L'opinion générale de tous les hommes
« attache une plus grande valeur à l'argent comptant qu'à l'argent à terme. Tous, sans excepter les Théologiens les plus sévères , aiment mieux être payés sur le champ , que de voir leur paye,, ment reculé. Tous disent qu'on leur fait tort, si on renvoie à plusieurs années un payement qu'on doit leur &irè actuellement, Les négocians sur-
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tout regardent comme soinreraînement important de recevoir incessamment leur argent, pour le placer dans le conunerce où il rappoHera dix, quinze, vingt pour cent par année. Or, quel mérite a de plus l'argent comptant que l'argent à terme> sinon qu'on peut employé l'un, et qu'on ne peut pas se servir de l'autre? C'est donc la faculté d'user de l'argent , ou ce qui revient au même son usage, que Ton estime, et auquel on attri^ bue une valeur. M. Nicole , Théol(^îen sévère , nommément sur la matière de l'usure, étoit bien persuadé de la valeur de l'argent comptanli: puisqu'il a composé un traité exprès, poux^ prouver qu'il est permis de vendre plus cher à crédit ^ qu'argent comptant. -*. %*:.; „
4.<^ Passons aux principes avoués par nos adr versaires , dont résulte la vérité que nous avons à établir. Les Théologîmis sévères recoanoissent que l'argent prêté pour la montre et pour faire ostentation de richesses a un usage susceptible d'estimation, puisqu'ils permettent de le louer pour cet emploi, et de tirer un prix de cet usage; De là suivent nécessairement deux conséquences : b première, qu'il ne répugne donc pas^ à- la nature de l'argent monnoyé d'avoir un usage qui {misse être apprécié ; la seconde^ que puisqu'on peut vendre l'usage d'ostentation, à plus forte raison doit-on avoir la &culté de vendre l'usagp d'accroissement, qui est beaucoup plus utile, et qui rapporte de plus grands avantages, ^
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