; qui aient un égal empire sur tous les âges , sur tous les sexes , sur toutes les conditions , sur tous les esprits , sur tous les caractères ; et qui , à une universalité aussi étendue , joignent une force assez puissante pour déterminer à tous les sacrifices qu'exige le passage d'une religion à une autre. Qu'ils appliquent ces moyens à la religion qu'ils auront inventée. Tous ceux qu'ils auront pu imaginer se réduiront, comme je le disais il n'y a qu'un moment , à la force ou à la persuasion. Les moyens de force pécheront toujours en deux points : ils ne pourront avoir ni l'universalité , ni la continuité nécessaire. Ce qu'ordonnera le souverain d'un pays , celui d'une autre nation le défendra. En admettant qu'ils se soient accordés sur le fond de la doctrine , ils ne tarderont pas à varier dans les détails ; et bientôt la religion ne sera pas la même dans les diverses régions. Peut-on se flatter aussi que pendant plusieurs siècles toutes les autorités qui se succéderont , auront les mêmes principes , mettront le même zèle à maintenir , à propager une religion qu'elles sauront être fausse? Pour soutenir cette hypothèse, que la force publique peut faire recevoir une doctrine religieuse, comme a été reçue la foi chrétienne, il faut supposer, ce qu'il est raisonnable d'imaginer, un concert unanime, d'abord de tous les souverains, ensuite de tous leurs successeurs, après cela continué pendant deux cent
cinquante ans , enfin soutenu constamment sur tous les mêmes points. Les moyens de persuasion pèchent par leur faiblesse. Quelque génie que vous accordiez à un philosophe , à un orateur, ses discours manqueront toujours d'autorité. Ses auditeurs se croyant , et étant véritablement en droit de juger ses raisonnements , n'en adopteront que ce qu'il leur plaira ; et c'est une des causes principales, comme l'observe Lactance, qui empêchait les enseignements des plus grands philosophes d'acquérir l'universalité (1). Mais d'ailleurs, de quelque art, de quelque éloquence qu'on enveloppe une erreur , peut-on croire que , dans tout le genre humain , il ne se trouvera pas des hommes éclairés qui la découvriront , et la feront apercevoir aux autres? Il n'y a que celui dont l'autorité sur le genre humain est universelle et toute puissante , qui ait la force de lui faire recevoir sa doctrine. Il n'y a que celui qui peut inspirer la foi , qui ait le moyen de la persuader à tous les hommes.
LXII. Nous avons un exemple sensible de cette impuissance des moyens humains à étabhr une religion universelle et uniforme. L'idolâtrie, parce qu'elle flattait les sens, parce qu'elle amusait l'imagination, parce qu'elle favorisait les passions, était généralement répandue ; mais ce n'était pas une seule et même religion. L'idolâtrie des Grecs , celle des Egyptiens , celle des Chaldéens , celle des Perses , celle des Indiens , celle des Gaulois , celle des peuples du nord , n'étaient pas les mêmes. C'étaient, chez ces différents peuples, divers dieux, divers dogmes, diveis cultes, Rome reçut à la fin toutes les divinités des pays qu'elle avait conquis ; mais elle ne força pas les peuples à recevoir cet amas de dieux. Toutes ces religions continuèrent de différer et
(i) Quid igitur? Niliilne illi s^mile praecipiunt? îmmô per multa , et ad veruin fréquenter accedunt. Sed nihil ponderis habent ista praecepta ; quia suât liumana, et ;iutoritafe luajori, id est divini illa carent. Nemo gitur crédit : quia tam se honiinem putat esse, quam est ille qui praecipit {Laclant.^ Div. Inst, lib. III, cap. 26.)
d'objets et de principes, jusqu'à ce que toutes les idoles étant renversées , et Jésus-Cluist ayant pris leur place sur les autels , sa religion fût devenue celle du monde.
LXIII. L'auteur de VEspril des Lois avance qu'humainement parlant , le climat met des bornes à la religion (1). Je n'examLne pas ici si ce principe est véritable ; mais je crois pouvoir m'en servir contre les incrédules, qui regardent cet écrivain comme un de leurs coryphées, et dont plusieurs ont, d'après son autorité, répété la même maxime et sans les menées ménagements. Si le climat met humainement des bornes à la religion, c'est donc une puissance surhumaine qui a fondé et propagé la religion à laquelle la force du climat n'a pas pu mettre de bornes, qui s'est étendue de l'un à l'autre pôle , dans les nations brûlées du soleil du midi , connue parmi les peuples qui vivent dans les glaces du nord.
LXiy. " Le christianisme était prêché en même « temps aux juifs et aux gentils. S'il n'eût trouvé de « sectateurs que parmi les juifs , on ne manquerait pas « de rejeter le succès sur l'ignorance, la crédulité, la « superstition , si souvent reprochées à cette nation par « les écrivains profanes. S'il n'eût été embrassé que par « des Grecs et des Romains , on pourrait se défier d'une u opinion qui se serait formée loin du théâtre des « événements. Mais que répondre au suflVage réuni des <« compatriotes et des étrangers (2j? <
LXy. Le christianisme, dans ses premiers temps, a été embrassé par des hommes de tout rang et de toute condition, par des savants et par des ignorants. Nous avons prouvé cette vérité (3). S'il n'eût été , comme Tout dit quelques incrédules , adopté que par la lie du
(r) Esprit des lois, 1 v. xxiv, chap. 26.
(2) Démonstration évangelique par 'M. Duvoisin, cinqxiiême édiiion, page 178.
(3) Voyez deuxièiue Dissertation, [art. 2, cLap. iv, n" xxtv, page 3 80.
peuple , cela donnerait du poids à leur objection , qu'on a pu aisément trouiper des hommes crédules et incapables d'examen. S'il n'avait eu de prosélytes que dans la classe des Lommes éclairés, on prétendrait, avec quelques autres incrédules, que des honmies qui reconnaissaient l'absurdité du papanisme avaient été facilement amenés à une autre religion. Mais le cliristianisme ayant triomphé des préjugés des unes et des lumières des autres, est évidemment au-dessus de ces vaines difficultés.
