XVI. I.ere DIFFICULTÉ. Le tcxte de la loi ne
(1) Dealer.^ cap. x, V. 18.
(a) liévit., cap. xix, V. ZZ,
s4o ' SECONDE
renferme point une permission de prêter aux étrangers. Le mot sed alieno ne signifie pas ici Pëtranger : il veut dire , mais au contraire. Le mot nlieno est souvent un adverbe qui a cette signification. Cicéron et Sénéque ^en sont servis en ce sens. Le passage du Deutëronome signifie donc : « Vous ne prêterez point à usure à votre y> irère : (c'est-à-dire à personne: car dans le y> langage de l'Ecriture tous les hommes sont » frères). Mais au contraire vous lui prêterez y> sans usure ce dont il a besoin. >? Ce qui prouve clairement que tel est le sens du passage, c'est la disposition des versets. Les mots sed alieno sont renvoya au second verset qui forme une autre phrase; ainsi ils n'appartiennent pas à la pre* mière phrase, mais à la seconde, qui est relative au prêt fait aux frères. Le mot autem qui se rencontre dans ce second verset n'est qu'une répétition énergique souvent employée dans l'Ecriture, et qui ne change rien au sens du' discours (i).
Réponse. La traduction qu'on veut donner ici du texte sacré n'est pas admissible.
i.o Elle est nouvelle et contraire à l'interprétation de tous les saints Pères, de tous les Commentateurs , et de tous les Théologiens même les plus sévères.
(i) Cette objection est tirée d'un écrit intitulé traité de l'usure j par M. Etienne Souçhet. Paris ; l^^^, pag» 5(> et suiv.
a.^ Elle
ï)ÏSSÊIlTATtoiï. '^iv
■$.0 Elle change le sens naturel des expressions. Elle ^détourne le mot alieno de sa signi* £cation ordinaire pour lui en appliquer une quî> si elle kti a jômaîs été donnée, l'a été bien rarement: elle supprime enfin le mot autem qui «i un sens bien déterminé. De pareilles altérations, sur- tout répétées <lans un si court espace, î?épugnent au contexte.
5.® Le mot alieno dans le chapitre xxni dur Deutéronome a, comm:e je l'ai montré, le même sens que les mots gentibus multis et ctdPenO' dans les chapitres xv et xxvitr du même livre.
4.° S'il y avoit effectivement quelque obscurité dans le mot qu'emploie la Vulgate, il suffiroit , pour la dissiper , de c omparer cette version aux autres textes. Tous répètent le xùoXfsnerare^ et l'appliquent au mot alieno. L'original hébreu y le samaritain et les Septante portent fenerabis ^xtraneoy' la paraphrase chaldaïque, ^/fo au^ temalienigenœ fenerabis^ la version syriaque ^ adi^ersùs alienum nutri usuram ; la version 9iYdîhe ^ sed peregrino fenori dabis. Ces diverse» leçons fixeroient le sens du texte s'il étoit douteux j . 5.° Enfin , le changement de verset ne prouve rien. Car rien n'est si commun dans la Sainte- Ecriture, que les phrases qui enjambent d'uu verset sur l'autre. D'ailleurs , le texte original et toutes les autres versions, qui répètent le mot fenerare^ lèvent encore cette difficulté. Le sens de la phrase recommence par ces mots sedfene^