TOME !♦ i
a4ii SECONDE
rabis alieno. On a omis dans la Vulgate la rej>etition du verbe, mais on n'a pas change le sen^ du texte.
XVIL Seconde difficulté. La permission aecordée aux Israélites de prêter à intérêt ne fi'étendoit pas à tous les étrangers, mais seulement aux sept nations que EKeu avoit proscrites y et qu'il avoit ordonné aux Israélites de regarder toujours comme ennemies, et chargés de les exterminer : le peuple de Dieu pouvoit, par le droit de la guerre, ravager leurs terres, piller leurs possessions, enlever leurs dépouilles. Il lur étoit de même permis d^exercer envers ces peuples l'usure qui est un autre genre de ra^* pine. C'est ce que S. Ambroise expose parfaitement en s'opposant la même difficultév ce SecI y> forte dices quia scriptum est : alienigense fene^ » rabis. Legis^^ ipsiùs verba considéra. Fratri tua » non fenerabis ad usuram, sed alienigenam » exiges. Quis erat tune alienîgena, nisi Amalec> 7> nisi Amorrhaeus, nisi hostes? Ibi, inquit^ usu-^ }) ram exige, cui merito nocere desideras. Cuî j ure » inferuntur injurias, huic légitimas indicantur » usurae; quem bello vincere non potes, de hoc y> citô potes centesimâ vindicare te. Ab hoc usu- » ram exige, quem non sit crimen occidere. Ergo y> ubi jus belli, ibi: etiam jus usurae (i).
(i) S. Ambros. in Tobîam^ cap. i5. Y. ci- dessous dis» Mtrt* 3.e, chsip. i.«'^ art. i5; »••
Ces paroles n'ont pas besoin de commentaîre, iii Pautorité de S. Ambroise de confirmation.
Réponse. Quelque respect que mérite Fautorité de S. Ambroise, on ne peut pas suivre dan» cette occasion l'explication qu'il donne du texte de la loi. J'ai prouvé par l'examen et par la comparaison des divers passages où il est question de cette perâiission de l'usure, qu'elle ne s'étend pas seulement à quelques nations, mais qu'elle comprend tous les étrangers. JPajouteraî a ce que j'ai dit, deux réflexions plus directement relatives à la difficulté.
i.^* La supposition que le mot alieno ne doit s'appliquer qu'aux sept nations maudites de Dieu y est gmtuite. Tant que cette expression n'est reéhfreinte par aucune autre, elle doit être prise dans sa généralité.
2.<> Cette interprétation -est contraire aux autres préceptes de la loi. Dieu , en proscrivant les sept nations , avoit interdit aux Juifs tout commerce avec elles. Mais la permission de prêter à usure suppose un commerce établi. Ainsi, loin que la perïuission de' l'usure fût restreinte à ces seuls peuples, il résulte de la loi de Dieu qu'ils en. étoient exceptés.
. 5.0 Ne pourroit-on pas, des principes que S. Ambroise établit ici , tirer des conséquences sur le droit de là guerre , qui certainement seroienC bien éloignées des intentions de ce saint Doc-teur, et que nos adversaires n'adopterpiént pas?
XVm. Troisuème DiFFicuiiTÉ. Sclon Diimcu-»
lin lui-même, l'un des plus célèbres patrons du torêt inte'ressé, les paroles de la loi ne renferment point une vraie permission d'exercer l'usure «nvers les étrangers. Ces mots fenerabis alienm répondent dans le texte hébreu à ceux-ci alie- ^um mordebis fenore y et le véritaWe sens dans lequel elles doivent être entendues est celui-ci : (C K vous opprimez quelqu'un par vos usures, » vous ne le traitez plus comme un frère, mais ti> comme un étranger. »
Réponse. Cette interprétation du texte est évidemment fausse. Je ne répéterai point ce que j'ai établi ci-dessus, que Dieu a voit accordé aux Juifs une vraie permission ; qu'il les avoit même encouragés à prêter à intérêt aux étrangers, en leur présentant cette faculté de faire l'usure comme une récompense j qu'il avoit permis envers l'étranger ce qu'il avoit défendu à l'égard de l'Israélite ; qu'il avoit reconunandé de pratiquer envers les étrangers tous les devoirs de justice et de charité. J'ajouterai seulement à ces raisons deux réponses particulièrement propres à cetto^ difficulté.
1.^ C'est gratuitement que l'on attribue au texte du Deutérotiome un sens contraire au sens naturel, et à celui dans lequel l'ont constamment entendu les saints Pères, les Commentateurs et les Théologiens.