LXVI. Pour se donner le droit de ne pas croire la religion, les incrédules réchauffent les difficultés de ses anciens ennemis, de Celse, de Porphyre, etc. Comment ue sentent-ils pas que l'établissement merveilleux de cette religion retourne contre eux leurs objections? C'est malgré leurs sophismes , leurs subtilités , leurs railleries, que l'univers s'est soumis à la foi. Tous ces arguments que faisaient alors valoir les préjugés , les intérêts, les passions, ont été connus et pesés dans la balance d'une raison intéressée à les adopter. Le genre humain a prononcé , malgré les sacrifices auxquels il se dévouait, que tous ces raisonnements étaient vains et frivoles. Il a rendu cet arrêt solennel , lorsque les laits, aujourd'hui contestés, étaient encore tout récents, et pouvaient facilement être vérifiés. 11 l'a donc rendu , il n'a pu le rendre que dans la plus entière connaissance de cause et forcé par l'évidence. Toutes ces raisons , qu'on reproduit aujourd'hui, ont fait partie des obstacles que la foi a surmontés. On lui oppose des ennemis qu'elle a depuis longtemps terrassés.
Aucune cause naturelle u'a établi et n'aurait pu établir le christianisme. Quels sont donc, demanderat-on , les moyens surnaturels qui l'ont répandu ? Je pourrais ne pas répondre à cette question , et de ce que aucune cause humaine n'a opéré ce grand événement , conclure avec certitude qu'il est évidemment l'œuvre de la puissance surnaturelle. Mais ne nous arrêtons pas à ce point ; montrons par quels moyens la propagation
de la religion a été opérée. J'en remarque deux tout divins : l'influence intérieure du Saint-Esprit, et la force extérieure des miracles.
LXVII. En premier lieu , tout homme qui n'est pas athée est obligé de convenir que Dieu possède, dans les trésors de sa puissance et de sa sagesse , toutes les grâces propres à l'avancement de sa religion; et que, lorsqu'il daigne dicter aux hommes une loi, il peut, par ses inspirations, donner la grâce de force à ceux qu'il charge de la publier , la grâce de docihté à ceux devant qui il ordonne de la prêcher. Aucun pouvoir ne manque au Tout- Puissant. S'il était dans l'impuissance d'influer intérieurement sur les cœurs, il ne serait pas Dieu. La question est donc de savoir si Dieu a fait usage de ce pouvoir pour établir la religion chrétienne (1). Mais pouvons-nous en douter, quand, d'une part, nous entendons Jésus-Christ dire à ses apôtres, à plusieurs reprises, que ce sera par la vertu du Saint- Esprit qu'ils agiront (2), et ses apôtres répéter, d'après
(r) Pliarisaei stupent ad ductrinam Domini ; et mirantur in Petro et Joanne quoinodo legem sciant , cam litteras non didicerint. Quidqnid enim aliis exercitatio, et quotidiana in lege meditatio, tribuere solet , illis Spiritus sanctoâ soggerebat. (S. Hieron. , epist. i, ad Paulin am secunda.)
Ipse enim est qai Spiritu sancto ditavit corda paupemm , et exinanitas animas conlitendo peccata implevit opnlentia ju^titiae : qui potnit divitem facere piscatorem , dimittendo retia sua, quôdhabebat contemnentem, qnod non babebat baurientem. Infirma enim elegit Deus, ut confunderet fortia; et non de oratore piscatorem, sed de piscatore lacratus est oratorem. (R. Angust., Enar. in psalm. xxxvi, serm. 2 , n" 24.)
(2) Voyez ci-dessus, notes , page 44 1-
Ecce ego vobscum sara om.nibas diebus nsque ad consummationem secnli. (Matth. xxxvar, 20.)
Ecce ego luitto promissum Patris mei in vos. Vos autem sedete in civitate, quoadasqne induamini virtute ex alto. {Liic. xxtv, 49.)
Ego ro;:aljo Patrem , et aliura Paracletum dabit vobis, ut maneat vobiscum in aetemum. (Joann. xrv, 16.^
Expedit vobis ut ego vadam : si enim non abiero, Paracletus non veniet ad vos : si autem abiero, mittam illum ad vos.... Cùm autem
sa parole, que c'est le Saint-Esprit qui agit dans eux(l^; et quand , de l'autre , nous voyons la prédiction du maître et l'assertion des disciples suivies d'un eflet qui cadre si parfaitement? Rappelons-nous les preuves qui ont été données dans la Dissertation précédente , du grand miracle de la descente du Saint-Esprit, et des miracles qui la suivirent immédiatement. Le miracle de l'établissement de la religion en est la continuation; c'est la même cause qui , agissant sans interruption . ne cesse de produire son effet. Pour attribuer la conversion du monde à un autre principe, il faut de deux choses l'une : ou nier que les apôtres aient rapporté cette promesse de leur maître, et annoncé que c'était d'après son exécution qu'ils agissaient , et ce serait contredire l'authenticité du Nouveau Testament, qui a été démontrée dans la première Dissertation ; ou soutenir que les apôtres, en produisant publiquement ces déclarations , se sont trompés , et que c'est par leurs propres forces qu'ils ont produit un effet tellement hors de proportion avec leurs forces^ et ce serait une absurdité.
LXVIII. En second lieu, nous avons, dans la précédente Dissertation (2) , démontré la réalité des miracles que les apôtres disaient avoir été opérés par Jésus-Christ, et de ceux que , dans le cours de leur prédication , ils opéraient eux-mêmes. Ici nous en voyons l'effet (3). S'ils ont été crus , ils ont dû produire
venerit ille Spiiitus veritatis , docebit vos omnem veritatem. (Joann. xvi,
Accipietis virtutem Spritus sancti in vos. [yfct. i, 8.)
