‹ Dissertations sur le prêt-de-commerceChapitre 117 sur 152 · URBAIN III · texte numérisé non relu

URBAIN III

À la suite des décrétales d'Alexandre III, en vient une d'Urbain III élevé sur la chaire de saint Pierre en n85. En voici les termes:

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XIII. <c Caput x. Consultait nos tua devotio, y> an ille in judicio animarum quasi usurarius y> debeat judicari, qui, non aliàs mutuo tradi-

turus, eo proposito mutuam pecuniam crédit, 3> ut, licèt omni conventione cessante, plus ta- » men sorte recipiat : et utrùm eodem reatu » criminis involvatur qui, (ut vulgo dicitur) » non aliter parabolam juramenti concedit, do- » nec, quamvis sine exactione, emolumentum » aliquod indè percipiat : et an negotiator pœy> nâ con simili debeat condemnari, qui merces y> suas longé majori pretio distrahit, si ad so- » lutionem faciendam prolixioris temporis dilay> tio prorogetur, quàm si ei incontinent! pre- » tium persolvatur. Verùm quia quid in his » casibus tenendum sit ex evangelio Lucas ma- » nifeste cognoscitur, in quo dicitur: date muy> tuum nihil indè sperantes, hujuscemodi hoy> mines, pro intcntione lucri quam habent, y> ( cùm omnis usura et superabundantia proy> hibeatur in lege) judicandi sunt malè agere, y> et ad ea qua? taliter sunt accepta restituenda, » in animarum judicio efficaciter inducendi. »

C'est ici, je l'ai déjà plusieurs fois observé, la première application du texte de saint Luc à l'usure. J ai montré que tous les auteurs antérieurs ont entendu ce pa>ssage du prêt sans espoir de restitution du principal (1).

(i) V. seconde dissert. , chap. a ; art. 2»

La décrétale d'Urbain III résout trois cas de conscience. D'abord il condamne l'usure mentale. Elle consiste ^ ainsi qu'il l'explique, à prêter sans stipuler des intérêts; mais parce qu'on espère d'en recevoir : et tellement par ce motif, que sans l'espoir on ne prêteroit pas. C'est ici, je crois, la première fois qu'il est question d'usure mentale, comme c'est la première fois qu'on entend de l'usure le texte de saint Luc. Ces deux idées ont du marcher ensemble. Dès qu'on eût appliqué à l'usure les mots nihil indè speranles, il fut tout naturel de condamner, nonseulement l'exaction des intérêts , mais aussi l'espérance d'en recevoir. Si les Docteurs antérieurs à Urbain III, qui ont si souvent parlé de l'usure , avoient été dans les principes de ce Pontife, ils auroient, comme lui, fait mention de l'usure mentale, qui n'est pas un cas rare. Leur silence sur ce point, inexplicable s'ils ont cru l'usure condamnée par les paroles de J.-C, est tout naturel s'ils ont entendu le texte de saint Luc du prêt sans espoir de restitution.

Je n'entends pas bien quel est le second cas de conscience résolu dans la décrétale; et j'ignore ce que signifie le mot paraboiam juramenti. C'étoit probablement, et le texte paroît l'indiquer, une chose usitée dans ces temps-là, qui n'intéresse point celui-ci.

XIV. Le troisième cas de conscience est décidé avec une entière exactitude. Le Pape con-

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damne celui qui vend ces marchandises à crédit beaucoup plus chèrement , longé majori pretio, que si on les payoit argent comptant. Sa décision suppose que si l'augmentation de prix n'est pas excessive, elle n'est pas criminelle : ce qui contrarie la décrétale de son anti-prédécesseur Alexandre III. C'est encore là un indice de l'incertitude, et de la variation des principes sur l'usure à la fin du xii.e siècle.

ARTICLE TROISIÈME

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