(i) Voyez deuxième Diss., partie 2 eh. m, n" vi.notes 4 et 5, p, 829.
(2) Yoyezmème D.ssert. , n'^ii, page i38 et suiv.
(3) Apostoloram etiam qaos ad prujuulg.uidum evangeliuin misit Jésus peregrinationem par univer.-um orbem consideranfi, res humanis viiibns major suscepta Dei jussu videbirnr, et si perpendamas quo p;icio boiiiines iiuvam doclrinaiu , peregiinosque sei moues audientes, ad apo'tolos se se applicaerint , et quomt-do vuluntatem illis insidiaiidi posuerint, divina quadam victi potesiate, quae eorum sa-
une grande sensation; et, réciproquement^ si, à la suite de la publication de ces miracles, on voit une grande révolution survenue dans le monde , il est certain qu'ils ont été crus. Mais deux autres vérités
lali consulebat , nuUi dubitabimus eos miracula quoque edidisse , seiruonibus ipsuram testiinuniuin reddente Deo per signa et prodigia , et varias virtotcs. ( Or/^. , de trincipiis , lib. iv, n° 5.)
Ad hsec coraïuemorat David quomodo praevalaeiint a])Ostoli dicens : Do/ninus dabit verbum evangelizantibus virtuCe multa. Non eriim ariuis , non ppcunia , non roboie corporis, non exercilaum copiis, neqne alio simili modo supetaruiit; sed veibo biniplici et multam habente vinutem , niiratulorum neinpe ostentom. Crnciiixurn eiiim pracdicantes , et miia(ulj patranfes , sic oi beni subegetnnf. Ideu ait : Dominus dabit verbum evangelizantibus virtute muUa, sic miiacula vucans. Nam ineffiibilis virtuserat piscatorem , publicanuoi , tentorioiuiij opiiiccm, fcolo praecepto moitoos suscilaie , daemones expellere, mortem abigere , pbibjsophorum liuguam lefienare, ihetoram ora consaeie, reges ac principes vinceie , bari>ai°is, graecis, ûinnique naùoni iinperare. Et apposile .••ic locutus est. IS'atu haec oinnia verbo illo perfecernnt ; et virtute mulra mortuosin vivos inntarunt , peccatores in justos , caecos in videntes , niorbos natotae et aniiuae neqaiiiain expellentes. (5. Joann. Chrjsost. ^ Quod Chrisius sit Deus^ n° 5. )
Jani ergo tiia snnt incredibilia quae tamen facta sont. Incredibile est Christnm resurrexisse in ca. ne, et in cœluin ascendisse cnm carne. Incredibile est mandumiem tani incredibilem credidibse. Incredibile est homines ignoiujes, iniirmos, pauci>.sia»os, ii^peritos, rem tam incredibdem Unu efflcaci:ei niundo, et in iilo eiiani doctis peisuadere pcHuisse. Horum liinm incredibiliuin prirauni nolunt isti cum quibus agimus credeie. Strcandum coguntur et <:eineie, quod non inveniunt nnde sit faclnm , si non ctedant teriiom. R.esurreclio certe Christi , et in rœlum cnn» carne in qua resuirexit ascensio , toto jam mnndo pracd caim . Si credibilis non est, nnde ?oto teirarnm orbe jam crédita est? Si œuhi nobiles, subliiues, dutti, eani se vidisse dixerant, et qnod vidf-rant diffamare curtiunt, eis iuundnm credidisse non mirum e.-t. Sed istos adhuc ciedere noile perduium est. Si aatem, ut veinm est, |>;iucis, obscuris. minimi> , ii.dociis, eam se vidisse discentibus et scnbenlibus rredidit niundus , rur panoi obsiiiiatis.simi qui lemansernnt , ranndo jam credenti adbuc nsque non credunt ; qui propterea nomero ex guo ignobilium , infiimorum, imperiîornin hominiim cied:dit , quia in tam contemptibilibus testibus ujnlto mirabi'ius diviniias .'eipsa peisujisiî. Eloquia nanique persnadenlinra quae dicebant, mira (aerunt facta, non veiba. Qï.i enim Chîisium in cîirne resarrexsse, et cura illa in cœlum asccnd sse non
sont également certaines : la première, qu'il était alors facile de constater les miracles de Jésus - Christ qui étaient récents, et plus encore ceux que les apôtres opéraient actuellement et journellement ; la seconde, qu'on n'ajoutait pas foi légèrement et sans exanien à des miracles dont la foi obligeait à tous les genres de sacrifices , sans même excepter celui de la vie. La conversion du monde prouve donc la vérité des miracles, et la vérité des miracles explique la conversion du monde. Si, à l'examen, les miracles annoncés par les apôtres avaient été trouvés faux , l'univers ne se serait pas fait chrétien , et si l'univers ne se fût pas converti à l'annonce et à la vue des miracles, on en tirerait une grande objection contre leur réalité. Ces deux preuves de la vérité de la religion sont intimement liées l'une à l'autre , et se communiquent réciproquement une grande force. Nous disons à l'incrédule : Comment pouvez-vous croire que le monde eût embrassé le christianisme , si on lui eût présenté de faux miracles? Et comment pouvez-vous regarder aujour-
viderunt, id se vidisse narrantibus , non loquentibas taninm , sed etiam mirifica facientibus signa credebant. Homines quippe quos nnius, vel ut raultam daarnm bngaarnni fuisse noverant , repente linguis omnium gentium loquentes mirabiliter audiebanl ; claudum ab uberibns matris ad eorum veibnm in Chribti nomine post quadraginfa annos inco'.umem conslitisse, &udai'ia de corporiLus eornm ablata sananHis piofuis>e iangoentibus , in via qnafiietunt iransituri positos in ordine iiinumeiabiles vaiiis morbis labcrai)tes, ut ambulantimn super eos ombra transiret , rontinno salulem soleie recipere , et alia multa stupenda in Chiisti àomine per eos faola , posiremo eliam mortaos resnrrexisse cernebant. Quee si , ut leguntur , gesta esse con cedunt, ecce tôt incredibilia tribus illis incredibilibus adduntnr. Et ut credatur nnnra incredibile , qnod de Garnis resurrectione atque in cœlura ascensione dicilur, mnliornm incredibibum testinionia tanta coDgerimus, et nondum ad credendum bon enda duritia incredulos flectimnsi {S. Augiist. , de Civ. Dei , bb. xxii, cap. 5.)
Quod impossibile hominibus fuit, Deo difficile non fuit, qui potestates bujas mnndi rigidas non verbis scd miracnlis fregit. [S.Greg. JiJag. , Moral., lib. xxxi, cap. 2, n° 2.)
d'hui comme faux des miracles qui ^ dans leur temps, ont converti le monde (1) ?
LXIX. Au reste, la preuve que nous tirons de la propagation du christianisme n'a pas besoin , pour se soutenir, des miracles qui l'ont opérée. Cette propagation est elle-même un miracle si éclatant , que si elle ne suppose pas tous les autres , elle les supplée. C'est ce que disaient St. Chrysostome et St. Augustin à ceux qui , (le leur temps , s'obstinaient» à ne pas croire en Jésus-Christ. Si les apôtres ont triomphé de l'univers sans faire des miracles , c'est un miracle bien plus admirable (2^. Vous voudriez , pour croire, voir les prodiges que l'on vous raconte. En voici un plus grand
(i) Jam si posita omni de miraculis praejud'cata opinione qneeri oporiet bonorie an raalo corisilio quis illafeceiit, ut ne aut omnia vitoperenias, aut otnnia tanquara divina adiuiremur et admiitaraus , aniion perspicuura est, et Moysis Jesuqne mi-acuHs, quibus integrae gontes constitutae t.unt , eos divina potestate fecisse , quae scriptuije narrant. Neque enira inalis artibas, magicisqiie praestigiis, constituta fuisset gens tota, quae de^pectis non sola:n siraulacris , falsisque nnminibas quae reliqni homines colebant , sed etiatn rébus omnibus creatis , ad Deum rernm omninm principium, principio carentem, ipsum assargit. {Orii^en. contra Celstim ^ lib. ii, cip. 5i.)
Quaptopter ex miracalis indubitatam redd t re surrectionem : ita ut non il'.is tantum tune îemporis hominibns, sed omnibus certa foret resurrectio. Qnod enim in il!is effecerunt conspecta bigna , hoc in posteris omn.bus per fidem faturutn erat. Ideo bine incredolos arguraenti inipetimus. Si non resarrexit , sed mortuus raanet , quomodo in nomine ejas apostoli signa fecerant? A.t non fecere iniracula. Qnoinodo ergo gens nostra constitit ? Non enira huic veriiati obsis-
lent ; neque pognabunt contra ea quae snb conspectum cadant. {S. Jo-
ann. Chrysost. , in Acta Apost.^ hoind. i, n° 4. )
(2) Qnoraodo autera persuasissent , nisi signa edidissent;' Si facie-
bant quidem, et ntiqne faciebant, Christi virtus erat id qnod fiebat.
Si aulem non faciebant , et taraen vincebant , longe tnirabilins erat
îUud. ( S. Joann. Chrys. , in primam épis, ad Cor. , homil. v, n^ 5. ) Itaque quando dicunt non facta fuisse miracula , taato magis se
confundunt. Hoc eniru maximum esset miracalam , si sine miraculis
totus orbis accurrisset a duodecim panperibus et illiteratis hominibus
captns. ( Idem, in Acta Apost. , homil. i , n° 4. )
Si vero per apostolos Christi, ut eis crederetur , resurreotionem
atqne ascensionem praedicantibus Christi, etiam ista miracula facta
encore : ce n'est pas un mort ressuscité , un aveugle rendu à la lumière , un lépreux guéri ; ce sont les ténèbres qui conviaient la terre dissipées; la lèpre du péché effacée dans tout le genre humain. Quel plus grand miracle pouvez-vous demander quand vous voyez une aussi admirable métamorphose (1)? Celui qui, pour croire , exige de nouveaux prodiges , est lui-même un prodige étonnant , puisque la foi du monde entier ne peut pas déterminer la sienne (2).
Je terminerai ce chapitre par une réflexion qui donne à tous les raisonnements qui viennent d'être faits un nouveau degré de force, et qui porte au plus haut point d'évidence notre démonstration , c'est que la propagation de l'Evangile avait été formellement prédite, soit dans l'ancien, soit dans le nouveau Testament.
LXX. Les oracles sur ce grand événement sont trèsclairs et très multipliés dans l'ancienne loi. Toutes les nations de la terre , disait le Seigneur à Abraham , seront bénies dans votre postérité (3). Nous voyons dans les psaumes le Seigneur disant au Messie : Demandez-
esse non crednijt , lioc nobis unura grande miraculam safficit , qnod terrarura orbis sine rairacalis credidit. [S. Âitgust. de civit. Dei , lib. XXII, cap. 5. )
(i) An vero cupis etianinum signa cernere ? Tibi eigo iila et majora prioribas ostendam. Non unum mortuana !-nscitalura ; non vi- SQin uni caeco restitutnm; sed descussas erroris tecebras cjaae totani terram occupaverant : non unum leprosum muridatum , sed tôt gt-nfes qnae peccati lepram absterserunl , a : per lavacram regenerationis innndatae snnt. Qood signuin niiijus his quseris , mi horao ? cum tantani , et tam apeite factam raundationem conspicias. (^S. Joann. Chrys. , hoinil. Citr in pentec. ^ n° 8.)
(2^ Cur, inqu'unt, nnnc illa niiracala qnae praedicatis facta esse, non fiant? Possuiu quidem dicere necessaria fuisse priusqnara crederet miindns, ad hoc nt ciederel mandas. Quisqois adhuc j)rodigia ut credat inqoirit, magnum est ipse prodigium , qui mundo ciedente non crédit. [S. Jugust. ,de Civ. Dei, lib. xri, cap. 8. n"^ i.)
(3) Benedicentur in semine tno oranes gentes terrae. ( Gen. xxii, 18 ; Itern^ xii , 3 ; xxvi, 4 ; ixvni, 4.)
moi, et je vous donnerai les nations pour héritage, et les extrémités de la terre pour possession (1). Le psalmiste annonce encore que tous les confins de la terre se convertiront au Seigneur ; que toutes les familles des nations seront en adoration devant lui (2); que le Messie dominera d'une mer jusqu'à l'autre, et depuis le fleuve jusqu'aux extrémités de la terre ; que tous les rois de la terre l'adoreront; que toutes les nations le serviront (3). C'est peu, s'écrie Isaïe, que tu sois mon serviteur, pour ranimer les tribus de Jacob et pour convertir la lie d'Israël, voilà que je t'ai établi la lumière des nations, pour que tu portes le salut qui vient de moi jusqu'aux extrémités de la terre (4;. Le Seigneur a préparé son bras aux yeux de toutes les nations, et toutes les extrémités de la terre verront le salut qui vient de notre Dieu (5). Malachie voit dans un esprit prophétique les juifs rejetés , le nom du Seigneur glorifié dans toutes les nations , du couchant à l'aurore , et une victime pure offerte en tout lieu à son saint nom (6;. Bien d'autres prophéties encore annonçaient, avant la venue de Jésus-Christ , la conversion du uionde à sa loi. Je les omets pour passer à celles de Jésus-Christ
(i) Pustnla a me et dabo tibi gènes haereditatein tnam , et possessionem tnam ierinino-i lerrae. [Psa/m. ii , 8.)
(2) Coiivertenlar ad Duminum ,universi fines lerrae : et adorabantin conspe.tu ejas nniversae faniiliae genxiom. (Psal/n. xxi, i8.)
(3) Dominabitar a mari usqne ad mare, et a flumitie usque ad terminos orbls terrarum. ... et adorabunt entn omnes reges ferrœ ; omties gfenies servient ei. ( Psalm. i.:s.xi^ 8, ri.)
(4) Et dixit : panirn est nt sis mihi servus ad suscitandas tribus Jacob, et faeces Israël convertendas : Ecce dedi te in Incem genlium , ut sit salus mea usqne ad terininum terrae. (/^. xlix, 6.)
(5) Paravit Doniinus brachinm suum in ocul s omnium gentium : et videbunt omnes fines terrse salatare Dei nosfri. (Is. rtr, lo.)
(6) Non est mihi voluntas in vobis, dixit Dorainus exercitanm, et mnnns non snscipiam de mana vestra. Ab ortu enim solis usqne ad occasum, magnum est nomen meum in gentibns : et in omni loco sacritîcalur et offertiir nomini meo oblatio mnnda. {Malach. i, lo, If.) Voyez aussi Matlh, chap. xiii.
lui-même, lesquelles sonl encore plus positives et plus claires.
LXXI. Nous le voyons, tantôt parlant en paraboles, comparer les accroissements de sa religion à la plus petite des semences, devenue, au bout de peu de temps, le plus grand des légumes ; au levain qui, mêlé en petite quantité avec la pâte , la fait fermentcr tout entière et la dilate (1; ; tantôt, s'expliquant plus clairement, annoncer que beaucoap d'étrangers viendraient d'Orient et d'Occident siéger dans le royaume des cieux avec Abraham , Isaac et Jacob , tandis que les enfants du royaume seraient jetés dans les ténèbres extérieures (2); dans d'autres endroits, déclarer que son Evangile sera prêché dans tout le monde (3) ; ailleurs, dire que quand il sera élevé de terre , c'est de sa mort qu'il parle, il attirera tout à lui (4); enfin, terminer sa carrière par ordonner à ses apôtres d'aller enseigner et baptiser toutes les nations , et les instruire à observer ses commandements (5). Ce n'est pas tout encore : il prédit la manière dont s'effectuera ce grand événement ; il annonce à ses apôtres les oppositions qu'ils éprouveront, les persécutions violentes qu'ils auront à essuyer, les morts cruelles qui termineront tous ces maux (6) ; il
(i) Dico autem vobis quod multi ab oriente et occidente venient et recnmbent cum Abraham et Isaac et Jacob; fibi autem regni eji« cientar in tenebras exleiiores. {Match, vin, ii, 12.)
(2) Et prîrdicabifur hoc evangelium in universo orbe, in tesiimoniam omnibus gentibus. ( Matlh. xxiv ,14)
(3) Amen, amen dico vobis: ubicamquc prsedicatnm fuerit hoc evangelium in toto mundo , dicetur et quod haec fecit. I^Ihid. xxvi , t3.)
('+) Et ego si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad me ipsum. Hoc aufem dicebat , signiticans qaa morte esset morituras. (7oann. xii , 82, 33. )
(5) Euntes ergo, docele omnes gentes, baptisantes eos in nomine Patris, et Filii, el Spiritus sancti ; docentes eos servare omnia quaecnmque mandavi vobis. {^Matlh. xxviii, lae, 20.)
(6) Eccc ego mitto vos sicut oves in medio luporum. {Matth. x, ■ 6.)
ies encourage, en leur déclarant qu'il a vaincu ce monde dont ils auront tant à souffrir (1) , et en leur promettant qu'ils seront éclairés et fortifiés par l'assistance du Saint- Esprit (2). La conversion du monde , les détails de cette conversion, les moyens par lesquels elle s'est opérée, Jésus-Christ a tout prédit. Tout ce qui s'est passé pendant les trois siècles de la persécution et de l'agrandissement de son église , n'est que l'exécution de ses ordres et l'effet de sa volonté antérieurement manifestée.
LXXII. Ce n'est pas seulement de nos jours qu'a été fait ce rapprochement des oracles sacrés avec l'établissement de la loi sainte. Les pères de la primitive éghse l'opposaient aux incrédules de leur temps. Ils leur prouvaient et la divine origine des prophéties , par l'admirable accomplissement dont elles étaient suivies, et la cause divine de l'établissement de la foi , par les prophéties qui l'avaient précédé. En faisant aux incrédules de nos jours le même raisonnement, nous ne faisons que répéter ce que disaient les Origènes (3), les
Cavete aatem ab hominibas. Tradent enim vos in cnnciltis, et ia syna^ogis suis flagellabant vos; et ad praesides et ad rages dncemini propter me , in testimoniam illis et gentibas. i^Ihid, , 17, 18, j
Tradet aatein frater fiatrem in mortera , et pater liliam : et insargent filii in parentes, et morte eos afficieat ; et eritis odio oninibas, propter nonien meum. [îbid., ar, 22.)
Venit hora ut omnis qui interficit vos arbilretur obseqaium se praestare Deo. [Joann. xvx, 2.) Et alibi passirn.
(i) lu mnndo pressurain babebitis : sed confidite : e^o vici mandam. {Joann. xvi, 35.)
(2) Voyez ci-dessus, n° lxvii, note r , page +73.
(3) Criminatur deinde discipulos qiiod finxerint prœscisse illum , et prcedixisse quœcumque sibi acciderunt. Sed boc verum esse, vel invite Celso demonstrabimus. Praesto enim sunt aiulta quae Jésus edidit vaticinia de rébus quae cbristianis contigerunt, etiam subsecutis temporibus. Ecquis non admiraretur istud? Ante re^es et vrœsides ducemini propter me in testimoniam iUis et gentibus aliave siiniUa , ubi praenuntiat futurum esse ut sui discipuli vexationein patiantur.... Ecquis enim fingens fuisse secum Christus loquereturnon admirabitur istud '. prœdicabitur evangelium istud in toto mundo , in testimonium illis et gentibus^ si modo secum recogitet Jesu Christi evangelium, ut
Dissert, sur la Relig. 21
Cyprien (1), les Eusèbe , les CLiysostôme, les Jérôme les Au^^usliu , les Prospère , les Théodoret.
ipse pr*dixeiat , omnibus , grsecis , barbaris , sapientibus et insipientibus , ubique lerrarura hiisse prsedicatum. Omnem enim humanam natiiram subegi verbum cum viitute praedicatum : nec ullum videre est hominuin genus quod Jesu doctrinam admittere recusaverit. (On'gen. contra Celsnm, hh. ii, n° t.)
Et est videre quomodo brevi tempore ipsa religio crevit , pœnis cultonim , mortibusque proilciens ; sed et honorum direptionibus , atque ab bis omni génère suppliciorum tolerato. Et eo maxime mirum est, quod ne doctores ipsi, vel satis idonei sunt, vel satis plures. Praedicatur tamen sermo iste in toto orbe terrarum : ita ut grœci, barbari , sapientes , et insipientes , religionem doctiinae cbristianae recipiant. Ex quo dubium non est boc buraanis viribus , aut o;)ibus non agi, ut cum omni crednlitate et potestate sermo Ghristi Jesu apud omnium mentes, atque animos convalescat. Nam et priedicta esse ab eo baec ipsa , et divinis ab eo responsis conflrmata manifestum est cum dicit : quia apud prccsides etjudlces ducemini propter me in testimonium ipsis et gentihas. Et rursum : prcedicabitur hoc evangelium in omnibus gcndbus. Et iterura : miilti inihi dicent in iUa die : Domine ^ Domine, nonne in nomine tuo manducavimus et bibimus ^ et in tuo nomine dcemonia ejecimus P Et dicam eis : discedite a me operarii iniquitatis ; nunquam cognovi vos. Quae si ita quidem dicta ab eo fuissent, nec tamen ad linem ea quae praedicta sunt pervenissent , fortasse minus vera esse viderentur, nec babere aliquid auctoritatis. Nuncvero, cum ad affectum ea quse fuerunt ab eo dicta perveniant, cum tanta autem potestate atqire auctoritate praedicta sint , manifestissime declaratur verum esse , quia bomo factus salutaria praecepta bominibus tradidit. [Origen. de Principiis ^ bb. iv, n° 2.)j
(i) ISecnonDeus ante prardixerat fore ut vergente saecnlo , et mundi fine jam proximo , ex omni gente et populo et loco , cultores sibi adlegeret Deus [S. Cyprianus , de Idol. Vanit. ., cap. vi.)
Quis unquam ab omni sapculorum memoria , aut tex , aut princeps , aut pbilosopbus , aut legislator , aut propbeta , Sf u graecus , seu barbarus ille fuerit , tantum virtutis decus est consecutus, non dicam post mortem , sed dum adbuc viveret, spiritumque duceret. multumqne valeret potentia, ut ipsius nomen ad bominum omnium aures, qui in terris degebant, aetatem permaneret inque omnium ore ac sermone versaretur ? nemo certe istud , nisi unus et solus Salvator noster , post victoriam a morte reportatam, pr^-stitit : qui quidem discijubs suis boc verbum dixe- at , et idem et rêvera explevit , nimirum : docete omnes gentes in nomine meo : quique ante praedixerat suum evangelium prœdicandum jore in tiniverso mundo , in testimonium omnibus gentibus. Quod ut verbis praedixerat, sic reipsa perfecit. Nam baud ita
SDR La. religion. 483
LXXIII. Elles étaient bien hardies au moment où Jésus-Christ les faisait ces prédictions , ces promesses , ces injonctions. Jamais ni roi , ni législateur, ni philosophe,
mnlto post totus orbis terrarum ejus verbo et doctrina completus fuit. (Euseb., orat. de laud. Const. F, idtm , prœp. ev, lib. i, cap. 3. )
Pervade ratione universum orbein , mare, Graeciam , barbarorum sedes , terram habitabilem et inhabitabilem , nrbes quae sont in terra , insulas qnae in mari , montes denique et saltus : et cum videris ubique Christi relucere potentiam, omnesque praestantissimum ejus nomen praedicare, reputa apud te eum, qui tôt et tan ta potuit , etiam futura poUicitum esse. (5. Joan. Chrjs.^ Expos, in psalm, cix, n° 6.)
Quid igiturdixit, ef orbe fere toto in impietate detento praedixit? Super hanc petrarn œdificabo ecclesiam : eC portée in/eri non prœvalebunt adversus eam. Examina hoc dictum ut libet, et veiiratem ejus refulgentem..., Vidistisne verba rébus lucentia , et vim insupei abilem omma nuUo negotio facientem. Etsi enim brève sit dictum dlud œdificabo ecclesiam meam ; ne simpliciter praetereas : sed in mente revolve et cogita quantum sit totum orbem , tam brevi tempore ecclesiis replevisse, tantas convertisse gentes; populis persuasisse ut paternis solutis legibus radicatam consuetudinem evellerent , voluptatis tyrannidem , nequiriae vim ut pulverem ejicerent; ar.'S , temph , idola , mysteria, profanas solemnita^es, impurumque nidorem , quasi fumum quemdam delerent; ubiqae abare exci tarent in regione Romanoruin , Persarum, Scytharum , Maurorum , Indorum : Quid dico? vel extra orbem nostrnm. ISam et briiannicae insulse quse extra hoc mare sitae sunt, et in ipso oceano, vim verbi senserunt. [Idem, Homil. Quod Christus sit Dens^ n" r 2. )
Ubi manifestissima prophetia est , et de Christi atque apostolorum ejus praed;ca;ur adventu, et fide universanim gentium nihil ampHus requiramus. (5. Hierom. co'nm. in Zachar., hb. ii, cap. g. )
Ibi scriptum est de ecclesia , et videtur quia est. Ibi scriptum est de idoHs quia non erunt : et videtur quia non sunt. ( S. August. , F.narr. inpsalm. xxix , n° 28. )
Videtis certe simulacrorum terapla , partim sine reparatione collapsa, partira d ruta, partim clausa, panim in usus alos commutata, ipsaque simulacra, vel confringi, \A incendi , vel includi, vel destroi ; atque ipsas hujus saeculi potestates, quae aliquando pro simulacris popnlum chiistianum persequebantur, victas et domitas non a repugnantibus sed a morientibiis christianis , et contra eadem simulacra , pro quibus chr stianos occidebant, impeius stios , legesqr.e vertisse; et iiiiperii nobil ssimum culmen ad sepulcrum piscatoris Pétri submisso diademate supplicare. Haec omnia scripturae divinae, quae in manu omnium jam venerunt , antelongissima tempora fatnra esse testatae bunt. Haec omnia tanto rubustiore fide laetamur fieri, quaoto majore autoritate prjedcata
n'avait osé produire des pareilles pensées (1). A considérer la raison humaine, et l'expérience de tous les temps, qui jamais eût pu iinaj'iner qu'elles obtinssent leur effet?
esse in sanctis litteris invenimns. [Idem epist. ccxxxii; al. xxir , ad Madaiiranses ^ no 3 et 4- )
Ouando dicebatur ecclesia Chrisli futura per totum oihem terrarum, dicebatur a paui is et ridebatur a multis. Modo jam impleium est , q!K>d tanto ante praedictum est. Diffusa est ecclesia j)er totnm orbem terrarum. Antemillia annorura proiuissiim est Abrabae In sein'me tiio hetiedicentur ornnes gentes. Tenit Christus ex semine Abrabae ; benedictœ snnt in Cbristo jam omnes gentes. Praedicta sumt scbismata et baereses futurce : videmus illa. Praedi^-tae sunt persecutiones : factae sunt a regibus colcnlibus idola. Pro ipsis idohs adversus nomen Christi, repleta est terra martyribus. Sparsura est semen sanguinis : surrext seges eeclesiae. Nec frustra oravit ecclesia pro inimicis suis : crediderunt et qui persequebantur. Praedictum est etiam qnia ipsa idola evertenda essent per nomen Cbiisti : nam et boc invenimus m scripturis. Anîc paucos annos Christiani illa legebant , et non videbant : adbuc futura illa expectabant ; et sic abierunt. Non illa viderunt : sed tamen credentes quod futura essent , cum Cde abierunt ad Dominum. IN'ostris temporibus etiam ista cernuntur. Omnia quœ ante pradicta sunt de ecclesia, videmns impleta. ( Idem ^ sermo %.^u,de uerbis Psahn., al. cix, de temp. n" 4- ^ id. idem, de Fide rerumquœ non videntur , cap. IV, n° 7.)
Puto autem qnod nemo audeat dicere nllam mundi gentem , ullam terrae praetermittendam esse regionem , in qua non sint ecclesia? tabernacula dilatanda : dicente Deo ad filium : Postula a me . et dabo tibi qentes hœreditatein tiiam ; et possessionem tuam terminos terrœ et terum : Reminiscentar et convertentur ad Dominum univer si fines terrœ : et adorabiint in conspectu ejus otnnes patriœ gentiitm : dicente quoque ipso Domino : Prœdicubltur hoc evangelium in universo mundo in testimoniitm gentibus : et tune %feniet Ji?iis. Quapcumque ergo nondum audierunt, ai^dient evangebum. (5. Prosper , epist. ad Ruf no 16. )
Quid bis verbis manifest"u? .? Tanquam praesens enim , spectansque orbis terraium mutationem , et quasi atidiret gentes ad pœnitentiam conversas , deridentesque idolorum imbecillitatem , sic oracula sua conscripsit. ( Theod. serm. x , de Oraculo. )
(i) Cum enim inter grapcos et barbavos, quam plurimi extiterint legumlatores, doctores , item qui veritatis notitiam praeceptis suis poUicerentur , nullum tamen fuisse accepimus legislatorem , qui relicjuis gentibus legum suarum suscipiendi studium ingenerare potuerit. Et quamvis pbilosophi, cum multo prodirent demonstrationem apparatn , quae e ratione petitae viderentur, quaeque multum probabilitatis hahe.
Comment, s'il n'était pas éclairé d'une lumière divine, cet homme , si pauvre qu'il n'avait pas où reposer sa tête , osait-il annoncer avec assurance que bientôt l'univers serait soumis à sa loi? Comment pouvait-il promettre avec vérité à cette poignée de disciples qui le suivaient, qu'incessamment elle serait remplacée par tous les peuples de la terre ? Ce qui fut pour tous les contemporains de Jésus- Christ une prophétie, n'en est plus une pour nous. Cet événement, inimaginable lorsqu'il fut annoncé, nous le voyons, nous en jouissons, nous en faisons nous-mêmes partie. Pour le prédire, il fallait la prescience de Dieu ; pour l'effectuer , il a fallu sa toute-puissance. Nous disons avec confiance : la propagation rapide de l'Evangile , n'eût-elle pas été prédite, serait déjà une preuve complète de la vérité de l'Evangile; mais l'ayant été, de quel poids n'est-elle pas? Et quel esprit raisonnable peut se refuser à la démonstration évidente qui en résulte (1)?
rent, nemo ex illis fuit qui probatam sibi veritatem diversis populis , vel unius gentis praecipusc multitudinij>ersaadere potueiit. Atqni peroptassent legislatores et doctores illi iis quas bonajs putabant legibus universum, si fieri potuisset , hominum genus subjici. Hi quam animo conreperant veritatem ubique terramm disseminare. Sed utpote non idonei qui alterius linguae , niultarumqne gentium homines ad legum suarura observationem , et ad suatn disciplinam suscipiendam adducerunt, ne aggressi quidem sunt id efficere. Pradenter enim prseviderunt id se con%equi nullo modo posse. {Orig. de Principus , Ub. iv , n> i.) (i) Etiamsi de Cbiisio et de eccles^a tes-timonia nuUa praecederent, quenj non movere deberet ut crederet repente illnxisse divinam hnniano generi caritatcm, quando videraus relictis diis falsis, et eornni confractis usqaequaqae sininlacris, templis subvertis, sive in ubus alios commatatis, atque ab hamana veterrima consueludine toi vanis ritibus extirpatis, unum verum Deani invocari : et boc esse factnni per unum horainem ab hominibus illusam , comprehensura , vinctam,
flagellatcm, expalmatum , exprobratum , ciaiifixom, occisaio
Qnando tantom criiciHxoi ille potu'sset , nisi Deus horainem sascepisset; etiaœ.'-i nul!a per prophefas fatura talia praedixisset. Cam vero tara magnum pietatis sacramenlum habaerit antécédentes vates «nos atque praecones , qnorum divinis vocibus est praennnliatam , et 6ic venerit qaeraadmodum est praenantiatum , qiiis ita sit deraens,
LXXIV. Pour raffaiblir, que peut dire rincrédulité? Niera- t-elle la réalité des prophéties? Mais d'abord celles de l'ancienne loi nous viennent des juifs, ennemis acharnés du christianisme ; ils en reconnaissent comme nous la vérité. Il faudra donc soutenir qu'ils se sont accordés avec les chrétiens pour corrompre leurs livres, pour supposer des oracles dont les chrétiens se servent avec tant d'avantage contre eux. Quant à celles de Jésus-Christ , elles ont été rapportées par les évangélistes avant que l'événement les vérifiât. D'ailleurs, que gagnerait l'incrédulité à les ôter à Jésus-Christ, si elle est forcée de les attribuer à ses apôtres? Dira-l-elle que ces prophéties ne prouvent rien , et que leur accomplissement a pu être l'ouvrage du hasard ? Mais , nous le dirons toujours^ qu'on se reporte au temps où elles ont été faites, et on verra combien l'événement qu'elles annoncent était contraire à toute vraisemblance ; qu'on examine tous les détails avec lesquels la conversion du inonde est annoncée par Jésus-Christ , et on sentira que le pur hasard n'a pas pu opérer une si grande conformité, et de l'événement et de toutes ces circonstances, avec les prophéties. Non-seulement c'est ici une preuve directe de la divinité de rétablissement du christianisme , et par une conséquence nécessaire , de la divinité du christianisme lui-même ; mais, comme je l'ai déjà dit, c'est une preuve qui influe sur toutes les autres , et qui les corrobore. Que l'on reprenne tous les obstacles dont nous avons vu la religion triompher, on verra qu'il avait été prédit qu'elle en triompherait , et que conséquemment c'est à une vertu divine qu'elle a dû son triomphe. Qu'on applique de même cette considération aux diverses causes naturelles par lesquelles l'incrédulité prétend que la révolution du christianisme a pu s'opérer , et que j'examinerai dans un moment , on sentira
ut dicat apostolos de Christo fuisse men'itos. [S. Aiigust., de Fide Rerum quœ non videntur^ cap. vit, n° lo.^
SDR LA RELIGION. 487
qu'aucune cause naturelle n'a pu faire prédire cette révolution dans un temps où elle était si éloignée de l'ordre des choses et de toutes les pensées humaines. Je fais d'avance cette réflexion , pour n'avoir plus à y revenir.
JJ 2 JULJULSUL-U),.